‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 133 sur 228 · DES SELS DE MORPHINE · texte numérisé non relu

DES SELS DE MORPHINE

parties de chlorhydrate simplement comprimé ne contiennent que 81,1 de base, tandis qu’ils en contiennent 89,65 quand on l’a séché au bain-marie.

Le sulfate cristallisera en aiguilles soyeuses blanches, opaques, tantôt réunies en étoiles, tantôt formées en masses mamelonnées ; le chlorhydrate, en aiguilles penniformes; et bien plus aisément que le sulfate.

Pour Facétate, le Codex et M. Guibourt prescrivent de dé- préparation layer la morphine en poudre, dans une petite quantité d’eau delacelale‘ chaude, de verser sur le mélange un peu plus d’acide acétique, qu’il n’en faut pour produire la complète solution de l’alcali, d’évaporer à siccité au bain-marie, et de pulvériser le produit avant de renfermer dans un flacon parfaitement sec et bouchant bien.

Si Fon ne modérait convenablement la chaleur, l’acétate laisserait dégager une portion de son acide, il deviendrait basique, ou plutôt se partagerait en acétate neutre et en morphine.

Sa tendance à ce genre d’altération est telle, que^ suivant M. Dublanc, une solution alcoolique concentrée d’acétate neutre laisse cristalliser de la morphine.

M. Soubeiran, précisément pour prévenir plus sûrement un semblable départ, réduit en poudre 2 parties de morphine cristalisée, ajoute une partie de vinaigre de bois à 8°, triture, abandonne le mélange à lui-même pendant 24 heures, pulvérise la masse solide qui se produit à la fin de la réaction, et sèche à Pair.

Ce que nous avons dit des modifications de composition, que les sels de morphine éprouvent de la part de la chaleur, fait voir que Facétate de M. Soubeiran doit contenir proportionnellement, moins de morphine que celui du Codex, et par conséquent ne saurait lui être substitué.

En les supposant préparés suivant les procédés du Codex,

100 de morphine cristallisée, c’est-à-dire contenant, d’après M. Régnault, 2 atomes d’eau, fournissent :

124p. 20 de sulfate cristallisé,

123, 4 de chlorhydrate cristallisé ,

116, 37 d’acétate sec.

Leur état naturel.

Comparaison de leurs propriétés.

Leur

extraction.

51e LEÇON.

Me h i Ijuinhie et île Ma €7i n ehonine,

La quinine et la cinchonine existent simultanément à l’état de quinates acides, dans toutes les espèces de vrai quinquina.

Quinine.

La quinine est solide, sans couleur, sans odeur, de saveur amère.

A une température peu élevée, elle se fond en un liquide transparent, que 4e refroidissement fait prendre en une masse translucide résiniforme. Si l’on i chauffe plus fortement, elle se décompose sans se volatiliser.

L’eau ne la dissout pas sensiblement, même à. chaud.

L’éther en dissout environ 1/60 de son poids.

L’alcool la dissout bien surtout à chaud, mais par 1æ refroidissement, ne laisse déposer qu’une matière résinoïde.

Pour l’obtenir cristallisée, il faut la dissoudre dans l’alcool à 90° centésimaux, et abandonner la dissolution à l’évaporation spontanée , dans un lieu sec, à une basse température. (Pelletier.)

Les huiles fixes et volatiles la dissolvent.

Les acides sulfurique, chlorhydrique , azotique concentrées ne la colorent pas.

Ces acides étendus, et l'acide acétique la dissolvent aisément.

Cinchonine.

La cinchonine est solide, sans couleur, sans odeur, d’une saveur amère qui rappelle tout à fait celle du quinquina gris, et ne se développe que lentement.

Vers 300° elle noircit, fond, puis se décompose et se sublime en partie. Mais si l’on chaude brusquement, par exemple, à la flamme de l’alcool, dans un tube en verre fermé par un bout, après s’être fondue en un liquide incolore et transparent, elle se sublime presque tout entière en aiguilles blanches et brillantes.

L’eau ne la dissout pas sensiblement , même à chaud.

L’éther rectifié ne la dissout guère mieux que l’eau.

