DE ^AMMONIAQUE
l’économie fait préférer le sulfate, surtout, parce qu’il évite l’opération qu’exige sa transformation en chlorhydrate 3 mais en pharmacie, mieux vaut employer ce dernier sel, que cette meme opération a débarrassé d’une portion des matières einpyreumatiques que retenait le sulfate. Du reste, fait-on usage de ch 1 or hydraté;
Le gaz ammoniac est éliminé par la chaux et se dégage, tandis que de la décomposition mutuelle de l’acide chlorhydrique et de l’oxyde, résultent du chlorure de calcium et de l’eau qui restent dans la cornue , celle-ci fixée par le chlorure, à moins que la température ne s’élève assez pour la réduire en vapeurs.
Fait-on usage de sulfate, lequel retient de l’eau, indispensable à son existence ;
La chaux encore se substitue aux gaz ammoniac, et il se forme du sulfate de chaux, qui, de même que le chlorure de calcium , retient ou abandonne l’eau mise en liberté, suivant que la température est plus ou moins élevée.
Dans le premier cas, la réaction se représente par l’équation suivante :
2(AzH3,ChH) + Ca,0 = Ca,Ch2 + H20 + 2(AzH3)
Chlorhydrate Chaux. Chlorure Eau. Ammoniaque,
d’ammoniaque. de calcium.
Dans le second , par celle-ci :
(2Az,H3)S03 + H20+Ca,0 = Ca0)S03 + H20 + 2(Az,H3)
Sulfate d’ammoniaque. Chaux. Sulfate de Eau. Ammoniaque.
chaux.
Dans les deux cas, chaque atome de chaux met en liberté 2 atomes d’ammoniaque.
On introduit dans une cornue en grès, un mélange à parties égales de chlorhydrate d’ammoniaque en poudre et d’hydrate de chaux, on place la cornue dans un fourneau à réverbère, on adapte à son col une allonge suivie d’un ballon vide communiquant avec une série de flacons de Woulf, comme dans l’appareil pour le chlore liquide, à cela près, qu’entre le ballon et le
premier flacon on place un tube à boule de Welther, afin qu’il ne se puisse produire d’absorption.
Les jointures de l’appareil étant parfaitement lutées, on chauffe graduellement de manière à entretenir le courant de gaz à peu près régulier et suffisamment rapide, quand il ne s’en dégage plus, ce que l’on reconnaît à ce que l’eau du premier flacon, saturée qu’elle est longtemps avant celle des flacons suivants, n’est plus traversée par des bulles, on laisse refroidir, on délute, on met de côté la solution du premier flacon, rendue impure par les portions de sel ammoniac et autres matières étrangères entraînées, le liquide qui s’est condensé dans le ballon, comme n’étant qu’une dissolution plus ou moins impure aussi de gaz ammoniac dans l’eau abandonnée par le mélange, même celui du dernier flacon, comme pouvant n’êtrc qu’imparfaitement saturé, et l’on conserve les dissolutions des flacons intermédiaires.
Si l’on opérait sur des masses tant soit peu considérables, on remplacerait la cornue par une marmite en fonte garnie d’un couvercle, présentant latéralement ou à sa partie supérieure, un tube destiné à conduire le gaz dans l’eau des flacons où il devrait se dissoudre.
L’opération est des plus faciles à conduire, cependant elle exige que l’on se conforme aux précautions ci-dessous énumérées.
Faire usage de chlorhydrate d’ammoniaque sans couleur , sans odeur d’empyreume, de chaux complètement décarbonatée ; autrement, le produit serait altéré par des huiles empyreumatiques, et partie de l’ammoniaque serait remplacée par du carbonate d’ammoniaque.
Pulvériser séparément et le sel ammoniac et la chaux, dont la décomposition mutuelle a lieu à la température ordinaire, par suite opérer leur mélange aussi rapidement que faire se peut.
Quoique la chaux vive pût servir, lui préférer l’hydrate de chaux pour le double motif, que la pulvérisation en est plus facile, et que l’eau qu’elle introduit dans la masse tend à rendre le contact plus intime, la décomposition plus facile, en agissant comme dissolvant du sel ammoniac.
de l’ammoniaque. 1$5
Ne remplir qu’à moitié les flacons qui suivent le flacon de lavage , parce que le gaz ammoniac, en s’y dissolvant, peut augmenter d’un tiers environ le volume de l’eau.
N’introduire en tout, dans ces mêmes flacons, qu’un poids d’eau égal à celui du sel ammoniac, afin qu’elle puisse être saturée.
Faire plonger jusqu’au fond des flacons les tubes qui conduisent le gaz, attendu qu’en vertu de cette disposition, leurs extrémités inférieures se maintiendront constamment dans les couches de liquide les moins saturées. En effet, la solution du gaz ammoniac diminue de densité, au fur et à mesure que la proportion de gaz dissous y deviens plus considérable.
