‹ Cours complet de météorologieChapitre 46 sur 194 · FIGURES DE LA NEIGE · texte numérisé non relu

FIGURES DE LA NEIGE

de petites facettes réunissent les faces parallèles; toutefois, on ne les distingue qu’avec un grossissement médiocre. La figure 10 représente la coupe d’une lamelle hexaédrique.

C. Dos combinaisons inliniment variées de figures hexaédriques de grandeur fort dilférente. On les observe par les froids intenses (PI. IV, fig. M à 15).

I). Des combinaisons de figures hexaédriques avec des rayons et des angles saillants. Cette forme est l’une de celles qui varient le plus, suivant Sooresby, et qui présentent tes dispositions les plus élégantes (1*1. iv, fig. IG à 25.) Les lignes parallèles des figures paraissent blanches dans la nature.

2“ Flocons à noyau sphérique ou plane avec des rayons ramifiés suivant des plans différents. Cette forme comprend , d’après Sooresby, deux variétés principales.

A. Des flocons qui se composent d’un cristal mince du genre de ceux que nous avons décrits et figurés. De petites aiguilles hérissent quelquefois ces lames de tous côtés. Tantôt elles s’élèvent sur une seule face ou sur les deux. Elles font avec le plan de la lamelle un angle de plus de 60 degrés. Leur diamètre est quelquefois de 5 millimètres. On les observe, suivant Sooreiby, par des températures inférieures de plusieurs degrés à zéro.

B. Des figures avec un noyau sphérique hérissé d’aiguilles dirigées dans tous les sens. Tantôt le noyau est un cristal transparent ou un corps blanc et inégal. Cependant je me suis convaincu, en examinant cette forme sous un grossissement considérable, que le noyau est toujours cristallisé. Cela se vérifie surtout très-facilement lorsque la cristallisation no s’est pas faite suivant les trois dimensions, et que le noyau ne porte que six rayons disposés dans le même plan. Une coupe verticale d’un cristal de ce genre a été figurée 1*1. IV, fig. 26.

3“ De fines aiguilles ou des prismes à six pans. Ils sont quelquefois très-ténus et à apparence cristalline, ou bien blancs et rudes. Les variétés les plus délicates qui ressemblent à un cheveu blanc do cin(| millimètres de long, sont tellement fines, qu’il n’est pas facile de déterminer leur forme. Ces cristaux no sont pas toujours hexaédriques, mais souvent à trois faces seulement.

4® Scoresby ii’a VU qu’uno seule fois des pyramides à six faces (PI. IV. fig. 27).

5® Des aiguilles ou des prismes dont l’une des extrémités ou toutes les deux portent des lamelles polyédriijues à sbi côtés, sont aussi fort rares. Le même navigateur ne les a observées que deux fois; mais élles tombèrent en telle abondance, qûe son navire fut

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couvert en quelques heures do plusieurs centimètres de neige (PI. IV, fig. 28 à 30).

La Planche iv offre la reproduction des formes les plus remarquables obsejvées par Scoresbjr. Le nombre total de celles qu’il a vues s’élève à 96. Cependant j’en ai rencontré au moins une vingtaine qu’il n’a pas figurées , mais jamais je n’en ai trouvé une seule où les cristaux fussent dans des plans perpendiculaires les uns aux autres. Les variétés s’élèvent probablement à plusieurs centaines. Qui n’adinirerail pas ici la puissance infinie de la nature qui a su créer tant de formes diverses dans des corps d’un si petit volume !

C’est par un temps calme et sans brouillard qu’on pourra les admirer dans toute leur beauté. Avec la brume v les cristaux sont ordinairement inégaux, opaques, et il semble qu’un grand nombre de vésicules se sont solidifiées à leur surface sans avoir eu le temps de s’unir intimement aux molécules cristallines. Par le vent , les cristaux sont brisés et irréguliers; .on trouve alors des grains arrondis composés de rayons inégaux. Dans les Alpes et en Alle~ magne , j’ai vu souvent tomber des cristaux parfaitement symétriques Le vent s’élevait-il^ c’étaient des grairis de la grosseur do ceux de millet ou de petits pois dont la structure était assez peu compacte, ou bien des corps ayant la forme d’une pyramide dont la base était une calotte sphérique. On pourrait rapporter ces corps au grésil, cependant ils se formaient sous l’influence des mêmes circonstances météorologiques que les flocons qui tombaient avant le coup de vent. Je reviendrai sur ce sujet à propos de la grêle.