L’alcool la dissoutbien, surtout à chaud, moins bien cependant que la quinine; par le refroidissement , ilia laisse déposer sous forme de prismes à quatre pans , aplatis , que terminent des facettes inégales, reposant sur les faces les plus étroites du prisme.

Les huiles fixes et volatiles la dissolvent.

L’ammoniaque ne la dissout pas. Les acides sulfurique, chlorhydrique, azotique concentrés, ne la colorent pas.

Ces acides étendus, et l’acide acétique la dissolvent aisément.

Leur extraction est des plus faciles, quand on s’est procuré, par les procédés qui vont être décrits , leurs sulfates ou quelque autre de leurs sels solubles.

Il suffit, en effet, de dissoudre ces sels dans l’eau bouillante aiguisée d’acide, de verser dans la dissolution un excès d’ammoniaque liquide, de recueillir la quinine ou la cinchonine précipitée, le plus ordinairement en flocons caséiformes, de la laver à l’eau chaude à plusieurs reprises, et de la sécher au bain-marie ou à l’étuve.

La quinine précipitée, aussi bien que la quinine cristallisée, retient 14, 10 sur 100 d’eau (6 atomes), qu’elle n’abandonne qu’à une température supérieure à-|-100o. Au contraire, la cinchonine n’en retient pas,

SM es Sets «te quinine et «te einehoninc.

On connaît 3 sulfates de quinine.

Un sous-sulfate, cristallisable en aiguilles nacrées, d’aspect analogue à celui de Pamianthe, et peu soluble dans Peau;

Un bisulfate cristallisable, en prismes à quatre pans, à sommets dièdres, transparents, et comparativement plus solubles dans Peau;

Et un sulfate neutre, cristallisable en petites houppes soyeuses, ressemblant beaucoup aux aiguilles du sous-sulfate;

Le sulfate des pharmacies est le sulfate neutre; souvent cependant il est mélangé d’un peu de sous-sulfate ou de bisulfate, suivant que la neutralisation est restée incomplète ou s’est trouvée dépassée, de là ses variations d’aspect.

En général, celui qui offre de la tendance à l’alcalinité est très soyeux, en aiguilles très déliées, et par suite, moins soluble dans beau; celui qui offre de la tendance à l’acidité est en cristaux moins déliés, moins opaques et se dissout mieux dans l’eau.

Le sulfate neutre supposé aussi sec que possible, retient 2 atomes d’eau ou 4,65 sur 100; le sulfate cristallisé en contieDt 10 atomes ou 19,61 sur 100, et le sulfate effleuri, tel qu’il est au sortir des étuves, tel par conséquent que le pharmacien l’emploie, 4 atomes, ou 8,887 sur 100.

Le pharmacien doit tenir compte de ces différences, puisqu’autrement il s’exposerait à livrer un médicament de composition variable.

Pour l’obtenir, on prend 1 kilogr. de quinquina jaune royal, ou quinquina calisaya , le plus riche de tous en quinine; on le réduit en poudre grossière, on le laisse macérer pendant 12 à 15 heures, dans 4 fois son poids d’eau de rivière additionnée de 25 à 30 gr. d’acide chlorhydrique, puis on porte à l’ébullition que l’on entretient 1/2 heure, on jette sur un linge, on reçoit les liqueurs clans des vases disposés à cet effet, on exprime le marc et on le reprend à deux fois par autant d’eau et d’acide que précédemment, afiu de l’épuiser.

Préparation du sulfate de quinine.

426 • * 51e leçon.

