‹ Cours complet de météorologieChapitre 65 sur 194 · MOYENNES ESTIVALES ET HIBERNALES DANS 'LES ILES BHITANMOUES · texte numérisé non relu

MOYENNES ESTIVALES ET HIBERNALES DANS 'LES ILES BHITANMOUES

ES : — : n

LIEUX.'

HIVER

ÉTÉ

DIFFÉRENCE

Feroe

Ile ünst (Shetland). .

Ile de Man

Edimbourg

Aberdeen

Kinfauns-Castle. . . .

Londres

Lancaslre

Kendal

Penzance

llelston

Dans tons ces points.la température moyenne de l’hiver est audessus de zéro. Môme aux Shetland, aux Feroe, par 62** de latitude nord, la moyenne hibernale est supérieure à celle de Londres; mais les étés sont plus froids, et la diCTérence entre les deux saisons est à peine dé 8<>. Cetto faible différence se montre aussi à l’enzance et Helslon, villes de la côte de Cornouailles, tandis que Londres, situé dans la partie orientale de l’île, présente déjà une différence de 13",5.

- Les vents de S.O. , si communs en Angleterre pendant l’hiver, amènent l’air humide et chaud de la mer Atlantique. Ces vapeurs, en se précipitant, dégagent de la chaleur et s’opposent au rayonnement du sol. Ainsi la douceur des hivers, en .Angleterre, s’explique par leur extrême humidité. Sur les îles Açores et'Ie long de leurs côtes , où le vent accumule les vapeurs , l’iiiver sera encore phis doux que dans des lieux situés, comme Londres, sur la côte orientale de l’Angleterre, où les vents ne parviennent qu’après avoir perdu une grande partie de l’humidité dont ils étaient chargés. Mais en été la môme cause abaisse leur température, comme on peut s’en assurer en comparant llelslon et Peirzance avec Lon-

■ dres. Ces deux vérités deviennent de plus en plus évidentes à mesure qu'on pénètre dans rinléricur des coulinonls.

CLIMATS MARINS KT CONTINENTALTt.

IIQYENNJIS ESTIVALRB ET IIIDERNALES EN FRANCE ET EN HOLLANDE.

LIEUX

niTKR.

ÉTÉ

DIFFÉIIENCÈ.

Amsterdam

Middelbourg

Maoslricht

Bruxelles

Franecker

La Hâve

Saint-Malo

Dunkerque ......

La Rochelle

Paris

Montmorency

Ces différentes villes jouissent d’une température moyenne hibernale d’environ 3“, comme cellé de l’Angleterre, Penzance et Helston exceptés. Mais la moyenne de l’été est de 48“ environ. C’est un effet des vents continentaux d’est, qui maintiennent la sérénité du ciel. La différence entre l’été et l’hiver, qui en Angleterre n’était que de 4 3<>, s’élève à 4 ü«.

MOTENNER ESTIVALES ET HIBERNALES EN ALLEMAGNE.

172 tempi^:ratlre.

Quoique ce tableau présente encore plus d’une anomalie, il fait voir cependant d’une manière bien évidente l’influence des continents. Malgré la latitucle élevée de Guxhaven, Lunebourg et Apenrade, la moyenne des hivers est au-dessus de. zéro. C’est un effet du voisinage de la mer, contre-balancé néanmoins par l’influence continentale qui abaisse leur moyenne au-dessous de celle des villes situées en .Angleterre sous la même latitude. Dans tous les autres points de l’.VIIemagne, la moyenne hibernale est audessous de zéro ; mais aussi les étés sont plus chauds, comme on peut le voir en comparant le tableau de l’.Angleterre avec celui de l’Allemagne, en tenant compte des hauteurs au-dessus du niveau de la mer. Il en résulte une plus grande différence entre l’hiver et l’été : elle est de 16» dans l’Allemagne occidentale, dans le voisinage de la mer, et s’élève jusqu’à 20o dans la partie orientale. A Dantzig, on sent la faible iniluence du voisinage de la Dallique.

Plus nous pénétrons dans l’intérieur du continent, plus les hivers deviennent froids, et plus la différence entre l’hiver et l’été tend à s’accroître, comme le montre le tableau suivant,

TEMPÊnATURES IllUERNALKS ET ESTIVALES DAÎIS l'iNTÉRIEUR nu CONTINENT,

LIEUX

HIVER

ÉTÉ

DIFFÉRENCE

Pétersbourg

Abo

Moscou

Kasan

Harnaul

Slalüust

Irkutzk

Jakouzk

Taudis qu’en Angleterre le thermomètre ne descend qu’excoptionnellement à 10® au-dessous de zéro, nous trouvons à l’intérieur du continent, sous des latitudes à peu près égales, une moyenne de — 10", et il n’est pas rare de voir le mercure geler à Kasan. Dans l’intérieur de la Sibérie, il reste souvent à l’état solide pendant plusieurs semaines. La sérénité du ciel dans ces contrées favorise le rayonnement du sol en hiver et son échauffement pendant l'été ; aussi les étés sont-ils plus chauds qu’en Angleterre. La différence enlro les moyennes des deux saisons, qui est de 23® dans la Russie

jsochim(:m:s i;i- isohikri.s.

occidonlale, s’élève à 33“ cl même à 50“ (kins rinléricur de l’empire ; elle est donc quatre à cinq fois i)lus grande qii cn Anglctcn c.

