ESSAIS DK LA STRYCHNINE
avec les acides, pourrait tout aussi bien servir à retrouver la narcotine dans les sels de morphine, qu’à la retrouver dans la morphine libre. L’acétate, le sulfate de morphine, laisseraient donc un résidu de narcotine, au cas où ils en contiendraient, si on les triturait avec de l’eau de potasse à 20°.
A la suite de ces essais, on précipiterait la morphine de sa dissolution acétique, par l’addition d’un très léger excès d’ammoniaque- de sa dissolution dans la potasse caustique, par celle d’une quantité d’acide seulement capable de neutraliser l’alcali : toutefois, comme il est fort difficile de produire une saturation tellement exacte, qu’on ne perde pas de la morphine restée en solution dans la potasse non saturée, ou redissoute par l’excès d’acide, il vaudrait mieux, suivant le conseil qu’a donné M. Liébig, au lieu d’essayer la saturation au moyen des acides, délayer dans la solution alcaline de morphine, quelque peu de chlorhydrate d’ammoniaque en poudre.
Ce sel serait décomposé, son acide se porterait sur la potasse qu’il neutraliserait, tandis que la morphine, à peu près insoluble dans l’eau et dans l’ammoniaque , se précipiterait tout entière.
Æœs&w i® eSe 9m /Sttr ychnine .
La strychnine cristallisée ne peut guère retenir autre chose qu’une petite quantité de la brucine qui l’accompagnait dans la noix vomique, dont on l’extrait d’ordinaire.
Elle en sera complétemenfexempte, quand , touchée avec une tige en verre, imprégnée d’acide azotique pur et concentré, elle ne se colorera pas 3 ou quand, délayée dans l’eau au travers de laquelle on fera passer un courant de chlore, elle donnera naissance à des flocons blancs, sans que le liquide se colore.
Suivant M. Pelletier, la présence de la plus minime proportion de brucine la ferait se colorer en rouge au contact de l’acide azotique, et colorer en jaune orangé, puis en rouge de sang, l’eau qui la tiendrait en suspension, pour que, d’ailleurs, les teintes repassent du rouge au jaune, et finissent par disparaître, sous l’influence du chlore convenablement prolongée.
Recherche de la brucine.
57* LKCON.
L’on peut ajouter que, d’après Robiquet, la strychnine mélangée d’une forte proportion de brucine, forme avec l’eau 1 chaude légèrement aiguisée d’acide chlorhydrique, un précipité d’aspect résinoïde, adhérant aux vases, tandis que la strychnine sensiblement pure, produit dans les mêmes conditions, un précipité pulvérulent bien détaché. Cette différence est due à ce que la brucine est infiniment plus fusible que ne l’est la strychnine.
Mais si la strychnine cristallisée ne contient guère que de la brucine, il n’en est plus de même de la strychnine pulvérulente. de?aCmar"nésie ^e^e“c* renferme parfois jusqu’à 50 pour 100 de son poids de € 1 de cïm |^la^e magnésie, ou de phosphate de chaux. La première y est mélangée par fraude, le second provient d’ordinaire, de ce que les fabricants décolorent au moyen du charbon animal non lavé, leurs dissolutions très acides de strychnine, de telle sorte, que l’ammoniaque qu’ils leur ajoutent plus tard, précipite avec la base organique, le phosphate de chaux enlevé au charbon.
Soumise à l’action de la chaleur, la strychnine pure se volatilise ou se détruit tout entière; traitée par l alcool bouillant moyennement concentré, elle se dissout. Dans les mêmes conditions , la strychnine mélangée de magnésie ou de phosphate de chaux, les laisse pour résidu.
Ce sera de la magnésie, quand dissous par l’acide azotique ou par l’acide chlorhydrique faible, le résidu produira une dissolution acide que l’ammoniaque ne troublera pas, et que troubleront, au contraire, la potasse et la soude caustiques ou carbonatées.
Du phosphate de chaux, quand le résidu formera avec les acides chlorhydrique et azotique, des dissolutions acides dont l’ammoniaque et les alcalis le précipiteront en flocons blancs.
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On a signalé dans le sulfate de quinine du commerce, la présence d’un assez grand nombre de matières étrangères, notamment celle de l’acide benzoïque, de la stéarine, de la mannite, de l’amidon, de l’acide borique, de la salicine, du sucre et du sulfate
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de chaux ; maïs il s’en faut que ces matières aient egalement servi à le frauder.
