‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 126 sur 228 · DU TARTRATE DE POTASSE ET 1) ANTIMOINE · texte numérisé non relu

DU TARTRATE DE POTASSE ET 1) ANTIMOINE

d’eau froide, dans moins de 2 parties d’eau bouillante, insoluble dans l’alcool , facilement cristallisable en tétraèdres ou en octaèdres transparents, et susceptibles de devenir opaques en s’ef» fleurissant à l’air.

Sa dissolution aqueuse est précipitée :

En blanc par la potasse, la soude, l’ammoniaque; et les précipités d’hydrate de protoxyde d’antimoine, se redissolvent dans un excès de potasse et de soude, mais non dans un excès d’ammoniaque ;

En blanc par l’acide sulfurique, et les sulfates solubles,

— — chlorhydrique et les chlorures solubles ;

de là l’obligation de le dissoudre dans l’eau distillée. Ces précipités de nature complexe, sont formés de sous-sulfate d’antimoine mélangé de crème de tartre, quand on fait réagir l’acide sulfurique; d’oxychlorure d’antimoine, encore mélangé de crème de tartre quand on fait réagir l’acide chlorhydrique; de sous-sulfate et d’oxychlorure d’antimoine mélangés de tartrate de chaux, etc., quand on fait intervenir les sulfates et les chlorures calcaires des eaux communes;

Cette même dissolution est encore précipitée En rouge briqueté, par les sulfhydrates alcalins et par l’acide sulfhydrique ; dans le second cas, le précipité de prolosulfure d’antimoine hydraté ou de sulfhydrate de protoxyde, analogue mais non identique au kermès, s’accompagne de crème de tartre que l’eau bouillante en peut séparer, ce qui n’a pas lieu dans le premier.

La plupart des décodés organiques, et plus spécialement ceux qui sont chargés de principes astringents, la décomposent; les dépôts qui s’y produisent, sont d’ordinaire formés d’oxyde d’antimoine, de matière astringente et de crème de tartre, si les dissolutions ne sont pas très étendues. Un décocté de noix de galle, par exemple, en précipite tout l’antimoine, au contraire un décocté de quinquina ne produit qu’incomplétement la précipitation, une partie d’antimoine reste en solution; ce qui explique pourquoi certains mélanges annihilent complètement scs effets vomitifs, que d’autres n’annihilent qu’en partie, ou même n’altèrent pas.

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Sa préparation. On peut le préparer :

Soit avec le verre d’antimoine, et le bitartrate de potasse (Baron) ,

— l’oxychlorure d’antimoine et le bitartrate de potasse (Macquer

Bergman n , Scheele),

— le sous-sulfate d'antimoine et le bitartrate de potasse (Phillips).

rr procédé.

Suivant le procédé qu’adopte le Codex , on prend :

Verre d’antimoine, 200 parties

Bitartrate de potasse , 300 —

Eau commune , 2000 —

On fait bouillir pendant demi-heure , dans une bassine en cuivre, en ayant le soin d’agiter constamment l’eau, le bi tarira le en poudre grossière, le verre d’antimoine en poudre aussi line que possible; et quand la liqueur marque 20° baumé, on laisse refroidir sur place sans filtrer. Les cristaux qui s’y forment sont lavés avec les eaux mères, afin d’entraîner la majeure partie du verre d’antimoine déposé à leur surface, sans risquer de les redissoudre, puis redissous dans l’eau bouillante* Cette seconde solution que l’on clarifie au blanc d’œuf, pour peu qu’elle soit louche, étant concentrée à 25° B., fournit des cristaux assez volumineux et parfaitement purs.

Les eaux mères , les eaux de lavage des cristaux , ainsi que celles qui ont servi à épuiser le résidu de tout l’émétique qu’il retenait, sont évaporées à siccité, et la matière jaunâtre que l’on obtient, essentiellement formée d’émétique sali par des matières étrangères dont nous allons tout à l’heure indiquer la nature et l’origine, est traitée par l’eau bouillante, après avoir été pulvérisée; elle donne de nouveaux cristaux, en général plus petits que ceux de première cristallisation, souvent colorés, que l’on purifie par des dissolutions etdes cristallisations multipliées.

Bans cette opération, le bitartrate de potasse cède la moitié de son acide à l’oxyde d’antimoine du verre d’antimoine , et de là, du tartrate neutre de potasse, et du tartrate d’antimoine, qui s’unissent immédiatement, pour constituer l’émétique.

Mais la présence dans le verre d’antimoine, du sulfure d’antimoine, de l’oxyde de fer, de la silice, celle aussi dans la crème de tartre, du tartrate de chaux, amènent accidentellement des résultats qui méritent d’être signalés.

