DICTIONNAIRE
AMASSETTE. — Couteau pour amasser les couleurs sur la palette; amasser un ton; le ranger à une place de la palette.
AMUSANT. — Qui amuse l'œil, qui plaît, qui est pittoresque. On dit : Telle partie est amusante, pour dire qu'elle est exécutée avec brio et adresse. Quand une composition est bien entendue, que les lignes en sont agréables, on dit : C'est amusant de lignes. Amusant veut dire gentil, aimable, pittoresque
APAISÉ. — Un ton apaisé est un ton que l'on éteint au moyen d'un glacis ou d'un frottis, foncé et sourd tel que du noir ou du brun. Apaiser un ton, apaiser une valeur.
ARRANGEMENT. — On nomme ainsi la com-
BAISSÉ. — Un ton baissé ; baisser un ton ; le rendre moins coloré et plus foncé.
BIEN VENU. — Se dit d'une partie ou d'un ensemble exécutés facilement.
BLAIREAUTAGE. — Partie qui a été blaireautée ; on dit : « C'est du blaireautage ! »
BLAIREAUTER. — Adoucir et fondre au moyen du blaireau
position d'un tableau. On dit : l'arrangement des lignes. Un tableau qui s'arrange bien est celui dont les lignes de la composition sont heureuses ; c'est le contraire pour celui qui est mal composé ; il s'arrange mal.
ASPECT. — « Un tableau qui a de l'aspect. » « C'est bien d'aspect. » Un bon aspect est la première qualité d'un tableau et dans les expositions cette qualité est la plus importante, puisque c'est grâce à elle que le tableau attire les visiteurs. L'aspect d'un tableau ne peut être bon que si les lignes en sont bien construites et si, par leur justesse, les valeurs concourent à un effet harmonieux; enfin si les taches de couleurs sont bien équilibrées, on dit que le tableau est d'un bon aspect.
BLEUIR. — Une partie qui bleuit, un tableau bleui par le chansi, sorte de voile bleu qui se forme sur le vernis d'un tableau et que l'on enlève en frottant avec un morceau de soie usée.
BORDURE. — Cadre d'un tableau ; on dit un cadre ou une bordure ; un tableau bordé est un tableau encadré.
BOUCHÉ. — Un ton bouché, est celui que
l'on peint uniforme comme le peintre en bâtiment qui étale une couche sur une porte.
CALÉ. — Se dit d'un dessin bien charpenté ; d'une figure qui porte bien. On dit : Un dessin bien calé.
CALER. — Caler une ligure ; savoir caler une ligure, celui qui sait en disposer les lignes générales sans fautes de dessin.
CASSE. — Une figure cassée est celle dont les lignes ne sont pas dans une courbe agréable ; une ligne cassée; une jambe est cassée quand les lignes ne sont pas gracieuses et bien construites.
CHANSI. — Sorte de voile bleu qui bleuit la peinture.
CHAMTER — -Un ton ou une note qui chante; faire chanter un ton, c'est l'accentuer, le rendre plus visible.
CHARGER. — Charger la palette ou faire la palette, terme employé pour définir l'action de placer les couleurs dans l'ordre voul;i .
CHAUD. — Chaud de ton, un ton chaud, un jour chaud, une lumière chaude. On entend par ton chaud, une couleur se rapprochant du rouge ou du jaune, et par ton froid une couleur se rapprochant du vert et du bleu. La lumière froide de la lune. Un ton vert peut être chaud s'il se rapproche du jaune ou du rouge ; il est froid s'il se rapproche du bleu.
CHIC — Le chic ; on entend par ce mot, tout ce qui ne semble pas être inspiré par la nature et qui montre l'invention. On dit : « peindre de chic » c'est un mot moderne ; on disait autrefois « peindre de pratique ». Le chic rend un tableau commun. Lorsque le peintre ne copie pas la nature ou qu'il ne s'inspire pas d'une étude faite devant la nature, on peut dire qu'il peint de chic; le résultat est toujours déplorable.
