DE L’ACIDE AZOTIQUE
A savoir : de Chlore,
d’Acide sulfurique , et d’Acide hypoazotique.
Il est à peu près impossible d’obtenir, de prime abord, de l’acide azotique pur, ou plutôt exempt d’acide sulfurique et d’acide hypoazotique, le premier se trouvant toujours entraîné en partie, et le second provenant de la décomposition partielle de l’acide azotique; il suffirait au contraire, pour éviter la présence du chlore, d’agir sur un azotate privé de chlorure.
Le pharmacien qui le veut purifier, verse dans l’acide du Sa purification, commerce, une solution concentrée d’azotate d’argent, jusqu’à cessation de précipité, abandonne le mélange au repos, afin que le chlorure d’argent formé se dépose; puis, au moyen d’un tube droit qui leportejusque dans sa panse, décante avec précaution, dans une cornue en verre, la liqueur qui le surnage. Le col delà cornue doit s’engager aussi exactement que possible dans le col très allongé d’un matras récipient, sans faire usage de lut non plus que de bouchons en liège, que les vapeurs d’acide détruiraient, et Fon distille presqu’à siccité.
L’excès d’azotate d’argent ajouté, le sulfate d’argent produit aux dépens de l’acide sulfurique libre, quelque peu de chlorure d’argent resté en suspension, demeurent dans la cornue 3 tandis que l’acide azotique distille, n’entraînant que des traces d’acide hypoazotique; on s’en débarrasse en le redistillant sur du peroxyde de plomb, auquel l’acide hypoazotique enlève l’oxygène nécessaire à sa transformation en acide azotique. (Pelouze.)
Si l’acide mis en expérience ne contenait que de l’acide sulfurique, on le distillerait sur un peu d’azotate de potasse, sans faire usage d’azotate d’argent.
On reconnaîtra que le produit est pur, à l’aide des réactifs indiqués en traitant des essais à faire subir à l’acide du commerce.
Quand l’acide azotique marque plus de 34° Baume, que doit marquer celui prescri t par le Codex, on l’étend d'eau ; quand au contraire il marque moins, on le concentre.
L’opération consiste à le chauffer dans un appareil distiiîatoire,
Tom. II. 5*
Leur
composition.
Caractère des acides de l’antimoine.
(H> 35e LEÇON.
après ravoir mélangé avec cinq fois son poids diacide sulfurique à 66°, en ayant le soin de ne pas porter la température audelà de 150°, l’acide sulfurique relient l’eau, et laisse passer dans le récipient l’acide azotique dans un grand état de concentration, et n’entraînant que des traces d’acide sulfurique. (Gay-Lussac, Pelouze.)
On ne pourrait l’amener au maximum de concentration, en le chauffant purement et simplement, car les premiers produits de sa distillation, bien que plus riches en acide réel, que ne l’était le liquide mis en expérience, attendu que l’acide azotique est plus volatil que l’eau, en retiendraient encore une proportion considérable, en raison de la faible différence de volatilité des deux liquides et de leur affinité.
On conserve l’acide azotique dans des flacons en verre, hermétiquement fermés, et le plus possible dans l’obscurité. Sous l’influence de la lumière il pourrait se décomposer en partie, de l’oxygène serait mis à nu en même temps que de l’acide hypoazotique, et celui-ci colorerait l’acide indécomposé en jaunâtre ou en vert, suivant sa proportion.
Mes Avilie® zMe ?V« t» fins aime eî $ie V me sentie .
Acide anlimonieux ou deutoxyde d’antimoine ? j SbO2 — j
Acide antimonique ou peroxyde d’antimoine, ) cp2()5 = f Antimoine, 1612,900 ou matière perlée de Kerkringius, } (Oxygène, 500
Acide arsénieux ou oxyde blanc d’arsenic, ou I ^^203—= f Arsenic, 940,084 mort aux rats, j (Oxygène, 300
Acide arsénique, | As2°!= jâtygTne, 50*0®
L’antimoine et l’arsenic forment l’un et l’autre deux acides que l’on emploie en médecine : les acides anlimonieux et antimonique, arsénieux et arsénique.
