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168 • TKMPÉRATXRK
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I*E. Le tableau précédent fait voir que la température d’un lieu dépend non-seulement de sa latitude, mais encore de sa longitude: Ainsi Easiport en Amérique et Stockholm ont une température moyenne de 5”, 5 environ, et cependant leurs latitudes dilfèrent de 14“. On trouve une moyenne variant entre 1d“ et 11”, 5 à Germantown, aux Fort Colilmbus, Fort Vancouver, Penzance, Plymouth et Sevâstopol , c’est-à-dire par 40“; 40“ 42^; 45" 38'; 50*7'; 50® 22' et 44® 36' de latitude nord. Ainsi, à partir de la côte occidentale de l’Amérique du nqrd , où elle se rapproche le plus de l’équateur, la ligne qui passe par tous les points dont la température est de 11® à 11",5, s’élève d’un côté vers la côte orientale du nouveau continent, où elle atteint le 45® de latitude; de l’autre, vers l’Europe, où elle dépasse le 50® : sa plus grande amplitude est de 10“ de latitude. Sur les bords de la mer Noire, elle descend jusqu’au 44“ ; et si nous connaissions le climat du centre de l’Asie, il est probable qu’elle s’abaisserait encore plus vers l’équateur dans l’intérieur de ce continent. L’angle sous lequel, les rayons du soleil viennent frapper la terre n’esf donc pas le seul élément qui détermine la température; il en est d’autres que nous allons analyser.
CAUSES POTSIQUES SES BIFFÉREKCES SE TEM- PERATURE. — Les vents sont la cause la plus puissante des ruptures d’équilibre dans la température. Leur action n’ést pas toujours immédiate , mais en l’étudiant on se confirme dans l’idée que tous les phénomènes atmosphériques sont liés entre eux et réagissent les uns sur les autres de manière à jouer alternativement le rôle de cause et d’effet.
Si la surface de la terre était complètement unie et compfosée seulement de terre ferme, 6u enveloppée entièrement d’un immense océan, on trouverait probablement à latitude égale la même température. Toutefois, en analysant le phénomène, on voit que celle diminution de chalfeur ne dépend pas uniquement de la moindre hauteur de soleil au-dessus de l’horizon;. car les vents alizés, entraînant sans cesse vers l’équateur des masses d’air provenant des latitudes élevées, rafraîchissent les régions Inlertropicales, dont le climat est moins brûlant que si l’océan atmosphérique était dans un repos parfàit. Le vent élevé de S. O., au contraire, qui provient de l’équateur, s’abaisse vers la terre à mesure qu’il s’avance vei's les pôles, communique aux régions qu’il louche une portion do la chaleur équatpriale et adoucit ta rigueur de leur climat. Les ohservaHons que nous avons rapportées confirment ces faits de la manière la j)lus positive. En effet, si nous chbisissoqs une série do
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lieux situés tous sous le même méridien, mais très-élôi"nt*s les uns des autres en latitude, nous trouverons que la diminution de la température n’est pas proportionnelle à la différence en latitude et qu’il serait impossible de déduire le edimat thermométrique d’un lieu quelconque de ce seul élément. Les différences entre le calcul et l’observation sont telles, qu’on ne saurait les attribuer â l’emploi d’instruments imparfaits ou à l’influence d’années à températures exceptionnelles. Ainsi pour l’équateur le calcul donne des températures plus fortes que celles qu’on trouve par l’observation directe. Dans des latitudes plus élevées, au contraire, les chiffres auxquels il conduit sont trop faibles. Ces doux résultats s’expliquent très-bien par l’influence opposée des vents alizés qui réchauffent les [xMes et rafraîchissent l’équateur.
Les différences entre les températures moyennes de deux contrées situées à la môme distance de l’équateur sont une conséquence des masses relatives de terre et d’eau dont elles sont environnées. La grande capacité de l’eau pour la chaleur (p. 10) fait que les deux grandes mers qui s’étendent d’un pôle à l’autre, entre les deux vastes continents, sont plus froides que la terre en été, mais plus chaudes qu’elle en hiver. Par conséquent, les vents occidentaux, qifi proviennent de la mer et soufflent plus rarement en été qu’en hiver (p. 51), communiqueront dans cette saison une plus grande somme de Chaleur aux côtes occidentales des continents. Cette induction est confirmée par l’expérience. Mais, lorsque ces vents arrivent dans l’intérieur des terres, leur température est déjà moins élevée, surtout si ces vents rencontrent prés des côtes occi- (lenUdes de hautes chaînes de montagnes. C’est le cas en Écosse et surtout en Norvège : aussi n’est-il point sur la terre de pays qui, à latitude égale, jouisse d’un climat aussi doux que celui que nous venons de nommer en dernier liéu.