CHOSES SUES. — Les choses sues sont les parties que l'on peint de mémoire ; elles
BRILLANT. — Le ton le plus clair d'un objet, le brillant du verre, le brillant du métal, etc.
sont très proches du chic; il faut éviter de se laisser aller au chic des choses sues.
CLAIR. — Mettre un clair, poser un clair ; action de peindre une valeur très claire. On pose un clair pour modeler un objet. « Couleurs hautes qui représentent les parties les plus éclairées, les jours d'un tableau, d'une peinture. Les clairs sont bien entendus. Les clairs de ce tableau sont mal entendus. Il y a dans ce tableau des clairs admirables. » Dictionnaire Bescherelle.
CLAIR-033CUR. — Tous les dictionnaires donnent l'explication de ce terme ; il nous semble cependant que l'on pourrait dire : Le clair-obscur est la lumière des ombres. Savoir peindre le clair-obscur est l'art de montrer et de modeler les objets dans l'ombre sans que la valeur générale de l'ombre soit altérée. — Eclairé par clairobscur, veut dire que la lumière ambiante éclaire l'ombre d'un reflet qui fait distinguer les objets contenus dans cette ombre. Dans une pièce très noire qui est éclairée par une seule et petite lumière, les ombres sont très noires et l'on ne distingue rien dedans ; si l'on emploie un réflecteur quelconque qui en recevant la lumière la renvoie dans les ombres, les objets qu'elle contient s'éclairent d'un reflet qui est un clair-obscur.
COLORATION. — Ce mot s'emploie pour désigner le degré de coloris d'un ton ou d'un ensemble ; on dit les belles colorations d'un tableau, une coloration chaude, une coloration verte, rouge, bleue, etc.
COLORÉ. — Un ton coloré ; un ensemble coloré ; colorer un ton ; plus un ton se rapproche de la couleur pure plus il est coloré. Décolorer un ton, c'est y ajouter du blanc ou toute autre couleur qui neutralise sa coloration. Un ensemble coloré
est un tableau où toutes les couleurs sont vives; un tableau décoloré est celui dont l'aspect général est gris ou blanc. Un tableau peut être clair et coloré, mais les tableaux blancs sont décolorés.
COLORIS. — Tel peintre a un beau coloris, se dit d'un peintre coloriste.
COLORISTE. — Se dit d'un peintre qui recherche les effets de couleur. Delacroix et Diaz étaient des coloristes.
COUCHE. — Etaler une couche, donner une couche ; c'est peindre uniformément. On donne une couche maigre quand la peinture contient plus d'essence que d'huile. Une couche grasse est celle qui contient plus d'huile que d'essence.
COUCHER. — Action de donner une couche de peinture comme le fait le peintre en bâtiment. On dit : « coucher un ton » quand on peint d'un ton uni., une partie que l'on prépare pour être recouverte d'un autre ton, d'un glacis, etc.
COULEUR. — Couleur froide, couleur grise et terne, couleur agréable, etc. Joli de couleur, se dit d'un tableau aux tonalités fines, aux colorations vives ; vilain de couleur, dit le contraire. Un dessin dont les valeurs sont justes est joli de couleur quoiqu'il ne soit que d'un seul ton noir.
COUPE. — La coupe d'un tableau, un tableau bien ou mal coupé, d'une coupe originale. La coupe veut dire la manière dont le motif est pris. Le môme motif d'un paysage (ou de tout autre tableau) peut se couper de manières différentes. En donnant beaucoup d'importance au ciel ou en ne lui en donnant aucune, on varie la coupe d'un tableau. Un tableau sans ciel, mais dont les nuages se montrent en se reflétant dans l'eau est d'une coupe originale.
CRAQUELÉ. — Une peinture qui se fendille dans le genre des vieilles faïences. En peignant maigre, c'est-à-dire en se servant de beaucoup d'essence comme liquide, si l'on peint sur une peinture grasse , on obtient une peinture craquelée. >
CREUX. — Un ton creux est un ton transparent. Quand les ombres sont trop reflétées, elles se creusent.
