VÉGÉTATION DES MONTAGNES
montagnes sont de belles forùts de liôtrcs, de sapins, et qnelquetois de pins.
Si l’on s’élève de cinq à six cents mètres, on trouve l’oreilled’ours (Primula aurivula) qui recouvre les rochers de ses fleurs d’un jaune soufré; la goniiane sans tige {Gentiana acau/j«)>dont la grande corolle, d^ûn bleu d’oulre-iner, s’incline vers la terre ; l’aconit napel [Aconitum napellux), la renoncule a feuilles d’aconit {Ranunculus aconilifolius) , le TroUhis earopæus, etCi, etc. Vers la hauteur de 1000 mètres, la soldanelle {Suldanella alpina) croît dans les bas-fonds arrosés par la neige fondante, qu’elle encadre dans une bordure violette. Le Crocus vernus se -trouve dans les mêmes localités, et passe aussi vite que la soldanelle. Les pentes sont couvertes do rhododendrons [Rhododendron ferrugineum et R. hirsutum ) , arbrisseaux chargés de fleurs rouges du plus bel effet, et qui tapissent .souvent de grandes surfaces.
. A la hauteur de 2000 mètres, la plupart des végétaux de la, plaine ont disparu et ne sauraient se propager. Dans la Suisse septentrionale, la vigne ne s’élève pas au delà de 550 mètres; sur le versant méridional des Alpes et dans le Yallais, ellp atteint 6ü0 mètres; et dans quelques localités favorables, telles que le Val- Sésia, au pied du Mont-Rose, on la trouve encore à la hauteur do 1000 mètres*. 11 en est de même des céréales : plus on s’élève, plus la récolte est tardive. En juillet 1 832, la moisson était terminéo dans les plaines de la Suisse; mais elle était encore sur pied dans le Haut-Va1lais, aux environs de Munster et d’Gbergestlen. Dans les villages élevés , en est sonvent forcé de suspéndre les gerbes à des échalas, afin de mûrir le grain artificiellement. On eniploie aus.si un moyen particulier pour faire disjiaraître la neige ; onia couvre de terre noire qui, absorbant la chaleur, hâte sa fusion, ne Saussure a vu mettre ce moyen en usage dans la vallée de Chamounix. Dans le nord de la Suisse, les céréales peuvent s’élever à 1 1 00 mètres , mais on ne compte sur une récolte certaine que jusqu’à 900 mètres environ. Le maïs mûrit encore à 870 mètres *. Les lo-
’ Antei (Val Tornanchel, 1042 ; rcTcrs méri4fonal du 8;iint-Bernardf 1010; Vpl d’Aoste, au-dessous de Courmayciir, 1024. AI.
* Le plus souvent les cultures sont poussées par les habitants aussi haut que possible sur le penchant des montagnes. Le paysan t'e la France, de la Suisse, du Piémont ou de la Savoie ne craint pas de porter la houe partout oüi il peut raisonnablement espérer une réculic. Les champs cultivés cessent donc là od ils ne peuvent plus récompenser le cultivateur de ses travaux ; mais l’estimation do la valeur des produits comparée au travail qu’ils nécessitent, varie de peuple à pe«ple et même d’individu àindivitUi. Ainsi donc la limite des champs cultivés est fonction d’éléments politiques et moraux, et non le simple résultirt du changement de climat, comme la limite d’une plante sauvage et indépendante de l’homme. En voici la preuve. C'est une loi à peu près générale que tous les végétaux s’élè-
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calités ont ici une grande influence; ainsi, dans la vallée de Lu— gnelz (canton des Grisons), on trouve, près de Vrin, des céréales à
veut pUis haut sur le revers méridional que sur le versant septentrional des montagnes; eteependani, si l’on compare sous ce point de vue la limite des champs cultivés dans les Alpes Pennincs. que j’ai obtenue par des mesures barométriques exadtis, il en est rarement ainsi. En examinant la hauteur rela^ve des habitations permanentes sur les deux versants, on arrive à un résultat qui condrine le précédent.
’TABLEAÜ comparatif T>£ la HACTEUn DES VILLAGES LES PLÜS ÉLEVÉS ET DE LA LIMITE ALTITUDIN.iLE DES CIIAMPS CULTIVÉS SCR LES DEUX VERSA>T3 DES ALPES PENMNES.