DES ESSAIS DU LAIT
celle que répandent dans les mêmes conditions, les mélanges de matières végétales et de matières animales.
Souvent, en outre, son résidu disparaît tout entier par Fincinération, parce qu’on n’a fait entrer en dissolution que du sucre de lait. •
Les essais auxquels le pharmacien soumet le lait qu’il destine à la préparation du petit-lait, auront pour objet, ou seulement de constater l’absence de l’eau additionnelle, ou de constater qu’il ne renferme aucune matière étrangère à sa constitution.
Dans le premier cas, partant de celte donnée, que le lait de bonne qualité et non écrémé, marque de 33 à 29 degrés, à l’an réomètre, que M. Quevcnne , son inventeur nomme lactO'densimètre (mesurateur de la densité du lait), et que représente la figure ci-contre ;
On remplira une éprouvette de lait non écrémé ; on soufflera à sa surface de manière à faire disparaître la mousse qui s’y serait formée; on y plongera peu à peu l’instrument, à l’avance parfaitement essuyé; l’on appuiera légèrement le doigt sur la partie supérieure de sa tige, afin de l’obliger à s’enfoncer dans le liquide, d’un degré de plus qu’il ne l’eût fait seul ; on le laissera remonter, puis, quand il sera parfaitement tranquille, on notera le point d’affleurement.
Le bon lait de vache ne marque jamais moins de29°, et sa densité va. diminuant d’environ 3 degrés, par chaque dixième de son poids d’eau ajoutée.
L’expérience devra se faire à la température de -|- 15°, pour laquelle l’instrument a été gradué, et, à cet effet, on plongera dans le lait un thermomètre, afin que, connaissant sa température, on puisse au besoin l’élever ou l’abaisser convenablement, par le séjour du vase qui le contient au milieu de l’eau à-]- 1 5°; si mieux l’on n’aime se reporter aux tables, dans lesquelles M. Quevenne, indique pour toutes les températures comprises entre 0 et 30°, le degré du lait mesuré à toute autre température,(Voir l’instruction pour l’usage du lacto-densimètre.)La va-
Essaisdu lait.
Recherche de l’eau.
riation pourrait être évaluée à 1 degré, pour chaque 5 degrés de température.
Le lait écrémé, doit à la soustractiou de la matière butyreu- •se, une augmentation de densité d’environ 3 degrés, d’où la conséquence qu’après l’avoir écrémé, on le peut au moyen de l’eau, ramener à une densité égale à celle qu’il présentait avant l’écrémage. Cette conséquence oblige à tenir comple du volume de crème qu’il est susceptible de fournir, quand on tient à savoir si l’on a opéré sur du lait écrémé ou non. Il ne l’aura point été, si, après un repos de 24 heures à une température de -j- 1 5°, dans une éprouvette graduée, il fournit de 10 à 14 volumes de crème pour 100.
On sent que l’augmentation de densité résultant de la soustraction de la partie butyreuse, ne pourrait que rendre plus certaine l’addition de l’eau, au cas où le lait mis en expérience marquerait moins de 29° à -f- 15° de température.
Recherche La fraude dont le lait est habituellement l’objet , se borne à des maheres , . J .
étrangères, l’écrémage avec addition d’une quantité d’eau qui , souvent à Paris, fait descendre son degré à 26, même à 25°, ce qui en porte la proportion à 2/10 environ 3 cependant, il est quelquefois arrivé que l’on y ait fait servir des matières étrangères, destinées, les unes, à contre-balancer la diminution de densité que devait entraîner l’addition de l’eau, les autres à masquer la disparition de la crème. On a signalé comme ayant servi à ces adultérations:
Des décoctés de fécule, de riz , et autres matières amylacées ; la dextrine, le sucre et plus spécialement celui de fécule, le lait d’amandes, même la cervelle.
