‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 35 sur 228 · DU SAFRAN DE MARS APERITIF · texte numérisé non relu

DU SAFRAN DE MARS APERITIF

(le sesquioxyde, mais il retient presque inévitablement des traces d’hydrate de sesquioxyde, protoxydé , de carbonate de fer, môme de carbonate de soude, que des lavages ne peuvent lui enlever entièrement. Sans doute qu’il se produit une sorte de carbonate double de soude et de protoxyde de fer, avec excès de carbonate ferrique. On y rencontre aussi des traces de carbonate de chaux et de magnésie, provenant de la décomposition parle carbonate de soude, des sels calcaires et magnésiens, dans l’eau employée à la dissolution du sulfate de fer. (Guibourt.)

De là vient précisément que lorsqu'on dissout le safran de mars apéritif dans l’acide chlorhydrique, on retrouve dans la liqueur des traces de chlorure de sodium, de calcium, de magnésium, après qu’un excès d’ammoniaque en a précipité tout le peroxyde.

Le safran de mars apéritif constitue donc un médicament dont la composition peut et doit varier, suivant que la dessiccation a été poussée plus ou moins loin, s’est faite à une température plus ou moins élevée - suivant aussi que les lavages ont été plus prolongés, plus nombreux; enfin, suivant que, pendant ces lavages et la dessiccation du précipité, l’oxygène de l’air a pu davantage exercer son action.

ïci, l’emploi du sulfate de fer mélangé de sulfate de cuivre, offrirait plus d’inconvénients encore que pour la préparation de l’hydrate de sesquioxyde, car le carbonate de cuivre formé se retrouverait immanquablement dans le produit. Au contraire , l’oxyde d’arsenic resterait probablement dans les liqueurs, à l’état d’arsénite de soude. *

Les lavages à l’eau froide, continuent d’être rendus nécessaires par la tendance en général très grande des oxydes à perdre leur eau d’hydratation ; et cette circonstance oblige en outre à laisser complètement refroidir les dissolutions de sulfate de fer et de carbonate alcalin , avant de les mélanger.

Dans les anciennes pharmacopées, on trouve désigné sous le nom de safran de mars apéritif, le produit de l’oxydation du fer à sa rosée. La lenteur extrême de l’opération a fait abandonner l’usage de ce composé, dont la constitution plus varia-

Ses propriétés.

Sa piéparatlon.

blc encore , ne devait, dans tous les cas, répondre que très imparfaitement à celle du safran de mars apéritif que nous venons d’étudier.

Mm /Safrcsn Me Mar® astringent*

Le safran de mars astringent est pulvérulent, sans odeur, sans saveur, d’un brun noir, non magnétique, inaltérable par la chaleur et par Pair , soluble sans effervescence dans Pacide chlorhydrique, mais moins aisément que le précédent en raison de sa plus forte cohésion. Sa dissolution offre du reste aussi, les réactions propres aux sels de fer au maximum d’oxydation.

Autrefois , on le préparait en calcinant au contact de Pair , avec le soin de renouveler fréquemment les surfaces, le produit de la pulvérisation des battitures, c’est-à-dire de cette matière sous forme lamellaire et très cassante, qui se produit lorsqu’on bat le fer rouge.

Ces battitures que nous savons être du sesquioxyde protoxydé , absorbaient l’oxygène et finissaient par se convertir en sesquioxyde.

Aujourd’hui, afin d’obtenir un produit plus divisé, moins compacte , on chauffe au rouge dans un vase qui permet à Pair d’intervenir, par exemple, dans un têt, le safran de mars apéritif.

Il abandonne son eau d’hydratation, Pacide carbonique qu’il aurait pu retenir - et le protoxyde qu’y aurait laissé l’action incomplète de Pair, y passe peu à peu à l’état de peroxyde.

On pourrait remplacer le safran de mars apéritif par l’hydrate de peroxyde; alors l’opération pourrait se faire dans un creuset, et n’aurait d’autre résultat que de dégager Peau d’hydratation.

Le safran de mars astringent se trouve, par conséquent, n’être que du sesquioxyde de fer anhydre comme le colcothar.

Toutefois son mode particulier de préparation modifie ses propriétés physiques, plus spécialement sa couleur, et ne lui permet pas de contenir des traces de sous-sulfate de peroxyde.

DE l’ÉTHIOPS MARTIAL.

