‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 25 sur 228 · SO · texte numérisé non relu

SO

j Soufre, 201,165 (Oxygène, 200

composition.

L’acide sulfureux est gazeux à la température ordinaire, mais ses propriétés» susceptible d’être liquéfié par le froid, que produit un mélange de sel marin et de glace; incolore, d’une odeur piquante qu’il est impossible de confondre avec quelqu’autre, et qui n’est après tout, que celle du soufre qui brûle; soluble dans l’eau, absorbable par les alcalis caustiques. Il détruit les couleurs bleues végétales, pi u fous u’ il ne les rougit.

On l’emploie en médecine sous deux états : gazeux, et dissous dans l’eau.

Dans le premier cas, il s’obtient presque exclusivement parla combustion du soufre au moyen de l’oxygène de l’air, dans des appareils fumigatoires disposés de telle sorte, que le malade que î’ou expose à^son action, ne le puisse respirer.

M, Dumas, t. 1er, pag. 152, a décrit d’une mani ère complète l’appareil fumigatoire construit à l’hôpital St-Louis de Paris, sous la direction de M. Darcet; etTon trouverait encore d’utiles renseignements à ce sujet, dans le Dictionnaire technologique publié eu 1826, chez Thomine, articles Assainissement,

Bains, Désinfection.

Dans le second , il peut être obtenu en traitant par l’acide sulfurique concentré et bouillant, le mercure, le charbon, la sciure de bois, etc.

L’acide sulfurique est partiellement décomposé , et tandis qu’il se produit à ses dépens de l’acide sulfureux, il se produit- :

Aux dépens du mercure , du protoxyde ou du bioxyde , qui donnent immédiatement naissance à du sulfate ;

Aux dépens du charbon, de l’acide carbonique ;

Aux dépens de la sciure de bois, de l’acide carbonique et de l’eau.

En pharmacie , on préfère employer le mercure, pour cela même qu’il ne dégage pas d’acide carbonique. La moindre solubilité dans l’eau de ce dernier gaz, finirait toutefois par per-

mettre à l’acide sulfureux de le déplacer , si Pou avait le soin de prolonger suffisamment le courant de gaz au travers du liquide.

L’appareil dont on se sert, est disposé de la même manière que celui déjà décrit en traitant de la préparation du chlore liquide , sauf que le tube en S du matras ou de la cornue, devenant inutile, du moment où tout le liquide est à l’avance introduit dans l’appareil, on le supprime ; et que d’autre part; on remplace le tube simple établissant la communication entre le matras ou la cornue et le flacon de lavage, par un tube à boule de Welter. Sans cette précaution, l’absence du tube en S permettrait à l’absorption de se produire, du flacon de lavage dans le vase renfermant l’acide et le mercure, quand , par une cause quelconque, la pression viendrait à s’exercer plus forte dans cette direction.

L’on introduit dans le matras :

4 parties de mercure, 6 d’acide sulfurique à 66° et l’on porte à l’ébullition ;

L’acide sulfureux dégagé traverse le flacon de lavage , s’y dépouille de l’acide sulfurique qu’il entraîne, et pénétrant dans le second flacon après avoir saturé l’eau du précédent, s’y dis^ sout. L’effet se continue jusqu’à ce que le gaz cesse de se dégager, ou jusqu’à ce que la saturation se soit étendue à l’eau de tous les flacons.

La solution que l’on obtient (celle du premier flacon doit être rejetée comme impure) est incolore, saturée à -f- 15° de température, et sous la pression de 0m,76 ; elle offre l’odeur du gaz lui-même, marque 7° à l’aréomètre, et contient environ 37 fois son volume de gaz sulfureux qu’elle perd par l’ébullition.

Le sulfate de mercure formé reste dans le matras ; il peut s’employer à la préparation du chlorure de mercure.

En supposant que tout le mercure passe à l’état de sulfate de bioxyde, chacun de ses atomes décomposerait un atome d’acide sulfurique anhydre, en retiendrait un pour produire du sulfate, et rendrait libre un atome d’acide sulfureux.

Voici l’équation qui représenterait la réaction.

Hg + 2(S,03) = HgO,S03 + S, O2

Mercure. Acide sulfurique. Sulfate de bioxyde. Acide sulfureux.

de l’acïde sulfurique, 59

L’on aurait cette autre équation , s’il ne se formait que du sulfate de protoxyde.