Les liqueurs très acides, très amères, de couleur rougeâtre, et dans lesquelles existent à l’état de chlorhydrate, la quinine et la cinchonine, de la matière colorante jaune, du rouge cinchonique, de la matière grasse, l’acide qui nique déplacé par l’acide chlorhydrique (voir page 353, tome 1er) ; sont tirées à clair, réunies dans un vase étroit, et tandis qu’elles sont encore chaudes, on y délaie 100 gr. de chaux vive à l’état de bouillie claire j leur teinte rouge passe à la teinte lie de vin, une odeur fade et toute particulière se dégage, et un abondant dépôt formé de quinine et de cinchonine, de l’excès de chaux dont le reste a produit du chlorure de calcium et du quinate de chaux soluble, de rouge cinchonique combiné avec la chaux, de matière grasse également entraînée par celle-ci, se sépare» On laisse reposer; on s’assure que le liquide surnageant le dépôt n’est pas précipité par l’ammoniaque, pour, dans le cas contraire , y délayer de nouvelle chaux destinée à compléter la précipitation des alcaloïdes; on le decante, ©n lave le dépôt, ou sur des toiles, ou par décantation, de manière à le débarrasser de tout le chlorure de calcium qu’il avait retenu, et dont la solubilité dans l’alcool nuirait plus tard au succès de l’opération; on le fait égoutter, on le comprime fortement dans une toile, on le dessèche au bain-marie ou à l’étuve, afin que, privé d’eau, il ne puisse affaiblir l’alcool. En cet état on le réduit en poudre fine, on l’introduit dans le bain-marie d’un alambic avec de l’alcool à 85° cent. (33 Cartier), Ton fait bouillir après avoir recouvert le bain-marie, du chapiteau destiné à condenser les vapeurs alcooliques, on laisse refroidir à moitié, on filtre la solution dans des entonnoirs couverts, et l’on recommence ces traitements à 5 ou 6 reprises, ou plutôt jusqu’à ce que, ayant enlevé à la matière pulvérulente la totalité des alcaloïdes à l’exclusion du rouge cinchonine retenu par la chaux, avec laquelle il forme une sorte de laque, l’alcool cesse de manifester des réactions alcalines.

Alors les solutions alcalines sont réunies et distillées presqu’à siccité au bain-marie ; elles fournissent, à la surface d’un liquide aqueux, une matière résinoïde d’un brun fauve se solidifiant par le refroidissement, mélange de quinine et de cin-

chonine, retenant des traces de matière grasse et de matière colorante.

On la sépare du liquide, on la délaie dans 20 fois son poids d’eau distillée bouillante, à laquelle on ajoute par petites portions successives, assez d’acide sulfurique étendu pour dissoudre l’alcaloïde, et même rendre la liqueur légèrement acide, quand la solution est complète, on y projette 30 p. de noir d’os en poudre, et après 2 à 3 minutes d’ébullition, on jette sur un linge ; la majeure partie du sulfate de quinine cristallise par le refroidissement.

Si l’emploi d’une trop forte proportion d’acide sulfurique, n’avait pas permis au carbonate de chaux du noir animal, de neutraliser assez les liqueurs pour qu’elles ne fissent qu’aviver la teinte du papier de tournesol couleur pelure d’oignon qu’on y plongerait, avant de filtrer on procéderait à ta saturation.

Les vases dans lesquels le sulfate a cristallisé, sont placés de champ, pour que l’eau mère s’en écoule, le sulfate qu’on en détache ensuite est purifié par une ou deux cristallisations nouvelles, avec addition de charbon animal s’il est nécessaire 5 comprimé dans un linge, étendu à la surface de feuilles de papier, recouvert de papier, afin qu’il ne jaunisse pas, et maintenu dans une étuve chauffée au plus à 36°, jusqu’à ce qu’il se soit entièrement effleuri, et partant cesse de perdre de son poids.

Les eaux mères sont concentrées, abandonnées au refroidissement tant qu’elles continuent de fournir du sulfate de quinine, et en dernier lieu, additionnées d’ammoniaque ou de carbonate de soudeen excès. La quinine qu’elles ont retenue et lacioeochine que la plus grande solubilité de son sulfate y a accumulée (une partie de sulfate de quinine exige, pour se dissoudre, 740 p. d’eau à 15°, il n’en faut que 54 p. pour en dissoudre une de sulfate de cinchonine), sont précipitées ; on reprend par de l’eau aiguisée d’acide sulfurique, le magma préalablement lavé à l’eau chaude, et l’on procède à une nouvelle série de dissolutions et de cristallisations, pour obtenir les dernières portions de sulfate de quinine. Quand enfin les solutions concentrées n’en fournissent plus (elles sont alors très fortement eolopéesen noir), on les met

de côté pour en extraire le sulfate de cinchonine par les procédés qui seront relatés ci-dessous.

1000 gr. de quinquina jaune de bonne qualité, fournissent environ 30 gr. de sulfate effleuri.

