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QUELQUES CONSIDÉRATIONS

SUIl LA DÉCOMPOSITION PUTRIDE DES VÉGÉTAUX ET DES ANIMAUX.

Be la Cüîwerüatton ka plantée et de celle k leur 6

parties.

Lorsque les matières organiques imprégnées d’eau sont abandonnées à Faction d’une température supérieure à 0°, et de l’air, elles éprouvent des altérations particulières, dont Fensemblc constitue la fermentation putride ou la putréfaction.

L’intervention simultanée de la chaleur et de l’eau est nécessaire à la manifestation de ces phénomènes- car, exposées humides à une température inférieure à 0°, ou, sèches, à une température supérieure, les unes et les autres cessent de se putréfier.

Aussi, conserve-t-on les viandes fraîches au milieu de la glace, leslégumes secs dans des magasins à la température ordinaire, les grains également secs dans des silos à parois en briques cimentées avec du bitume, afin que l’humidité du sol, dans lequel ils sont creusés, n’y puisse pénétrer.

Au contraire, la présence de l’air, ou plus exactcmentdc l’oxygène, ne paraît pas indispensable- du moins certaines matières organiques, telles que le gluten, se putréfient-elles au sein des gaz carbonique, azote, hydrogène; quoiqu’elle favorise toujours d’une manière marquée la putréfaction, et sans aucun doute, eu modifie les résultats.

Toutefois, s’il intervenait en masses considérables, l’air la pourrait retarder, parce qu’il entraînerait les miasmes au milieu desquels elle se continue rapidement, et, déplus, tendrait à produire la dessiccation.

Dans les conditions précitées, les végétaux et les animaux privés de vie, sont susceptibles d’éprouver la fermentation putride aussi bien que leurs parties ou que leurs produits; mais, ils l’éprouvent d’autant plus promptement, d’autant plus complètement qu’ils offrent un tissu plus lâche, et par conséquent plus perméable à l’air et à l’humidité; une plus grande abondance de principes dans lesquels l’oxygène est à l’hydrogène dans les mêmes rapports que dans l’eau, parce que dans ces principes, les éléments sont dans un état d’équilibre essentiellement favorable aux réactions; une moindre quantité de principes très hyd rogénés, très carbonés ou très oxygénés, parce que ceux-ci sont comparativement plus stables que les précédents; des principes plus complexes, attendu que l’équilibre est plus difficile à rompre entre l’hydrogène et le carbone de la plupart des huiles volatiles, qu’il ne l’est entre l’oxygène, l’hydrogène et le carbone des fécules, du ligneux, à plus forte raison qu’entre l’oxygène, l’hydrogène, le carbone et l’azote, du gluten de la fibrine ou de l’albumine.

Voilà pourquoi, toutes circonstances égales d’ailleurs, les matières animales se putréfient plus rapidement que les matières végétales; pourquoi les végétaux herbacés d’un tissu lâche, imprégné d’eau de végétation, et chargé de principes muqueux, se décomposent plus vite que les végétaux ligneux d’un tissu compacte, et dans lesquels abondent les huiles volatiles, les résines, les huiles fixes, les acides, etc., etc.; pourquoi le musc, le castoréum, l’ambre gris, presque exclusivement formés de substances grasses ou résineuses , se conservent infiniment mieux que la chair musculaire formée de fibrine.

Lorsqu’ils commencent à éprouver la fermentation putride, les végétaux dont il nous faut d’abord chercher à connaître le mode de décomposition, s’échauffent, quelquefois même assez, pour que la masse s’enflamme, d’où les incendies spontanés des fourrages secs; ils changent d’aspect, deviennent mous, se couvrent de moisissures, puis laissent dégager de la vapeur d’eau, du gaz acide carbonique, de l’hydrogène carboné; s’imprégnent de miasmes fétides, principalement dus à la destruction des principes azotés et sulfurés; produisent beaucoup d’acides acétique

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et lactique; finalement, après être passés par une foule d’états intermédiaires, se convertissent en une matière noirâtre nommée humus ou terreau, dont la composition paraît essentiellement identique, quel que soit le végétal qui l’ait produite.

Dans cette matière, que l’on rencontre à la surface du sol, partout où l’on a laissé pourrir des végétaux, on trouve:

1° Des sels à acides et à bases minérales, que ces végétaux contenaient tout formés, et que les eaux n’ont ni dissous ni entraînés.