Au moyen de terrines remplies d’eau, ou de toute autre manière, entretenir les flacons dans lesquels doit plus spécialement s’opérer la dissolution , à une température voisine de -j- 15°, afin que Peau puisse se saturer d’ammoniaque à cette température. Plus refroidie elle en contiendrait trop, moins refroidie elle n’en contiendrait pas assez.
A la fin de l’opération, mélanger les solutions qui doivent être conservées , afin d’obtenir un liquide homogène, et s’assurer qu’il marque 22° Baumé à -f- 1 5° de température f ce revient à dire que sa densité doit être de 0,923 ; on Pétendrait d’une quantité convenable d’eau distillée au cas où il marquerait davantage j on y ferait passer de nouveau du gaz ammoniac, au cas où il marquerait moins.
Le liquide du dernier flacon que nous avons supposé pouvoir n’être pas saturé, pourra servir à une nouvelle opération, et la matière restée dans la cornue, à la préparation du chlorure de calcium.
C’est un mélange de chlorure de calcium et de chaux sans doute combinés, du moins existe-t-il un oxychlorure de calcium, dont la formule est 3 Ca O -f- Ca,Ch2 -|- 15 H2 O. 100 gr. de chlorhydrate d’ammoniaque, contenant 32 gr. d’ammoniaque, suffiront à la saturation de lOOgr. d’eau, car 100 gr. d’eau, pour se convertir en ammoniaque liquide à 22°, n’absorbent guère que 24 gr. de gaz ammoniac, et sa grande solubilité assure son absorption presque complète.
Des sachets résolutifs.
De la poudre de Leayson .
126 37e LEÇON.
L’ammoniaque liquide est sans couleur, d’une saveur et d’une odeur qui rappellent tout à fait celles du gaz lui-même, très alcaline aux réactifs. À — 40° elle se fige, devient opaque et perd son odeur ; à la température de F ébullition elle laisse dégager tout le gaz quelle contient.
On la doit conserver dans des flacons bouchés à l’émeri; outre que dans des vases ouverts elle tend à s’affaiblir, à s’emparer de l’acide carbonique de l’air , elle attaque facilement les bouchons en liège et par suite se colore.
Les sachets résolutifs, avec :
Sel ammoniaque en poudre, 1 partie,
Chaux éteinte, — 1 —
] La poudre de Leayson avec :
Chaux éteinte 32 parties,
Sel ammoniac 4 —
Charbon végétal. . . |
Cannelle. ...... } de chaque. . . 1 —
Girofle j
Bol d’arménie. . 2 —
Sont des préparations à Faide desquelles on obtient un dégagement en quelque sorte continu de gaz ammoniac.
Pour les employer, on étend le premier mélange entre deux feuillets de coton cardé, que Fou enveloppe d’une mousseline fine, et l’on applique cette espèce de bande sur la partie désignée.
Quant au second, on introduit dans un flacon à l’émeri, des couches alternatives de chaux vive et de charbon mélangés, de sel ammoniac et de charbon également mélangés; on étend sur la dernière les autres matières pulvérulentes , on arrose le tout d’un peu d’eau, et l’on bouche pour n’ouvrir le flacon que de temps à autre, et lorsque le malade doit être exposé aux émanations qui s’en échappent.
Nous avons vu bon nombre d’acides minéraux mériter que nous en signalions nominativement au moins l’existence, bien qu’à l’état de liberté, le pharmacien n’en fasse aucun usage, parce qu’ils se produisent dans certaines réactions qui se manifestent sous ses yeux, ou font partie de combinaisons qu’il emploie; c’est au contraire à peine, si quelques oxydes métalliques se trouvent dans le même cas.
DES SULFURES METALLIQUES*
A l’exception :
De l’alumine , que nous retrouverons dans l’alun;
De l’oxyde de cadmium que l’on a fait servir à l’état de sel, au traitement de certaines aiïections des organes de la vue ;
De l’oxyde de chrome, que nous verrons résulter de la désoxygénation partielle de l’acide du bichromate de potasse , dans l’essai de l’acide azotique supposé mélangé de bioxyde d’azote ou d’acide hypoazotique ;
Du bioxyde de cuivre, que nous verrons exister dans le sulfate et dans l’acétate du cuivre, donner naissance à des phénomènes particuliers dans la préparation du vinaigre radical , que déjà nous avons vu jouer un rôle dans celle de l’onguent ægyptiac ;
je n’en vois , en effet, aucun que le pharmacien puisse rencontrer libre ou combiné dans le cours clés préparations auxquelles il se livre, ou des essais qui s’y rattachent.