Outre leur température élevée, ces vents de S. O. se distinguent encore par leur humidité, qui est telle qu’en hiver ils sont presque entièrement saturés de vapeur d’eau; de là le ciel presque constamment brumeux de l’Europe et de l’.Vmérique occidentales pendant cette saison. Ces nuages s’opposent au refroidissement de la terre par rayonnement; en 'passant à l'état liquide, les vapeurs dont ils sont chargés dégagent leur chaleur latente, et la température de l’air s’élève sous cette double Influence. Dans l’intérieur des continents, au contraire, un ciel serein favorise le rayonnément et détermine l’abaissement de la température. L’équilibre ne se rétablit pas en été; car si, dans celte saison, le ciel était aussi \ souvent serein qu’en hiver, le soleil agirait énergiquement ;'înais
.190 . T€MPÉRATI:RB.
(Jan.s l’Hilériciir du ronliui'nt europi-en , le ciel étant souvent nuageux en été , la température moyenne de l’année est plus basse que sur les côtes occidentales.
Il en est do même des côtes orientales. Le Kamtschatka est plus chaud que la Sibérie, New- York a une température plus élevée que celle des villes .situées sur Je Mississipi. Toutefois dans les hautes latitudes les côtes occidentales sont toujours plus froides que les orientales. En général, l’élévation de la moyenne est due au voisinage de la mer, son abaissement à celui du continent; car les vents de S. O., qui, surtout en hiver, ont passé sur de grands continents, arrivent dépouillés de toute hmnidité sur les côtes orientales, où la sérénité habituelle du ciel favorise le rayonnement.
Los dilférences do température telles que celles que nous venons de signaler existeraient quand môme la mer serait parfaitement calme; mais ce qui tend encore à les accroître, c’est l’existence des courants marins, qui favorisent cette distribution inégale de ja chaleur. On les remarque principalement sur les deux rives de l’Atlantique, et ils nous expliquent la douceur des c'imats des côtes occidentales de l’Europe , et certaines particularités climatériques dos régions orientales de l’Amérique.
L’alizé, qui souille régulièrement sur rAUantiquo, pousse vers l’ouest une masse d’eau considérable; ce courant occidental s’élargit donc toujours jusqu’au cap Saint-Roch, où il se divise en deux branches, dont l’une descend vers le sud, tandis que l’autre remonte vers le nord en longeant la côte est de l’Amérique. Cette dernière branche entre dans le golfe du Mexique, puis se précipite dans le canal de Bahama, et de lô remonte vers le nord sous le nom de Gulfslream, en parcourant environ 80 milles marins (148 kilomètres) dans un jour. Cette masse d’eau , exposée long-temps aux rayons du soleil des tropiques, a une température de plus do 27" au sortir du golfe du Mexique. Le courant s’élargit en remontant la côte, américaine, cl sa vitesse diminue. Entre Cayo Biscaino et le banc de Bahama, sa largeur e^l de 9 -myriamètres environ; par le parallèle de Charlestovvn, en face du cap llenlopen, elle s’élève déjà à 23 myriamètres; mais sa vitesse diminue au point qu’il no parcourt plus que 60 â 70 milles en un jour.