2° Des sels analogues produits pendant la fermentation putride : d’après M. Braconnot, par exemple, la putréfaction du blé donnerait naissance à des azotates de potasse et de chaux, par suite de l’union de l’acide azotique formé aux dépens des éléments du gluten et de l'albumine végétale, avec la potasse et la chaux abandonnées par les acides organiques détruits pendant la putréfaction.

3° Des matières grasses ou résineuses, très probablement dues à la non-décomposition de celles que renfermaient les végétaux. Sprengel a trouvé jusqu’à 12 pour °/0 de matières résineuses et céracées, dans du terreau de bruyères;

4° Une matière extractive jaunâtre , amère, soluble dans l’eau, l’alcool;

5° Une substance peu soluble dans l’eau, complètement insoluble dans l’alcool, l’éther, les acides ; très soluble dans la potasse, la soude, l’ammoniaque; moins soluble dans les eaux de chaux, de baryte et de strontiane, quoiqu’elle y soit cependant plus soluble qu’elle ne l’est dans l’eau pure.

M. Berzélius la nomme gèine , du mot grec y» terre, parce qu’elle existe constamment dans la terre végétale; M. Braconnot, ulmine, parce qu’elle a de l’analogie avec l’une des exsudation naturelle de l’orme ( ulmus ), etM. Pol. Boullay, acide ul~ unique , parce qu’elle sature les bases ;

6° Enfin, une matière charbonneuse insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther, les liqueurs acides et alcalines, véritable substance de transition. Au contact de l’air et de l’eau, elle se convertit, peu à peu, soit en géine, soit en matière extractive.

La géine et la matière extractive, que M. de Saussure, à leur

tour, considère comme des modifications fort rapprochées l’une de l’autre, attendu q,u’elles se transformeraient: lagéine, en matière extractive, la matière extraclive en géine,*t dans des conditions en apparence identiques, sont en définitive les résultats ultimes de la décomposition putride des végétaux. Ce sont elles qui constituent essentiellement la terre végétale.

Les tourbes, résultats évidents de la décomposition successive de la végétation annuelle, dans des terrains marécageux ; les substances organiques, si abondantes dans les dépôts désignés sous les noms de boues aux sources de St-Amand, de Bourbonne-les-Bains, et que la propriété qu’elies possèdent de produire une vive irritation à la surface de la peau, fait employer comme médicaments , sont des résultats de décomposition de même genre, opérées dans des conditions différentes.

La décomposition putride des animaux a cela de commun avec celle des végétaux, qu’ils perdent d’abord leur solidité première, deviennent mous, quelquefois même en partie liquide, dégagent des gaz parmi lesquels se trouvent l’acide carbonique, l’hydrogène carboné, l’azote, l’hydrogène sulfuré, répandent une odeur infecte, et le plus ordinairement finissent par se convertir en une matière noire pulvérulente.

On ignore à peu près complètement, la nature des matières odorantes et celle des produitsliquides ou solides formés pendant les périodes diverses de leur putréfaction; on sait seulement qu’il se produit, d’ordinaire, aux dépens de l’azote de la matière organique et de l’oxygène de l’air, de l’acide azotique; toujours aux dépens de l’azote et de l’hydrogène de la matière animale, de l’ammoniaque. Celle-ci se combine avec les acides carbonique, acétique et azotique formés en même temps qu’elle, pour donner naissance à du carbonate, à de l’acétate, à de l’azotate d’arnmoniaque; ou réagit concurremment avec la chaux fournie par le sol, sur les matières grasses, pour déterminer la production de la subtance essentiellement composée d’oléale, de margarate et de stéarate d’ammoniaque et de chaux, si connue sous le nom de gras de cadavre. Cette substance avec la matière noire précitée, et si elle existe, la charpente osseuse, incapable d’éprouver la fermentation putride, constituent le nouveau détritus.

De la

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Les matières végétales et animales que îe pharmacien con serve dans ses magasins, n’y éprouvent jamais, à vrai dire, les altérations profondes dont nous venons d’indiquer les résultats. Les altérations qu’elles y subissent se bornent à des changements plus ou moins prononcés de couleur, d’odeur et de saveur, etc.

Néanmoins, comme il est permis de penser, que dans ces mêmes magasins, poerraientse trouver accidentellement réunies les conditions de la putréfaction, comme d’ailleurs, on ne peut préciser la marche desmodifications que les matières organiques éprouvent avant d’atteindre îe dernier terme de leur altération putride, les considérations que je viens de présenter, m’ont semblé devoir précéder l’étude des moyens à l’aide desquels on peut conserver très sensiblement intactes les plantes et les matières animales.