Relativement à la recherche des matières amylacées, on coagulerait le lait au moyen d’un acide quelconque, et dans le liquide aqueux passé au travers d’un linge et refroidi , on verserait quelques gouttes de teinture d iode. On y verrait tout aussitôt, se développer une belle couleur bleue d’iodure d’amidon.
Le même procédé serait applicable à la recherche de la dextrine; car, il est rare que la transformation de l’amidon en dextrine (tome 1, page 50) soit assez complète, pour que l’iode ait perdu tout pouvoir de colorer la matière.
DES ESSAIS Dü LAIT.
Relativement au sucre, après avoir encore coagulé le caséum, (On délaierait dans le petit-lait quelque peu de levure, et le mélange introduit dans un flacon garni d’un tube recourbé, se rendant sous une éprouvette remplie d’eau, serait abandonné à lui. même à -\- 18 ou 20°. Au bout de 24 a 36 heures, un mouvement de fermentation alcoolique s’y serait déterminé, et de l’acide carbonique se serait dégagé.
La transformation possible du sucre de lait en alcool et en acide carbonique rendrait toutefois obligatoire une série d’épreuves analogues à celles qui nous ont servi à retrouver le sucre de lait dans le sucre. (Page 515.)
L’alcool à 20° se prêterait d’autant mieux, à ce genre d’investigation, qu’il dissout plus facilement le sucre de fécule que le sucre de canne ou de betterave, auxquels son bas prix l’aurait sans doute fait préférer.
Relativement au lait d’amandes, l’addition de l’amygdaline trahirait de suite sa présence, attendu que sous l’influence de la matière albumineuse de ces amandes, l’amygdaîine deviendrait susceptible de développer une odeur prononcée d’huile vola’ tile d’amande amère. (Tome 1 , page 263.)
Enfin, si l’on pensait que delà cervelle de veau s’est trouvée ajoutée dans le but de simuler la crème, on ferait les essais suivants :
On abandonnerait le lait au repos ; le départ qui n’a lieu que dans l’espace de2 4 heures, entre le petit-lait et la matière butyreuse, s’effectue en moins de 5 heures, entre lui et ta matière cérébrale qui la remplace ; en outre, la couche supérieure que celle-ci forme, se tassant de plus en plus, finit par n’occuper qu’un très petit volume, et le liquide qu’elle surnage n’a pas sensiblement augmenté de densité, contrairement à ce qui a lieu avec le lait de bonne qualité.
On agiterait le lait avec de l’éther; on laisserait reposer; on décanterait la couche. d’éther chargé des graisses abandonnées par la matière cérébrale; on évaporerait la solution au bainmarie ou à l’air, et l’on en calcinerait le résidu. Les graisses particulières à la pulpe encéphalique, contenant du phosphore au nombre de leurs éléments, fournissent pour produit fixe de leur
60e LEÇON.
calcination, de l’acide phosphorique. Par conséquent, leur résidu est soluble dans l’eau qu’il rend acide au tournesol , et susceptible de former avec l’eau de cbaux en excès, un précpité blanc de phosphate de cbaux, que les acides chlorhydrique et azotique font disparaître, pour que l’ammoniaque en excès la fasse reparaître.
Ajoutons enfin, pour terminer ce que nous avions à dire au sujet des essais du lait, que le pharmacien devrait rejeter celui qui présenterait une alcalinité très prononcée, l’usage s’étant malheureusement répandu de lui ajouter quelque peu de bicarbonate de soude, destiné à prévenir sa coagulation spontanée. On sent, en effet, que ce bicarbonate de soude amènerait l’introduction dans le petit-lait, d’une certaine quantité d’acétate ou de tartrate de soude, qui ne s’y doivent pas trouver.