Me 9*M£tMot»9 tnartiaë 9 ot« Oaefjéte eie fer moir*

L’éthiops martial est pulvérulent, sans odeur, sans saveur. Ses propriétés, d’un noir foncé sans mélange de rouge, magnétique , soluble sans effervescence dans l'acide chlorhydrique. Sa dissolution offre les caractères d’un mélange de sel de fer protoxydé et de sel de fer peroxydé.

Plusieurs procédés de préparation ont été donnés ; le suivant Sa préparation, est adopté par le Codex.

On place dans une terrine en grès, 4 à 5 til. de limaille de fer exempte à la fois de peroxyde, d’acier, et de cuivre.

On la débarrasse de peroxyde qui la pourrait recouvrir, en la triturant dans un mortier en fonte avec un pilon de meme métal , puis la frottant à la surface d’un tamis en crin ou mieux encore en fil de fer, à tissu assez large pour que l’oxyde plus friable que le métal le traverse, assez serré pour qu’il retienne la limaille décapée.

Quant à l’acier et au cuivre, on s’assure qu’elle n’en contient pas , au moyen des essais relatés plus loin.

On humecte la limaille d’uue quantité d’eau distillée telle, que toutes ses surfaces en soient imprégnées, sans que cependant l’eau puisse s’écouler en inclinant le vase* on tasse légèrement la masse , puis on l’abandonne à l’action de l’air.

Elle s’échauffe, on la remue de temps à autre en reportant en dessus les portions du dessous ; on remplace par de nouvelle eau celle qui disparaît vaporisée ou détruite, et quand, au bout de 2 à 3 jours, la limaille s’est refroidie et l’oxydation arrêtée, mettant le produit de l’opération dans un mortier en fonte, on l’y triture de manière à détacher l’oxyde du fer; on jete le tout sur un tamis en crin à tissu serré; on l’y lave à grande eau jusqu’à ce que celle-ci passe incolore, et tandis que le fer non oxydé, infiniment moins divisé que l’oxyde, reste sur le tissu et peut être reporté dans la terrine pour y être traité comme précédemment , l’oxyde le traverse.

On le remet en suspension dans l’eau, afin que les parcelles métalliques les plus ténues qui auraient été entraînées, puissent

104 36e LEÇON.

être séparées par lévigation ; et dès que le départ s’est effectué , on décante sur un linge Peau retenant l’oxyde en suspension. Le dépôt égoutté est enveloppé du linge faisant fonction de filtre , fortement comprimé sous la presse, détaché du linge, placé entre des feuilles de papier non collé, destinées à le défendre de l’action de Pair, et séché à l’étuve.

Ces dernières opérations ont besoin d’être conduites aussi rapidement que possible* car Péthiops martial, en se saturant d’oxygène, dont la présence de Peau favorise l’absorption, serait profondément altéré, converti en sesquioxyde.

Si la température basse de l’atmosphère, ou la petite quantité de matière mise en expérience , ne permettait pas à la masse de s’échauffer assez pour que la réaction fût complète, on placerait la terrine dans une étuve chauffée à 30°.

Le fer, incapable de décomposer Peau à la température ordinaire, ainsi qu’on peut s’en convaincre en plaçant une lame de ce métal parfaitement décapée, dans un flacon rempli d’eau privée d’air par Pébullition, et très hermétiquement bouché; commence par s’oxyder aux dépens de l’oxygène de Pair, que Peau tient en dissolution, ou qui se renouvelle à la surface delà masse.

L’oxydation une fois commencée sous cette influence, chaque particule de peroxyde qui se forme, s’accolant à une particule de métal, produit une véritable pile, susceptible de décomposer Peau, et dès lors l’oxygène de Peau décomposée se porte sur le fer, tandis que l’hydrogène se dégage, trahissant sa présence par la formation de bulles au sein du liquide qu’il traverse, et par une odeur légèrement alliacée.

Dès ce moment, l’oxydation du fer se continue tout à la fois par 1 absorption de 1 oxygène de Pair , et par celle de l’oxygène de Peau.

L’élévation de température que nous avons signalée, et que M. Guibourt a vue dépasser 70<>, est la conséquence de ces réac^ tions, et surtout celle de la fixation de l’oxygène de Pair , car elle ne tarde pas à s’abaisser quand on couvre le vase.