D’après ce que nous avons dit au commencement de cette

conservation leçon, à savoir : qu’à une basse température, même en les sup-

et de celle de posant humides : qu’en absence de toute humidité, même en leurs parties. ® , ,, , . . ,,

supposant la température elevee, les piaules n ©prouvent point

la fermentation putride, on voit que pour les en préserver, on pourrait, ou les placer encore imprégnées d’eau de végétation, dans des lieux dont la température resterait constamment basse, ou les placer dans des lieux secs à la température ordinaire, après les avoir desséchées.

Mais de ces deux modes de conservation, le premier serait d’une exécution difficile, impossible même, dans certaines localités, pour | eu surtout qu’on opérât sur des masses considérables; le second , au contraire, est d’une exécution toujours possible, et de plus, amène tout d’abord les plantes ou leurs parties à un état auquel il faut indispensablement les amener, quand on veut les réduire en poudre, en sorte que celui-ci est exclusivement mis en pratique.

En effet, à l’exception des crucifères, des rcuoncuiacées, des arum, des sumacs qu’on ne peut conserver, de quelque manière qu’on s’y prenne, sans qu’elles perdent tout ou partie de leurs propriétés; de la racine de raifort que l’on priverait d’une portion notable de ses principes huileux volatils, ou de la faculté d’en développer, si on la desséchait, des bulbes qu’il faut, du-

rant l’hiver, pouvoir employer fraîches, les plantes ou les parties déplantes que lepharmacien n’emploiepas immédiatement après leur récolte, sont desséchées; et c’est également à l’état sec que les plantes exotiques nous sont expédiées des pays étrangers.

Quant à la racine de raifort et aux bulbes, elles sont conservées au milieu du sablesec, dans despots hermétiquement fermés.

Voyons quels peuvent être les moyens généraux de dessiccation des corps humides, et choisissons ceux d’entre eux qui devront être plus spécialement appliqués dans l’espèce.

Il existe plusieurs moyens d’enlever aux corps l’eau qui les imprègne;

On peut les mettre en contact avec d’autres corps, susceptibles par leur plus grande affinité pour l’eau , de la leur enlever.

C’est ainsi qu’en triturant l’iode humide avec du chlorure de calcium fondu, nous l’avons desséché; c’est encore ainsi qu’en plongeant un cristal de sulfate de cuivre dans l’acide sulfurique concentré, le sulfate déshydraté se transforme en une poudre blanche, à laquelle le contact de l’eau restitue sa teinte bleue primitive.

On peut les chauffer à feu nu, afin d’atteindre une température pour ainsi dire sans limites; au milieu du mercure, d’une huile fixe, de dissolutions salines, afin d’atteindre des températures variables, comprises entre-)- 100° et— |— 3 60° ^ point d’ébullition du mercure; au milieu de l’eau, afin de ne pas dépasser la température de 100° sous la pression de 0“,76, ou, ce qui revient au même, au moyen de la vapeur d’eau.

C’est ainsi qu’on calcine dans des fours, la chaux sulfatée hydratée, ou pierre à plâtre, pour la rendre propre à bâtir; qu’on dessèche au bain-marie la plupart des matières organiques dont on veut déterminer la composition élémentaire.

On peut encore les placer sous des cloches, au-dessus de capsules remplies d’acide sulfurique concentré, de chaux vive ou de tousautres corps très avides d’humidité; afin que la vapeur d’eau produite en raison même de sa tension naturelle, soit saisie par le corps absorbant au fur et à mesure qu’elle est formée; et pour rendre plus rapide le passage de l’eau de la matière mise en

Des moyens generaux d’opérer la dessiccation.

6i« LEÇON.

expérience, dans l’acide ou dans la chaux, en détruisantl’obstacle que la présence des particules d’air opposerait à sa vaporisation, faire le vide sous la cloche.

On peut enfin, les mettre simplement en contact avec de l’air sec, ou tout au moins non saturé d’humidité; en opérant, d’une part, à une température élevée, afin que le pouvoir hygrométrique de l’air croissant avec sa température, favorise la dessiccation; d’autre part, sur un volume d’air assez considérable, pour qu’il se puisse charger de toute l’eau interposée dans la matière mise en expérience; puisque l’air, à une température donnée, ne peut se charger que d’un volume déterminé de vapeur d’eau.

En d’autres termes, et pour nous résumer, on peut produire la dessiccation dans toutes les conditions dans lesquelles l’eau se réduit en vapeur, suivant les lois que nous avons eu l’occasion de rappeler en traitant de l’évaporation.