Les premiers, calcinés avec du charbon, sont réduits et laissent au fond du creuset un culot d’antimoiue métallique, se dissolvent dans l’acide chlorhydrique sans dégagement de chlore, produisent des dissolutions que l’eau précipite en blanc, pourvu que les liqueurs ne soient pas très acides (oxycblorures d’anti-
DES ACIDES DE L* ANTIMOINE ET DE l’ ARSENIC. 67
moine) et le gaz sulfhydrique en rougeâtre (sulfures d’antimoine hydratés. ) La potasse et la soude caustiques en dissolutions concentrées et bouillantes, les dissolvent ; l’eau ne les dissout pas; ils rougissent légèrement le tournesol, au moins à l’état d’hydrates.
Du reste , l’acide antimonieux est blanc ou d’un blanc grisâtre, indécomposable par la chaleur, tandis que l’acide an timon i que est jaunâtre et se partage, à une haute température, en oxygène et en acide antimonieux.
Les acides de l’arsenic, calcinés dans une cornue avec de la potasse et du charbon, sontréduits, et le métal qui se volatilise, se condense dans le dôme ou dans le col. L’addition de la potasse a pour but de fixer l’acide arsénieux volatil, et par suite défavoriser Faction désoxy gênante du charbon.
Projetés sur des charbons incandescents, ils laissent Fun et l’autre exhaler des vapeurs blanches d’une odeur d’ail prononcée.
Enfin tous deux sont blancs, solubles dans l’eau et dans les alcalis qu’ils neutralisent, rougissent le tournesol ; mais l’acide arsénieux est à peine soluble dans l’eau, l’autre est déliquescent. Mais celui-là est indécomposable par la chaleur, et volatil, et celui-ci décomposable par elle en acide arsénieux et en oxygène. Déplus, la dissolution aqueuse de l’acide arsénieux est décomposée à la température ordinaire, par l’acide sulfhydrique, lequel en précipite du sulfure d’arsenic d’un beau jaune; celle de l’acide arsénique ne l’est qu’à chaud en produisant un dépôt blanchâtre de sulfure d’arsenic et de soufre, que l’ammoniaque sépare Fun de l’autre, en dissolvant le sulfure. Enfin, leurs sels, à base de potasse et de soude, offrent les différences tranchées qui seront relatées en comparant les arsénites aux arséniates.
L’acide antimonieux s’obtient par deux procédés : en chauffant l’antimoine en poudre fine avec un grand excès d’acide azotique, évaporant à siccité et calcinant.
100 gr. de métal en fournissent 126 gr.
En dissolvant le chlorure d’antimoine dans Facide azotique, évaporant au bain de sable jusqu’à siccité , versant sur le résidu
Caractères des acides de l’arsénic.
Préparation de l’acide antimonieux.
35e LEÇON.
une nouvelle quantité d’acide, évaporant de nouveau , et définitivement chauffant au rouge. L’acide azotique cède de l’oxygène au métal , et îe bioxyde d’azote ou l’acide hypoazotique produits par cette réaction, se dégagent en même temps que le chlore éliminé. 100 de chlorure en fournissent 68,8.
Quelques praticiens, afin de l’obtenir hydraté, état sous lequel il paraît plus aisément attaqué par les acides de l’estomac, fondent à une douce chaleur une partie d’acide antimonieux , préparé par l’un quelconque des procédés ci-dessus, avec un poids égal au sien de carbonate de potasse , traitent la masse par l’eau légèrement aiguisée d’acide azotique, de manière à dissoudre l’alcali 5 lavent le résidu tant que les eaux de lavage sortent acides au tournesol, et le sèchent à l’air.
Cet hydrate, dont le dosage exige nécessairement que l’on tienne compte de la quantité d’eau qu’il contient, l’abandonnerait, si l’on essayait de îe dessécher à une température élevée.
L’acide antimonique se dépose quand on sursature par l’acide dtPracidc1 sulfurique, les eaux de lavage du produit de la calcination d’un •ntimonique. m^jaDge d’antimoine pur 1 partie, et d’azotate de potasse 2
parties.
Ces liqueurs contiennent de l’antimoniate de potasse avec excès d’alcali.
Le dépôt est lavé jusqu’à ce que les liqueurs passent neutres aux réactifs colorés, puis séché à la température ordinaire.
Il constitue alors un véritable hydrate que la chaleur décomposerait de même que son analogue, et qui contient : métal, 100 3 oxygène, 31 3 eau, 32,88.
