‹ Cours complet de météorologieChapitre 45 sur 194 · FIGURES DE LA NEIGE · texte numérisé non relu

FIGURES DE LA NEIGE

circonstances perturbatrices suffisantes. Dans l’exemple précédent, la ci'islailisation eut lieu parce qu'une partie de l’eau s’élanl vaporisée le restant ne jrouvail plus tenir le sel en dissolution.

Kn mettant certains corps en fusion et en les laissant refroidir, on observe les mémos pliénomcnos. Faites fondre du soufre dans un (H)t de terre, puis éloigne/-lo du feu , la masse liqidde se recouvrira bientôt d’une croùte.s!olide ; brisez-la cl decantez par l’ouverture le soufre encore liquide , vous verrez alors (lue le vase est tapissé d’une croûte de soufre solide dont l’intérieur est hérissé do cristaux aciculaires réguliers. Dés que la masse se solidilio par refroidissement, les plus petites molécides se disposent régulièrement ; mais si on laissait la masse tout enfiètxî sesolidilier com|>létement, les cristaux se confondraient à tel point qu’on obtiendrait un corps à texture cristalline, mais pas un seul cristal; c’est ce qui arrive dans les bétons de soufre. Au contraire, en laissant (kouler le soufre encore liquide qui sépare les cristaux déjà formés, ceux-ci restent séparés et deviennent visibles.

L’eau présente un phénomène analogue à celui du soufre; elle cristallise sous l’influence seule du froid. Toutefois, en examinant la glace des fleuves, nous n’y découvrons pa^ la plus petite trace de cristaux; c’ast une musse confuse semblable à celle du soufio en bâtons. Mais si l’on suit les progrès do la congélation sur les bords d’une rivière, on voit des aiguilles partir du rivage ou bien de la glace déjà formée, et s’avancer parallèlement les unes aux autres, ou en faisant entre elles des angles de 30 à 00 degrés. Do ces aiguilles, d’autres partent sous les angles précités, et ainsi do suite jusqu’à ce qu’il résulte de leur entrelacement une masse compacte uniforme. Si l’on soidève une lame de glace ainsi formée , on découvre souvent à sa face inférieure des cristaux très-réguliers. De semblables phénomènes s’observent en hiver sur les carreaux de vitre. On voit (|ue les cristaux secondaires font un angle constant avec le crisUd qui leur sert d’axe commun; et si la vitre était parfaitement plane, on y verrait des figures très-régulières. Elles le sont quelquefois lorsque la couche de glace est trèsmince. L’air de la chambre est-il humide, alors chaque rair,chaque grain de pous.sière devient le centro d’une formation cristalline, et, en rayonnant dans tous les sens, Ces cristaux forment un réseau qui exCite l’admiration par son étonnante complication.

Les cristaux de glace ne sont jamais si réguliers que lorsqu’ils sont formés par la vapeur d’eau qui se dépose sur des cûr|)s solides, comme la geléo blanche, qui sc précipite par un temps calme et un air humide, ou bien lorsque la neige tombe sans être chassée pur

DES MÉTÉORES AQUEUX

le'vcnt;- mais la tempéraliire, l’iiumidilé , l’agitation de l’air et d’autres circonstances ont une grande inlluencc sur la forme d(>s cristaux. Malgré leur grande variété, on peut les ramènera une ^ loi unique. Nous voyons que les cristaux isolés se réunissent sous des angles de 30, 60 et 1 20 degrés. Les flocons qui tombent en même temps ont en général la même forme; mais s’il y a un intervalle ei)tre deux averses de neige consécutives, on observe dans la seconde des figures différentes de celles de la première, quoique toujours semblables entre elles.

Le navigateur anglais iv. Scoreiby, qui a fait un grand nombre de voyages dans les mers polaires comme capitaine baleinier , a donné le plus de détails sur ce sujet. Il a décrit les différentes formes de la neige dans son excellent ouvrage sur le Nord, üa peut les ramener à cinq types principaux : I® des lamelles minces ; 2“ un noyau sphérique ou plan hérissé d’aiguilles ramifiées; 3“ des aiguilles fines ou des prismes à six pans; 4“ des pyramides à six faces; 5" des aiguilles terminées à une de leurs extrémités ou à toutes les deux par une petite lamelle. Je vais décrire d’après Soore«by les variétés les plus remarquables.

Cristaux sous forme de lamelles. Ils se distinguent par la variété déformés qu’ils présentent. Ordinairement, les lamelles sont fort minces, transjiarentes et d’une structure très- délicate. On distingue plusieurs variétés.

A. Des figures étoilées à six rayons partant d’un centre et souvent hérissées de pointes parallèles disposées de façon à se trouver dans le même plan que les rayons. Suivant Sooresby « cette forme se remarque fréquemment quand la température est voisine de zéro (PI. iv, Fig. 1 et 2) ‘.

B. Des hexaèdres réguliers. On les observe par des froids modérés et avec des températures très-basses. Plus il fait froid et plus ils sont minces, petits et délicats. Quelques-uns sont une simple lamelle transparente (PI. iv, fig. 3). Chez d’autres, pn voit à l’intérieur de leur périmètre des lignes blanches qui formeal à leur tour de petits hexaèdres ou des figures analogues. Les formes les plus variées résultent de ces combinaisous. (Voy. PI. iv, fig. 4, 5, 6, 7, 8, J).) Leur grandeur varie entre. celles de lamelles à peine visibles et de lames d’un diamètre de 2 à 3 dixièmes de millimètre. En regardant une de ces lames par cùté, j’ai toujours vu que

' Cette forme étoiI4e (fig. 2) est une des formes les plus fréquentes de la neige. La plus basse température à lai|Uelle on ait observé à Uos-ekop une chute ilc neige étoilée a été — 12®. Les étoiles avaient à peine 2 millimi-tros de diamètre. Lo temps é<nit presque calme, M.

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