Mais les plantes ne sauraient, sans s’altérer profondément, se trouver au contact de corps absorbants, tels que l’acide sulfurique concentré ou la chaux ; non plus qu’être exposées à des températures élevées meme à la température longtemps prolongée de -|- 100°. Pour ne citer qu’un exemple, celte température suffit pour faire perdre à la semence de moutarde noire et aux amandes amères, la propriété de développer des huiles volatiles au contact de l’eau, parce qu’elle coagule leurs principes albumineux.

D’un autre côté, l’emploi de corps absorbants, uniquement destinés à condenser les vapeurs, l’emploi surtout d’appareils propres à produire le vide, serait singulièrement dispendieux. Leur dessiccation s’opère exclusivement à la faveur de la tendance que possède l’air atmosphérique, à enlever aux corps l’humidité qui les imprègne.

Et à cet effet,

Tantôt elles sont simplement abandonnées à l’air libre;

Tantôt elles sont placées dans des appareils particuliers nommés séchoirs, à la température ordinaire;

Tantôt elles sont encore placées dans des séchoirs, mais cette fois, à des températures plus ou moins élevées.

La dessiccation des plantes à l’air libre, telle que des herboristes sont dans la détestable habitude de la pratiquer , en suspendant au-devant de leurs maisons, des guirlandes de racines, de fleurs, de sommités fleuries, etc., etc., doit être abandonnée. Elle laisse les matières exposées aux ordures de toutes espèces que transportent les vents, à toutes les intempéries des saisons, à l’action du soleil qui les grille, de la pluie qui leur rend l’humidité qu’elles avaient d’abord perdue, et de là, pour elles, perte d’odeur, de saveur, de couleur, etc., etc., souvent même, développement de propriétés nuisibles.

De la

dessiccation des plantes à l’ait* libre.

La dessiccation au moyen de l’air, à la température ordinaire, des^ccation dans des pièces disposées de telle sorte, qu’en les traversant, fl dansas séchoirs y renouvelle l’espace , et par suite le rende en quelque sorte indéfini, convient parfaitement aux sommités fleuries, aux fleurs, aux feuilles, aux bois, aux écorces, même aux racines peu épaisses et peu succulentes; généralement, à toutes les matières que leur faible proportion d’eau de végétation , l’étendue de leurs surfaces, leur peu d’épaisseur, leur texture lâche, rendent faciles à dessécher. Elle convient parfaitement aussi aux matières chargées de principes très volatils et très altérables par la chaleur.

On choisit pour la produire, les pièces placées à la partie supérieure des habitations, exposées au midi, et percées d’ouvertures pratiquées dans la direction du nord. Au contraire, on évite le voisinage des marécages, des eaux stagnantes.

Les motifs d’un pareil choix sont faciles à saisir.

Les pièces rapprochées des combles, se trouvant plus exposées que les autres à Faction des rayons du soled, s échauffent davantage; par suite, l’air y acquiert un pouvoir hygrométrique plus étendu et s’y renouvelle plus fréquemment, parce que la rapidité du courant dépend de la différence de densité entre l’air intérieur et l’air extérieur. Le premier, plus léger, tend sans cesse à s’échapper du séchoir pour gagner les parties supérieures de l’atmosphère; le second, plus dense, à combler le vide que laisse l’autre en s’échappant. Or, de l’augmentation du pouvoir hygrométrique de l’air, de la plus grande

6i« LEÇON.

rapidité de son courant doit nécessairement résulter une plus rapide dessiccation , puisque, sous le même volume , Pair se chargera d’une plus grande quantité de vapeur d’eau ; puisque cet air, restant plus éloigné de son point de saturation , rendra plus facile la dissémination des particules de vapeur d’eau entre ses propres particules; de même que les premières portions d’un fragment de sucre que l’on plonge dans l’eau, s’y dissolvent plus rapidement que les dernières.

L’exposition du midi agit dans le même sens, que la proximité des combles.

À son tour, le percement des ouvertures dans la direction du nord, est motivé parscette observation bien connue, que les vents du nord, moins chargés de vapeur d’eau que ne le sont comparativement les vents du midi , par la raison même que leur température est plus basse, devront, en atteignant dans le séchoir, la même température que l’eussent fait ceux-ci, s’y charger sous un même volume, d’une plus grande quantité de vapeur d’eau, pour atteindre le même point de saturation.

La différence enlrele pouvoir siccatif des vents dunordetcclui des vents du midi, est tellement tranchée, qu’il n’est pas rare de rencontrer les charpentes provenant de démolitions de maisons exposées aux vents du nord, parfaitement sèches et intactes, tandis que celles des maisons exposées aux vents du midi, sont humides et rongées de vers.

