‹ Cours complet de météorologieChapitre 79 sur 194 · TS · texte numérisé non relu

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TSMPâlATORE DE E’HéMlSPHERB ÆSTRAX.. —

Presque loules les séries météorologiques ont été faites sur des points situés dans l'hémisphère boréal. La science possède encore peu d.’observalions dans l’autre hémisphère, et ce n’est qu’avec déCànce qu’on peut employer les moyennes qui en ont été déduites. Cependant nous avons quelques données sur les hautes latitudés de la côte orientale de l’Amérique. Voici celles qui sont venues à ma connaissance :

TEMPÉRATURES MOYENNES DE L*UÉMISPHÉRE AUSTRAt.

' LIEUX

LATITUDE SUD

Maranham. . . .

27®, iO

Rio-Janeiro. . .

Buenos-Ayres. .

Iles Falkland. . .

Port-Famine. . .

D’après cela , l’isotherme de b» coupe probablement l’extrémité méridionale de l’Amérique; c^est aussi à cette latitude de 5b“ que la môme isotherme coupe la côte occidentale de l’Amérique du nord. Nous pouvons en conclure que la distribution de la chaleur est à peu près la même dans les deux continents jusqu’au 50® degré; mais la température du pôle^ud, déduite de celle des lieux situés près de l’équateur, est un peu plus basse que celle du pôle nord. La température de l’océan austral est aussi plus froide à latitude égale que cellfe de la mer septentrionale. Les voyageurs ont émis des idées fort exagérées sur la différence de température des deux hémisphères; cela tient au petit nombre d’observateurs sédentaires qui les ont habitées. Kirwan, Degentîl et de Humboldt ont déjà fait remarquer que les étés froids' signalés par les voyageurs ne décidaient rien à l’égard de la moyenne , parce que la masse d’eau considérable qui se trouve dans cet hémisphère devait singulièrement adoucir la rigueur des hivers. Voici quelques faits qui prouvent que la différence n’est pas aussi considérable qu’on se l’était figuré.

Dans son second voyage, Cook a pu à peine dépasser le cercle polaire, mais plus lard Woddel a trouvé la mer libre par le 7i®

mîMISPHfcRK AUSTRAL.

(le lat. S. •*. Le réMt de Fonter paraît exagéré ; voici ce qu’il dit :

« En plein été, les montagnes et la C(ile de la Nouvelle-Géorgie sont couvertes de neige jusqu’au bord de la mer. C’est seulement sur quelques points plus exfwsés au soleil que cette couche vient à fondre et laisse la terre à na. Nous n’avons trouvé sur le point ou nous avons débarqué que deux plantes, VAncistrum decumbens et le Dactylis glomerata. » Ce serait sans doute un climat bien extraordinaire par 30' que celui qui ne produirait que deux plantes phanérogames, et oii la terré serait ainsi couverte de neige pendant tout l’été; mais le récit de CooU fait voir que des glaciers descendaient de montagnes élevées, et le séjour des voyageurs a été beaucoup trop court pour qu’on puisse croire qu’ils aient recueilli toute la flore de l’île. Cook mentionne une mousse dont Foriter ne parle pas*; Weddel, qui a visité l’tle plus tard, dit que l'herbe a 6 décimètres de hauteur, et qu’il a trouvé une grande quantité de plantes antiscorbutiques. La Nouvelle-Écosse du sud , qui est située à plusieurs degrés plus au sud , produit encore une graminée et un lichen.

La description que Forster donne de la Terro-de-Feu n’est pas plus flatteuse. « La côte occidentale, dit-il, est une chaîne de rochers nus dont les sommets sont couverts de neige. Dans un grand port situé au N. O. du cap llorn, où nous avons passé quel(pies jours, on n’a pas trouvé la moindre trace de végétation, sauf une mousse qui recouvrait des endroits marécageux, et dans des ravins et quelques vallées un arbrisseau et un petit nombre d’arbres clairsemés. » Cook, au contraire, parle du même endroit comme étant fort riche en bois et en plantes herbacées, et plus au sud Weddel a pu faire des planches avec les arbres qu’il a rencontrés. Banoks a été plus heureux que Foriter i dans la baie de Samt-Vinçeut , près du dé troit de Xiemaîre, il trouva, en quatre heures de temps, cent espèces de plantes nouvelles, de l’herbe et du bois. Les bouleaux (Hetula

' La banquise de glace qui arrête tes navigateurs occupe tous les ans une place dilTérrnte et présente des solutions de continuité fort variables. Ainsi, dans ses deux tentatives pour s’av,tncer vers le pôle sud, Ifunionl-Diirrillc fut arrêté chaque fois vers le cercle polaire, quoiqu'il ait cs^yé à plusieurs reprises de pénétrer dans les glaces. Dqpuis lui M. Jiuics lloss a trouvé la mer navigable jusque par 78" 4' de latitude sud.

s Foraier a exagéré beaucoup la pauvreté de la flore de ce pays. Pendant longtemps aussi on a cru sur la foi de M»rten» de Hambourg, Phipps, Sevresb;, l'irry et Siliiiie que le nombre des plantes du Spitzberg ne dépassait pas une centaine. Depuis le voyage de krilhau et ceux de la Commission du Nord le nombre total des plantes trouvées dans cette île s’élève à 210. (Voyez Flora, 1842, n“ 3l.| A Magdalenn-Bay, par 79“ 28’ lat. N., dans un esp.ace très-re^serré et exposé i toutes les violences des vents de mer, j’ai recueilli 24 plantes phanérogames. Leur liste se . trouve dans mes Observations sur les glaciers du Spitzberg iBiOliolkèjueunivertelle, 'juillet 1840). M.