Au lieu de distiller à siccité, comme nous avons prescrit de le faire, les solutions dans l’alcool provenant des traitements du dépôt calcaire, et de dissoudre ensuite dans l’eau acidulée la matière résinoïde alcaline 3 quelques praticiens préfèrent ajouter à ces solutions assez d’acide sulfurique pour sursaturer les bases , distiller l’alcool, recueillir la masse cristalline restée dans la eucurbite après le refroidissement, la délayer dans une petite quantité d’eau chaude, la faire digérer pendant 12 à 15 heures avec du charbon animal, étendre d’eau, faire bouillir, filtrer et laisser cristalliser.

Il paraîtrait qu’en opérant d’après cette méthode, on préviendrait l’union des alcaloïdes avéc la matière grasse, et que, par suite, la purification, même la cristallisation du sulfate, seraient rendues plus faciles.

D’autres praticiens, conseillent de traiter la masse résinoïde précipitée des eaux mères par l’ammoniaque ou le carbonate de soude par l’alcool à 60° cent, destiné à dissoudre la quinine, à l’exclusion de la cinchonine, et surtout des matières colorantes qui la souillent.

Est-il utile de faire remarquer, que l’acide chlorhydrique a été avec raison substitué à l’acide sulfurique dans le traitement de l’écorce de quinquina, parce que celui-ci, outre qu’il rçagit plus profondément sur les matières organiques, forme en général avec elles des combinaisons peu ou point solubles, surtout parce qu’il donnait naissance à du sulfate de chaux insoluble, qui, venant se mêler au précipité de chaux et d’alcaloïde, rendait nécessaire l’emploi d’une plus grande quantité d’alcool ?

Au lieu défaire servira la préparation du sulfate de cinchopréparation 1 *■

' du sulfate ninc le quinquina gris ( cinchona condaminea ), dans lequel la

de cincllon,ne ’ pr0p0rq0n Je cjncho jqne est p]us considérable que celle delaqui-

nine, contrairement à ce qui a lieu pour le quinquina jaune;

soit par un procédé en toutsemblable à celui qui nous a fourni le

sulfate de quinine, soit au moyen d’une modification qui consisterait à concentrer les solutions alcooliques des alcaloïdes, afin que la cinchonine, infiniment moins soluble dans l’alcool que la quinine, cristallisât seule et fût ultérieurement sulfatisée ; c’est presque toujours des eaux mères du sulfate de quinine qu’on l’extrait, ou plutôt, c’est avec la cinchonine qu’on en extrait, qu’on le prépare.

A cet effet, lorsque les dernières eaux mères, plus ou moins fortement colorées, refusent de donner du sulfate de quinine, on mêle dans une bassine, 1 k. de ces eaux mères, marquant 15° Baumé, et 1200g d’une solution de sel marin au même degré.

On fait bouillir pendant 10 minutes, en agitant continuellement, et on laisse reposer.

On obtient, d’une part, une liqueur À , presque incolore, d’autre part, un magma coloré B, que l’on traite séparément.

La liqueur est sursaturée par l’ammoniaque, elle laisse précipiter de la cinchonine, mélangée d’une très minime quantité de quinine et de phosphate de chaux, provenant de la réaction de l’excès d’acide sulfurique, maintenu dans les liqueurs, sur le phosphate du charbon animal. On recueille le précipité ; on le lave à l’eau distillée, puis, on le traite par l’alcool concentré et bouillant employé en plusieurs fois. Les alcaloïdes seuls sont dissous, la quinine reste en solution, la cinchonine cristallise. On la convertit en sulfate de la même manière que nous l’avons vu faire pour la quinine; on décolore au moyen du charbon, et l’on fait cristalliser. Ce sulfate donne des prismes à base rhomboïdale, terminés par deux facettes, qu’on abandonne à l’étuve, jusqu’à ce qu’il cesse de diminuer de poids.

Le magma B est dissous dans l’eau, qu’il rend acide; l’on verse dans sa dissolution une solution de sel marin, à 15° Baumé, préalablement additionnée d’ammoniaque, de manière à maintenir le mélange très légèrement acide; un nouveau dépôt brun, essentiellement formé de matière colorante et de phosphate de chaux se produit, tandis que la cinchonine et la quinine qui se trouvaient dans le premier dépôt, restent dans la liqueur en grande partie décolorée. On les en précipite au

Préparation

du

chlorhydrate de quinine.