H g2 + 2(S,03) = Hg20,S03 + S, O2

Mercure. Acide sulfurique. Sulfate de protoxyde. Acide sulfureux.

Celle-ci intéresse 2 atomes de mercure au lieu de 1, à la production du sulfate et de l’acide sulfureux. Le plus ordinairement, il y a production de sulfates de protoxyde et de bioxyde.

On placera l’acide sulfureux liquide dans des flacons en verre très hermétiquement fermés , qu’on en remplira. Sans cette précaution , à la faveur de l’eau , il absorberait l’oxygène de l’air, et se convertirait en acide sulfurique.

Aussi sa dissolution d’abord odorante, et susceptible déformer avec beau de baryte un précipité blanc de sulfite de baryte soluble sans résidu dans l’acide azotique , qui en dégage le gaz acide sulfureux, finit-elle souvent par perdre toute odeur, et par former avec la baryte, un précipité blanc de sulfate, insoluble dans l’acide azotique, et par lui indécomposable.

Me l'fteUle sttif writime .

(Huile de vitriol).

___ ) Soufre , 201,165

(Oxygène, 300

== Eau, 112,48

à l’état anhydre ,

à l’état de monohydrate ou marquant 66°,

Sa

composition.

L’acide sulfurique monohydraté, le seul que l’on emploie en sespropiiétés médecine, est un liquide incolore, sans odeur, d’une saveur caustique, d’une consistance oléagineuse, d’une densité de 1,842 (66° Baumé), à la température de -\- 20° $ volatil vers 310° sous la pression de 01*, 76. Il rougit très fortement la teinture de tournesol, noircit les fragments de bois qu’on y plonge, en déterminant l’union de l’hydrogène et de l’oxygène que le ligneux renferme dans les proportions qui constituent l’eau > et par suite la mise à nu de son carbone; développe, par son mélange avec l’eau , une élévation de température considérable. La baryte et ses sels solubles , versés dans sa

dissolution aqueuse, forment des précipités blancs de sulfate de baryte.

réparation. On le prépare par deux procédés :

L’un, suivi de préférence en Allemagne, consiste à décomposer dans des appareils distillatoires, du sulfate de protoxyde de fer plus ou moins parfaitement desséché, et mieux encore du sulfate de peroxyde.

L’on obtient , en employant le sulfate de protoxyde :

De l’eau , j qui se condensent ensemble dans les

Et de l’acide sulfurique anhydre , j récipients.

Et de l’oxygène , j qui se deea§ent-

Du peroxyde de fer, j qui reste pour résidu.

Avec le sulfate de peroxyde, il ne se produit presque plus d’acide sulfureux, et la proportion d’acide sulfurique anhydre est plus forte, parce que c’est aux dépens de cet acide, que, dans le premier cas, se peroxydait le fer.

Nous reviendrons sur cette décomposition si bien étudiée par M. Bussy, en traitant de la préparation du colcothar.

L’autre procédé, usité de préférence en France et en Angleterre, consiste essentiellement à faire réagir dans des chambres en plomb :

Du bioxyde d’azote , De l'air ou plutôt de l’oxygène ,

De l’acide sulfureux , Et de l’eau.

Puis à concentrer le produit, d’abord dans des chaudières en plomb, ensuite dans des cornues en platine.

Le bioxyde d’azote , immédiatement converti par l’oxygène en acide hypoazotique , cède à l’acide sulfureux, sous l’influence d’une petite quantité d’eau, une portion de son oxygène, le convertit en acide sulfurique, et lui-même devient acide azoteux.

De là, une combinaison cristallisable d’acide sulfurique, d’acide azoteux et d’eau.

Bientôt, sous l’influence d’une proportion d’eau plus considérable, cette combinaison se détruit, son acide sulfurique se dissout , son acide azoteux est partagé en acide hypoazotique et en bioxyde d’azote qui tous deux se dégagent;

Le premier, pour reproduire immédiatement la série de phé-

DE l’àCIDE âUiiFURIQUË.

nomènes précités, le second, pour les reproduire également, mais seulement après s’être reconstitué acide hypoazotique aux dépens de l’air.