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Ti:MPi-:nATiJBE.

antarcUca) qui composaient les Iwis avaient un tronc <Ie 9 à <0 nièlres de liaiileiir et de ü^ù î) décimélres de circonférence; et cependant, comme ces arbres se trouvaient près de la mer, nou^ devons admettre qu’ils n’arrivaient pas à tout leur développement, A un degré plus au nord, près du Port-J'aminev(t<mip. moy., ü”), Byroq , Fitz-Roy et Bumont-Burville ont trouvé les bords .(lu détroit de Magellan couverts de forêts du magnifique hêtre antarctique, dit-il [Fagus antarctica).. (JucUpies arbres avaient 2“’, 4 de diamètre; lés bois étaient peuplés de perroquets, et les indigènes marchaient tout nus, preuve sullisante que riiivcr n’est pas trèsrigoureux.

Les rapports de Barrow sur l’exi)édilion des navires l'Adventurfi et le Beugle, sont d’accord avec, ces récits. D’apres lui, la partie orientale de la Terre-de-Feu serait le meilleur pays de tous peux qui sont situés au sud du 45® de lat. S. Les njontagnes boisées do l’ouCî-t s’abaissent au rang de collines ou de plaines couvertes d’arbres. Le climat tient le milieu entre celui delà Patagonie orientale et de la Terre-de-Feu occidentale, qui est découpée par des baies profondes et des îles hérissées de montagnes (jui s’élèvent à 900 mètres environ. Le temps est couvert, pluvieux et agité pendant toute l’année. La partie occidentale de la Patagonie est formée d’un grand nombre d’îles dont l'intérieur est couvert de forêts impénétrables; la pluie est continuelle et la terre ne sèche jamais.

Ces coups de vent et ces pluies inces.santes rendent l’été de ces contrées fort désagréable, mais les hivers sont très-doux; et, quoiqu’au.Port-Famine le thermomètre ne monte pas au-dessus de 9®,8, il ne descend pas jusqu’à zéro, pendant Thiver. Ce climat est donc fort analogue à celui de la Norvège occidentale, où la pluie rafraîchit les étés et réchauffe les hivers *.

On a tenté d’expliquer cette température plus basse de l’hémisphère austral ; on a dit que Téfé était de quelques jours plus long dans l’hémisphère boréal que dans l’autre; mais cette différence est de peu d’importance et compensée d'ailleurs en grande partie par la moindre distance de la terre au soleil pendant sa déclinaison australe.

D’autres ont parlé de la plus grande masse d’eau qui se trouve dans l’hémisphère austral; l’eau réfléchit une partie des rayons, et l’autre pénètre dans son intérieur et ne contribue pas au ré-

^ La douceur de ces climats est aussi due à un courant d'eau chaude qui descend le long de la cf)te ouest de l’Amérique du sud et traverse le détroit de Magellan. Je tiens ce détail de M. le capitaine I>nprrrPT, qui a navigué dans ces paréges. ' M.

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HÉMlSl'HfcRE AtblRAL. 2o;i

chaufTement do* la Surface. Mais on doifadmellrc que dans le cours des siècles l’échaulTement des couches inléi ieures doit avoir depuis long-temps atteint sa limite. Il en serait de même si l'on voulait invorpier la plus grande capacité calorifiqiie de l’eau comparée à celle de la terre; cette circonstance doit avoir une influence sur la grandeur des variations diurnes, mais noii sur la moyenne annuelle. On [lourrait même en tirer la conséquence opposée : c’est que l’hémisphère austral devrait être plus chaud ipie l’autre, à cause de la plus grande masse d’eau qui le recouvre ; ('uC la surface de la terre ferme évaporant moins que l’eau, les vapeurs proviennent des mers occidcntalés"; et comme ralmoS|)hérc qui les recouvre est plus sèche que celle des mors occidentales de notre hémisphère', celui-ci devrait être plus froid, à cause de l’évaporation plus active et de la plus grande quantité de chaleur devenue l'atentc par suite de cette évaporation.

Je pense que c’est à la configuration particulière du continent austral qu’il faut attribuer sa bas.se température dans des latitudes élevées. Dans l’hémisphère boréal, les courants éipiatoriaux sont poussés vers les hautes latitudes par les vents régnants de S. O. ; clans l’autre hémisphère, au contraire, le courant de la mer des Indes tourne au nord sur la côte O. de l’Afrique. Il ne saurait donc réchauffer les contrées qui entourent le pôle austral. Il parait aussi qu’il n‘y a point de courants allant du cap llorii au [lôle sud : si, comme les voyages modernes semblent le prouver ♦, il existe des terres étendues dans le voisinage de ce pôle ^ elles doivent rélléchir les courants éipiatoriaux, et, leur climat étant fort rigoureux, elles refroidissent aussi les courants d’air cpii les traversent *.