Dans les conditions ordinaires , elle se maintient tant qu’il reste du fer à oxyder, ou du moins tant que celui qui n’a pas éprouvé la transformation , se trouve en quantité assez considé-

DE L^THIOPS MARTIAL. 105

rable pour que la masse ne puisse être refroidie par le courant d’air qui la touche constamment.

Un autre procédé de préparation de l’éthiops, consiste à mélanger très intimement 8 parties de safran de mars apéritif , 3 parties de vinaigre distillé, à introduire le mélange dans une cornue en grès 5 à chauffer, doucement d’abord, afin de vaporiser l’eau de préférence à l’acide acétique avec lequel l’oxyde se doit combiner j puis au rouge, de manière à décomposer l’acétate formé. Les produits hydrogénés et carbonés de sa décomposition ignée, ramènent le sesquioxyde h l’état d’éthiops martial, sans que la décomposition aille plus loin. (Bouillon-Lagrange et Trusson.)

On admet que le produit des deux opérations précitées est du sesquioxyde de fer monoprotoxydé (fe2 O3 -J- fe, O).

Cependant il est évident qu’il ne saurait, non plus que le colcothar, que le safran de mars apéritif, que le safran de mars astringent , constituer un médicament de composition constante.

En effet, l’éthiops préparé parle procédé du Codex, renouvelé de celui Cavezzali , peut et doit retenir du fer mécaniquement interposé, peut-être du sesquioxyde libre et de l’ammoniaque; puisqu’il s’en forme, d’après M. Chevallier, toutes J es fois que pendantl’oxydation d’un corps, l’eau et l’air agissent sur lui simultanément.

Quant à l’éthiops préparé par le procédé de MM. Lagrange et Trusson , il doit retenir à l’état de mélange du sesquioxyde ou du carbone, parce qu’il est à peu près impossible que l’action désoxygénante des éléments combustibles du vinaigre s’exerce régulièrement sur toute la masse.

En résumé, parmi les composés oxygénés de fer usités en médecine.

L’hydrate de sesquioxyde est le seul que l’on puisse considérer comme un corps chimiquement pur. Les autres , et surtout le colcothar, le safran de mars apéritif, l’éthiops martial, ne constituent guère que des mélanges de compositions plus ou moins variables.

Sa

composition.

Sa préparation

1er procédé.

XXXVIIe LEÇON.

SUITE DE LA PRÉCÉDENTE

Me Ximc.

(Fleur de zinc , pompholix, lana philosophica , nil album.)

(Zn,0) =

( Zinc,

( Oxygène,

Le protoxyde de zinc est solide, blan cou d’un blanc jaunâtre, sans odeur, sans saveur, sans action sur les réactifs colorés, fixe, indécomposable par la chaleur, insoluble dans l’eau, réductible au moyen du charbon, soluble dans les acides sulfurique, chlorhydrique, azotique.

Ses dissolutions, d’ailleurs incolores, ne sont pas précipitées par la noix de galle, par l’acide sulfhydrique, pour peu qu’elles soient acides.

Elles le sont ;

En blanc, par l’ammoniaque, la potasse et la soude caustiques; un exces de précipitant redissout le précipité d’hydrate d’oxyde; > #

— parles carbonates alcalins, sans qu’un excès de ces précipitants

redissolve le précipité. (Carbonate de zinc hydraté.)

— par le cyanure jaune de potassium. (Cyanure de zinc et de fer.)

— par les monosulfures de potassium et de sodium. (Sulfure de zinc

hydraté.)

Le fer n’en sépare pas le métal.

Deux procédés sont suivis pour sa préparation L’un consiste essentiellement à chauffer au contact de l’air, du zinc dans lequel les réactifs indiqués en traitant de ce métal, ont constaté l’absence du fer et de l’arsenic ; l’autre, à précipiter une dissolution aqueuse de sulfate ou de tout autre sel soluble de zinc, par un carbonate alcalin, puis à décomposer par la chaleur le carbonate de zinc formé.