On voit que le rôle du bioxyde, se réduit à emprunter à Pair, en quelque sorte avec l’autorisation de l’eau, l’oxygène dont l’acide sulfureux a besoin, pour être converti en acide sulfurique.

(Clément, Desorme, Gay-Lussac, Williams, Henry, Bussy,

Gaultier de Claubry, etc.)

Ni l’un ni l’autre de ces procédés ne se pratique en pharmacie , on ne s’y occupe que de priver l’acide sulfurique du commerce, des corps étrangers qu’il peut renfermer, à savoir:

De l’arsenic, sans doute à Pétat d’acide arsénieux et provenant des soufres ga purifkatioa»

arsénifères employés , F

De l’acide azotique, j

Du bioxyde d’azote, > produits pendant l’opération ,

De l’acide hypoazotique, j

Du sulfate de plomb , provenant des chambres ,

Et des sels fixes qu’aurait introduits Peau commune, employée autrement qu'à

Pétat de vapeur.

Pour le priver d’arsenic, M. Orfila conseille de le verser rapidement dans un flacon de capacité triple ou quadruple rempli de gaz sulfhydrique, d’agiter pendant quelques instants, de laisser déposer 24 heures, de décanter, et, s’il en est besoin, de filtrer, soit au travers du verre en poudre, soit au travers d’uue masse d’amiante , afin de séparer le dépôt formé de sulfure d’arsenic et de soufre (une portion de l’acide sulfurique ayant été ramenée à l’état d’acide sulfureux par l’acide sulfhydrique, et ces deux acides ayant ensuite été mutuellement décomposés en soufre et en eau), enfin de chasser, par l’ébullition, et l’excès d’acide sulfhydrique et l’acide sulfureux.

Pour le priver du sulfate de plomb, des sels fixes et en même temps des composés oxygénés de l’azote, on le distille sur un centième environ de son poids de sulfate d’ammoniaque. Le sulfate de plomb, les sels fixes restent dans la cornue, les composés d’azote, quels qu’ils soient, et l’ammoniaque, sont mutuellement décomposés, en eau, en azote ou en protoxyde d’azote qui s’échappent à l’état de gaz. (Pelouze.)

Le sulfate d’ammoniaque, ou à son défaut, l’ammoniaque liquide, que l’acide sulfurique transforme en sulfate, sans perte

sensible pour le produit, réussissent infiniment mieux que la fleur de soufre proposée par Barruel, attendu que celle-ci ne peut agir que sur l’acide azotique, qu’elle convertit en bioxyde d’azote, en même temps qu'elle devient acide sulfureux.

La distillation seule ne pourrait amener la séparation des composés précités, car l’acide sulfurique concentré retient l’acide azotique et le bioxyde d’azote avec une telle ténacité, que les derniers produits en contiennent encore. (Barruel et Ad. Rose.)

La distillation de l’acide sulfurique est difficile à conduire, et parce que son ébullition donne lieu à de violents soubresauts qui peuvent faire briser la cornue, entraîner le liquide dans les récipients, et parce que l’absence des luts que rend impossible l’action décomposante de l’acide, laisse l’opérateur exposé à respirer les vapeurs, et encore, parce que la température très élevée du liquide qui se condense, détermine souvent la rupture des récipients en verre, trop mauvais conducteurs du calorique, pour se mettre rapidement en équilibre de température avec lui.

Leur rupture n’en deviendrait que plus certaine, si l’on essayait de les refroidir.

L’opération marche toutefois assez bien, en n’omettant aucune des précautions qui vont être indiquées.

Prendre une cornue en verre pouvant contenir de 10 à 12 litres, y introduire 2 à 3 fragments de platine, puis, à l’aide d’un tube droitquilui permet d’en gagner la panse sans en salir les parois, un litre d’acide à 66° et la proportion de sulfate d’ammoniaque voulu , engager la cornue dans une espèce de panier en fils de fer , construit au centre d’un triangle ordinaire , l’y assujettir assez fortement pour qu’elle ne puisseobéir au mouvement que l’ébullition lui pourrait imprimer, placer le tout sur un fourneau muni de son laboratoire, adapter au col de la cornue, sous un degré d’inclinaison convenable, un tube en verre d’un mètre au moins de longueur , de 4 à 5 centimètres de diamètre, dont l’extrémité inférieure puisse verser dans un flacon le produit de l’opération , recouvrir le fourneau.de son dôme afin d’y concentrer la chaleur et d’empêcher l’effet des courants d’air froid, chauffer en se servant pour combustible de charbon

DE l’ ACIDE AZOTIQUE.

incandescent, porter peu à peu à l’ébullition, et l’entretenir le plus possible tranquille et régulière, jusqu’à ce qu’il ne reste plus dans la cornue, qu'une très minime quantité de liquide.

