‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 33 sur 228 · DE L’OXYDE ROUGE OU COLCOTHAR · texte numérisé non relu

DE L’OXYDE ROUGE OU COLCOTHAR

avec précaution à la liqueur de l’ammoniaque liquid e, on obtient au début, un précipité rougeâtre de sesquioxyde hydraté, et plus tard, un précipité blanc de protoxyde également hydraté. Ce dernier plus basique n’étant déplace par l’alcali qu’en dernier.

Etendues d’eau, puis additionnées de carbonnate d’ammoniaque jusqu’à décoloration* ces mêmes dissolutions abandonnent le sesquioxyde et retiennent le protoxyde, que l’on peut à son tour précipiter au moyen d’une nouvelle quantité de carbonate d’ammoniaque, après qu’un courant de chlore ou l’eau chlorée, l’ont converti en peroxyde, aux dépens de l’oxygène de l’eau.

(Berthier.)

Les composés oxygénés de fer employés en médecine, sont au nombre de 5. Ce sont :

L’oxyde rouge, ou sesquioxyde anhydre ou colcothar,

Le peroxyde , ou sesquioxyde hydraté ,

Le safran de mars apéritif,

— — astringent,

Et l’éthiops martial ou oxyde noir.

SMe l’Oæyüe v&wge, ou €?o$e&thar.

L’oxyde de fer rouge ou colcothar est pulvérulent, d’un Ses propriétés, rouge foncé, sans odeur, sans saveur, non magnétique, c’est-àdire non attirable au barreau aimanté, inaltérable par la chaleur et par l’air, soluble sans effervescence dans l’acide chlorhydrique, surtout à chaud, en raison de sa grande cohésion.

Sa dissolution offre tous les caractères précités des sels de fer au maximum.

Il provient de la calcination du sulfate de protoxy de de fer, à Sa préparation, l’avance privé par les procédés indiqués à l’article sulfate de fer, du sulfate de cuivre et de l’arsenic qu’il lui arrive parfois de contenir.

Le sulfate de cuivre introduirait son bioxyde dans le produit, l’arsenic oxydé le rendrait vénéneux.

Sous l’influence d’une température capable de le décomposer, le sulfate de protoxyde est converti en sesquioxyde, en acide sulfureux, en oxygène et en acide sulfurique anhydre , s’il est employé sec; en un mélange d’acide sulfurique anhydre et d’acide

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sulfurique monohydraté, retenantl’acide anhydre en dissolution, s’il est employé cristallisé.

L’équation suivante

4(Fe0,S03) — 2(Fe2,03) -)- 3(S,02) + S, O3 + O

Sulfate Sesquioxyde. Acide Acide Oxygène,

de protoxyde. sulfureux. sulfurique.

fait voir que 4 atomes de sulfate de protoxyde fournissent 2 atomes de sesquioxyde, 3 atomes d’acide sulfureux, 1 atome d’acide sulfurique anhydre, et 1 atome d’oxygène.

Des 3 atomes d’acide sulfureux, 2 proviennent du report sur le protoxyde, des 2 atomes d’oxygène qui les avaient primitivement constitués acide sulfurique, et le 3e de la conversion d’un atome d’acide sulfurique, en acide sulfureux et en oxygène.

Cette décomposition, à peu près inévitable, d’une portion de l’acide sulfurique en acide sulfureux et en oxygène, explique pourquoi l’on n’obtient pas à l’état d’acide sulfurique anhydre, tout celui qu’il semblerait possible d’obtenir.

100 p. de sulfate de protoxyde parfaitement desséché, donnent, à très peu près, 59 p. de sesquioxyde.

Pour enlever le sulfate neutre et l’acide sulfurique, que la chaleur n’aurait pu décomposer ou volatiliser, on traite le produit de la calcination par l’eau bouillante, tant que les lavages entraînent de l’acide ou du fer. Mais il se produit constamment du sous-sulfate de peroxyde que l’eau ne dissout pas - quelque bien lavé qu’il ait été, au lieu de n’être formé que de sesquioxyde, le résidu retient obstinément du sous-sulfate, que, toutefois, son innocuité permet au pharmacien d’y laisser.

On en constaterait la présence par la méthode suivante.

On dissoudrait, dans l’acide chlorhydrique, une portion de colcotharen poudre très ténue, à l’avance débarrassé, par des lavages suffisamment multipliés, de tout l’acide sulfurique libre ou combiné, que l’eau bouillante lui peut enlever, et dans sa dissolution acide, étendue d’eau distillée, on verserait du chlorure de barium ou de l’azotate de baryte. Ilnepourraitévidemments’yproduire du

DE L’flYDRATE DE SESQUIOXYDE DE FER. 97

sulfate de baryte, qu’au tant que la matière mise en expérience contiendrait du sous-sulfate, puisque le sulfate neutre est soluble dans l’eau.