CRU - — Un ton cru ; cru de tons ; se dit lorsque le peintre s'est laissé aller à employer des couleurs telles qu'elles sortent des tubes ; un vermillon employé pur est un ton cru, etc.
CUIT. — Un ton cuit, se dit d'une coloration brune rendue indéfinissable par des retouches nombreuses ; le ton est noirci, brûlé, cuit.
DESSIN D'ENSEMBLE. — Le dessin d'ensemble est celui qui construit les masses d'un paysage ; le dessin d'ensemble d'une figure sert à la construction générale et à la division des parties. Savoir mettre d'ensemble se dit de celui qui sait bien proportionner une figure et la caler d'aplomb. Un modèle qui est bien d'ensemble, qui pose l'ensemble, veut dire que toutes les
parties de son corps sont harmonieuses et bien proportionnées.
DUR — On dit : des valeurs dures, quand les oppositions sont exagérées, quand l'aspect de l'ensemble est trop violent. On dit : dur de tons, quand les tons sont trop crus, trop vifs, qu'ils n'ont pas de demi-teintes ou de gris qui les assouplissent.
ÉBAUCHER. — Commencer, dégrossir, établir les valeurs et le dessin d'un tableau. Une belle ébauche, une bonne ébauche, une ébauche trop faite, trop
claire, trop noire, une ébauche nourrie.
ÉCHO. — Mettre un écho dans un tableau, c'est rappeler un ton, par un même ton de moindre dimension et d'une violence
atténuée. Le rappel est synonyme de l'écho ; mettre un rappel ou mettre un écho signifient la même chose.
ÉCLAIRER. — Action de mettre des clairs, mais on peut aussi éclairer une ombre en y ajoutant par place des noirs très violents qui par leur comparaison avec la valeur de l'ombre semblent l'éclairer.
ÉCRIRE. — Ecrire un effet, c'est en marquer la limite des ombres et des lumières. Un effet bien écrit est celui qui ne laisse aucune équivoque ; un effet est peu écrit, fortement ou faiblement écrit.
ÉCRITE. — Une ligne bien écrite, une silhouette bien écrite, sont celles où toutes les parties sont nettement découpées.
EFFET. — Un effet bien écrit est celui qui ne laisse aucune indécision, où les ombres et les lumières sont bien tranchées. Un effet est mou, quand il est terne, monochrome, sans ombres ni lumières tranchantes. Un effet compliqué est celui où la lumière est éparpillée et que l'œil ne peut juger d'un seul coup.
ÉGALE. — Se dit d'une étude dont chaque partie est peinte également, où toutes choses sont de même pâte, de même épaisseur, peintes d'une manière semblable pour le terrain comme pour le ciel, les „ arbres, etc.
ÉGALEMENT. — Peindre également, d'une façon égale, monotone, triste.
ÉGALITÉ. — Egalité de valeurs, se dit quand il n'y a aucune partie d'ombre et de lumière plus tranchée que les autres. Egalité de facture, se dit quand tout semble peint de la même façon, par le même procédé ou le même outil ; égalité de ton, se dit quand l'ensemble d'un tableau est triste de couleur, monochrome, terne, sans effet, etc..
EMBU. — L'embu est dù à la peinture du dessous qui n'étant pas assez sèche absorbe l'huile de la nouvelle peinture et lui donne après celte absorption, un aspect mat
qui enlève toute la vigueur des ombres et décolore les lumières, qui deviennent grises et ternes. L'embu est un grand inconvénieut de la peinture dont il gêne la continuité de l'exécution. On dit : faire revenir l'embu quand on passe de l'huile ou du vernis sur la toile à cet effet. On dit : « Enlever l'embu, désemboire un tableau. »
ENLEVÉ. — Enlevé de verve veut dire qui a été peint sans autre renseignement que le souvenir et peint du premier coup, sans retouches.
ENLEVER. — Enlever une lumière sur un fond ; foncer un fond jusqu'à ce que la partie claire s'enlève et se détache en lumière.
