‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 167 sur 228 · ESSAIS DE L’ACIDE CYANHYDRIQUE · texte numérisé non relu

ESSAIS DE L’ACIDE CYANHYDRIQUE

tire, à la dose de quelques gouttes, il détermine instantanément la mort.

Cette grande activité aurait dû le faire employer toujours au même état de concentration.

Loin de là , il constitue un médicament de composition singulièrement variable.

La cause en est, que ceux despharmacologîstes qui prescrivent de préparer l’acide cyanhydrique médicinal , en étendant d’une certaine quantité d’eau , l’acide anhydre beaucoup trop actif pour qu’on put l’administrer sans dangers; ne sont pas d’accord sur les proportions d’acide et d’eau qu’il convient d’employer, et que, de leur côté, ceux qui le préparent autrement que par simple mélange, font usage de procédés qui fournissent des produits de composition essentiellement différente.

Le Codex de 1818, prescrivait de mélanger à parties égales en poids, l’acide anhydre et l’eau distillée; le nouveau Codex et M. Magendie dans son formulaire, emploient 1 partie d’acide anhydre et 8P,5 d’eau ; MM. Guibourt et Henry, 1 partie d’acide anhydre et 7 parties d’eau.

Le procédé de Schéele, que reproduisait le Codex de 1818, fournit, ainsi que nous avons eu l’occasion de le faire voir, de l’acide cyanhydrique aqueux, dans lequel les proportions d’acideetd’eau peuvent varier avec les conditions forcément variables de l’opération.

Celui des procédés que le même Codex attribue à Vauquelin , et qui consiste à décomposer, par un courant de gaz acide suifhydrique, la solution de 1 00 parties de cyanure de mercure dans 800 parties d’eau distillée , fournit un produit dans lequel la proportion d’acide réel est près de quatre fois plus faible qu’elle ne l’est dans l’acide préparé suivant la formule analogue, que MM. Guibourt et Henry reproduisent d’après Proust et Vauquelin. Pour la même quantité de cyanure de mercure; celle-ci ne porte en effet que 235 parties d’eau au lieu de 800.

Il résulte de ce qui vient d’être dit, que le pharmacien doit indispensablement déterminer, avec la plus rigoureuse exacti- tion d’acide tudc, la proportion d’acide réel contenu dans l’acide cyanhydn-

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que hydraté, qu'il n’aurait pas préparé lui-même. Pour la déterminer,

Il introduira un poids donné d’acide, dans une cornue tubulée, au col de laquelle se trouvera d’avance adapté un tube recourbé, plongeant au fond d’un flacon contenant une solution aqueuse d’azotate d’argent, en quantité plus que suffisante pour absorber tout l’acide; il chauffera de manière à faire lentement passer la totalité du liquide de la cornue dans le flacon; recueillera le précipité de cyanure d’argent, le lavera parfaitement à l’eau distillée, le maintiendra, soit à l’étuve , soit au bain-marie, jusqu’à ce qu’il cesse de perdre, le pèsera, et de son poids conclura la quantité d’acide cyanhydrique réel contenu dans le liquide mis en expérience.

Un atome de cyanure d’argent formé de : argent 1351,600

* cyanogène 329,908

Pèse 1681,508

et représente deux atomes d’acide cyanhydrique ;

Formés de : cyanogène'329,908 hydrogène 12,478

par conséquent, le poids de cyanure d’argent formé, sera au poids de l’acide cyanhydrique réel, contenu dans le liquide aqueux essayé, 1681,508:342,386.

Par conséquent encore, 100 grammes d’acide cyanhydrique anhydre, fourniraient 491 gr., 15 de cyanure d’argent sec, tandis que 100 gr. d’acide cyanhydrique médicinal, contenant en

Acide, 1 ou 10,53 Eau, 8,5 ou 89,47

n’en devront fournir que 51gr,7.

Il ne sera pas inutile de constater rentière solubilité dans l’acide azotique concentré et bouillant, du précipité à l’état d’hydrate (le cyanure sec s’y dissout fort mal); attendu que l’acide chlorhydrique qui préexisterait accidentellement dans la U-

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