©c la nmgmmtton îres maticra mcîüCûmentnwB inor-
0autque0,
Dans les conditions au milieu desquelles nous les plaçons à savoir :
Au sein de l’air, ou pour mieux dire d’un mélange aériforme d’oxygène et d’azote, auquel vient se joindre quelque peu de vapeur d’eau, quelque peu d’acide carbonique, et que traversent des rayons lumineux ; à la température variable de l’atmosphère, dans des vases de formes et de natures différentes j les matières médicamenteuses inorganiques peuvent être influencées ;
Par l’air ,
— la lumière ,
Par la température , — les vases.
L’air, abstraction faite de sa composition, et considéré comme agent purement mécanique, peut entraîner celles qui affectent l’état solide ; et cela d’autant plus aisément, que leurs parti» cules sont plus légères, plus ténues, que son propre mouvement estpfus rapide, plus violent.
Il peut favoriser la vaporisation des liquides volatils, lesquels ne produisant dans un espace limité, qu’un volume de vapeur proportionnel à cet espace, ne se vaporisent en entier que dans un espace suffisant, quand l’air n’intervient pas, et peuvent au contraire, s’y vaporiser complètement quelque petit qu’il soit; quand l’air s’y renouvelant sans cesse, entraîne avec lui la vapeur qui le remplit, et par suite, renouvelant sans cesse l’espace, le rend en quelque sorte illimité.
Il peut même modifier la composition de certains solides, témoin le sesquicarbonate d’ammoniaque, que nous avons vu passer à l’état de carbonate neutre, par la perte d’une portion de sa base, quand on l’abandonne au contact de l’air.
En raison de ce qu’il contient toujours de l’eau hygrométrique, sans toutefois en contenir assez pour en être saturé, si ce n’est à la suite de pluies abondantes et prolongées, il peut agir sur les corps de deux manières différentes : leur céder tout
ou partie de l’eau qu’il contiendrait, leur enlever tout ou partie de celle qu’ils contiendraient eux-mêmes.
Le carbonate de potasse, le chlorure de calcium et leurs analogues, très solubles dans l’eau par suite d’une forte affinité; en d’autres termes, tous les sels capables d’élever notablement le point d’ébullition de l’eau que l’on en a saturée, absorbent l’humidité de l’air, s’humectent, se liquéfient, tombent en déliquescence, et sous un même poids, finissent par renfermer une proportion de matière active d’autant plus petite, qu’ils ont absorbé plus d’eau.
Le sulfate, le phosphate, le carbonate de soude, et plus généralement les sels solubles dans l’eau par suite d’une faible cohésion; pour ce motif à poids égaux, élevant infinime nt mus que les précédents son point d’ébullition, ou même ne l’élevant pas du tout, abandonnent à l’air non saturé d’humidité
Influence mécanique de l’air.
Influence de l’état hygrométrique de l’air.
60e LEÇON.
leur eau de cristallisation, perdent leur solidité, leur transparence, deviennent pulvérulents, opaques, s’effleurissent.
Sous un même poids, ils se trouvent ainsi contenir une proportion de matière active d’autant plus grande, qu’ils renfermaient primitivement plus d’eau de cristallisation et en ont perdu davantage.
Ainsi, 44 p. de sulfate et 37 p. de carbonate de soude efflcuris, renferment autant de matière active que 100 p. de ces mêmes sels en cristaux, puisque le premier renferme 56, et le second 63 sur 100 d’eau de cristallisation.
Il est digne de remarque, que l’efflorescence ne peut avoir lieu qu’au sein d’une atmosphère plus ou moins sèche; car tous les corps solubles dausl’eau, sont déliquescents dans l’air saturé d’humidité. On peut aisément s’en convaincre, en plaçant des sels efflorescents au-dessus d’un vase contenant de l’eau, et recouvrant le tout d’une cloche; bientôt, on les y voit s’humecter.