ENSEMBLE. — L'ensemble d'une composition, l'ensemble d'une figure. Un ensemble qui se tient veut dire que les lignes de la composition sont heureusement équilibrées.
ENTIER. — Un ton entier est celui qui ne comporte pas de gris ni de demi-tons ; on pose une touche d'un ton entier, en faisant un ton avec le couteau sur la palette et en l'appliquant tel sur la toile.
ENVELOPPE. — L'enveloppe d'un tableau est la représentation de l'air qui circule autour des objets et en adoucit les contours. Un tableau bien enveloppé est celui où chaque chose est à son plan comme valeur, se modèle sans dureté, se fond, se noie dans l'ensemble.
ÉTEINT. — Éteindre un ton, c'est y ajouter des gris qui diminuent son intensité.
Eteindre une lumière, c'est y ajouter des tons moins clairs. On éteint des reflets trop clairs dans les ombres au moyen d'un glacis.
ÉTUDE. — Etude trop faite se dit de celle qui a été trop poussée, trop appliquée, dont la multiplicité des détails nuit à l'ensemble. Eludes lâchées se dit de celles qui n'ont pas été poussées assez loin dans la recherche des tons et de l'exécution, ainsi que cela eût été nécessaire.
FACTURE- — La facture d'un tableau est la manière dont l'exécution est interprétée ; facture simple, facture large, facture légère, facture lourde, facture amusante, facture sans intérêt, facture désagréable, brillante ou bête, pénible ou facile.
FAÏENCE. — Une peinture qui se craquèle ou se fendille.
FATIGUE. — Un tableau fatigué est celui que des retouches trop nombreuses ont rendu pénible à voir, dont la facture hésitante manque de franchise. Un ton fatigué est celui que l'on a retouché plusieurs fois.
FENDILLE. — Voir le mot craquelé qui est synonyme.
FIGE. — Une peinture qui semble froide et morte. Un dessin fio-é est celui dont les lignes sont rigides, froides, sans ratures, sèches. Le dessin d'une roue de voiture en marche semble figé s'il montre tous les rayons.
FIGURE. — On dit une figure en parlant de l'académie tout entière, homme ou femme ; la tète d'une figure; le dos, la face, le profil d'une figure. Une figure en valeur sur le fond, ce terme veut dire que tout le personnage se silhouette en vigueur sur le fond. Une figure s'enlève ou se détache en clair quand elle est plus claire que le fond placé derrière.
FIN- — Un ton lin est celui qui tout en montrant une jolie coloration ne laisse pas percevoir avec quelles couleurs le mélange
est obtenu. Une étude ou un tableau fin de tons.
FINI. — Le fini d'un tableau ; l'exécution très poussée ou trop finie.
FLOU. — Un contour flou est celui qui s'estompe et se fond. Le flou c'est le moelleux, le doux, le tendre, le suave, le vague, l'indécis, qu'un peintre sait mettre dans ses tableaux.
FONCER. — Foncer un ton ou une valeur ; les rendre plus noirs, plus forts, plus montés de ton.
FOND. — Le fond, partie qui est placée derrière l'objet qu'on peint. Les fonds d'un paysage, parties des derniers plans qu'on nomme aussi les lointains.
FORCER. — Forcer un ton ; forcer une valeur ; forcer un effet ; veut dire en augmenter la puissance en clair ou en foncé, exagérer le degré de clair ou d'ombre.
FROID. — Froid de ton, aspect général d'un tableau où les lumières et les ombres sont d'une couleur grise, verdàtre ou bleue. Un ton froid est celui qui se rapproche du vert ou du bleu.
FROTTIS. — Le frottis est une façon de peindre en employant très peu de couleur et en ne lui ajoutant aucun liquide. On dit peindre en frottis quand on fait une ébauche où l'on réserve le trait du dessin qui reste apparent au travers de la couleur. Faire un frottis, frotter un ton. La fumée se peint, facilement par un frottis.