Il importe de ne pas diminuer la proportion de nitre , et d’opérer son mélange intime avec l’antimoine. Autrement, on pourrait obtenir un mélange d’antimonite et d’antimoniate3 par suite, de l’acide antimonique mélangé d’acide antimonieux.
préparation L’acide arsénieux provient du traitement des minerais de wsénleux . ce cobalt arsénica 1 . Pendant le grillage, l’arsenic s’oxygène aux dépens de l’air, et l’acide arsénieux se sublime, au fur età mesure qu’il se forme, dans des récipients disposés à cette intention, en masses blanches, d’abord transparentes et plus tard opaques. Il
de l’acide chlorhydrique. 69
éprouve une modification isomérique qui change, avec son aspect, sa solubilité dans l’eau. (Guibourt.)
L’acide arsénique s’obtient en traitant à chaud une partie Préparation • • ^ ^ de l’acide
d’acide arsénieux, par deux parties d’acide chlorhydrique à 22° arsénique.
et 4 parties d’acide azotique à 35°. On ménage la chaleur tant que la dissoluîion n’est pas complète; quand elle l’est, on l’augmente, on évapore à siccité, on chauffe le résidu pulvérulent d’acide arsénique, assez fortement pour volatiliser tout l’acide azotique qui l’imprègne, et pas assez pour le décomposer. On est certain qu’il n’en contient plus, quand, trituré avec de la limaille de fer ou de cuivre et un peu d’eau, il ne dégage aucune vapeur rutilante.
Dans cette opération , c’est l’acide azotique qui suroxygène l’arsenic.
On pourrait, au lieu d’un mélange d’acide azotique et d’acide chlorhydrique, n’employer que le premier de ces acides; mais la présence de l’acide chlorhydrique, susceptible de dissoudre l’acide arsénieux beaucoup mieux que ne le fait l’acide azotique , favorise singulièrement la réaction.
100 d'acide arsénieux représentent 125 d’acide arsénique.
* Est-il nécessaire de faire remarquer, que la facilité avec laquelle ce dernier acide absorbe l’humidité de l’air, le doit faire enfermer dans des flacons hermétiquement fermés, tandis que les acides antimonieux, antimonique, arsénieux, se peuvent très bien conserver sans cette précaution.
Me î'AcUMe chtorhy (trique .
(Acide muriatique, acide hydrochlorique , esprit de sel.)
(Ch, H)
j Chlore, 221,325 \ Hydrogène , 6,239
L’acide chlorhydrique est gazeux à la température et sous la Ses propriétés, pression ordinaires , liquéfiable sous une pression de 40 atmosphères, incolore, d’odeur piquante, de saveur très acide, d’une densité de 1,247. Il rougit fortement le tournesol, répand dans l’air humide des vapeurs blanches, que l’approche de l’ammoniaque rend opaques et pesantes, parce qu’il se produit alors du
70 35e leçon»
sel ammoniac, se dissout dans 1/500 environ de son volume d’eau à -)- 15°.
Sa solution aqueuse donne lieu, avec l’azotate d’argent, à un précipité blanc de chlorure d’argent, insoluble dans l’acide azotique même bouillant, et soluble dans l’ammoniaque ; avec le bioxyde de manganèse, à un dégagement de chlore.
En pharmacie, on ne l’emploie que dissous dans beau, parfois tel que le commerce le fournit ; ainsi fait-on notamment quand il est destiné à l’usage externe ; mais quand il doit s’administrer à l’intérieur, le pharmacien le doit préparer lui-même. La cause principale en est, que l'acide du commerce contient fréquemment, à l’état de chlorure, par suite de l’emploi pour sa préparation d’acide sulfurique arsénifère, de l’arsenic que M. Bupasquier a vu s’élever jusqu’à 0gr,548 par kil., et dont on ne peut le priver qu’en l’affaiblissant considérablement, et en y introduisant du gaz sulfhydriquc. Il faut, en effet, commencer par l’étendre de son poids d’eau (l’acide concentré retiendrait de l’arsenic), le faire traverser parmi courant de gaz sulfhydrique, et filtrer au papier.