En s’hydratant, lesulfured’antimoineproduituncomposé ana-

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Jogue au kermès et de couleur rougeâtre , que l’on aperçoit nageant danslcs liqueurs pendant la première partie de l’expérience, et que les filtres retiennent avec l’excès de verre d’antimoine.

I! se produit en meme temps, aux dépens de ce sulfure et de l’eau , sous l’influence de l’acide tartrique, quelque peu d’acide sulfhydrique qui se dégage, et d’oxyde d’antimoine qui s’unit à l’acide tartrique, aussi bien que celui préexistant dans la matière première.

D’un autre côté , le peroxyde de fer s’associant à une portion de bitartrate, donne naissance à du tartrate de potasse et de fer, que sa grande solubilité maintient dans leseaux mères, qu’il colore en jaune.

La silice, qu’elle existât libre ou à l’état de silicate d’antimoine, auquel cas l’acide tartrique en la déplaçant, la rendrait libre, reste en dissolution, en raison de sa grande division, jusqu’au moment où la dessiccation du produit de l’évaporation des eaux mères lui fait prendre un retrait qui la rend complètement insoluble dans l’eau. On observe, au reste, quelque chose de semblable lorsqu’on décompose, par un acide quelconque, une solution aqueuse de silicate de potasse; une notable portion de la silice reste en dissolution , et ne peut être séparée que par l’évaporation des liqueurs , et le traitement par l’eau du résidu assez fortement chauffé.

Le tartrate de chaux que l’excès d’acide du bitartrate rendait d’abord soluble, une fois que celui-ci est saturé par l’oxyde d’antimoine, tend à se précipiter, et d’ordinaire vient se déposer à la surface des cristaux d’émétique, en petites houppes soyeuses que l’eau ne dissoutplus, mais (pie l’on en peut détacher en les brossant.

On a fait la remarque, que les dernières eaux mères de l’émétique, bien qu’elles refusent de cristalliser, fournissent encore des cristaux quand on leur ajoute une certaine quantité de tartrate de potasse. (Àudouard.) M. Malleguist conclut de là l’existence d’un tartrate plus chargé d’oxyde d’antimoine, que ne l’est celui des pharmacies; cependant MM. Soubeiran et Capitaine, n’ont pu faire dissoudre à la crème de tartre plus d’oxyde que n’en contient l’émétique.

Si le verre d’antimoine contenait de l’arsenic, ce qui arrive

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souvent, ce métal, dans un état de combinaison encore peu connu, se trouverait tout entier dans les dernières eaux mères, ce procédé, qui doit engager à ne pas pousser l’évaporation jusqu’à siccité.

La pharmacopée de Dublin prescrit de faire bouillir pendant 1/2 heure, dans une basine en argent,

1 partie d’oxychlorure d’antimoine,

1 P, 5 de bitartrate de potasse en poudre, et 10 parties d’eau;

de filtrer, de concentrer la solution à 25° Baume, de laisser cristalliser.

On obtient, du premier coup, des cristaux assez purs pour qu’il suffise de les faire égoutter.

L’acide tartriquc qui constitue la crème de tartre bitartrate, s’unit à l’oxyde d’antimoine de l’oxychlorure pour donner naissance à de l’émétique; mais en même temps, le chlorure d’antimoine rendu libre, se trouvant au contact d’une masse d’eau considérable, reproduit de l’oxychlorure qui recommence la réaction précitée, et du chlorure acide, ou plutôt du chlorure et de l’acide chlorhydrique; or, celui-ci à son tour, réagit sur les substances qui l’accompagnent, tend plus particulièrement à reproduire de la crème de tartre , en s’emparant, soit de l’oxyde d’antimoine de l’émétique, soit d’une partie de sa potasse; si bien que les eaux mères retiennent avec de l’émétique du bitartrate de potasse, du chlorure de potassiumet de l’acide chlorhydrique. Ces corps additionnels gênent à tel point la cristallisation, qu’il devient bientôt nécessaire de saturer à froid les liqueurs au moyen de la craie; de filtrer pour séparer le dépôt de tartrate de chaux, peut-être d’oxyde d’antimoine qui se forme. Encore, quoi que l’on fasse, perd-on toujours de l’émétique, le tartrate neutre de potasse résultant de la décomposition du bitartrate par la craie, le chlorure de potassium, surtout le chlorure de calcium, ayant empêché sa cristallisation. Quoiqu’il en soit, l’absence du tartrate de fer et de potasse que sa solubilité peu différente de celle de l’émétine rend difficile à séparer, donne à ce procédé un grand avantage sur le précédent.

Des praticiens ont proposé de remplacer l’oxychlorure d’antimoine par l’hydrate de protoxyde, cette substitution mérite d’être adoptée, puisqu’elle tend, non-seulement à prévenir l’acidification des liqueurs et par suite les embarras qu’elle entraîne; mais

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