GLACIS. — Couleur qu'on emploie liquide comme pour l'aquarelle. On dit : faire un glacis, passer un glacis sur une ombre pour la foncer ; passer un léger glacis sur une lumière trop vive. Ebaucher en glacis, veut dire de ne pas mettre de pâte. La différence d'un glacis avec un frottis consiste en ce que le glacis peut être abon-
dant dans la brosse, il peut couler même sur la toile de façon à pouvoir l'étendre partout. Le frottis n'est qu'un glacis employé à sec, c'est-à-dire avec une brosse ne contenant presque rien et laissant peu de couleur sur la toile après avoir frotté plusieurs fois.
GRAS. — Un liquide gras est celui qui contient beaucoup d'huile. Peindre gras ou peindre grassement, se dit quand on emploie beaucoup de couleur et que les tons ayant été préparés sur la palette en y ajoutant de l'huile, semblent gras, onctueux et souples, malgré l'épaisseur de la pâte.
GRIMACE. — La grimace d'un effet, s'emploie comme synonyme de la charge d'un effet. On dit : tel qui a voulu peindre un effet d'orage, de soleil, de lune, etc., ne nous
HARMONISER. — Harmoniser un tableau, c'est une opération qui consiste à adoucir les parties trop vives ou trop sombres. On dit : harmoniser les tons ; harmoniser les -valeurs pour que l'ensemble se tienne.
HARMONISTE- — Celui qui sait harmoniser l'ensemble. Corot était un grand harmo-
INDIQUÉ — Parties d'un tableau très peu faites. On dit : c'est une indication; à peine indiqué; indiqué en quelques traits légers. Une indication savante, se dit quand
en montre que la grimace, s'il n'a pas su en montrer tout le caractère grandiose, éclatant ou poétique.
GRIS. — Gris est le contraire de coloré. On dit : un gris très fin, un gris chaud, un gris froid, selon que le ton gris est plus ou moins coloré rouge ou vert. Un effet gris, celui où il n'y a pas de soleil. Chercher le gris d'un ton, veut dire, observer les parties grises d'une coloration, c'est ce qui aide à les faire vibrer ; cela se nomme aussi faire vibrer le ton.
nisle ; Rembrandt était plus harmoniste que coloriste.
HEURTE. — On dit des tons heurtés quand ils passent trop brusquement d'une coloration à une autre, sans demi-tons. Des valeurs sont heurtées, quand elles passent sans transition du blanc au noir. Un dessin est heurté, quand les lignes accusent trop brutalement les plans.
l'ensemble d'un paysage ou d'une figure est obtenue par quelques traits généraux qui montrent le caractère des lignes.
JOLI. — On dit joli de ton; joli de couleur quand les colorations sont vives, fraîches et fines. Joli de dessin veut dire que le dessin offre des lignes agréables, établies et balancées avec science.
JOUER. — Faire jouer un ton, c'est le varier par des gris de même valeur qui en se plaçant autour l'accompagnent et le font
jouer. Des factures différentes, des touches placées dans divers sens font jouer un ton.
JUSTE. — Un effet juste est celui qui donne bien l'impression. On dit : juste de ton quand le ton est bien trouvé ; juste de valeur, quand les valeurs sont bien observées; juste de dessin quand les proportions sont exactes.
LÂCHÉ. — Peinture ou études lâchées ; celles i LAISSER-ALLER. — Le laisser-aller peut qui ont été exécutées sans soin. I donner beaucoup de grâce à une peinture
ou à un dessin lorsqu'on sait négliger à propos et à certaines places. On dit d'une partie très peu faite, c'est un laisser-aller, c'est peu indiqué.
LÉCHÉ. — Se dit d'une exécution petite et dans laquelle on n'a pas employé de pâle, où l'artiste s'est trop appliqué partout en posant de petites touches.
LIBERTÉ. — Peindre avec liberté ; peinture libre et facile, celle qui est tellement savante qu'elle se joue des difficultés, s'affranchit des entraves du dessin que l'on retrouve suffisamment dans la touche libre ; peindre librement.
LISSER. — Rendre lisse d'une façon quelconque, lisser avec le pouce, lisser avec le couteau à palette, lisser avec une brosse, lisser c'est égaliser, fondre.