On pourrait l’obtenir en recevant dans de l’eau distillée le gaz chlorhydrique dégagé par la chaleur de l’acide chlorhydrique du commerce, que l’on aurait à l’avance privé d’arsenic , en attendant, pour le recueillir, que le gaz sulfhydrique moins soluble et par suite dégagé le premier , fût tout entier expulsé. Toutefois, on trouve plus commode de décomposer le sel marin ou chlorure de sodium, par l’acide sulfurique exempt d’arsenic.
L’eau est décomposée, et tandis que son oxygène s’unit au métal pour former de la soude, avec laquelle l’acide sulfurique se combine , son hydrogène se porte sur le chlore pour le convertir en acide chlorhydrique.
L’équation suivante représente la réaction ,
Na,Ch2 -f S03,+H20 = NaO,S03 + 2(Ch,H)
Chlorure Acide Sulfate de Acide
de sodium. sulfurique hydraté. soude anhydre. chlorhydrique.
Chaque atome de chlorure de sodium décompose donc un atome d’eau, produit un atome de protoxyde de sodium , secondairement un atome de sulfate de soude, et ses deux atomes
de l’acide chlorhydrique. 71
de chlore se combinant aux 2 atomes d’hydrogène de l’eau, donnent naissance à 2 atomes d’acide chlorhydrique.
On prend du sel blanc exempt de bromure et d’iodure, dont la décomposition par l’acide sulfurique fournirait des acides bromhydrique , iodhydrique, même du brome et de l’iode, par suite de la décomposition ultérieure partielle de ces hydracïdes par l’acide sulfurique, d’où : de l’iode, du brome , de l’eau et de l’acide sulfureux.
On le fait fondre dans un creuset de Hesse, à une température rouge, afin de détruire les matières organiques et surtout les azotates. Ceux-ci, laissant dégager de l'acide azotique, produiraient nécessairement, aux dépens d’une portion de l’acide chlorhydrique, du bioxyde d'azote et du chlore; on le coule sur un marbre où il se solidifie; on le pile dans un mortier en marbre, pour n’y point introduire de fer capable de donner lieu à la formation d’un chlorure volatil; on l’introduit dans la cornue ou dans le matras d’un appareil semblable à celui qui déjà nous a servi à préparer le chlore liquide; on verse peu à peu, par le tube en S, autant d’acide sulfurique à 66° qu’on a employé de sel marin, après l’avoirà l’avance étendu d’un tiers de son poids d’eau, puis ou laisse la réaction s’épuiser à froid, pour ne chauffer que plus tard.
Les flacons auront dû n’être remplis qu’aux 2/3 au plus, attendu l’augmentation considérable de volume que le liquide reçoit de l’addition du gaz.
Les tubes ne devront plonger dans l’eau que de quelques millimètres, tout à la fois pour rendre la pression moindre, et pour assurer davantage la saturation; en ce sens, que la solution saturée étant plus dense que l’eau, on pourrait obtenir des couches supérieures imparfaitement saturées, en faisant plonger l’extrémité de ces tubes jusqu’au fond des flacons.
En outre, il sera bon d’entourer ceux-ci d’eau froide, afin que la grande quantité de calorique latent qu’abandonne le gaz en se dissolvant, ne puisse les échauffer au delà de — j— 1 5°^ partant, empêcher la solution de se compléter.
On reconnaît que l’opération est terminée, à ce que le dégagement des bulles de gaz n’est presque plus sensible dans le pre-
35e LEÇON.
mier flacon malg ré l’élévation de température, et aussi â ce que, cessent de se produire les stries que l’on apercevait se former aux points de contact des tubes avec l’eau, là où la solution saturée, plus dense que les parties voisines, gagnait en serpentant les parties inférieures, et de sa densité différente recevait la faculté de réfracter autrement la lumière.
On délute alors l’appareil, on rejette le liquide du premier flacon comme moins pur, ou plutôt on le met à part, et l’on ne conserve que celui des flacons intermédiaires, que l’on mélange et dont on détermine le degré. Il doit marquer 2 2<> Bauméà-j-15° de température, ce qui revient à dire que sa densité doit être de 1,17. On l’étendrait d’eau, s’il marquait davantage,* on y ferait passer de nouveau gaz, s’il marquait moins.