On prend un creuset en terre, on le remplit aux 2/3 de zinc en fragments, on le dispose dans un fourneau à réverbère sous un angle d’environ 45°, de telle sorte que la partie supérieure

de l’oxyde de zinc. 107

soit en regard de l’ouverture circulaire que forment, en sejuxtàposant, les échancrures du laboratoire et du dôme; on chauffe jusqu’à ce que le métal, après s’ètre fondu, commence à brûler avec une flamme éblouissante ; puis, quand l’incandescence se manifeste, on recouvre le creuset d’un creuset plus grand, mais renversé, dans lequel la majeure partie des flocons d’oxyde doivent se rassembler. De temps en temps, on enlève le creuset supérieur; l’on remet à nu le bain démêlai en détachant avec précaution à l’aide d’une cuiller en fer, ou d’un fi! de fer disposé en forme de fourchette, l’oxyde qui le recouvre ; l’on replace le creuset faisant fonction de couvercle, et l’on répète ces opérations alternatives , jusqu’à ce que tout le métal soit converti en oxyde.

Le produit est passé au tamis, afin de retenir les portions de zinc qu’il aurait entraînées. *

Quelques praticiens conseillent de ne pas se contenter de le tamiser, de le traiter par lévigation, ainsi qu’on le fait pour les terres boîaires que l’on veut débarrasser des fragments siliceux qui les accompagnent.

Le métal infiniment plus dense se précipite, et l’oxyde que l’eau retient en suspension est recueilli sur un linge et séché.

100 de zinc devraient fournir 125 d’oxyde; mais il s’en faut de beaucoup que l’on en obtienne cette quantité, la perte est toujours considérable.

Le second procédé, exige que l’on commence par priver le 2* procédé, sulfate de zinc, du fer qu’il contient presque toujours, par l’une quelconque des méthodes que nous indiquerons en pariant de la purification de ce sulfate.

Quand on Ta purifié, on eo dissout 10 parties dans trois fois autant d’eau bouillante, on verse dans la liqueur, sans cesser d’agiter, une dissolution également bouillante de carbonate de soude cristallisé, en quantité suffisante pour qu’elle présente une réaction alcaline prononcée.

De la double décomposition des sels résulte du sulfate de soude soluble, et du carbonate de zinc basique et hydraté, que son insolubilité fait se précipiter sous forme de magma blanc, tandis qu’il se dégage de l’acide carbonique. Qn recueille le pré-

cipité, on le lave par décantation ou sur une toile, tant que ses eaux de lavage bleuissent le papier rouge de tournesol • on lui fait éprouver à l’étuve un commencement de dessiccation qui en chasse Peau interposée , en contracte les particules ; en dernier lieu, on le calcine dans un creuset assez fortement, pour qu’il perde toute son eau d’hydratation , tout son acide carbonique, sans que cependant il devienne compacte.

100 de sulfate de zinc sec représentent 50 d’oxyde.

Obtenu par le premier procédé l’oxyde de zinc doit être blanc, spongieux, très léger, soluble dans les acides sans dégag ement de gaz hydrogène, preuve de l’absence du zincmélallique, assez difficilement toutefois, en raison de sa grande cohésion. Sa dissolution acide doit ne pas précipiter en jaune par l’acide sullhydrique, preuve de l’absence de l’arsenic ; former avec le cyanure jaune de potassium, après addition de chlore liquide, un précipité blanc j avec l’ammoniaque, un précipité soluble sans résidu dans un excès d’ammoniaque, preuve de l’absence du fer. Au reste, la présence de ce dernier métal, ou plutôt de son sesquioxyde, s’annoncerait par la coloration jaune rougeâtre du produit. On s’explique très bien l’état en quelque sorte neigeux de cet oxyde, en observant que le zinc métallique, réduit en vapeurs, absorbe l’oxygène et retombe à l’état d’oxyde fixe.

Obtenu parle deuxième procédé, l’oxyde est d’un blanc légèrement jaunâtre, pulvérulent. Il ne saurait évidemment contenir du zinc métallique, encore moins de l’oxyde d’arsenic, puisqu’en supposant même que le sel mis en expérience en eût contenu, tout l’arsenic fût demeuré dans les liqueurs à l’état d’arsénite de soude.

Enfin, ce serait seulement par suite d’un défaut de soin, qu’il serait altéré par la présence de l’oxyde de fer.

De ia tuiiiic La tuthie et la cadmie ne sont que des oxydes de zinc très et delà cadmie. jmpUrs^ obtenus dans les traitements métallurgiques des miné-

raiszincifèrcs. Leur impureté, leurs variations de composition, en devraient faire abandonner l’usage.

DU PROTOXYDfî d’ÉTAIN.

Hti W*rotoæf0$ïe tâ’Ætaiu.