Influence Dans les conditions ordinaires, l’azote de l’air est sans action de 1 azote de ...
i’air- sensible sur les matières minérales, il ne se combine avec aucune d’elles. Mais dans une circonstance exceptionnelle , il rend possible une réaction prononcée. Le phosphore que l’on sait à la température et sous la pression atmosphérique ordinaires, ne se point combiner avec l’oxygène pur, s’y combine quand on diminue la pression ou quand on fait intervenir l’azote. Introduisons dans un tube barométrique rempli de mercure, un cylindre de phosphore et du gaz oxygène; enfonçons le tube dans la cuve hydrargiro-pneumatique, jusqu’à ce que le niveau du liquide soit parfaitement égal tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, auquel cas, le gaz sera soumis à la pression de l’atmosphère, le phosphore s’y conservera sans altération, le volume d’oxygène ne diminuera pas; mais, venons-nous à soulever le tube pour diminuer la pression atmosphérique intérieure, de tout le poids de la colonne de mercure s’élevant au-dessus de la surface de celui de la cuve, ou, sans rien changer aux conditions premières, à introduire dans le tube quelques bulles d’azote, le phosphore ne tardera pas à produire de l’acide hypophosphorique, le volume de l’oxygène à diminuer.
Influence Il n’ en est pas de même de l’oxygène. A la température et de l'oxygene 1 1,0 1
de l’air
sous la pression de l'atmosphère, il réagit sur un grand nombre de matières minérales.
Le phosphore, ainsi qu'il vient d’être dit, à la faveur de l'azote, l’absorbe et finit par se convertir tout entier en acide hypophosphorique , pourvu qu’il soit en fragments isolés, et que l’humidité de l’air puisse dissoudre la couche d’acide au fur et à mesure de sa formation. Autrement, la chaleur développée au moment de la combinaison, se propageant d’un fragment à un autre, pourrait s’accumuler, et par suite, déterminer une véritable inflammation, suivie de la production de l’acide pbosphorique.
D’un autre côté, la couche d’acide hypophosphorique formée à la surface de chaque fragment, préviendrait, en persistant, l’oxygénation ultérieure.
En l’absorbant, la plupart des métaux se ternissent, par suite d’un commencement d’oxydation • quelques-uns même, à l’état de poudre, deviennent susceptibles de s’enflammer. La grande conductibilité de la matière permet à la chaleur dégagée de se communiquer à toute la masse, en même temps que son état physique multiplie singulièrement les points de contact, et lui communique la faculté de condenser les gaz.
La limaille de fer qui, dans l’air ou dans l’oxygène parfaitement secs, ne s’altérerait pas, s’altère dans l’un et dans l’autre de ces fluides, renfermant de la vapeur d’eau. Elle s’y convertit: soit en éthiops martial ou sesquioxyde protoxydé, soit en sesquioxyde, suivant que la réaction s’est exercée plus ou moins complète.
Les cristaux de sulfate de protoxyde de fer se convertissent, au moins à la surface, en persulfate basique. Leur protoxyde se transforme en peroxyde, et, dès lors, la proportion d’acide capable de neutraliser le protoxyde, devient incapable de neutraliser le peroxyde; puisque, dans les sels neutres, la quantité d’acide est proportionnelle à la quantité d’oxygène de la base.
Par suite, ces cristaux primitivement d’un vert tendre et solubles dans l’eau sans résidu, deviennent d’un jaune ocracé et partiellement insolubles.
Un effet analogue se produirait avec le sulfate de zinc du com- Tom, II. 38
60e LEÇON.
merce, presque constamment mélangé d'une petite proportion de protosulfate de fer. Le sel de zinc, dont le sel de fer n’altérait pas sensiblement la blancheur, tant que celui-ci conservait sa teinte vert tendre, jaunit quand ce même sel de fer est converti en persulfate basique.
Des suroxydations du même genre se font encore remarquer avec le carbonate de protoxyde de fer : peu à peu le protoxyde se transforme en peroxyde, et, dès lors, l’acide carbonique, incapable qu’il est de rester uni avec le nouvel oxyde formé, se dégage.