La théorie indique qu’un kilog. de chlorure de sodium peut fournir 620 gr. d’acide chlorhydrique, c’est-à-dire assez pour saturer 1185 gr. d’eau, suivant les proportions dans lesquelles le Codex prescrit d’employer l’acide chlorhydrique liquide; puisque, d’après les évaluations de Bavy, l’acide à 22° Baumé renfermerait 34p,34 d’acide réel sur 100°; mais il s’en faut que les résultats pratiques répondent aux indications théoriques, et le mieux est d’employer poids pour poids d’eau et de chlorure.
Cette solution répand dans l’air des vapeurs blanches. Elle diffère de celle obtenue en fabrique, par l’absence des matières étrangères que nous apprendrons plus tard à y retrouver, et aussi, en ce que la teinte jaune que présente celle-ci, et qu’elle doit à l’existence du chlorure de fer et d’une matière organique naturelle au sel marin que Ton n'a pas calciné, y est remplacée par une teinte légèrement verdâtre. Parfois meme elle est complètement incolore.
On la conserve dans des flacons en verre bouchés à l’émeri, et dans des lieux frais.
Me VJKaw réfffë Me.
(Acide nitromuriatique, hydrochloronitrique, hydrochloroazotique.)
L’eau régale, ainsi nommée de ce qu’elle est le véritable dissolvant de l’or, que les anciens appelaient le roi des métaux, est un mélange d’acide chlorhydrique et d’acide azotique. Ces
DE L’ACIDE SULFflYDRIQÜE. 73
deux acides se décomposent mutuellement,, même à la température ordinaire.
L’hydrogène du premier se combine avec une portion de l’oxygène du second, et de là de l’eau, du chlore et de l’acide hypoazotique.
Le chlore et l’acide hypoazotique restent dissous, colorent la liqueur en jaune, et lui communiquent, surtout le premier, le pouvoir dissolvant qui la distingue.
Pour que la décomposition des deux acides fût complète il faudrait employer des quantités d’acide chlorhydrique liquide, et d’acide azotique hydraté telles, que l’acide chlorhydrique, supposé sec, fût à l’acide azotique, également supposé sec, dans le rapport de 2,4948 à 3,7281 ; mais presque toujours l’un est en excès par rapport à l’autre.
Le pharmacien n’emploie ce mélange que comme dissolvant de quelques métaux, et plus spécialement de l’or»
Æ3e 9’Acieïïe SMfffoytârimwe*
(Acide hydrosulfurique , hydrogène sulfuré.)
/ç itj\ j Soufre, 201,165
^ ’ ' | Hydrogène, 12,478
Sa
composition.
L’acide suîfhydrique est gazeux à la température et sous la Ses propriétés, pression ordinaires, liquéfiable par une augmentation de pression et par un abaissement de température convenables, sans couleur, d’une odeur d’œuf pourri tout à fait caractéristique, d’une densité de 1,1912. Il rougit très faiblement la teinture de tournesol, s’enflamme par l’approche d’une bougie allumée, et brûle en laissant déposer sur les parois de l’éprouvette, du soufre sous forme de poudre jaune. Il en laisse également déposer, lorsqu’on le met en contact avec du chlore gazeux 3 noircit les dissolutions de plomb de cuivre et beaucoup d’autres; est absorbé par les alcalis caustiques.
On le prépare par plusieurs procédés :
Soit, en traitant le protosulfure d’antimoine en poudre par Sa préparation» quatre fois son poids d’acide chlorhydrique concentré ; la totalité de l’acide peut être versée sur le sulfure en une seule fois, attendu que son action a besoin d’être aidée par la chaleur;
Soit, en traitant par trois parties d’acide chlorhydrique cou-
74 35e leçon.
centré, ou par son équivalent d’acide sulfurique étendu de deux à trois parties d’eau, du sulfure de fer obtenu par la calcination dans un creuset couvert, d’un mélange intime de 6 parties de limaille et de 4 parties de soufre en poudre.
Dans ce cas, l’acide ne doit être ajouté que successivement , en raison de ce que la réaction est très vive, et l’on ne chauffe que vers la fin.
Soit encore en formant, avec 2 parties de limaille de fer, 1 partie de soufre en poudre et de l’eau, une bouillie claire, chauffant de manière à déterminer une réaction qu’annonce le dégagement de chaleur et la coloration en noir de la masse ; puis, quand cette réaction est terminée, ajoutant par petites portions successives, de l’acide chlorhydrique ou de l’acide sulfurique étendu. (Gay-Lussac).