Plus au nord, les côtes de la Géorgie et de la Caroline changent sa direction ;. il tourne au N.E., passe près du cap llatteras, et poursuit sa marche jusqu’au banc de Saint-George, à l’est de.Nanlucket. Là, par 49“ 30' de lal. et 67" de long. O. de Paris, il a une largeur de 47 myriamètres; sous ce parallèle il tourne subitement à l’est, de façon que son bord-occidental. devient sa limite seplen-
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trionale et longe le banc de Terre-Neuve. Ses limites sont dépendantes des saisons. Lorsque, pendant l'automne, il y a dos coups de vent venant du nord et du N.O., alors il se fait entre le banc de Terre-Neuve et la limite occidentale du courant une accumulation d’eau considérable qui le dévie vers l’est. De là il tourne vers l’E.S.E. jusqu’aux Açores, où sa largeur est de 78 myriamèires ou plus, et sa vitesse de .30 milles (S3 kilomètres) par jour. Il se meut avec moins de régularité le long de la côte de Guinée; toutefois sa rapidité est encore' d’environ 25 milles par jour. •
Une branche moins importante et plus dépendante de la direction des vents se sépare du courant principal vers 45® à 50® lat. N. près du banc du Bonnet-Flamand, et se dirige vers l'Europe. C’est surîout lorsque les vents d’ouest ont souillé pendant long-temps sans interruption que ce courant est sensible. Tous les ans il porte sur les côtes de l’Irlande et de la Norvège des fruits et des graines d’arbres qui appartiennent aux parties chaudes de l’Amérique. Sur la côte occidentale des Hébrides, on trouve souvent des graines de Dolichos urem, Guilatidina Ilonduc, G. Bonducella, Mimosa scandms et d’autres plantes de la Jamaïque, de Cuba et du continent américain. Ce courant y apporte aussi des carapaces de tortues, des barricpies de vin provenant de navires naufrages dans la mer des Antilles *.
Ces mêmes vents d’ouest^ qui poussent le GuZ/istream jusque dans le voisinage de l’Europe, produisent sur les côtes de France un courant local que Rennell a fait connaître; on lui a donné le nom de ce savant géographe. Ces mêmes vents font entrer le courant dans le golfe de Biscaye , où il tourne au nord , longe les côtes de France, et s’élargit dans le voisinage de l’Angleterre au point d’être à peine sensible, à cause de la variabilité des vents.
Le Gulfstream, en traversant l'Atlantique, forme un courant bien limité qui conserve pendant long-temjis sa température originelle. Déjà, en 1780, Franoklîn et Blagden recommandaient aux navigateurs d’employer le thermomètre jxnir s’assurer s’ils étaient dans le Gulfstream. D'après M. de Humboldt, la mer avait entre 40” et 41® de latitude une température de 2i®,5, tandis qu’en dehors du courant elle était de 17®,5. Lorsque Sabine sortit du courant par 36“ 14' N. et 74® O. de longitude, entre 10 heures du matin et nudi, le thermomètre descendit, dans l’espace de deux heures, de 2.3®, 3 à 16®,0, ainsi de 6®, 4, sans que la profondeur de
' En isasj'nt trouva avec M, l.otiin, à Kielvijt, prvs du cap Nord, une graine de Mimosa Kiittdens p.arnii |es gniuls du rivage. Elles y sont fort cuiiimuues, ou en volt chez tous les Relieurs de Ui cote.
IÜ2 TtMPÉRATURE
fa mer ait sensiblement changé. La iempérature de l’air au-dessus du courant participe de celle de l’eau ^ comme le prouvent toutes les observations.
Ces courants élèvent singulièrement la température des côtes qüi sont baignées par eux. Dans les latitudes basses, un courant d’eau chaude longe les Florides, tandis qu’un courant venant du nord descend le long de la côte d’Afrique. Aussi , quoique sous la même latitude, les Florides sont-elles plus chaudes de 1» à 2°, que les Canaries. Si nous examinons les pays situés en dehors des vents alizés, les deux côtes ont sensiblement la même température moyenne. Les différences commencent vers le 30* de lat. N. Sur la côte orientale de l’Amérique, la température s’abaisse beaucoup plus rapidement que sur celle d’Europe à mesure qu’on s’éloigne de l’équateur. Cet abaissement est surtout sensible dans les points où le Gulfslream s’éloigne du nouveau continent. Si nous réunissons les latitudes sous lesquelles on trouve les températures moyennes de 25®, 20®, 15®, 10®, 5® et 0®, nous trouvons les rapports suivants:
LATITUDE DES POINTS d' EGALE TEMPÉRATURE MOTENNE SUR LES COTES d'eUROPE ET d' AMÉRIQUE.
TEMPÉHATCHE.