(Sn,0)

I Etain , 735,290

(Oxygène, 100

Sa

composition.

L’étain forme avec l’oxygène un protoxyde (Sn,0), et un bioxyde (Sn,02), que ses propriétés plutôt acides que basiques, font assez généralement ranger parmi les acides.

On les distingue aisément de tous les autres oxydes en ce que, Leurs calcinés avec du charbon en poudre, ils fournissent de l’étain propnété métallique.

On les distingue non moins aisément l’un de l’autre, aux propriétés suivantes :

Le protoxyde dissout dans l’acide chlorhydrique, donne lieu à un liquide incolore, que l’eau ne trouble pas, meme quand la solution est neutre; que l’air trouble en produisant du bioxyde; celui-ci n'y trouvant pas assez d’acide pour se maintenir en solution complète.

Dans cette même liqueur , il se produit :

Avec la potasse et la soude. ....

— le biehlorure de mercure. . .

— le cyanure^ jaune de potassium.

— les sulfures alcalins.

— le chlorure d’or. .

des précipités blancs d’hydrate de protoxyde, solubles dans un excès d’alcali.

un précipité blanc grisâtre de protochlorure de mercure, mélangé de mercure métallique.

un précipité blanc de cyanure d’étain ferrugineux.

des précipités d’un brun chocolat, protosulfures d’étain hydratés.

un précipité pourpre.

Le bioxyde traité par Facide chlorhydrique, donne lieu à une dissolution incolore, dont le contact de Fair ne trouble en rien la transparence, et qui ne précipite ni le biehlorure de mercure, ni le chlorure d’or.

On n’emploie en médecine que le protoxyde.

M. Soubeiranle prépare en chauffant au contact de Fair, Fé- sa préparation, tain exempt de plomb. Il se forme à sa surface, presque aussitôt qu’il est fondu , une crasse grisâtre que l’on rejette sur les bords du vase, au furet à mesure quelle se produit, et qui n’est autre qe le protoxyde.

i 10 37e LEÇON.

La difficulté qu'on éprouve à se procurer, par cette méthode, autre chose qu’un mélange d’étain, de protoxyde et de bioxyde puisque une portion de métal doit être entraînée avec l’oxyde, et que d’un autre côté, le protoxyde chauffé à l’air se convertit en bioxyde, me ferait préférer, avec M. Guibourt, de décomposer une dissolution de protochlorurc d’étain dans l’eau bouillie, par le carbonate de potasse ou de soude pur, également dissous dans Feau privée d’air.

Du contact des deux sels résulterait du chlorure de potassium ou de sodium qui resterait dissous, de l’acide carbonique qui se dégagerait, et du protoxyde d’étain qui se précipiterait. On le laverait avec de l’eau bouillie, puis on îe dessécherait rapidement, le plus possible à l’abri du contact de l’air. A cet effet par exemple, on le comprimerait à la presse, après l’avoir enveloppé d’un linge, et on le chaufferait dans une cornue tubuîée, au travers de laquelle on entretiendrait un courant de gaz acide carbonique.

Le protoxyde d’étain est pulvérulent, d’un gris noirâtre, sans odeur, sans saveur, indécomposable par la chaleur; il contient 13,6 d’oxygène pour 100 de mêlai.

Me M’ÇàæyjMe tE’AMtiàm&ime.

(Fleurs argentines.)

Sa Nha 03ï — j Antimoine, 1612,900

composition. ^ ’ J 'Oxygène, 300,000

Ses propriétés. L’oxyde d’antimoine se distingue des oxydes des autres métaux, en ce que son mélange avec le tartre ou la poudre de charbon, laisse après calcination de l’antimoine métallique ; en ce qu’il forme avec l’acide chlorhydrique une dissolution incolore, que l’eau précipite en blanc (oxychlorure d’antimoine) pourvu du moins qu elle ne soit pas très acide ; que l’acide suifhydrique et les prolosulfures alcalins précipitenten jaune orangé (protosulfure d’antimoine hydraté), la potasse, la soude, l’ammoniaque, en blanc (hydrate de protoxyde), qu’enfin, lecyanure jaune de potassium précipité en blanc aussi (cyanure d’antimoine ferrugineux.)

Le zinc et le fer en isolent le métal, à l’état de poudre grisâtre.