PX.UXES SANS NUAGSSS, — Lorsque le ciel est serein et le froid intense, on observe souvent en l’air un grand nombre de particules brillantes ; ce sont de petits flocons de neige qui réfléchissent les rayons du soleil. Ils se forment au milieu des vapeurs qui s’élèvent du sol, et tombent souvent en quantité telle qu’ils couvrent entièrement le sol. Cette formation de neige sans nuages n’a lieu qiie par un temps très-calme. Quand l’équilibre des régions supérieures est violemment troublé, surtout lorsque des vents du nord très-froids combattent ceux du midi; alors il peut arriver aussi que la pluie tombe d’un ciel serein. On voit de larges gouttes mouiller le sol, et cependant au zénith ie ciel est bleu. Les vapeurs se condensent en eau sans passer par l'état intermédiaire de vapeurs vésiculaires. M. de Humboldt cite plusieurs exemples de ce genre, et, d’après taies observations, ce fait n’est pas très-rare, car je l’observe annuellement deux ou trois-fois*.

' En Toici qiielqnc$-un.*. Le 9 août 1837, M. Watlnaan vit tomber à Genève

PLUltS DILUVIENNES. 131 .

QUANTITÉ B EAU TOMBÉE PENBANT UNE SEXTX.E AVEflSE. — Ou ne saurait établir à («l égard de règle générale. Tandis que certaines pluies se réduisent à quelques gouttes, dans d'autres cas des torrents d’eau tombent du ciel. C’est surtout entre les tntpiques qu’on observe ces pluies diluviennes. Ainsi, M. de Humboldt a vu sur les bords du Rio-Ncgro la quantité d’eau tombée en cinq heures s’élever à 47 millimélnes. Il en tombait autant presque tous les jours. A Bombay, on s’est assuré que la terre avait reçu en un jour 108 millimètres de pluie. A (’ayenne, l amiral HoaMm a trouvé que la quantité d’eau recueillie depuis huit heures du soir à six heures du malin était de 0™,277. Dans lc*s latitudes plus élevées , il tombe moins d’eau dans un espace de temps donné; et lorsque la quantité qui tombe jwr jour dépasse 3 centimètres, les plaines basses de l’Europe sont bient<>t inondées. Ce^)endant on cite des averses prodigieuses. A Joyeuse, il tomba en un jour 25 centimètres d’eau ; à Gènes, dans le même espace de temps, 84 œntimètres; et à Genève, en trois heures, 46 centimètres. Dans les pays de montagnes, ces averses sont moins rares, parce que les vents soufflent souvent axTC violence de plusieurs directions contraires*.

PX.U1ES ENTRE UES TROPIQUES. — La fréquence des ])luies dans les différentes saisons est si intimement liée à d’autres conditions climatériques , qu’on peut diviser sous ce jioint de vue la terre en plusieurs régions. Considérons d’abord les pays situés entre les tropiques, juirce que l'on y observe une régularité beaucoup plus grande que dans nos climats.

l’arlont où l’alizé souffle constamment sur mer, il ne pleut jias; le ciel est toujours serein , surtout quand le soleil se trouve dans

line ondée qoi JtiTa denx minutes ; te ciel était sanstinages. M. de Nerru reçnt i Constantinc une averse ptaidant io minutes; le ciel était parfaitement serein. M. ilaiMnei a observé le même phénoroène à Paris.. Enfin, suivant I.e (îmiil, ij paraîtrait que ce pliénoméne est commun k l'ilc Maiirtcc. Dans la sni'on des vents de K. K. nn voit souvent, ditdl, Surtout le soir, tomber une pluie 6ne quoiqu'il fasse le plus beau temps du monde et qiiç lus étoiles partissent brillantes. [\oyn ■f'nmptn rendus de VAcnd. des Sciences, t. V, p. 649 ; t. xii', p. 777 ; t. xiv, p. 766 ; et t..xi, p. 327.1 M.

' Voici quelques exemples plus rébents de-plaies diluviennes. Le 4 juin 183941 tomba, dit M. QurtcUt, une pluie qui ne fut três-fortc que pendant 3 lieiircs. A Bruxelles on recueillit, sur la terrasse de l'Observatoire, lr2‘""‘,T8 d’eau on 24 lieiires. De.l833à 1838 inclusivement, on n’avait jamais vu tombera Ürux9llvs piqs de 60">"',3 d’eau en 24 heures.

Pans le bassin de la Saône il existq nne petite ville appelée Ciilseanx, ofi il pleut loujoursplus que dans aucun autre point de la même vallée. Ainsi, imméiliatvnieiit avant les terribles inondalions de 1841, il y tomba 270“"" d’eau on 68 heiiri-s. Bans le même intervalle il ri’en étaii tombé que 150""" k Otillins, près I.ynsK. [Cumiites rendus de l’Aciid. des Sciences, t,“ MU , p. 980,. 1839 ; et L Jtll, p. 260, 1841.) M.