De leur côté, les marécages et les eaux stagnantes tendraient à rendre l’air extérieur humide. Les rivières et les eaux courantes auraient infiniment moins d’inconvénients, parce que leur tendance à rendre l’air humide, pourrait être compensée par la plus grande vitesse qu’elles lui communiqueraient.

Les pièces destinées à servir de séchoir étant choisies, il ne restera, pour les rendre propres à cette destination :

1° Qu’à faire hourder en plâtre les murailles, le plafond , et carreler le sol ; afin qu’il soit facile de les tenir dans un état convenable de propreté, et surtout de prévenir le dépôt sur les plantes, des toiles d’araignées et de la poussière dont l’existence d’angles rentrants , résultant de la présence de poutres et de

solives saillantes, de murs défoncés ou de carrelage en mauvais état, facilite la formation.

2° Qu’à munir les ouvertures; de volets ou de châssis vitrés, susceptibles d’intercepter tout accès de l’air extérieur dans les temps humides, ou quand les vents soufflent avec assez de force, pour bouleverser les matières à sécher; de persiennes destinées à s’opposer à l’action directe des rayons du soleil, tout en livrant passage à l’air; de treillages à mailles assez serrées pour empêcher les animaux du dehors de les traverser.

3° Qu’à faire placer au devant des murailles, et si l’espace le permet, ailleurs, des montants en bois ou en fer, dits patins, destinés à supporter des claies en osier, et disposés de telle sorte , que celles-ci puissent aisément s’enlever et se remettre en place.

Des persiennes très avantageuses, en cela qu’elles rendent inutiles les volets, sont celles qui sont formées de lames en bois ou en métal, maintenues entre les montantsd’un châssis, au moyen de tourillons mobiles qui leur permettent: en se relevant, pour venir prendre une position horizontale, de s’éloigner les unes des autres, partant de livrer passage à l’air; en s’abaissant, de se recouvrir les unes le? autres d’une certaine quantité, à la manière des ardoises d’un toit, et dès lors, d’intercepter tout accès de l’air.

Dans un séchoir tel que nous venons de le décrire, la dessicca- , De leur

a rîfssïrcalion

tion de végétaux à tissu compacte et gorgés d’eau, celle notam» dans les séchoirs ment des bulbes , des racines charnues, de l’orpin, delajou- température barbe se ferait fort mal; la lenteur de l’opération, déterminerait un commencement de fermentation qu’il est urgent de prévenir; certaines parties de plantes en apparence susceptibles de s’y bien dessécher, pourraient même s’y altérer.

Par exemple,

La scolopendre deviendrait couleur feuille morte; la mélisse, la véronique, la bôtoine, la bourrache, perdraient leurs propriétés thérapeutiques; les feuilles de sainfoin, leur belle couleur verte et leur odeur de thé, pour acquérir une teinte noire, une mauvaise odeur.

Ces parties de plantes et leurs analogues , devront être dessé-

Des séchoirs ;à air chaud comparés aux étuves.

612 61e LEÇON.

chées dans des séchoirs, dans lesquels la température de l’air sera suffisamment élevée pour hâter beaucoup la dessiccation, sans toutefois l’être assez; non-seulement pour les altérer profondément, mais encore pour leur faire éprouver au début, dans leur eau de végétation, une sorte de coclion.

D’abord à— }— 1 8 ou-{-20o — plus tard, s’il est nécessaire, à— [—35 ou 40°.

Ces séchoirs souvent confondus avec les étuves, en diffèrent essentiellement, tant par leurs usages que par leurs modes de construction.

Les séchoirs, destinés à produire la dessiccation au moyen de Pair chaud, sont construits de manière à ce que l’air chaud s’y renouvelle, ainsi que le fait l’air froid dans ceux précédemment étudiés; ils représentent, jusqu’à un certain point, des tubes ouverts, au travers desquels on ferait passer un courant d’air chaud.

Les étuves, destinées à maintenir à des températures plus ou moins élevées, les substances qu’on y renferme; par exemple, les dissolutions d’acide citrique et de sucre, lesquelles ne cristallisent bien, qu’autant que leur refroidissement est très lent; l’huile de ricin , laquelle ne traverse facilement les filtres en papier , qu’autant que la chaleur diminue sa viscocité; le beurre de muscade, le beurre de cacao, qu’il faut maintenir constamment liquides quand on les dépure par voie de filtration ; sont, au contraire, construites de manière à prévenir, et la sortie de l’air intérieur chaud , et l’entrée de l’air extérieur froid. Elles représentent véritablement des flacons remplis d’air chaud, et très hermétiquement fermés.