Celte loi se retrouve partout. I.a côte occidentale de la Norvège jouit d’un hiver relativement très-doux et dont la moyenne ne dilfère que d’une dizaine de degrés de celle de l’été. .Mais à peine a-t-on traversé la crête des Alpes Scandinaves qu’on trouve un climat continental. Mêmes relations dans r.\mérique du nord. Tandis que la côte occidentale se distingue par des hivers doux et des étés froids, la différence des saisons est plus grande à l’intérieur, puis diminue à mesure qu’on se rapproche de r.\tlanti(pie. Toutefois, elle est toujours plus grande qu’en lùirope. Cela tient là la prédominance des vents d’ouest , qui , traversant une grande étendue de terre, communiquent au climat de ces contrées quelque chose des climats continentaux. Ainsi, dans l’Amérique orientale, les hivers sont plus froids et les étés plus chauds qu’ils ne le seraient sans cette circonstance.

XSOCHIMENES ET XSOTHEKES. — Si on réunit sur une mappemonde tous les lieux dont la moyenne hibernale est la même, il en résulte des courbes appelées isochimènes (iffoç, égal; yEipiov, hiver). Celles qui passent par les points où les moyennes estivales sont égales, se nomment isothéres (tcoç, égal; Ospo;, été). Le nombre des observations n’est pas encore assez grand pour pouvoir tracer ces courbes avec une parfaite exactitude; mais elles sont suffisantes pour faire voir que ces lignes sont loin do coïncider avec les parallèles qui joignent les points situés à la même distance de l’équateur, car les isochimènes s’abaissent vers le sud à mesure qu’on s’éloigne de la côte occidentale de l'Europe en marchant vers l’orient, parce que les pays situés vers l’est ont des hivers beaucoup plus rigoureux que ceux qui sont à rouesl. Les isothéres, au contraire , s’élèvent vers le pôle quand on marche d’occident en orient, et c’est seulement dans l’intérieur du continent qu'à latitude égale les moyennes estivales sont les mêmes. Dans l’Amérique du nord, on observe quehpie chose de semblable; car à distance égale de l’équateur les lieux situés à l’ouest des Alleghanis ont des hivers plus froids et des étés plus chauds que ceux qui sont situés au bord de la mer.

On comprendra facilement que ces conditions climatériques aient la plus grande influence sur la distribution géographique des êtres organisés. Beaucoup d’animaux, surtout les (iuadru|>èdes, <jui ne peuvent pas faire d’aussi graniles migrations que les oiseaux, évitent les flimats extrêmes. Si donc on fait pas.ser une conrbopar les points qui limitent au nord l’aire habitée par ces animaux, celle

rom ho roïnf’idora presque avec une isorliimèno. C’est ce que fait voir la rat le pubücV par M. ch. Ritter sur la distribution dt's Minninifôrcs sauvages et domestiques en Europe. Ainsi en Suède l’tvian vit rnrore sous le fib* latitude, mais dans l’intérieur de la Sibérie il ne dépasse |tas le 5b* drgré.

Les mômes observations s’appliquent à la distribution des végétaux sur la terre , mais il faut distinguer avec soin les végétaux arborescents' de ceux qui no sont qu’annuels et meurent cliatjue année après avoir porté leurs graines. Les arbres ne peuvent pas résister aussi efTicacement aux rigueurs de l’hiver que les végétaux herbacés vivaces; toutefois, si leur période de floraison et do fructification n'est j)as longue , ils s’élèvent jusqu’à de hautes latitudes lé long des côtes de l’Atlantique, tandis qu’ils s’arrêtent beaucoup plus au sud dans l’intérieur du continent. Ainsi aux environs de Penzance, sur la côte méridionale de l’Angleterre, les Myrtes, les Camélia, les Fuchsia et les Hudleia passent tout l’hiver en plein air, quoique leurs fruits ne mûrissent pas en été. Les côtes de Bretagne offrent le môme phénomène. Le Hêtre [Fagus silvatica) s’étend en Non'ége jusqu’au 60* degré. Sur la côte occidentale de la Suède sa limite extrême est sous le 58*; dans le Smoland par 57“ et sur la côte orientale dans le voisinage de Calmar. En Lithuanie, elle se trouve entre 54® et 55®; dans les Carpathes, aux environs du 49® ; et dans les montagnes de la Crimée, vers 45“ '. I.e Houx {Ilex aquifolium), qui s’avance jusqu’en Écosse et en Norvège, gèle quelquefois aux environs de Berlin et de Halle. Plusieurs espèces de Bruyères , l’Aune , le Peuplier noir, le Lilas, le l.ierre, le Gui, l’Épine-vinette, le Myrtil, ont une distribution géographique analogue.

* Le petit tableau suirant présente l'indication des limites latitudinalcs da plusieurs arbres en Scandinavie.

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