Préparation

du

chlorhydrate de cinchonine

préparation de l’acétate de quinine et de cinchonine.

moyen de l’ammoniaque, et l’on achève l’opération ainsi qu'il vient d’étre dit pour la liqueur A. (Guibourt.)

Le bisulfate de cinchonine correspondant au bisulfate de quinine, est comme lui sans usage en médecine, celui qu’on y emploie est le sulfate neutre.

Le Codex prépare le chlorhydrate de quinine, en faisant dissoudre dans une suffisante quantité d’eau distillée bouillante, 100 p. de sulfate de quinine, et versant dans la solution une autre solution de 30g de chlorure de barium cristallisé.

11 y a formation de sulfate de baryte que l’on sépare au moyen du filtre, et de chlorhydrate de quinine, que l’on obtient cristallisé, en concentrant les liqueurs, jusqu’à ce qu’une pellicule se forme à leur surface, et en les abandonnant au repos dans un lieu frais.

Préparé par F union directe de l'acide et de la base, le sel est toujours coloré. Mais ce léger inconvénient ne nous semble pas motiver suffisamment l’adoption d’un procédé, capable d’introduire dans le produit du sulfate de potasse, surtout du chlorure de barium.

Aussi, est-il indispensable que le pharmacien constate l’absence de ces sels étrangers dans le chlorhydrate de quinine qu’il emploie.

Ils restent. pour résidu de sa calcination et de son incinération; et lorsqu’on dissout ce résidu dans l’eau, la baryte trahit la présence de l’acide sulfurique; l’acide sulfurique, celle de la baryte.

Dans l’eau fortement aiguisée d’acide chlorhydrique pur, faites dissoudre à chaud de la cinchonine en poudre, jusqu’à saturation (1008 environ pour 10 d’acide); délayez dans la liqueur du charbon animal privé de sels calcaires, donnez quelques bouillons; filtrez; évaporez à une douce chaleur; laissez cristalliser et séchez à l’étuve.

Délayez dans 150g d’eau 1O08 de quinine en poudre, chauffez sans cependant élever assez la température pour que la quinine, entrant en fusion, se prenne en masse; ajoutez de l’acide acétique en très léger excès; faites bouillir, filtrez; laissez refroidir. L’acétate cristallisera en aiguilles soyeuses que vous sécherez à l’étuve.

Pour l’acétate de cinchonine ou chargera l’acide acétique moyen nom cul concentré et chauffé au bain-marie, d’autant de cinchonine en poudre qu’il en pourra prendre; on retirera du feu j on abandonnera le soluté épais et visqueux qui en résultera, sous une cloche au-dessus de la chaux vive, jusqu’à dessiccation complète, et Ton enfermera le produit dans un bocal bouchant bien, car il s’humecte à l’air.

Dissolvez 100p. de sulfate de quinine dans 2000p. d’eau distillée; ajoutez 31p. de prussiate ferrugineux de potasse, dissoutes dans 500p. d’eau, et faites bouillir quelques minutes. Il y aura échange d’acide, échange de bases, et l’hydroferrocyanate de quinine, à peine soluble dans l’eau, viendra nager à la surface du liquide. Vous laisserez refroidir; vous le recueillerez, le laverez à l’eau froide et le ferez sécher. (Bertozzi.)

Si l’on voulait l’obtenir cristallisé, on le dissoudrait dans l’alcool concentré bouillant; on abandonnerait la solution à l’évaporation spontanée; on séparerait les cristaux formés, du sel précipité au fond du vase, sous forme de masse résinoïde; l’on reprendrait celui-ci par l’alcool, et ainsi de suite, de manière à l’amener tout entier à l’état de cristaux.

Me Sa et eSe iis Memeime»

Ces deux bases à l’état d’igasurates acides, existent simultanément dans plusieurs végétaux de la petite famille des strychnécs :

Dans la fève Saint Ignace, semence du strychnos Ignacio, ,

— la noix vomique , — — nuxvomica,

— l’écorce de fausse angusture, — id.