LOCALE. — « Couleur locale, couleur propre à chaque objet, indépendamment de la
MAIGRE. — Une exécution ou une facture maigre, un apprêt maigre. Un liquide maigre est celui qui contient plus d'essence que d'huile.
MAROUFLER. — Maroufler une toile, c'est l'action de coller une toile sur un mur, un panneau ou une autre toile.
MASSER. — Masser les ombres, c'est en établir le volume sans rien détailler. Indiquer les grandes masses d'ombre et de lumière.
MEUBLANT. — Les tableaux meublants qui se vendent à l'hôtel des ventes sont des tableaux de commerce qui n'ont aucune valeur et se vendent avec les meubles pou** garnir les appartements.
MEUBLÉ. — Un paysage meublé d'animaux et de figures.
MIÈVRE. — Une facture petite, pauvre, mièvre.
MINCE- — Peinture mince, celle qui est exécutée sans pâte, modelée avec peu de chaleur.
distribution particulière de la lumière et des ombres. Les peintres vénitiens ont excellé dans les couleurs locales. Beschcvelle. » Un ton local.
LOUCHE. — Un ton louche est un ton indéfinissable et faux. Des valeurs louches, un dessin louche, c'est-à-dire dont la justesse est douteuse.
LOURD. — Lourd de ton se dit quand le ton est bouché. On dit lourd de forme, des attaches lourdes, dessiner •lourdement quand les traits sont gros et les attaches trop grosses.
LUISANT. — Le luisant du verre, le luisant d'un ton de chair, le luisant du nez. On entend par luisant une chose qui luit sans être aussi puissante que le brillant. On dira le brillant des yeux, mais on dira le luisant du visage ou le luisant d'un tableau trop verni.
MODELER. — Modeler une partie, c'est la faire tourner, lui donner du relief au moyen des ombres, des demi-teintes et des lumières.
MONTÉ. — Monté de ton, qui est vigoureux, fort en couleur. Remonter un ton c'est; le rendre plus coloré et plus foncé ; remonter les valeurs d'un tableau, c'est le rendre plus foncé et plus vigoureux d'effet.
MOTIF. — Un motif bien choisi; un beau motif ; le choix d'un motif demande une connaissance approfondie des règles de l'art. Quand on débute, on ne sait pas trouver le motif, parce que l'on n'a pas la science de la composition et que l'on ne se doute pas de l'ordonnance et du balancement des lignes. Le motif d'un tableau, est le sujet du tableau. On dit ; c'est un beau motif.
MOU- — Un dessin mou, celui dont les lignes sont rondes et dont les ombres sont peu apparentes ; une facture molle ou sans vigueur; des ombres molles. Un effet mou, celui qui n'a pas de lumières ni d'ombres.
NÉGLIGÉ. — On néglige certaines parties volontairement, afin d'enlever l'égalité et la monotonie d'une exécution partout semblable.
NEUTRE. — Un ton neutre, une couleur indéfinissable, sans éclat.
NOIRCI. — Certaines couleurs noircissent quand on les mélange avec d'autres ; le siccatif fait noircir les tons. Un tableau noirci.
NOTE. — Mettre une note claire ou colorée ; faire vibrer une note, la faire chanter en plaçant autour sa couleur complémentaire.
NOTER. — Noter un ton pour s'en souvenir.
NOURRI. — Nourrir les dessous, c'est peindre fortement, avec empâtement ; un ton nourri est celui qui est peint avec abondance.
ORIGINALITE. — Originalité de touche ; touche qui est particulière, personnelle, une exécution originale.
PASSER. — Passer un ton dans un autre, c'est donner un coup de brosse ou de pinceau qui fond les deux tons sans arrêt. On dit le passage d'un ton. Les tons sont bien passés.
PATE- — La pàtc est la plus ou moins grande épaisseur de couleur dans une peinture.
Peindre en pâte, en pleine pâte, en demipâte, en pâte souple et grasse.
