FORMATION DES BROUILLARDS. / S H
suis assuré du fait sur les Alpes et dans différenlos parties l’AK lema^ne. Sans doute au centre d’une ville un hyf^romètre suspendu devant une croisée peut ne point indnpier le degré de saturation pendant un leuif)» de brouillard , mais cela provient de ce que l’insli'ument est échautfé par les murs de l’édifice; et même cette anomalie finit par disparaître lors(|ue le brouillard persiste pendant quelques heures.
Les circonstances au milieu desquelles le brouillard se forme sont souvent fort diflérenles île celles qui accompagnent la rosée. Quand colle-ci sedéjK).se, le sol est toujours plus froid que l’air; quand c’est le brouillard, on observe le contraire : le sol humide est plus chaud que l’air, et les vapeurs qui montent deviennent visibles comn)e celles qui s’élèvent au-dessus de l’eau bouillante ou la vapeur do l’air e.xpiréqui se condense, en hiver, au moment où elle sort de la bouche. Aussi en automne voyons-nous souvent des brouillards au-dessus des rivières dont l'eau est beaucoup plus chaude que l’air avant le lever du soleil •.
Toutefois l’eau ou le. sol peuvent être plus chauds que l’air sans qu’il se forme de brouillard : on peut s’en assurer par des mesures thermoméiriques ; car si l’air e.>ïl très-sec, la vajieur d’eau ne se précipite point, elle reste à l’étal élastique. C’est ce qu’on voit très-bien aux salines de Halle. Kn hiver, quand le temps est sec, on obsi'rve au-dessus des ap|>areils do concentration une colonne de vapeur qui disparait ù un mètre environ au-dessus do leur surface. L’air devient-il humide , celle vapeur s’étend au loin et couvre une partie do la ville, quoique dans les deux cas ta température soit la môme. On observe la même chose au-dj'ssus des sources d’eaux thermales et des cratères de volcans. Les anciens avaient fait sur celui de Stromlx)li une ob.servation dont on p<Mit vérifk.'r la justesse encore do notre temps. Lorsque ce volcan est couvert d’un niiago, les habitants des îles Lipari savent (pi'il pleuvra biontùl; mais cela ne tient pas, comme ils le croient, à ce que
• La flgnri^ 14 de l*appcndlce montre" clairement la march(?relative des températures de l'air et des Ôeuves dans la ville de Lyon, qui est située, comme chacinji sait, au confluent du Bhône et de la Saône. L’inspection des trois ce^urbes fait voit qu’à partir du 1" novembre ia température moyenne de l'air devient inférieure à celle des fleuves, état du chosea qui cesse vers le l" mars; aussi est-ce la périuAo intermédiaire qui est la' véritable saison des brouillards. La comparaison des. trois courbes, des époques des maximii et minima, et dos amplitudes fort inég.iles qu'elles présentent do l'hiver à l'été, oiTre d'nilluurs plus d'un pis blême intére.ssant à résoudre; maiscctlc étude rentre plutôt dans le domaine de la géograpliie pliysiqiie que dans celui du la météorolugic.
C’est à l'ubügeance de M. le pMies.seur Fournel que le traducicur doit la com^ miinication de rcs trois courbes. K les sent lu fruit d’observations suivies par ce savant pendant quatre années consécutiros. M.
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le volcan est plus actif avant la pluie; cela vient de ce que l'air saturé de vapeur d’eau ne peut pas dissoudre complètement celle qui s’écitappe du cratère. Les habitants de Halle annoncent aussi la pluie quand la vapeur des salines couvre leur ville, et cependant les proqédés do concentration no sont pas différents à l’approche des changements de temps.
La formation du brouillard est souvent accompagnée de circonstances qu’il est difficile de s’expliquer de prime abord. Lorsque le ciel est couvert, on remarque sonvent sur le penchant des montagnes un brouillard local n’occupant qu’une petite surface ; ce brouillard se dissipe bientôt pour reparaître ensuite. J’ai pu analyser une fois, près de Wiesbaden, les circonstances de ce singulier phénomène; après une forte pluie qui avait pénétré le sol, les nuages s’entr’ouvrirent, le soleil parut, et je vis une colonne de brouillard s’élever constamment d’un même point. J’y courus : c’était une prairie fauchée , entourée de pôturages couverts d’une herbe très-haute qui, s’échauffant moins que la surface fauchée, donnaient lieu à une évaporation moins active. En Suisse, le phénomène se montre sur une plus grande échelle; tandis que le plus beau temps régnait sur le Faulhorn, les lacs de Suisse étaient couverts de brouillards d’une densité fort différente; celui qui cachait les lacs de Zug, Zurich et Neuchâtel était fort éjiais, tandis que les lacs de Thun et de Brienz étaient à peine couverts d’une légère vapeur. Ce phénomène s’est reproduit trop souvent pour qu’il me soit possible de l’attribuer au hasard. Le lac de Zug est assez profond , et ses affluents ne viennent pas directement de la région des neiges éternelles. Sa température doit être plus élevée que celle du lac de Brienz, où l’Aar se jette immédiatement après avoir quitté les glaciers de la Grinisel. Aussi s’élève-t-il plus do ' vapeur du lac de Zug que de celui de Brienz , et à température égale le premier se couvre plus aisément de brouillard que le second. ^
Dans les contrées où lè sol est humide et chaud , l’air humide et froid , on doit s'attendre à des brouillards épais et fréquents. C’est le cas de l’Angleterre, dont les côtes sont baignées par uno . mer à température élevée. C’est aussi le cas des mers polaires et de Terre-Neuve, où le Gulfstream , qui vient du sud, a une température plus haute que celle de L’air.
A Londres les brouillards ont quelquefois une densité extraordinaire. Chaque année on lit plusieurs fois dans les journaux anglais qu’on a été forcé d’allumer les becs de gaz en plein jour dans les rues et dans les maisons. Ainsi, pour en donner un