Au moyen de ce mélange, en même temps que l’on évite l’embarras et la dépense de la fabrication du sulfure de fer par voie de fusion, on se procure un sulfure hydraté que son extrême division rend singulièrement propre au dégagement du gaz sulfhydrique.
Suit-on le premier procédé; il se produit du protochlorure d’antimoine, et du gaz sulfhydrique.
L’eau est décomposée, son oxygène brûle l’hydrogène de l’acide chlorhydrique, son hydrogène enlève le soufre au métal, et celui-ci absorbe le chlore de l’acide chlorhydrique déshydrogéné.
Ou, suivant une théorie plus simple, le chlore de l’acide chlorhydrique se combine directement avec le métal, tandis que son hydrogène se porte sur le soufre.
Chaque atome de protosulfure décompose 6 atomes d’acide chlorhydrique, pour produire 2 atomes de protochlorure et 3 atomes d’acide sulfhydrique, ainsi que le fait voir l’équation suivante.
Sb2S3 -f 6 (Ch, H) ziz 2(Sb,Ch3) + 3(S,H2)
Protosulfure. Acide chlorhydrique. Protochlorure. Acide sulfhydrique.
Suit-on le second et le troisième procédé ; il se forme du protochlorure, ou du sulfate de protoxyde de fer, suivant que l’on a fait usage d’acide chlorhydrique ou d’acide sulfurique. Du chlo-
de l’acide sulfhydbique. 75
rure avec l’acide chlorhydrique et les réactions précitées se reproduisent, sauf que le fer y remplace l’antimoine; du sulfate avec l’acide sulfurique ; l’eau est alors décomposée, et tandis que son hydrogène se combine avec le soufre, d’où l’acide sulfhydrique, son oxygène se combine avec le métal, d’où le protoxyde, et secondairement le sulfate.
Toutefois, entre ces deux procédés et le premier existe cette différence, que la présence du fer simplement interposé dans la niasse, puisqu’on en emploie une proportion plus forte que celle qui pourrait constituer un protosulfure, amène la mise en liberté d’une certaine quantité d’hydrogène.
On ne pourrait, pour l’éviter, rendre la proportion de soufre prédominante, sans qu’il se formât du bisulfure de fer, à peu près inattaquable par les acides.
Aussi, le premier de ces trois procédés est-il préféré aux deux autres, quand on tient à se procurer de l’acide sulfhydrique, exempt de gaz hydrogène. Il fournit d’ailleurs du protochlorure d’antimoine, dont on tire parti pour la préparation du beurre d’antimoine.
Quelque soit celui que l’on emploie, pour les usages de la médecine, il est nécessaire de dissoudre dans l’eau le gaz sulfhydrique.
On se sert à cet effet de l’appareil de Woulf, encore comme s’il s’agissait de préparer du chlore liquide; mais on place dans le flacon de lavage, au lieu d’eau, une solution très étendue de potasse caustique, ou de sulfure de potasse, destinée à retenir plus sûrement l’acide chlorhydrique ou sulfurique entraînés.
On introduit dans les flacons intermédiaires, de l’eau distillée privée d’air par F ébullition, et refroidie à l’abri de son contact; on les entoure d’eau froide, et l’on brûle à l’extrémité de l’appareil, en le faisant rendre sous le foyer d’un fourneau, l’excès de gaz; si mieux l’on n’aime l’absorber au moyen de l’eau de potasse, ou d’un lait de chaux.
Malgré ces précautions , il arrive souvent que l’opérateur respire du gaz. Il doit alors en neutraliser les effets délétères au moyen du chlore, M. Mialhe conseille de placer sous le nez un mouchoir trempé dans de l’eau vinaigrée, après y avoir, à
76 35é LEÇON.
l’avance, enveloppé un peu de chlorure de chaux en poudre.
L’eau saturée de gaz sul (hydrique à la température de -f-1 1°, et sous la pression de 0m,76, en contient près de 3 fois son volume. Elle est incolore, limpide, à peine acide au tournesol, d’une odeur fétide, et détermine dans la plupart des dissolutions métalliques, la formation de précipités de couleurs variables, qui la rendent un réactif précieux.