PATTE. — Avoir de la patte, c'est être habile, adroit, avoir de la main. La patte est un défaut voisin du chic.
PERSONNEL — Tableau bien personnel. Un faire personnel. Une exécution, une manière personnelles. La personnalité en art est une qualité essentielle.
PLAT. — Un tableau plat est un tableau sans effet et sans relief. Mettre, coucher, poser un ton à plat, s'emploie pour tout ce qui est local, sans ombres ni lumières.
POCHADE. — Etude peinte dans une seule séance. Une pochade très faite. Indiquer en pochade, c'est esquisser par à peu près,
sans rien étudier. La pochade est un croquis de couleur.
POCHER. — : Pocher un ton, c'est le poser du premier coup, sans retouches.
POISSER. — Un apprêt qui poisse, des tons qui poissent; inconvénient qui résulte de l'emploi de l'huile et du siccatif en trop grande quantité.
POSER. — Poser un ton, poser une note de couleur, poser une lumière.
PRENDRE. — Laisser prendre la couleur, c'est attendre le moment où elle commence à sécher. Quand la couleur commence à prendre, elle poisse au toucher. On laisse prendre un glacis, puis on y ajoute tel ou tel ton avant qu'il ne soit sec.
PRÉPARER. — Préparer un ton, c'est le composer avec les couleurs nécessaires à cet effet et le laisser sur la palette pour l'employer à l'occasion. Préparer les dessous d'un tableau ; préparer des toiles et des panneaux.
QUALITE. — La qualité fine d'un ton. Les qualités multiples d'un tableau.
RAPPEL. — « Se dit, en parlant des lumières d'un tableau dans le même sens que écho, il exprime l'artifice par lequel le peintre dirige à son gré l'attention du spectateur sur les diverses parties de sa composition, en mesurant en quelque sorte à chacune, la lumière, suivant l'ordre dans lequel il veut que la vue se porte de l'une à l'autre. L'art de disposer les rappels de lumière procède de l'entente du clairobscur et concourt puissamment à l'effet pittoresque, en même temps qu'il contribue à faire se présenter avec ordre les idées du peintre. Bescherelle . »
REFLET. — Un reflet de lumière dans l'ombre est un clair-obscur. Un objet rouge vif met un reflet rouge sur les objets qui l'entourent. Eclairer des objets par reflet.
REHAUTS — Rehausser d'or. Mettre des rehauts. « Retouches en hachures brillantes servant à faire ressortir des figures, .des ornements, des moulures peintes ou dessinées. R.ehauts blancs sur fond bleu. Dessins à rehauts d'or. Bescherelle . »
RELEVER. — Relever d'épaisseur, c'est dessi-
SACR! FIGES. — Il est indispensable de faire des sacrifices pour concentrer l'effet sur un point unique. L'art des sacrifices ne peut s'acquérir qu'avec une longue pratique de la composition. Le peintre qui ne sait pas sacrifier ne produit que des compositions banales, parce que l'intérêt se disperse et que le regard ne peut se fixer sur un point étant sollicité partout.
SALE. — Sale de ton ; se dit quand l'ensemble des tons semble rance. C'est en opposant des tons sales que l'on augmente la iinesse
ner et donner le relief d'un corps par les ombres et les lumières. Le peintre de lettre commence par filer les traits d'une lettre, puis il la remplit et la couche a plat, ensuite il la relève d'épaisseur en traçant la perspective d'épaisseur des lignes, il peint les ombres, et enfin il éclaire les parties où il pose le ton clair.
RENDU. — Un effet bien rendu, qui est bien juste d'effet. Des détails rendus avec une vérité saisissante. On dit aussi : comme rendu, ces détails sont surprenants.
REPIQUER. — On repique, on met un repiqué. Repiquer c'est ajouter une ombre plus forte dans une autre ombre. Exemple : quand on peint le fond d'un plat ou d'une assiette placée sur une table, lorsqu'on a peint l'ombre portée par l'assiette, on la détache par un repiqué qui vient mettre un petit fil noir entre l'assiette et la table.
