‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 144 sur 228 · ESSAIS DE L’ACIDE CHLORHYDRIQUE · texte numérisé non relu

ESSAIS DE L’ACIDE CHLORHYDRIQUE

acide chlorhydrique. En effet, il contiendrait à l’avance un corps capable de faire éprouver au chlore, mais dans des proportions toutes spéciales, une transformation que l’acide arsénieux a seul mission de produire.

Pour y constater la présence de l’acide sulfureux, MM. Bussy et Boutron étendent d’eau l’acide chlorhydrique, le saturent par l’eau de baryte, recueillent le dépôt de sulfite mélangé de sulfate, au cas où l’acide essayé contenait de l’acide sulfurique, et versent dessus de l’acide sulfurique concentré. L’odeur d’acide sulfureux le fait immédiatement reconnaître.

Ce procédé, très exact, très sûr, a contre lui d’être long et dispendieux.

M. Gay-Lussac verse dans l’acide quelques gouttes de sulfate rouge de manganèse (sulfate de bioxyde). L’acide sulfureux se transforme en acide sulfurique, en ramenant le bioxyde à l’état de protoxyde, et la liqueur se décolore. Ou bien, il lui ajoute quelque peu de sulfate d’indigo, qui lui communique une très légère teinte bleue, puis, goutte à goutte, du chlore liquide, ou une solution de chlorure d’oxyde. La teinte bleue disparaît immédiatement, détruite par les premières gouttes de chlore, quand l’acide sulfureux n’intervient pas ; et dans le cas contraire, persiste jusqu’à ce que l’acide sulfureux, converti en acide sulfurique , soit devenu incapable de déterminer la transformation du chlore en acide chlorhydrique, et par suite d’annihiler son action décolorante.

Ces deux procédés sont d’un emploi facile, mais ils ne démontrent autre chose que l’existence d’un corps non saturé d’oxygène. Si bien que les acides hypoazotique , hyposulfureux, se comportent avec le chlore liquide et le sulfate rouge de manganèse, absolument de la même manière que l’acide sulfureux.

Au contraire, le procédé de M. Girardin précise la nature du corps réactionnaire.

îl place dans un verre à expériences, 16 gr. d’acide, 8 ou 10 gr. de protochlorure d’étain parfaitement blanc, parfaitement transparent, et 40 ou 50 gr. d’eau distillée.

Si l’acide est pur, le mélange n’éprouve aucun changement, sauf qu’à la longue, il s’y pourrait produire un léger trouble, par

Recherche de l'acide sulfurique.

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suite de la formation , au contact de l’air , d’un peu de bioxyde d’étain.

S’il renferme de l’acide sulfureux, le mélange se trouble immédiatement, et il s’y produit du sulfure d’étain qui le colore en jaune.

D’après M. Héring, la chaleur favoriserait beaucoup la réaction.

Quand l’acide chlorhydrique contient de l’acide sulfurique, les sels solubles de baryte qu’on y verse, après l’avoir étendu de 12 ou 15 fois son volume d’eau distillée, y occasionnent la formation d’un précipité blanc de sulfate de baryte.

L’addition préalable de l’eau est nécessaire, car l’azotate de baryte et le chlorure de barium, sont plus ou moins insolubles dans l’acide chlorhydrique concentré, et pourraient, en se précipitant sous forme de cristaux blancs extrêmement ténus, tromper l’opérateur, bien qu’alors le dépôt put disparaître en étendant d’eau les liqueurs.

Cet essai, toutefois, ne constatera la présence de l’acide sulfurique libre, qu’autantque l’on aura commencé par s’assurer de l’absence des sulfates solubles, puisque la baryte précipite tout aussi bien l’acide sulfurique combiné, que l’acide sulfurique libre.

Si l’acide essayé était supposé contenir tout à la fois de l’acide sulfurique libre et un sulfate, on s’y prendrait comme il suit pour décider la question, et déterminer la proportion de l’acide libre, celle aussi de l’acide combiné.

On déterminerait par une première expérience, la quantité d’acide sulfurique, tant libre que combiné , en versant dans un poids connu d’acide chlorhydrique étendu d’eau, de l’azotate de baryte jusqu’à cessation de précipité, recueillant le dépôt, le lavant, le calcinant, le pesant et déduisant par le calcul, du poids du sulfate de baryte obtenu, le poids de l’acide sulfurique correspondant.

D’autre part, on déterminerait par une seconde expérience, la quantité d’acide sulfurique combiné, en évaporant à siccité, un poids d’acide chlorhydrique égal à celui précédemment employé -, calcinant le résidu, le reprenant par l’eau, précipitant en-

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