‹ Cours complet de météorologieChapitre 40 sur 194 · FORMATION DES BROUILLARDS · texte numérisé non relu

FORMATION DES BROUILLARDS

seul exemple, le 2i février 1832 le brouillard était tellement épais, (iii’oii ne voyait |>as clair midi dans lus mes; et le soir, la \ille ayant été illuminée en réjouissance du Jour de naissance de la reine, des gamins se promenaient dans la ville avec des lorclies en disant qu’ils étaient à la reclierclie do rilluinination. On cite des brouillards analogues qui ont régné à Paris et à Amsterdam; et quelquefois à une petite distance de ces villes, le ciel était parfaitement serein, Devons-nous admettre dans ces cas que la tenq)éralure de l'air a été troublée uniquement par la vapeur vésiculaire? J’en doute, et Je crois que la fumée, surtout celle du charbon de terre. Joue ici un rôle très-notable. Si on laisse refroidir dans le vide du charbon pulvérisé incandescent, et qu’on le place ensuite dans un ballon contenant un gaz quelconque, ce gaz est absorbé, surtout s’il est chargé de vapeur d’eau. Le charbon augmente mémo sensiblement de poids; ainsi 50 kilogrammes de charbon incandescent exposés à l’air libre pèseront, au bout de queUiues Jours, lOo à lü"? kilogrammes. C’est un fait bien connu dans les fabriques de poudre à canon. En s’échappant de la cheminée, les ' , particules de charbon doivent donc absorber de l’air et augmenter de poids. Toutefois le vent peut les entraîner assez loin avant qu’elles ne tombent à terre; mais si l’air est humide et calme, comme c’est le cas par les temps de brouillard, le poids sjicciliquo (le ces particules augmente rapidement, elles se mêlent au brouillard, et se réjiandent avec lui dans le voisinage.

Il est inutile de faire remarquer que le brouillard ne saurait se former quand l’air est très-sec. On ne l’observe Jamais dans les déserts ; les voyageurs ont souvent considéré comme tels des nuées do sable soulevées par le vent. On cite aussi des brouillards secs dans nos climats , mais il était alors question do fumées dont nous parlerons phis tard , ou de nuées de poussière ; car, si l’on se rappelle la définition que nous avons donnée do cet hydrométéorc , l’expression de brouillard sec renferme uno contradiction.

Jusqu’ici nous avons supposé que la vapeur d’eau sc précipitait dans la couche d’air placée immédiatement au-dessus du liquide sur lequel elle sc développe; cependant celte vapeur peut être transportée par les vents dans des contrées plus froides, et se transformer en brouillard à une distance notable de son lieu d’ori- . gine , ou bien l’abaissement subit de la température détermine la ' formation du brouillard dans le lieu môme oÿ la vapeur d'eau s’est élevée du sol. Ces phénomènes s’observent souvent pendant l’hiver en Alli'inagnc; les vents de S, O. y aiiportent beaucoup de vapeurs,

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ou bien le vent de N.E. venant à souffler précipite à l'instant la vapeur d’oaii suspendue dans l’almosiTlière

NUAGES SUK X.ES MONTAGNES. — Los brouillards furnu's de vapeurs ainonées do loin sont communs dans les montagnes; môme dans les conlrées où il no pleut (|ue très-rarement, où le ciel, par conséipient, est presque toujours serein, on voit que les sommets élevés sont enveloppés de nuages épais; c’est co qu’on observe dans l’iiilérieur de l'Asie et de l’Afrique. Lorsqu'un vent humide détermine un courant ascendant le long des flancs d’uno montagne, il finit par atteindre des couches atmosphériques dont la température est telle que la vapeur d’eau se précipite à l’instant. C’est le cas surtout lorsipie des vents opposés se rencontrent sur une crête. J'ai souvent été témoin de ces phénomènes dans les Alpes; je me coutenterai de rapporter avec détail le .fait suivant. Un vont de sud très-fort régnait sur le sommet du Rigi, et les nuages qui pas.saient à une grande hauteur au-dessus de ma tète suivaient la môme direction. Le vont du nord soufflait à Zurich et remontait le long du flanc septentrional de la montagne; lorsqu’il atteignit la crête, de légère„s vapeurs se formèrent et semblaient vouloir passer par-dessus l’arète; mais le vent du sud les repoussait, et elles s'élevaient vers le nord sous un angle de 45» environ pour disparaître non loin do l’arôte. La lutte des doux courants contraires dura plusieurs heures. Un grand nombre de tourbillons se formaient au point de rencontre des deux vents, et des voyageurs, indilférents du reste aux phénomènes météorologiques, fù— rent frappés de ce singulier spectacle *.