Les sulfites de chaux, de soude, l’hyposulfitc de soude, absorbent également l’oxygène, et finissent, en passant par tous les états intermédiaires, par se convertir en suilates; de telle sorte qu’ils cessent de dégager de l’acide sulfureux au contact de l’acide sulfurique.
Et comme on agit, non pas sur des sulfites et sur des hyposulfites neutres, mais bien sur des bisulfites et des bihyposulfites, ce sont des bisulfates qui se produisent.
Les sulfures de potassium, de sodium et de calcium, soit purs, soit accompagnés des composés tout différents, qui font avec eux partie des foies de soufre et de leurs analogues, absorbent aussi l’oxygène, et deviennent d’abord hyposulfites, puis sulfites, puis hyposuifates,et finalement sulfates. Ils offraient au début une saveur prononcée d’œuf pourri, dégageaient au contact de i’acide sulfurique, du gaz sulfhydrique j plus lard, ils ont perdu leur odeur, ne dégagent plus que du gaz sulfureux au lieu de gaz sulfhydrique 5 plus tard, encore, ils ne dégagent plus rien.
La croûte blanche qu’on voit se former à la surface des fragments de foie de soufre enfermés dans des flacons mal bouchés, est le résultat d’un commencement d’altération de ce genre, et de la formation d’une certaine quantité de carbonate alcalin, les acides sulfhydrique et carbonique se déplaçant mutuellement en partie.
influence L’acide carbonique, que l’air contient toujours, puisqu’il est tonique u u des produits constants de la respiration et de la combustion, peut à son tour réagir sur certaines matières minérales.
Le dépôt qui s’attache aux parois des flacons mal fermés,
dans lesquels on conserve de Feau de chaux, la pellicule cristalline qui se forme à la surface de cette eau, ne sont autre chose que du carbonate de chaux.
Le dégagement d’acide carbonique produit au moment où, pour nettoyer ces flacons, on y verse de l’eau aiguisée d’acide chlorhydrique ou du vinaigre, témoignerait au besoin de l’existence de ce carbonate.
La potasse à la chaux, la potasse à l’alcool surtout, en même temps qu’elles absorbent l’humidité de l’air, en absorbent l’a • eide carbonique, et le carbonate humide résultant de cette double absorption, dépourvu de causticité, devient incapable de produire l’excoriation qu’eût produite la potasse restée caustique.
Mêmes résultats avec la soude à F alcool et à la chaux, sauf qu’au lieu d’un carbonate déliquescent, c’est un carbonate efflorescent qui se forme.
L’ammoniaque liquide, en absorbant l’acide carbonique, perd tout ou partie de sa causticité.
On croit généralement, mais à tort, qu’il en est de même de la magnésie calcinée. La grande cohésion que cet oxyde doit à son mode de préparation, est sans doute la principale cause de cette différence.
Les chlorures de potasse, de soude, de chaux, sont décomposés par Facide carbonique qui en déplace le chlore. Ils perdent, sinon en totalité, du moins en partie, parce que la décomposition est rarement complète, et leur pouvoir décolorant, et leurs propriétés thérapeutiques.
Certains métaux, après s’être préalablement oxydés aux dépens de l’oxygène de l’air, en absorbent l’acide carbonique. L’enduit verdâtre que l’on observe à la surface des statues en bronze et des vases en cuivre restés exposés à Fair humide, est un véritable carbonate de cuivre plus ou moins analogue à la malachite des minéralogistes, et la ligne blanchâtre qu’on voit se former sur les parois des réservoirs en plomb, là ou Fair, l’eau et le métal se rencontrent, est à son tour du carbônate de plomb. (Barruel.)
Il n’est pas jusqu’aux matières accidentellement contenues
60e LEC.OH.
dans Pair, qui ne puissent devenir une cause d’altération pour les substances médicamenteuses minérales.