Dans leur construction, en même tempsque l’on ne laisse aucune ouverture libre, que l’on garnit celle par laquelle on doit s’y introduire, de deux portes assez éloignées l’une de l’autre, pour que la première soit refermée avant que l’on ouvre la seconde, on forme leurs parois de matériaux peu conducteurs de la chaleur; tels que le bois, la pierre ou la brique; on les double même, en laissant entre elles un espace destiné à loger l’air, et l’on isole le tout du sol au moyen du charbon ou de toute autre matière peu conductrice. Un thermomètre permet d’y régulari-

ser la température; et, si l’on a besoin qu’elle se régularise en l’absence de tout surveillant, on munit l’appareil d’un régulateur, ordinairement composé d’une tige métallique, dont la dilatation détermine l’ouverture d’un volet par lequel s’échappe une portion d’air chaud, s’introduit une portion d’air froid, ou l’occlusion de l’ouverture, au moyen de laquelle s’alimente la combustion dans l’appareil de chauffage.

On voit de suite, que l’évaporation ou plutôt la dessiccation qui se produirait dans un appareil de ce genre, s’arrêterait aussitôt que l’espace limité au sein duquel elle aurait commencé , se trouverait saturé de vapeur d’eau, et que pour transformer une étuve en un véritable séchoir à air chaud, il suffit d’y pratiquer des ouvertures; comme, par contre, pour transformer un séchoir en étuye, il suffit d’en fermer les ouvertures. II serait par conséquent possible de faire jouer alternativement à un même appareil, le rôle d’étuve et celui de séchoir.

Souvent, les pharmaciens convertissent leurs séchoirs ordinaires en séchoirs à air chaud, au moyen d’un poêle ou d’un fourneau en briques qu’ils placent à l’intérieur, en ayant le soin :

lo De diminuer considérablement les ouvertures d’évacuation de l’air, sans quoi, celui-ci, trop rapide dans sa marche, n’acquerrait pas une température suffisamment élevée;

2° De faire ouvrir en dehors la porte du poêle ou du fourneau, afin d’empêcher les cendres et les fuliginosités qui s’en échapperaient, de salir les plantes;

30 D’entourer son tuyau d’une enveloppe en fils métalliques, afin que les plantes suspendues à Fcntour ne puissent le toucher ;

40 De faire que ce même tuyau se contourne sur lui-même, de manière à parcourir dans l’intérieur du séchoir un plus long trajet, et cela le plus près possible du sol, tout à la fois, pour que la plus grande étendue de ses surfaces contribue mieux à réchauffement de l’air, et pour que les couches d’air échauffées fassent place à d’autres, aussitôt que devenues spécifiquement plus légères, elles cessent, en le dépassant, de l’envelopper. S’il était placé verticalement, les couches d’air échauffées forme-

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raient autour de lui une sorte de manchon persistant, qui le défendrait du contact immédiat des couches plus éloignées, parce que le remplacement des couches d’air se fait de bas en haut et non pas en tous sens. S’il était placé horizontalement dans Sa partie supérieure du séchoir, il resterait constamment entouré des couches d’air les plus chaudes,, sans que les couches inférieures pussent s’échauffer, puisqu’une masse d’air ne s’échauffe qu’en vertu des courants qui s’y produisent.

On pourrait remplacer le poêle par un calorifère disposé de telle sorte, que l’air extérieur ne s’introduisît dans le séchoir qu’après s’être échauffé en circulant entre les parois du foyer, et une enveloppe supplémentaire dont on l’aurait recouvert.

On pourrait aussi, afin de se mettre à l’abri des altérations résultant d’une trop forte chalepr, ne chaufferie séchoir qu’au moyen de tuyaux traversés par de la vapeur d’eau, laquelle toutefois, aurait le grave inconvénient d’arrêter la dessiccation, pour peu que des fissures lui permissent de se répandre au dehors.

II vaudrait infiniment mieux, suivant le conseil donné par un de nos plus habiles industriels, M. Blachette, dans son traité du blanchiment publié en 1827, debarrasser le séchoir de tout appareil de chauffage, et n’y introduire que de l’air chaud.