Quand on considère do loin une chaîne de montagnes, on voit souvent un nuage attaché à cha(|ue sommet, tandis que les intervalles sont |)arfaitement clairs. Celte apparition persiste pendant des heures et môme des journées ciflières; mais celte immobilité

■ Dans im mémoire récent M. Pcltîer a étiiflié Ks brouillards sous lu point do viio élurtriqiic. Il distingue : 1* les brouillards .simples ou non électriques; 2° les brouillards élcctriqiu s. Ceux-ci sont quelquefois résineux, mais plus souvent vitrés. M. l’eliicr explii|ue l'état électrique de ces brouillards par les induenccs combinées de la terre et des régions supérieures de l'ntmosplièrc. {Jlfém. des savants étraHÿcrs de l'Académie de liruxellee, l. xv, 2* partie, I

’ Les nuages qui s'é'è' cul le long des pt iites des montagnes pendant le jour, en vertu des cour.Tnts ascendants diurnes, se di.'SuIvcnl fréquemment en atteignant les summels, suus riniluenco d'un vent supérieur comparativement sec et clininl. C’est le ÿoir surtout que cet clfet est le plus st nsibic. I.es escarpements du nordest et du nord commencent à éprouver l’action des rayons solnlns; les brumes aseoudiintes atteignent la ligue de fai e. .Si le vent supérieur vient du sud ou du sud-oued, ce qui arrive très-fréqnemment sur les liantes n.oiitagiies, il rcuconiru ces brumes, les dissout en partie, rt rejette vers le nord les parties non dissoutes, r’est surtout sur les cols, au sommet des couloirs qui viennent y .aboutir, qu'il est facile d'observer ce phénomène. Lu brume parait alors clieiniiier à l’encontre du vent, et cependant la surface qui la termine de ee côté reste stationnaire. Nî’

NUAGES. ns

n'est qu'apparente, car sur ccs sonunets U règne souvent un vont violent qui condense les vapeurs à niesure qu’elles s'élèvent le long ^ des flancs de la montagne ; lorsqu’elles s’é4oignent des sommets , elles ne tardent pas à se dissiper. Se Sautiure a souvent observé ce phénomène dans les Alpes, etM. de Buoh, qui l’d explk|ué, dit que sur les passages des Al|ves la formation, les mouvements et la (fiaparition des nuages forment un spectacle aussi varié qu’intéressant. '

Souvent de sombres nuages, passant rapidement sur l’hospice du Saint-Golhard, se précipitent en masses épaisses dans la gorge profonde du val Tremola. On pouiTait croire qu’en peu d’instants la Lombardie tout entière va être ensevelie sous un épais brouillard ; mais, à la sortie du val Tremola, il est déjà dissous par les courants chauds ascendants.

NUAGES. — A considérer les formes, les apparences, les dispositions si variées des nuages, il semble que toute classiflcation soit impossible. Cependant plusieurs météorologistes se sont efforcés do les ramener à quelques types principaux. Ces types, importants en eux-mômes, le sont surtout en ce qu’ils se rattachent à des modiflcations atmosphériques antérieures, et nous fournissent des indications précieuses sur les changements de temps à venir.