Le prix plus élevé de l’acide benzoïque porte â penser que son mélange avec le sulfate de quinine a dû être le résultat d’une erreur, et, d’un autre côté, l’emploi de la stéarine et de la mannite, qui ne lui ressemblent extérieurement, qu’autant qu’elles ont à plusieurs fois cristallisé: la première dans l’éther, la seconde dans l’alcool, serait peu profitable. Le sucre et surtout le sulfate de chaux ont, au contraire, servi fréquemment à cet usage condamnable. Il fut une époque où ce genre de fraude était si audacieusement pratiqué, qu’une variété de chaux sulfatée fibreuse, assez abondante aux environs de Paris, à Montmartre, finit par disparaître tout entière, introduite dans le sulfate de quinine j et, plus tard, quand ce puissant auxiliaire vint à manquer, il fut remplacé par le sulfate de chaux en aiguilles, que l’on se procurait par l’évaporation de ses dissolutions aqueuses.
Recherche-t-on le sucre ; l’on peut, Soit abandonner à ellemême à la température de -|- 15° à-f- 20° dans un flacon muni d’un tube de sûreté, dont l’extrémité recourbée s’engage sous une éprouvette remplie d’eau, une solution aqueuse ctconcentrée de sulfate, dans laquelle on a commencé par délayer un peu de levure. Bientôt l’éprouvette se remplit de gaz carbonique.
Soit traiter à plusieurs reprises le mélange par de petites quantités d’eau froide, destinée à dissoudre le sucre de préférence au sulfate, ou par de petites quantités d’alcool absolu froid, au contraire, destiné à dissoudre le sulfate à l’exclusion du sucre: l’on recherche ensuite dans le résidu du second traitement, ou dans l’eau du premier, les propriétés caractéristiques et bien connues du sucre.
Recherche-t-on le sulfate de chaux; on calcine le sulfate de quinine, puis on incinère le produit de cette calcination.
Le sulfate de quinine pur, ne laisse d’autre résidu que les traces de sels fixes provenant de l’eau commune, au sein de laquelle il a cristallisé, ou de sulfate de chaux résultant de l’emploi du charbon animal, comme décolorant.
[du sucre.
Recherche du cul Tatc de chaux.
(342 57e leçon.
Le sulfate de quinine sophistiqué laisse un résidu plus ou moins considérable de sulfate de chaux, susceptible de céder à l’eau aiguisée d’acide azotique, de l’acide sulfurique et de la chaux.
À la calcination, on pourrait substituer l’emploi de l’alcool bouillant, qui dissout bien le sulfate de quinine, et ne dissout pas le sulfate de chaux- en agissant ainsi, on éviterait la destruction du se! de quinine, mais on courrait le risque de ne pas retrouver le sel calcaire, quand la proportion en serait très faible, parce que fa présence du sulfate de quinine en favorise sensiblement la solution .
Recherche Le sulfate de quinine contenant de la stéarine, la laisse pour
de la stéarine . . . , # 7 1
résidu, quand on le traite, soit par Falcool concentré et froid, soit par l’eau froide aiguisée d’acide sulfurique: les propriétés que possède cette substance de se fondre à la manière des graisses, de se dissoudre aisément dans l’éther bouillant, de former un savon avec les alcalis caustiques bouillants, etc., la font reconnaître.
Recherche Le sulfate de quinine mélangé de marmite, la laisse en dissodeia manniie. |u^0îl qUan(} on décompose, par le carbonate de soude, sa solution aqueuse. La liqueur filtrée, afin de séparer la quinine précipitée sous forme de flocons résinoïdes, fourni, par l’évaporation, un mélange de mannite de sulfate et de carbonate de soude, auquel l’alcool concentré n’enlève que la mannite.
Sa grande solubilité dans l’alcool bouillant, son peu de solubilité dans i’alcoo! froid, la forme aiguillée de ses cristaux, sa saveur sucrée, l’impossibilité dans laquelle elle est d’éprouver la fermentation alcoolique, la caractérisent.
On peut remarquer que ce dernier mode d’essai serait applicable à la recherche du sucre, et que, par contre , deux des procédés précédemment décrits au sujet de celui-ci: à savoir, ceux qui consistent dans l’emploi de Peau froide ou de l’alcool, pourraient être employés à la recherche de la mannite. En effet, Peau froide dissout infiniment mieux, et l’alcool froid infiniment moins bien, la mannite que le sulfate de quinine.
L’amidon se reconnaît, au moyen de l’addition au mélange, la teinture d’iode qui le colore en bleu , et tout aussi facile-
Recherche de l’amidon.