À cet effet, on construirait au dehors, un fourneau en briques, que traverseraient, sous un certain degré d’inclinaison, plusieurs cylindres creux en fonte, dont les ouvertures supérieures viendraient s’aboucher avec des ouvertures correspondantes, pratiquées à la partie inférieure d’une des parois latérales du séchoir, tandis qu’à la partie inférieure de la paroi opposée, existerait une ouverture d’évacuation, de grandeur égale à la somme des ouvertures d’introduction. De plus, pour augmenter le tirage, en rendant plus grande Sa différence entre le poids de la colonne d’air chaud, prise à partir de l’entrée du cylindre jusqu’à l’ouverture de sortie, et le poids d’une colonne d’air froid de même hauteur et de même diamètre; on adapterait à l’ouverture d’évacuation, un tuyau destiné à faire fonction de cheminée, en le surmontant d’une tête de loup, afin que l’air ne pût, parles grands vents, s’y engager.

L’air, en traversant les cylindres s’y échaufferait, pénétrerait dans le séchoir, en gagnerait les parties supérieures en raison de sa plus grande légèreté spécifique; parvenu jusqu’au plafond, s’y étendrait en couches horizontales, après avoir cédé une partie de son calorique aux corps ambiants, serait repoussé de haut en bas par les couches d’air plus chaud qui lui succéderaient, et définitivement viendrait gagner les ouvertures d’évacuation, après avoir tamisé au travers des matières étendues dans le séchoir.

Un séchoir construit d’après ces principes, et dans lequel la grandeur des ouvertures d’introduction et de sortie de l’air, la hauteur de la colonne d’air chaud, seraient calculées de manière à déterminer le passage au travers de l'appareil, d’un volume d’air convenable; en même temps que la quantité de combustible employé au chauffage des cylindres, le serait de manière à élever à une température convenable aussi, le volume d’air^ qui les traverserait; permettrait d’opérer la dessiccation, avec une rapidité que les séchoirs ordinaires plus ou moins imparfaits, ne sauraient atteindre.

La rapidité plus ou moins variable du courant d’air, les variations inévitables de température, l’état hygrométrique de i’air extérieur, l’épaisseur des matières, l’espèce d’affinité avec laquelle l’eau se trouve retenue par le tissu végétal, l’impossibilité où se trouve l’air de se saturer complètement d’humidité, tant que son contact avec les corps humides n’est pas suffisamment prolongé, etc., etc., sont autant de causes qui ne manqueraient pas d’influencer notablement les résultats théoriques. Néanmoins, il est certain qu’un pharmacien en position de se li vrcr à la récolte des plantes, pourrait trouver une source de fortune, dans Inapplication à leur dessiccation, des véritables principes qui doivent présider à la construction des séchoirs à air chaud. Presque partout en effet, cette opération est mal conduite, sous le triple point de vue de l’économie de temps, de l’économie de combustible, de la beauté des produits.

Parmi les plantes ou les parties de plantes que l’on dessèche, les unes sont placées dans les séchoirs, telles qu’on les a récoltées, ou du moins n’ayant subi d’autres opérations que celles qui au-

ne la

disposition des plantes dans

les séchoirs. 1

61e LEÇON .

raient pour but d’en séparer la terre qui les salirait, et les parties altérées ou sans vertu ; ainsi fait-on pour les feuilles, les fleurs, les semences. Les autres sont préalablement divisées.

On coupe par tranches, afin , tout à la fois d’augmenter Fétendue des surfaces, et de rompre les vaisseaux gorgés d’eau de végétation, les racines charnues d’un volume considérable.

On divise en lanières, dans le sens du grand axe, les bulbes à écailles et spécialement la scille.

D’un autre côté, tantôt au moyen de ficelles qui les traversent, on en forme des chapelets que l’on suspend dans le séchoir (les racines, les bulbes, sont plus particulièrenîent disposées de cette manière) • tantôt on en forme de petites bottes, que parfois on enveloppe en outre, de cornets en papier , et on les y suspend renversées (sommités fleuries). Les cornets en papier ont l’avantage d’abriter ces sommités du contact de la poussière et de la lumière, par contre, l’inconvénient de gêner la circulation de l’air. Le plus ordinairement, on étend les plantes en couches minces sur des claies en osier, en ayant le soin de ne placer les unes au-dessus des autres que des matières de même nature, ou, du moins, d’étendre des toiles entre les claies qui les renferment, et l’on renouvelle fréquemment les surfaces.

On les visite toutes de temps à autre, et l’on enlève celles qui paraîtraient avoir éprouvé une altération quelconque.