L’acide purifié offre tous les caractères que nous lui avons assignés en commençant. Il s’évapore sans résidu, ne donne lieu à aucun dépôt de sulfate de plomb par son mélange avec l’alcool , enfin ne laisse apercevoir aucun indice de la présence des corps étrangers, que les réactifs indiqués plus tard, en traitant des essais de l’acide sulfurique du commerce, signalent dans celui-ci.

On le doit conserver dans des flacons en verre, hermétiquement fermés au moyen de bouchons de même matière, afin qu’il ne s’affaiblisse pas en absorbant l’humidité de l’air, ne se colore pas en réagissant sur les bouchons en liège, etc.

XXXVe LEÇON.

SUITE DE LA PRÉCÉDENTE

Me ê’tieitëe JL&otifgwe

(Acide nitrique, esprit denitre, eau forte).

(Azote, 177,026 Sa

Àz205 -j- Eau = < Oxygène, 500 » composition.

( Eau.

L’acide azotique est liquide, sans couleur, d’une odeur par- Ses propriétés, ticulière, corrosif, d’une densité de 1,532“50° Baume, à-|~15°, volatil vers 86° sous la pression de 0ra,76, décomposable par la chaleur rouge en acide hypoazotique et en oxygène j il répand des vapeurs blanches dans l’air humide, rougit fortement la teinture de tournesol, colore la peau en jaune, et versé sur la tournure de fer ou de cuivre, dégage, à la température ordinaire, des vapeurs rouges d’acide hypoazotique , pour peu du

Sa préparation.

64 35e LEÇON.

moins qu’il soit concentré , car s’il était très étendu d’eau , il faudrait chauffer.

On ne l’a point encore obtenu anhydre , et l’on n’est pas parfaitement d’accord sur la proportion d’eau que le plus concentré retient, quoique l’on admette généralement , qu’il n’en retient qu’un atome (16p,5 sur 100).

îl s’extrait de l’azotate de potasse, et plus avantageusement de celui de soude, lequel renferme sous un même poids, une plus grande quantité d’acide, puisque le poids de l’atome de la soude est 390 $ celui de l’atome de potasse 589, et que chaque atome de ces bases, neutralise un atome d’acide.

On traite l’azotate par un poids égal au sien d’acide sulfurique à 66°, dans des cornues en verre, ou dans des cylindres en fonte, que des tubes en grès mettent en communication avec des dame-jeanne, faisant fonction de récipient.

L’acide sulfurique déplace l’acide azotique ; il se forme du bisulfate de potasse fixe, et l’acide azotique mis à nu, l’eau abandonnée par l’acide sulfurique, se volatilisant, viennent se condenser dans les récipients, en un liquide dans lequel la proportion d’acide réel, varie avec les conditions de l’opération.

On retire d’un kil. d’azotate de potasse sec, traité par un poids égal au sien, d’acide sulfurique à 66°, un produit marquant 50° Baumé; et de la même quantité d’azotate, traité par la même quantité aussi d’acide sulfurique à 66°, préalablement additionnédeson poids d’eau, un produit ne marquant que 28°.

Le degré de l’acide du commerce varie de 36° à 42°.

La théorie indique, que chaque atome d’azotate de potasse ou d’azotate de soude sec fournit un atome de bisulfate et un atome d’acide azotique bihydraté.

K0,Az*05+ 2(S,03+H20) = K0,2(S03) + Az205 -f 2HsO

Azotate Acide sulfurique Bisulfate. Acide azotique

de potasse. hydraté. bihydraté.

Au lieu de l’extraire, le pharmacien, lorsqu’il a besoin d’acide pur, trouve plus -commode de priver celui du commerce des corps étrangers qu’il renferme.

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