À son tour, l’oxyde d’arsenic que l’emploi d’un sulfate impur y aurait introduit, et que des lavages n’en peuvent séparer, puisqu’il existe dans le colcothar à l’état d’arsénite de fer insoluble, serait dissous par l’acide sulfurique bouillant et conce ntré, de telle sorte, que la liqueur acide, décantée après refroidissement, dégagerait de l’hydrogène arsénié dans l’appareil de Marsh.

MMe ë* JHTyctraie de

( Fer , 678,440

(Fe2,03 -f- Eau) = {Oxygène, 300

( Eau.

L’hydrate de sesquioxyde , que l’on n’emploie guère que Ses Pr°Priét* comme contre-poison de l’acide arsénieux, avec lequel il forme une arsénite, que son insolubilité dans l’eau rend à peu près inerte, est sans odeur, sans saveur, d’un rouge briqueté.

il passe au rouge par la calcination, qui en dégage l’eau d’hydratation, sans le rendre magnétique, se dissout aisément sans effervescence dans l’acide chlorhy drique, et donne naissance à une dissolution de perchlorure de fer, ou de chlorhydrate de peroxyde.

Le Codex prescrit de le préparer de la manière suivante: Sapréparattov

Dans un vase quelconque, en verre, en porcelaine, ou en grès, de capacité plus que suffisante pour contenir le mélange, vous placerez 1000 p. de sulfate de protoxyde de fer, 2 fois autant d’eau, et 200 p. d’acide sulfurique à 66°, destiné à maintenir l’oxyde en solution, alors que plus tard converti en sesquioxyde, il aura augmenté de capacité de saturation, proportionnellement à la quantité d’oxygène absorbé ; vous chaufferez.

Aussitôt que la solution sera complète, et l’ébullition nettement déterminée, vous verserez dans la liqueur, par petites portions successives, de l’acide azotique du commerce, jusqu’à ce que les dernières portions ajoutées cessent de dégager des vapeurs rutilantes, ainsi que l’avaient fait les précédentes, par suite du report d’une partie de leur oxygène sur le protoxyde.

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36e LEÇON.

Alors, laissez complètement refroidir, étendez la dissolution de 20 à 30 fois son poids d’eau froide, versez-y un grand excès d’ammoniaque liquide- agitez. L’ammoniaque s’emparera de l’acide sulfurique, et précipitera le peroxyde à l’état d’hydrate.

Le précipité sera lavé à l’eau froide, et quand ses eaux de lavage cesseront de précipiter les sels solubles de baryte, de ramener au bleu le papier rouge de tournesol, on l’enfermera dans des flacons avec de l’eau pure, destinée à le maintenir en bouillie claire.

Le pharmacien a besoin de conserver devers lui une masse considérable de cette bouillie (plusieurs litres). En effet, la présence de l’eau fait affecter au peroxyde de fer, un volume tellement hors de proportion avec le poids réel d’oxyde qui fait partie du mélange, que, d’après M. Guibourt, 36 p. de magma, en consistance assez ferme, n’en représenteraient guère que lp,5.

Déplus, l’expérience a prouvé que l’hydrate n’agit efficacement, comme contre-poison de l’acide arsénieux, qu’autant qu’on l’administre à très hautes doses. Suivant le même chimiste, 1 p. d’acide arsénieux exigerait, pour sa complète neutralisation, 4 p. de sesquioxyde, supposé sec.

L’emploi du sulfate de fer pur, ou du moins du sulfate ne contenant pas de cuivre, est justement recommandé, parce que l’excès d’ammoniaque pourrait ne pas enlever tout le bioxyde de cuivre, précipité avec le sesquioxyde de fer.

Aussi, dans le cas où les réactions indiquées en traitant du sulfate de fer, y auraient annoncé l’existence du cuivre, faudrait-il faire bouillir sa dissolution sur de la limaille de fer, et filtrer, avant d’ajouter l’acide sulfurique 5 ou bien encore, après l’avoir légèrement acidulée, faire passer au travers un courant de gaz sullhydrique. Le cuivre seul serait précipité à l’état de sulfure.

L’addition de la proportion d’acide sulfurique indiquée, n’est pas moins nécessaire, pour prévenir la formation d’un sous-sulfate de peroxyde insoluble 5 l’excès d’acide azotique ne pouvant que très imparfaitement remplir le meme objet, parce qu’il est un mauvais dissolvant du peroxyde de fer.

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