Lorsque la dessiccation est complète, ce que l’on reconnaît à ce que les matières ont perdu leur flexibilité, quelquefois même sont devenues cassantes, et surtout à ce qu’elles cessent de diminuer de poids, on les retire du séchoir; on les abandonne pendant quelques heures au contact de l’air et à l’ombre, afin que, reprenant une petite quantité d’humidité, elles redeviennent légèrement flexibles et plus maniables (feuilles, fleurs et sommités fleuries); on les crible afin de les débarrasser des oeufs d’insectes que la chaleur n’auraient pu faire périr, mais avec précaution, afin de ne les pas briser; et, finalement, on les conserve le plus possible à l’abri de l’air, de l’humidité, de la chaleur et de la lumière.

A cet effet, si ce sont des "matières flexibles et susceptibles

d’être fortement tassées, comme le lichen et le houblon, on en forme des ballots qu’on enveloppe de toiles (Dccourdemanche. ) Si cesont des matières cassantes, incapables d’être tassées, on les enferme, soit dans des bocaux en verre, au besoin garnis de papier noir destiné à les préserver de l’action de la lumière , et séchés à l’avance par leur séjour dans le séchoir, fermés en outre de bons bouchons en liège ; soit dans des boîtes en bois que l’on garnit à l’intérieur de feuilles d’étain pour les rendre imperméables à l’humidité, ou que l’on vernit extérieurement dans le même but, en même temps alors qu’on les recouvre intérieurement de papier collé. La colle sera préparée avec de la farine ou de l’amidon, cuit dans une décoction d’absinthe ou de (anaisie, destinée à préserver le bois qu’elle enduit, de la morsure des insectes.

L’addition à cette colle, d’une petite quantité de pcrchlorurede mercure (1,150), recommandée par plusieurs pharmacologistes, me semblerait offrir plus d’inconvénients que d’avantages; au cas cependant où l’on croirait devoir la faire, il faudrait indispensablement faire usage de farine de froment, à l'exclusion de l’amidon, pour les motifs que le premier seul contient du gluten, qui rend le sel mercuriel insoluble, et dès lors moins dangereux.

Baumé conseillait de fermer les flacons renfermant des plan' tes sèches, d’un double papier fortement ficelé, afin que l’humidité retenue par celles-ci, pût regagner l'atmosphère, en traversant le papier, à l’état de vapeur.

Il n’y a d’exception, relativement à la dessiccation des matières végétales, qu’il convient de maintenir dans le séchoir jusqu’à dissipation de toute humidité, que pour certains fruits charnus très chargés de sucre. Outre que celui-ci permet de ne pas en pousser la dessiccation jusqu’à scs dernières limites, parce qu’il est un élément puissant de conservation, il oblige à les retirer de temps à autre du séchoir, afin que la pellicule saccharine formée à Icursurface, et capable d’empêcher l’humidité intérieure de se faire jour, si on les y maintenait consomment; s’humecte lorsqu’on les en retire. Il s’établit alors entre les couches extérieures plus sèches, et les couches intérieures plus

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humides, une sorte d’équilibre que l’action du séchoir dans lequel on les replace, détruit de nouveau, et définitivement toute Peau de végétation du fruit se trouve expulsée.

Les racines, les tiges, les bois, les écorces, les bourgeons, les feuilles, les fleurs, les fruits, les semences, lorsque leur dessiccation a été complète, et qu’on les a placés dans les conditions que je viens d’énumérer, au milieu de magasins parfaitement secs et frais, se conservent pendant fort longtemps. Cependant, on remarque, d'une part, que les tiges, les bois, tes écorces, les fruits, les semences, se conservent en général mieux que les racines, les feuilles, etsurtoutque les fleurs; d’autre part, que parmi les racines, les bois et les écorces, les moins altérables, sont les plus compactes, les plus riches en principes huileux et résineux, sans que cependant, cette règle soit sans exception, puisque les racines de pyrèthre et de jalap, quoique très chargées de résines, sont très altérables. Parmi les feuilles, celles de ciguë, de fumeterre, d’oranger, de pensée sauvage, et parmi les fleurs, celles de bouillon blanc, de camomille, de coquelicot, de guimauve, de houblon, de mauve, de violette, sont plus altérables que la plupart de leurs analogues, principalement sans doute, parce qu’elles contiennent des principes qdus altérables; car leur texture est très sensiblement la môme.

Nous ne devons pas omettre de rappeler, que plusieurs praticiens se sont occupés de déterminer la proportion d’eau, que perdent par la dessiccation, la plupart des plantes, ou des parties de plantes employées en pharmacie: leurs résultats, consignés dans la plupart des pharmacopées, pourront être consultés avec fruit. On observera toutefois, qu’ils ne sont qu’approximatifs, la proportion d’eau variant, avec les conditions dans lesquelles s’est faite la récolte.

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