TEMPERATURE DU SOL. — Si l’on exposc à l’air libre un corps sphérique mauvais conduéteur de la chaleur, portant au centre la boule d’un iheniKimèlre dont l'échelle est visible à l’ex-

I Voyez surtout ceux de nîicor, VVeiltlel, n.ileii]r, l>iiinniit>l>iirvillc et tfanirx llMl.

• Peut-être faut-il aussi faire intervenir, dansl'explicactou de l’inégale température des deux hémisphères , le rayo'nnement du sol vers les espaces célestes, rayonnement dont l intcnsllé peut varier suivant les diverses régions de t'espace, comme l’a indiqué M. I*auillct. L'espace indéfini et peuplé de myrlmlcs d'étoiles qui noua entoure, peut être , quant à ses effets thermiques-, remplacé idéalement par une immense enceinte sphérique dont la paroi .serait entre enue X une certaine température constante, mais qui pourrait varier d'an point à an autre de la surface. 11 n’est pas Impossible que la température moyenne des régienS polaires australes de cette enceinte sphérique soit notablement Inférieure à celle des régions voisines du pvilc boréal de la même enceinte, et l’inéga'ité des température.s de.sdeux liémispbèrcs qui sép.ire le plan de l'équateur céleste pourrait entraîner une inégalité correspendantu dans les deux liéiidsplières de la térre. Cet aperyu est susceptible de vérification, et des expériences ircfinoTKéfrf^ues convenablement faites pourrout décider un jour cette queetioii delicaie. M.

TEMPKRATL'RK.

térieur, les variations diurnes de ce lliermoniètre #>eront phis petites que celles d’un instrument suspendu librement dans l'air; leurs amplitudes seront d’autant moindres que le corps sera plus gros ou que sa substance conduira plus mal la chaleur. La température d’un corps de eette nature no s’éloignera jamais beaucoup de la moyenne du jour pendant lequel on l’observe, moyenne que Ton pourra déduire d’une seule ou de deux observations diurnes.

Le globe terrestre est un corps de ce genre. On enfonce dans le sol des thermomètres munis de longs tubes, et on note chaque jour leurs indications. En Allemagne, à 6 décimètres de profondeur la variation diurne' disparait. Si la boule est encore plus profondément enterrée , les heures n’ont aucune influence et les indications ne changent pas dans le cours de la journée. Enfin, entre 6 et 10 mètres, l’instrument marque pendant toute l’année une température qui SC rapproche beaucoup de la moyenne de Tannée. La profondeur à laquelle on trouve cette température constante dépend de la conductibilité du sol', mais surtout de la différence entre les moyennes de l’hiver et celles de l'été. Hans l’Amérique tropicale, où cette différence ne s’élève qu’à un petit nombre de degrés , il suffit de plonger le thermomètre à o ou 6 décimètres pour obtenir cette moyenne *. . •

• M. ForliM »’cst livré, près d’Edimbourg, à des expériences comparative.ss]irtes variations de la température i diverses profondeurs dans le trapp de Calton-Hill, dans une couche homogène de sable et dans le grès houiller de Craigleith,

AMPLITUDE MAXIMUM DE LA VAHIATIOIt ANNUELLE.

KOCHBS.

PROrONDEUH EN METRES.

ÉPOQUES r

)BS M.KXIM\ DK TEMPE-RATURE.

m. 1 m. m. ni.

If9

ni.

"Trapp. .

.Sable . .

Grès. . ,

6 août.

31 juin.

5 aotU.

2 sept.

24 août. 19 août.

17 octob.

7 octob.

11 sept.

8 janv.

30 dec.

11 nov.

Ces ré.suUats sont corrigés de ta dilatation et de la contraction de la partie enterrée et de la partie libre dcs.tiges thermométriques [Complet rendus de l'académie des Sciences, t. vili, p. 85 118391). M.

s C'est-à M. BouMin|;>alt que l'on doit ce résultat, -auquel il est arrivé par un

Srand nombre d'observations. Ainsi au village de la Vega de Zupia, dans les Cor- Ulièrcs, élevé de l‘225 mètres au-dessus de la mer, de longues séries d'observations thermométriques faites i l air libre, en ISvXi, 1826 et 18'29, av.-tient permis de fixer la température moyenne A 21*’,b. A 3 décimètres au-dessous du sol, dans un trou fermé et recouvert d'un toit , un thermomètre a marqué , en août et septembre, 21°,b ou ‘21°, 6 , mais bien plus souvent 21°,5. Mêmes résultats aux mines de Marmato, 4 14'26 mètres sur la mer ; au village de Furacé , A 2661 ; A Popayan , élevé de 1808 mètres, et A Quito, qui est A 2914 au-dessus de l'Ucéaii. '

M. BauMingaalt a donné, p. 244 A 2V1, Annales de Chimie et de Physique, t. un,

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