Sont-ce des matières organiques entraînées par les vents ; Pacide sulfurique concentré, en réagissant sur elles, déterminera la mise en liberté de leur carbone, ou plutôt la formation d’une sorte d’acide ulmique, et se colorera en noir.
Est-ce du gaz sulfhydrique provenant de la décomposition putride des matières organiques sulfurées, ou de toute autre cause 5 l’azotate d’argent, les chlorures de mercure, le carbonate de plomb, le sous-azotate de bismuth, le chlorure d’antimoine, etc., etc., pourront se colorer, par suite de la production sulfures de métalliques, influence Sous l’influence de la lumière:
la lumière. T , , , i n , , ,,
Le phosphore conserve dans Peau aerce, se recouvre d une
pellicule rougeâtre d’hydrate d’oxyde, et le phosphore conservé dans l’eau non aérée, d’une pellicule blanche, opaque, d’hydrate de phosphore. (Pelouze.)
La dissolution aqueuse de chlore s’altère promptement; Peau
Influence de la
température.
est décomposée, et en même temps qu’il se forme, aux dépens de ses éléments, des acides chlorhydrique et cblorique, il se dégage de l’oxygène.
L’acide azotique concentré se transforme en partie en oxygène qui se dégage, en acide hypoazotique qui reste dissous, et le colore en jaune ou en verdâtre.
La réaction se conlinuejusqu’au moment où l’acide indécomposé, affaibli par Peau qu’abandonne la portion décomposée, devient assez affaibli pour qu’elle s’arrête.
Le kermès se décolore et laisse dégager une odeur sensible de gaz sulfhydrique; le protoïodure de mercure, de jaune qu’il était, devient successivement vert olive et noir.
Ces deux dernières réactions, toutefois, ne se manifestent que sous l’influence de Peau. Le kermès et Piodure parfaitement secs, conservent presque infiniment, même à la lumière, leurs teintes primitives.
Quant au calorique, son action que l’on sait pouvoir déterminer la décomposition d’un grand nombre de composés, en portant leurs molécules hétérogènes hors de leur sphère d’at-
traction, se borne, dans les circonstances au milieu desquelles nous nous supposons placés, à dilater les matières, et surtout à favoriser :
1° La vaporisation des liquides volatils et de certains solides, tels que le carbonate d’ammoniaque et l’iode;
2° L’expansion des gaz tenus en solution; il favorise notamment l’expansion du gaz chlorhydrique, du gaz ammoniac, dans l’acide chlorhydrique et l’ammoniaque liquides; et davantage encore celle du gaz carbonique dans les eaux gazeuses, attendu son peu de solubilité.
3° L’efflorescence des sels, parce que le pouvoir hygrométrique de l’air, et par suite sa tendance à dessécher les corps humides, croît avec la température ;
4° L’absorption de l’oxygène, et celle du gaz carbonique par les corps susceptibles de les absorber, de là, l’oxydation des métaux si lente à la température ordinaire, si prompte k une température élevée.
Les vases enfin, peuvent ne pas être sans action sur les substances qu’on y renferme, la preuve en est :
Que des vases en métal seraient profondément attaqués par le chlore et par l’iode, qui tous deux se combineraient avec le métal; parles acides sulfurique et azotique qui, tous deux, l’oxyderaient seulement ou le feraient passer à l’état de sel, suivant que l’oxyde une fois formé, pourrait ou non se combiner avec la portion d’acide indécomposé. Des vases en étain seraient seulement oxydés par l’acide azotique, des vases en plomb seraient par lui convertis en azotate ;
Que des vases en verre pourraient être attaqués par l’acide fluorhydrique dont on a, dans ces derniers temps, préconisé l’usage contre l’engorgement des voies aériennes, par des fausses membranes q u’il dissout.
Que des vases en bois , que des bouchons en liège , seraient inévitablement corrodés, et par le chlore, et par l’iode, et par les acides sulfurique et azotique, en raison de l’action décomposante qu’ils exercent sur presque toutes les matières organiques.