— le bois de couleuvre, — cohibrina,

— l’upas tieuté, suc extractif, — tieuté.

La strychnine est plus abondante que la brucine dans la fève Saint-Ignace et la noix vomique; la brucine existe presque seule dans l’écorce de fausse angusture.

Strycfcmne. JBrïselsa©.

Sans couleur, sans odeur, de saveur tel- Sans couleur, sans odeur, de saveur à lement amère, que l’eau, qui n’en ren- la fois amère et acerbe; fusible à

ferme que êoô’ooô’ °tfre encore une une température peu élevée et non

amertume très sensible , difficilement volatile,

fusible et non volatile.

Prépara lion de rhydroferrocyanaté de quinine.

Leur élat naturel.

Comparaison de leurs propriétés.

51e LEÇON.

Extraction

de

la strychnine.

procédé de M. Corriol.

STRYCHNINE ( Suite ).

brucine [suite).

Soluble dans 4/2500 de son poids d’eau

bouillante,

— 1/6667 — froide,

Insoluble dans l’alcool anhydre, même dans l’alcool à 0,820 de densité;

Très soluble dans l’alcool à 0,835 de densité = 38° Cartier. Sa dissolution saturée à chaud, laisse cristalliser parle refroidissement, des prismes à quatre pans terminés par des pyramides à quatre faces et très petits, ou des octaèdres à base rectangle , également très petits.

L’éther ne la dissout pas,

Les huiles fixes ne la dissolvent pas sensiblement,

Les huiles volatiles la dissolvent bien. L’acide azotique concentré ne la colore pas , pourvu toutefois qu’elle soit exempte de brucine, état sous lequel il est fort difficile de l’obtenir.

Soluble dans 500 part, d’eau bouillante, — 800 — d’eau froide.

Très soluble dans l’alcool anhydre et dans l’alcool concentré, surtout à chaud. D’ordinaire, elle cristallise en masses feuilletées d’un blanc nacré, ressemblant à l’acide borique, ou en masse spongieuse, mais on peut l’obtenir en prismes obliques à bases parallélogrammiques.

L’étlier ne la dissout pas,

Les huiles fixes ne la dissolvent pas,

— volatiles la dissolvent mal.

L’acide azotique concentré la colore en rouge de sang, et cette teinte passe peu à peu au jaune. A son tour, celleci vire au violet quand on fait intervenir le protochlorure d’étain.

La strychnine s’extrait de la noix vomique par différents procédés; le procédé suivant de M. Corriol réussit bien.

Après s’être procuré de la noix vomique convenablement divisée, en la faisant bouillir dans l’eau de manière à la ramollir, puis la passant au moulin ; on la remet toute divisée, dans l’eau dans laquelle elle avait été mise à bouillir, on l’y laisse macérer pendant 2 à 3 jours; on passe avec expression] on fait une^ seconde et une troisième macération ; on abandonne les décoctions à un mouvement de fermentation qni a pour résultat de détruire toute la matière sucrée des semences, de développer de l’acide lactique; quand la mousse est tombée, on passe au travers d’un blanchet, on concentre en consistance sirupeuse; on ajoute au sirop refroidi de l’alcool jusqu’à cessation de précipité.

Les matières mucoso-gommeuses sont précipitées; l’igasurate de strychnine et de brucine ou les lactates qui les auraient remplacés, de la matière colorante, une matière huileuse, du îaetate de chaux formé restent en solution. On passe de nouveau, on lave le dépôt à l’alcool faible; on réunit l’alcool de lavage aux premières liqueurs, et l’on distille au bain-marie en consistance d’extrait.

Celui-ci est traité par l’eau froide destinée à produire l’élimi-

nation de la matière grasse ; on filtre ; on porte la solution aqueuse à l’ébullition ; on y projette du lait de chaux qui détermine la précipitation des alcaloïdes, de la matière colorante combinée avec l’excès de chaux; on recueille le précipité, on le lave à l’eau froide, on l’exprime, on le sèche au bain-marie, on le pulvérise et on l’épuise au moyen de l’alcool à 80e bouillant, employé à chaque fois en petites quantités.