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l’autre hémisphère; mais il pleut souvent dans la région des calmes. Le courant ascendant entraîne avec lui une masse de vaiKîurs qui se condensent dos qu’elles arrivent à la ligne de jonction de l’alizé supérieur et de l’alizé inférieur. Le soleil se lève presque toujours sur un ciel serein; vers midi on voit paraître des nuages isolés qui versent des quantités d’eau prodigieuses. Ces averses sont accompagnées de violents coups de vent. Vers le soir, les nuages se dissipent, et quand le soleil se couche le ciel est parfaitement pur. Ainsi les masses d’air se déchargent de l’eau qu’elles contiennent sur les régions mêmes d’où elles s’élèvent, et de là vient l’absence de pluiœ qu’on observe dans les pays plus éloignés de l’équateur, où le vent d’est souffle avec régularité.

Sur terre, nous trouvons entre les tropiques, pendant une partie de l’année, des perturbations dans la direction des alizés; et l’année se partage en deux saisons : la saison humide et la saison sèche. Les Européens ont trouvé CÆtte division climatérique adoptée par toutes les populations indigènes, et elle est d’autant plus caractéristique qu'il se passe souvent pendant la saison sèche des mois entiers sans qu’on voie un .seul nuage au ciel.

Malgré des différences locales, on remarque partout une grande régularité dans la succession des phénomènes. Aussi vais-je me contenter de les indiquer d’après M. de Humboldt, d’autant plus que ses recherches ont jeté une vive lumière sur les causes des variations qu’on observe dans nos climats.

Dans la partie de l’Amérique méridionale située au nord de l’équateur, le ciel est tout à fait serein depuis décembre jusqu’en février ,. le vent souffle de l’est ou do l’E.N.E. ; l’air est sec et les végétaux sont sans feuilles. Vers la fin de février et au commencement de mars, le bleu du ciel est moins foncé, l’hygromètre dénote plus d’humidité dans l’air, et les feuilles des arbres commencent à pousser. Un léger rideau de vapeurs amortit la scintillation des étoiles qui est beaucoup plus forte et qu’on peut observer quelquefois jusque dans le voisinage du zénith. L’alizé souflle avec moins de force , et de temps en temps l’air est tout à fait calme. Peu à peu des nuages, semblables à des montagnes, s’amassent au S.S.E. et parcourent quelquefois le ciel avec une vitesse incroyable. Vers la fin de mars , des éclairs sillonnent le ciel au sud , le vent passe durant plusieurs heures à l’ouest ou à l’O.S.O. L’électricité atmosphérique devient plus forte , surtout aù coucher du soleil, et ceci est un signe certain de l’approche de la saison pluvieuse, qui sur les bords de l’Orenoque. commence à la fin d’avril. Le ciel se trouble et devient gris de bleu qu’il était. L’après-midi , au ino-

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ment où la chaleur est à son maximum, un orage accompagné de fortes pluies s’élève dans la plaine. Au commencement, les nuages et la pluie sc forment seulement pendant les heures brûlantes de l’après-midi et disparaissent vers le soir. Mais à mesure que la saison avance, surtout lorsque le soleil est au zénith , tous deux commencent à se montrer dès le malin ; mais à la fin de la saison ils reparaissent de nouveau dans l’après-midi.

Dans beaucoup de contrées, la nuit est presque toujours sereine; dans d’autres il pleut aussi la nuit et même encore plus que le jour, mais il est probable que celte différence tient au voisinage des grandes chaînes de montagnes. M. Bousiingault s’en est assuré sur les plateaux et dans les vallées des Andes, au Pérou*; x.yall, à Madagascar; et l’amiral Roussin, à Cayenne. D’autres voyageurs ont confirmé ces données par des observations isolées.

Tous ces phénomènes tendent à prouver que le courant ascendant, qui est surtout très-fort dans le lieu dont le soleil occupe le zénith , amène une perturbation dans l’atmosphère. De là d’abord la scintillation des étoiles, puis un changement dans la direction des vents. L’évaporation de l’eau tombée de la veille rend l’air tellement saturé de vapeurs que mémo en Afrique les vêlements, les souliers, tous les objets en un mot qui ne sont pas placés près du feu, deviennent humides, et les habitants se trouvent dans une espèce de bain de vapeur perpétuel. Celle éjioque est celle des maladies endémiques si fatales aux Européens. En Afrique , l'approche do la saison des pluies s'annonce aussi par des changements dans la direction des vents.

Ces pluies étant une conséquence du courant ascendant, le lieu où elles tombent change en même temps que la déclinaison du soleil, dont la présence détermine ce courant. En Afrique, par exemple, près de l’équateur, la saison des pluies commence déjà en avril. Entre 10® de latitude boréale et le tropique, principalement dans les pays qu’arrose le Sénégal, elle dure depuis le commencement de juin jusqu’au commencement do novembre. 11 en est de même dans l’inté-

• Aux environs des mines d'or de Marmato, lat. 6® 27’ N. ; long. 6 h. 11“ O. : élévation absolue 1426 mètres, température moyenne 20°, 4, ce savant a obtenu les résultats suivants ;

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