Influence des vases.
fie prévenir l’altération.
598 60e leçon.
Que faire pour prévenir l’altération des matières médicamenteuses minérales , par les différents agents réactionnaires qui viennent d’être énumérés?
Pour prévenir leur altération
par la vapeur d’eau \
par l’oxygène , j de l’air,
par l’acide carbonique '
Ou par les matières organiques et le gaz sulfhydrique, qu’il peut contenir accidentellement:
Les enfermer dans des vases susceptibles d’être hermétiquement fermés, en préférant ceux de faibles capacités, parce qu’ils laissent un moindre volume d’air intérieur en contact avec la substance, quand ils n’en sontqü’imparfaitement remplis; parce que renfermant moins de substance, ils laissent moins longtemps exposée à l’action décomposante, de Pair extérieur, la portion qu’on emploie la dernière, alors qu’on ne l’extrait du vase que successivement.
El comme il est fort difficile, d’empêcher Pair du dehors de pénétrer dans un vase même en apparence bien fermé, parce que Pair qu’il contient se dilatant aussitôt que la température s’élève, tend à s’en échapper pour s’y trouver plus tard remplacé par un égal volume d’air extérieur, aussitôt que la température s’abaissant, y produit une sorte de vide; afin de se mettre davantage à l’abri des réactions qu’il peut exercer, on choisit les lieux dans lesquels l’air peut, tout à la fois éprouver le moins possible de variations de température, et présenter la constitution la moins capable de déterminer les altérations que l’on redoute.
A cet effet, l’on évitera de placer les vases renfermant des sels efflorescents, dans des magasins exposés au soleil, pour le double motif que Pair y possède un plus grand pouvoir hygrométrique, et s’y renouvelle davantage. La différence de température entre Pair extérieur et Pair intérieur ne peut manquer d’y déterminer des courants de dehors en dedans.
Au contraire, l’on placera dans ces mêmes magasins, qu’échauffent les rayons du soleil, les sels déliquescents; parce que . Pair extérieur y devant augmenter de pouvoir hygrométrique,
n’en sera que plus disposé à retenir l’humidité qu’il apporte, et partant, aura moins de tendance à produire Sa déliquescence.
On sent que des arrosages fréquents, que la présence de corps très avides d’eau, tels que la chaux vive, etc., etc., pourraient contribuer, les premiers à prévenir l’efOorescence, en entretenant Pair dans un état plus ou moins voisin de son état de saturation hygrométrique; les seconds à prévenir la déliquescence, en l’entraînant dans un état de siccité plus ou moins complet.
Pour prévenir les altérations que pourrait déterminer la lumière ,
On placera les matières dans des lieux obscurs, et, pour plus de sécurité, pour que la lumière ne puisse réagir et faciliter les réactions, ne fut-ce que pendant le temps qu’ils séjournent dans l’officine, on les introduira dansdes vases imperméables à la lumière, ou recouverts d’une enveloppe qui ne la laisse pas passer.
De là, l’habitude d’entourer de papier noir, de boîtes en ferblanc, les flacons contenant le kermès, le protoïodure de mercure, etc. ; celle encore de renfermer dans des flacons en verre bleu, la solution de chlore dans l’eau. Son état liquide ne permettrait guère de la conserver dans des flacons simplement recouverts de papier noir, parce que celui-ci serait promptement détruit par les émanations de chlore , surtout par le liquide qui viendrait à le toucher.
Le papier noir absorbe la totalité des rayons lumineux, sans leur permettre d’arriver jusqu’au flacon; il agit en outre, quoiqu’assez imparfaitement, à la manière des corps opaques.
L’enveloppe en fer-blanc arrête d’une manière tout à fait complète les rayons lumineux.
Le verre bleu les absorbe à l’exception du rayon bleu, et par conséquent réduit à celle de ce rayon, l’action décomposante que leur ensemble produirait.