ROMPU. — Un ton rompu, celui qui n'est pas franchement d'une couleur. Un rouge rompu, un vert rompu, etc. Rompre un ton, c'est y ajouter des mélanges qui le rendent indéfinissable.
et la fraîcheur des colorations. Dans un ciel fin, une tache voulue par un ton sale augmente la finesse générale.
SEC. — Peindre à sec; faire des retouches à sec ; se dit quand on ne repeint pas toute une partie et qu'on ajoute une retouche. On peint des fumées de cheminée par des frottis à sec. ^
SÉCHERESSES. — Une exécution sèche, dure, est celle dont les passages de l'ombre à la lumière sont brusques. Un contour sec est
PEINTURE A L'HUIT
celui qui manque de fondu. Les sécheresses empêchent l'enveloppe . C'est en voulant trop dessiner et détailler toutes choses que l'on se laisse entraîner à peindre sec.
SENS- — Peindre dans le sens du poil quand on peint la robe d'un cheval. Le sens d'un coup de brosse a une grande importance pour le modelé ; le même ton peint en long, en large ou en diagonale produit des nuances différentes. Il est indispen-
sable d'observer le sens quand on peint puisque le sens aide ou détruit le modelé.
SiMPLE. — Peindre simple et sans détails ; la simplicité de l'exécution sied aux peintures murales ; des valeurs simples ; des lignes simples et grandes ; simplifier, synthétiser.
SOURD. — Un ton sourd, sans éclat, synonyme de lourd et de bouché; des colorations sourdes, rompues, imprécises.
TABLEAU. — On dit : cela fait tableau, quand les lignes composent un ensemble selon les exigences de l'art. Ceci est capable de faire une ravissante étude, mais ne fait pas tableau.
TENUE. — La tenue d'un tableau. Un tableau qui manque de tenue est celui où il existe des notes discordantes. Tableau dune belle tenue, celui dont les valeurs sont justes, dont le dessin est irréprochable, où l'enveloppe est bien observée.
TOILE. — Mettre en toile, c'est disposer les lignes de la composition. On dit : c'est une bonne mise en toile, quand les lignes sont heureusement disposées dans un tableau. La mise en toile d'un portrait demande beaucoup d'expérience pour que la tète se trouve bien placée.
TON. — « Se dit des teintes selon leurs différentes natures et leur différent degré de force et d'éclat. Tons obscurs, tons clairs, tons chauds, tons vigoureux, tons fins, tons rougeâtres, tons verdâtres, etc. »
Voir B es cher elle.
TONALITÉ. — On dit : une tonalité charmante, pour parler d'un tableau dont les tons et la gamme générale forment un ensemble
VALEUR. — On entend par le mot valeur, la distance du noir pur au blanc pur en passant par toutes les demi - teintes.
agréable. Tonalité rose, tonalité chaude, grise, froide, etc.
TOUCHE. — La touche est la manière dont le coup de brosse ou de pinceau est donné. Une touche simple et plate ; une touche forte, large, épaisse, mince. Une touche grasse, facile, dure, brutale, etc. La touche a une grande importance dans l'exécution, elle exprime la nature de l'objet représenté, on ne peut employer la même touche pour peindre un rocher ou un nuage, etc.
TOUCHER. — Toucher un ton, veut dire n'en prendre qu'une minime partie dans la brosse, pour la mélanger avec d'autres.
TOURMENTE. — Un dessin tourmenté est celui qui manque d'unité; des valeurs tourmentées, sont celles qui ne sont pas simples et ne concourent pas à un effet unique ; des colorations tourmentées sont celles qui manquent d'harmonie.
TRUC. — Le truc est l'emploi d'un outil quelconque qui produit des hasards d'exécution que le peintre ne pourrait obtenir sans lui. De la peinture truquée. L'apparence d'une chose obtenue par un truc. Le truc doit être exclu, car il rabaisse l'œuvre d'art au niveau du tableau de commerce en montrant le métier de l'ouvrier peintre.
Exemple : un gris foncé est d'une valeur plus forte qu'un gris clair.