La strychnine cristallise par le refroidissement; la brucine plus soluble reste en dissolution.

Les cristaux sont redissous dans l’alcool, décolorés au moyen du charbon animal et soumis à des cristallisations successives, jusqu’à ce qu’ils cessent de se colorer au contact de l’acide azotique concentré, ou du moins n’acquièrent plus qu’une légère teinte rosée.

Quelques praticiens, distillent à siccïté les solutions alcooliques provenant du traitement du magma calcaire, versent sur le produit de l’alcool à 53e = 20° Cartier, afin de'lui enlever la majeure partie de la brucine et de la matière colorante, et, en dernier lieu, reprennent le résidu par l’alcool à 80e.

De quelque manière que l’on ait opéré, les liqueurs chargées de brucine, sont mises en réserve pour en extraire cette base.

A ce procédé, M. O. Henry conseille de substituer le suivant:

Epuiser la noix vomique râpée, par des décoctions successives, chaque fois en passant avec expression, réunir les liqueurs, les évaporer en sirop clair, ajouter pour chaque kilo de semences, 128 gr. de chaux vive délayée dans l’eau, recueillir le précipité, le laver, le sécher au bain-marie ou à l’étuve, le traiter par l’alcool à 85e bouillant; distiller les solutions alcooliques, convertir le résidu essentiellement formé de strychnine et de brucine salies par de la matière colorante , en azotates que l’on soumet à 3 ou 4 cristallisations, en faisant au besoin intervenir le^charbon animal privé de sels calcaires, et précipiter la base au moyen de l’ammoniaque.

L’azotate de brucine, infiniment plus soluble que celui de strychnine, pourvu surtout qu’il ne soit pas avec excès d’acide, sera resté dans les eaux mères,, à la suite des cristallisations.

Tom. II. 28

Procédé de M. O.

Henry.

51e LEÇON.

Extraction La brucine s'extrait presque constamment, des liqueurs qui de ia brucine. or^ refus£ qc ]ajsser cristalliser la strychnine, dans le procédé de

M.Corriol; l’azotate de brucine1, dans celui deM. Henry.

Dans le premier cas, on commence par les évaporer en consistance de sirop, puis onlesadditionne, encore chaudes, d’un léger excès d’acide sulfurique affaibli, on laisse refroidir et cristalliser. La masse cristalline est comprimée afin d’en faire suinter le liquide brun et visqueux qui l’imprègne; le produit est redissous dans l’eau , décoloré au moyen du charbon animal, et décomposé par l’ammoniaque. Le précipité de brucine est lavé à l’eau froide, puis repris par l’alcool bouillant, afin de l’obtenir cristallisée.

Dans le second, on décompose les liqueurs contenant l’azotate par l’ammoniaque; on lave le précipité, on le dissout dans l’alcool, on fait cristalliser.

On pourrait traiter l’écorce de fausse angusture, que nous avons dit ne renfermer guère que delà brucine; on serait alors plus certain d’obtenir cette base exempte de strychnine, que des cristallisations quelque multipliées qu’elles soient, n’en peuvent complètement séparer. L’opération consisterait à traiter l’écorce concassée, par 3 fois son poids d’eau contenant 25 à 30gr d’acide par kilo d’écorce, à décomposer le décocté par la chaux, à dessécher le précipité, à l’épuiser par l’alcool bouillant, enfin, à opérer ainsi que s’il s’agissait d’obtenir de la quinine.

La strychnine cristallisée ne retient pas d’eau de cristallisation, la brucine cristallisée en retient 15,27 sur 100, et la perd vers 100°.

On peut donc indifféremment employer la strychnine desséchée ou la strychnine cristallisée; mais il n’en saurait être de même pour la brucine.

Mes Sets tte »tr&ctên4w>e*

On obtiendrait son sulfate, son chlorhydrate, son acétate, en la pulvérisant, la faisant dissoudre dans l’eau chaude chargée d’acide sulfurique, chlorhydrique ou acétique en quantités con-

yen cristalliser.

DE LA VERATRINE. 435

ur produire des sels neutres, concentrant et laissant

Le sulfate cristallise en cubes, s’il est parfaitement neutre, en aiguilles déliées pour peu qu’il soit acide;

Le chlorhydrate cristallise en aiguilles prismatiques très déliées;

L’acétate ne cristallise bien, qu’autant qu’il est légèrement acide.