Pour prévenir les déperditions et les altérations que la chaleur pourrait causer ou favoriser ,
On placera les matières dansdes lieux frais, et quand elles offriront une très grande volatilité, ou constitueront des solutions de gaz, ayant peu d’affinité pour le liquide, on assujettira
600 60e leçon.
les bouchons, soit au moyen de ficelles ou de fils de fer, disposés en croix et fixés à l’aide du bourrelet des bouteilles ordinaires, ou du col renversé des flacons, soit au moyen de capsules en étain : Elles ont sur les ficelles et sur les fils de fer, l’avantage de remédier à la porosité du liège ; sur ces mêmes ficelles, ces mêmes fils de fer, recouverts de substances résineuses, celui de ne point adhérer aux doigts, de ne pas couler quand la température s’élève, de ne pas se détacher par écailles, quand elle s’abaisse; mais aussi l’inconvénient de pouvoir être attaquées par les matières médicamenteuses, et d’autant plus profondément que l’étain employé renferme plus de plomb.
Les caves, dans lesquelles la température ne varie guère que de 12 à 15» au-dessus de 0°, d’où leur fraîcheur en été, leur température élevée, comparativement à celle de l’atmosphère, en hiver, sont très propres à la conservation des matières minérales qu’il faut tenir à l’abri de la chaleur.
Mais comme l’humiditc pourrait plus qu’y compenser les avantages d’une basse température , il est indispensable, pour les empêcher d’être humides, de les disposer de telle sorte qu’elles puissent être ventilées convenablement.
Enfin, pour prévenir les altérations ayant pour cause la nature des vases, on choisira ceux de ces vases qui seront sans action sur les matières qu’ils devront contenir; par exemple des vases en plomb ou en argent, pour renfermer l’acide fluorhydrique liquide, puisque son action sur le verre porte précisément sur la silice qui en forme la hase; des vases en verre pour le chlore, l’iode, les acides sulfurique et azotique. C’est précisément parce que le verre, outre les avantages, déjà si remarquables, de laisser apercevoir distinctement les matières qu’il enveloppe, de prendre et de conserver toute espèce de forme, de ne pas s’imprégner, à la manière des corps poreux, de l’odeur et de la saveur des matières odorantes et sapides, possède celui de n’être très sensiblement attaqué que par l’acide fluorhydrique concentré, qu’on le préfère pour la confection des vases destinés à contenir des matières médicamenteuses, toutes les fois que ces vases ne doivent pas être d’une grande dimension. Alors, en effet, son extrême fragilité forcerait à le rejeter.
L’application convenablement faite des précautions précitées, suffit à la conservation des matières médicamenteuses tirées du règne minéral. Il faut ajouter, qu’elles suffisent aussi à la conservation d’un grand nombre de matières médicamenteuses tirées du règne organique.
En effet, on peut appliquer ce qui a été dit :
De l’efflorescence du sulfate de soude, à l’acétate de plomb cristallisé, etc., etc. ;
De la déliquescence du carbonate de potasse, à l’acétate de la meme base, etc., etc.;
De l’absorption de l’oxygène de l’air par le phosphore, au lactate de protoxyde de fer, etc.;
De l’absorption de son acide carbonique par l’eau de chaux, au sous-acétate de plomb ou extrait de saturne, etc., etc. ;
De la vaporisation par la chaleur des liquides volatils et de certains solides, tels que l’iode et le carbonate d’ammoniaque,
A l’acide cyanhydrique, A l’alcool ,
A l’éther sulfurique , Aux huiles volatiles ,
A Téther chlorhydrique, Au camphre, etc.
De l’altération, parla lumière, de l’acide azotique;
A l’acide cyanhydrique,
A la gomme résine gutte,
A la résine et au bois de gaïae , etc.
61e LEÇON.
LXF LEÇON.