DE L’OXYDE d’aNTIMOINK. 111

Ce même oxyde se distingue des acides antimonieux et antimonique, en ce qu’il ne rougit pas la teinture de tournesol, même à l’état d’hydrate, ne neutralise ni la potasse, ni la soude, bien qu’il se dissolve dans leurs dissolutions concentrées, fournit du protoclilorure d’antimoine volatil, au lieu d’un mélange de protochlorure et d’antimoine oxydé, quand, après l’avoir dissous dans l’acide chlorhydrique, on évapore à siccilé sa dissolution.

On l’emploie en médecine sous deux états : en aiguilles blanches, brillantes, d’un éclat nacré $ en poudre grisâtre et terne.

Le Codex donne le procédé suivant pour obtenir l’oxyde cris- Sa préparation, tallisé, plus particulièrement nommé fleurs argentines.

Prenez de l’antimoine exempt d’arsenic, dont l’oxyde pourrait rendre le produit vénéneux, exempt aussi de fer dont le peroxyde le colorerait, placez-le dans un têt à rôtir, introduisez le têt dans le moufle d’un fourneau de coupelle , placez au devant de ce moufle un charbon en ignition, disposé de telle sorte, qu’il n’en ferme qu’incompiétement l’ouverture, et permette à l’air delà traverser, chauffez.

Lorsque le métal sera en pleine fusion et répandra d’abondantes vapeurs blanches, vous boucherez toutes les ouvertures du fourneau, excepté celle du moufle. Le courant d’air diminuant, la température baissera, l’antimoine se solidifiera.

L’oxyde formé se déposera en aiguilles, partie sur les parois du têt, partie à la surface du métal. Vous retirerez ce têt; vous enlèverez l’oxyde à l’aide d’une spatule en fer parfaitement décapée, puis, replaçant le têt dans le moufle, et de nouveau activant la combustion en dégageant les ouvertures, vous recommencerez l’opération , jusqu’à ce que tout le métal soit oxydé.

A défaut de fourneau de coupelle, on pourrait placer l’antimoine dans un creuset ordinaire , disposer celui-ci dans un fourneau à réverbère sous un angle de 45°, ainsi qu’on le fait pour l’oxyde de zinc, recouvrir le creuset de 2 à 3 autres creusets renversés, et percés à leur fond afin de rendre possible la circulation de l’air à leur intérieur, et de plus d’établir la communication entre eux. L’air s’introduisant entre le creuset de fusion et celui qui le recouvre, au moyeu d’une échancrure

112 37e LECOtf.

ménagée à cette intention sur leurs parois latérales, pour S’échapper par le trou pratiqué au fond du creuset supérieur, oxyderait le métal, et l’oxyde formé, partageant avec presque tous les corps solides la faculté d’être entraîné par les gaz et par les vapeurs , se condenserait dans l’un quelconque des creusets renversés.

Si , pour plus de facilité, on voulait se contenter de chauffer le métal dans un têt, en rejetant sur les bords l’oxyde au fur et à mesure de sa formation, on risquerait d’obtenir un mélange d’oxyde et de métal.

Le procédé à l’aide duquel on se procure Foxyde d’antimoine pulvérulent, est d’une exécution plus facile.

Il consiste à faire bouillir, pendant une demi-heure environ, 200 parties de poudre d’algaroth ou protoxychlorure d’antimoine , dans 1000 parties d’eau tenant en dissolution 100 parties de bicarbonate de potasse, à laisser déposer, à décanter la liqueur chargée de l’excès de sel alcalin, du chlorure de potassium provenant de la décomposition de l’oxychlorure ; à laver le dépôt jusqu’à ce qu’il ne cède plus d’alcali à l’eau, et finalement à le sécher.

M. Figuier préfère aucarbonate de potasse, le carbonate d’ammoniaque, dont la base n’a pas, comme la potasse, l’inconvénient d’être retenue par l’oxyde d’antimoine, avec une opiniâtreté telle, que des lavages multipliés ne peuvent l’entraîner tout entière.

La preuve que Foxyde d’antimoine préparé au moyen de cette dernière base en retient, c’est que, traité par l’acide azotique , il fournit des traces sensibles d’azotate de potasse que l’eau enlève au résidu de l’évaporation du liquide.

100 gr« d’antimoine devraient fournir 118 gr. de fleurs argentines, s’il n’y avait aucune perte de matière. Us représentent sûrement, 118 gr. d’oxyde par précipitation.

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