Me Ver

Son état naturel.

Son

extraction.

La vératrine combinée à l’acide gallique existe :

ï)ans la cévadille, semence du veratrum sabadilla,

— la racine d’ellébore blanc , — album ,

— — de colchique, colchicum autumnale.

Elle est solide, sans couleur, sans odeur, d’une excessive Ses propriétés, âcreté, fusible à -{-115° non volatile, presque insoluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et dans Féther, mais sans qu’on l’y puisse faire cristalliser; elle sature mal les acides.

Pour l’obtenir, le Codex prescrit de traiter la cédaviîle concassée par l’alcool à 85° centés. = 33 Cartier, jusqu’à épuisement de toute matière soluble; de distiller les solutions alcooli ques, en consistance d’extrait, de redissoudre le produit dans l’eau froide, destinée à produire l’élimination d’une matière huileuse assez abondante; de filtrer, de précipiter les solutions aqueuses par le sous-acétate de plomb en léger excès, de filtrer de nouveau afin de séparer le dépôt, formé d’oxyde de plomb en combinaison avec des matières muqueuses et colorantes; de précipiter l’excès de plomb resté dans la liqueur, au moyen de l’acide sulfurique, de filtrer encore et de saturer par l’ammoniaque.

La vératrine, que les acides avaient jusque-là maintenue dissoute, est précipitée; on la dessèche au bain-marie; mais, comme en cet état, elle est encore fort impure, on traite le précipité par l’alcool, on filtre, on évaporé à siccité; on reprend le résidu par l’éther qui dissout l’alcali, à l’exclusion d’une matière résinoïde qui l’avait suivie opiniàtrément, on évapore la solution élhérée; on redissout le nouveau résidu dans l’eau aiguisée d’acide sulfurique, on fait digérer avec du charbon animal privé de sels calcaires, on précipite par l’ammoniaque, on recueille le

43 G 51e LEÇON.

précipité* on le lave à Peau froide, finalement on le sèche à Pair. De 500 gr. de cévadillc on obtient au plus 4 gr. de vératrine.

Il nous semble que ce procédé doit être suivi par le pharmacien exclusivement à tout autre, précisément parce que les expériences de M, Couerbe, tendraient à faire admettre dans la matière désignée par le Codex, sous le nom de vératrine ; l’existence des principes tous différents, que ce chimiste a découverts dans la cévadille, et nommés sabadiiiioc, vératrine, matière noire.

Si l’on voulait se procurer, non plus la vératrine médicinale, mais la vératrine pure, on suivrait la marche indiquée par M. Couerbe. (Journal cle Pharmacie, lom. 19,pag. 527.)

SMc ife C'oat ieime ©t# time,

s propriétés. Cette base salifiabîe existe dans les feuilles, et surtout dans les semences de la grande ciguë. (Conium maculatum .)

Elle est liquide, d’apparence huileuse, de couleur jaunâtre, d’une odeur qui rappelle celle de la ciguë, quoique peu nettement, de saveur âcre; volatile vers 189°, peu soluble dans Peau, très soluble dans Palcool et dans l’éther; très altérable à Pair , qui la convertit en une matière résinoïde et en ammoniaque; ce qui explique parfaitement la perte d’activité qu’éprouvent les feuilles de ciguë en vieillissant.

Elle est alcaline aux réactifs, et forme des sels assez facilement cristallisables.

son Pour l’obtenir, on introduit dans la cucurbite d’un alambic, üxtraction. ^eg semences (jc ciguë grossièrement pulvérisées, et de Peau tenant en dissolution quelque peu de potasse caustique, destinée à détruire la combinaison saline de l’alcali organique. On distille tant que le produit est odorant, on sature l’eau distillée par l’acide sulfurique qui fixe la base, et l’on évapore en consistance de sirop.

Celui-ci, qui renferme du sulfate de conicine et du sulfate d’ammoniaque, provenant, ou de la décomposition d’une partie de la conicine ou de la préexistence de l’ammoniaque dans la plante, est délayé avec un mélange de 2 p. d’alcool très con-

Page 1