Nous avons admis jusqu’ici que les nuages se composent uniquement de vapeur d’eau. Toutefois, si l’on songe qu'ils nagent quelquefois dans des régions dont la température est à plusieurs degrés au-dessous de zéro, on comprend qu'ils puissent se composer de particules glacées. En hiver, par un froid rigoureux, on reconnaît souvent que les vapeurs qui s’élèvent se compo/ient d’aiguilles brillantes qui reluisent au soleil et ressemblent à do petits flocons de neige. La même chose doit se passer dans les hautes régions de l’atmosphère. Il existe donc des nuages de neige et des nuages de vapeur d’eau ; plus tard nous ferons connaître les caractères qui peuvent servir à los distinguer, et nous verrons que cette distinction est importante pour expliquer un grand nombre do phénomènes atmosphériques.

Howard a distingué, d’après leurs formes, trois sort(>s de nuages : les cirrus, les cumulus et les stratus, auxquels on ratinclie quatre formes de transition, savoir ; Jcs cirro-cumulus, les arnislratus, los cumulo-slratus et les nimbus. '■

Le cirrus {queue de chat des marins, nuages de S.O. des paysans suisses [voyez pl. ni]), se cora|K)so de filaments déliés dont l’ensemble ressemble tantôt à un pinceau, tantôt à di;s cheveux crépus, tantôt à un réseau délié.-

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Le,.cumu/us ou nuage d’éU^ {halle de colon des marins) sc montre souvonl sous la fornie d’une moitié de splière, reposant sur une base liorizonlale. Quelquefois ces demi-spliéres s’entassent les unes sur les autres et forment ces gros nuages accumulés à l’horizon , qui ressemblent de loin à des montagnes couvertes de neige.

Le stratus est une bande horizontale qui se forme au coucher du soleil , et disparait à son Içver. Sous le nom de cirro-cumulus, Howard désigne ces petits nuages arrondis, qu’on nomme souvent nuages moutonnés; quand le ciel en est couvert, on dit qu’il est pommelé.

Le cirro-sfratus se compose de petites bandes formées de filaments plus serrés que ceux des cirrus, car le soleil a quelquefois de la peine à les percer de ses rayons. Ces nuages forment des couches horizontales qui, au zénith, semblent composées d’un grand nombre de nuages déliés; tandis qu’à l’horizon où nous apercevons la projection verticale, ou voit une bande longue et fort étroite.

Lorsque les cumulus s’entassent et deviennent plus denses, cette espèce de nuage passe à l’état de cumulo-siratus , qui revêtent souvent à l’horizon une teinte noire ou bleuâtre, et passent à l’état de nimbus ou nuage pluvieux. Celui-ci se distingue par sa teinte d’un gris uniforme et ses bords frangés ; les nuages qui le composent sont tellement confondus, qu’il devient impossible de les distinguer.

S’il est facile de distinguer ces nuages lorsque leurs formes sont bien caractérisées , il est souvent fort difficile de bien dénommer certaines formes de transition ; et tel observateur, par exemple , appellera cirro-stratus ce qu’un autre aurait désigné sous celui do cumtUo-slratus. J’ai représenté, pl. iii, les apparences les plus remarquables.

Après une période continue de beau temps, et lorsque le baromètre commence à baisser lentement, les cirrus bien caractérisés se montrent souvent sous la forme de filaments déliés ,’ dont la blancheurcontraste avec l’azur du ciel. D’autres fois ils sont disposés en bandes parallèles à peine visibles , qui sont dirigées du sud au nord eu du S.O.-au N.E. ‘. Quelquefois ils s’écartent et ressemblent

• I.a tendance qu'ont les cirrm k sc disposer suivant des bandes parallèles entre elles est remarquable, et (trouve que la cause qui dirige leurs filaments suivant tel azimuth plutôt que suivant tel autre, au lieu d'être simplement locale et accidentelle. s'étend i de grandes distances.

Par une loi de perspective bien connue, les bandes parallèles doivent paraître diverger d'un point de l'Iiorizon et converger vers le point de l'horizon diamétralement opposé. L'observation de ces points île convergence facilite beaucoup la counaissauce du sens de l’orientation. Les observations que j’ai faites sur le Fiiulliorn

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