Il faut la conserver dans des flacons que l’on en remplit entièrement, et que Ton tient constamment bouchés, parce que l’oxygène de l’air, en brûlant l’hydrogène du gaz sulfhydrique, ne tarde pas à lui faire éprouver une altération profonde, que trahit la perte d’odeur, de transparence, et la précipitation du soufre sans doute hydrogéné.
Ne terminons pas l’étude des acides minéraux dont les fréquents usages en pharmacie ont nécessité de notre part de grands développements, sans faire les remarques suivantes.
L’acide silicique n’est pas sans intérêt pour le pharmacien, ne fût -ce qu’en raison de sa présence dans certaines plantes, et surtout dans certaines eaux minérales.
L’acide hypophosphorique est le produit constant de la combustion lente du phosphore à l’air ;
L’acide hyposulfureux fait partie , à l’état d’hyposuîfite , des foies de soufre saturés ou foies de soufre par la voie humide, du sulfite sulfuré de soude, et joue un rôle dans l’essai des limailles de fer supposées mélangées de limaille d’acier, par le procédé de Yauquelin ;
Les acides hyperchloreux et chloreux, le premier suivant M. Balard, le deuxième suivant M. Berzélius, existeraient combinés avec la potasse, la soude ou la chaux, dans les chlorures désinfectants ;
L’acide chlorique neutralise la potasse dans le chlorate, qui nous fournit en abondance de l’oxygène pur.
Les acides bromique, iodique, se forment dans la préparation du bromure et de l’iodure de potassium au moyen de l’eau , du brôme ou de l’iode, et de la potasse caustique $
L’acide azoteux se produit temporairement durant la fa-
DES OXYDES METALLOÏDIQUES.
brication de l’acide sulfurique , et se retrouve fréquemment dans les produits de la décomposition incomplète des azotates par la chaleur , spécialement dans le carbonate dépotasse dit nitre fixé par le charbon ;
L’acide hypoazotique est un résultat à peu près inévitable, du traitement par l’acide azotique de toute matière capable de dèsoxygcner cet acide; de Sa calcination de l’azotate de potasse dans une foule de circonstances; de celle de l’azotate de mercure dans la préparation du bioxyde de ce métal ;
Enfin les acides bromhydrique, iodhydrique, se produisent en même temps que les acides bromique et iodique, au contact du brome ou de l’iode avec les alcalis caustiques et l’eau, bien qu’alors leur existence soit de pure transition; puisque, aussitôt produits ils réagissent sur l’oxyde , et dés lors repassent à l’état de brôme ou d’iode en perdant leur hydrogène, et par suite privant l’oxyde de son oxygène.
XXXVIe LEÇON.
(Dsuks métnHoïïiiquefl et métallique#? et k leurs
Éjjqkate#.
Mes OæytMes «ai é l (eëi&ïiUfgMes .
La dénomination d’oxyde métalloïdique, s’applique avonsnous dit, à tous les composés d’oxygène et de métalloïdes dépourvus des propriétés acides; ces corps se distinguent des oxydes métalliques, eu égard à la constitution, en ce que des métalloïdes y remplacent des métaux, eu égard aux propriétés, en ce qu’ils ne peuvent neutraliser les acides, non plus qu’être neutralisés par eux.
Un seul, le protoxyde d’hydrogène (l’eau), devrait nous oc-
Leurs
caractères
^génériques.
36e LEÇON.
cuper ici, si nous n’avions déjà fait connaître, et celles de ses propriétés qui nous intérressent le plus, en traitant de la dissolution, de l’évaporation , de la distillation, des solutions médicamenteuses; et les moyens de l’obtenir pur, en traitant de l’eau distillée, si nous n’avions en outre à y revenir, au sujet des eaux minérales.
Quant aux autres, à savoir:
Le bioxyde d’hydrogène ou eau oxygénée.
L’oxyde de carbone que nous verrons faire partie des produits de la décomposition ignée des matières organiques, etc. ,
L’oxyde de phosphore qui recouvre d’une couche rougeâtre , dans certaines circonstances, les bâtons de phosphore ,
L’oxyde de sélénium,
Le protoxyde et le bioxyde d’azote dont la formation a lieu si fréquemment, aux dépens des éléments de i’acide azotique, libre ou combiné,
il nous suffira d’en avoir signalé l’existence.
SMeê Oæyde® ut étnVJi g/ ues et $ie ïetirs MSyürates
em gémémi ?