‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 41 sur 228 · XXXVIII* LEÇON · texte numérisé non relu

XXXVIII* LEÇON

Bt# Sulfura métalliques.

Tous les métaux se combinent avec le soufre, souvent même en plusieurs proportions. Nous ne nous occuperons toutefois, que de quelques-uns des sulfures que forment :

Le potassium , L’étain .

— sodium, L’antimoine,

— calcium, Et le mercure.

— fer,

On peut les reconnaître aux caractères suivants :

S’ils sont à base de potassium, de sodium ou de calcium, l’eau les dissout en acquérant une odeur, une saveur prononcées d’œuf gâté. Les acides chlorhydrique et azotique étendus les dissolvent également. Il se dégage alors du gaz suSfhydrique, parfois accompagné d’un dépôt de soufre, et la liqueur filtrée puis bouillie, afin d’en séparer le soufre précipité, d’en expulser tout le gaz sulfhydrique, présente les caractères d’un chlorhydrate ou d’un azotate à base de potasse de soude ou de chaux.

Leurs

caractères

génériques

et

spécifiques.

38e LEÇON.

S’ils sont à base de fer, d’étain, d’antimoine ou de mercure, l’eau ne les dissout plus; mais pulvérisés et traités à chaud par un léger excès de carbonate de potasse dissous dans l’eau distillée, ils finissent par donner lieu à du sulfure de potassium qui reste en dissolution avec l’excès de carbonate alcalin , et à de l’oxyde de leur propre métal qui se précipite. Le soufre du sulfure s’est porté sur le potassium, l’oxygène de la potasse sur le métal de ce même sulfure , et l’acide carbonique s’est dégagé.

En outre, ceux à base de fer, d’étain, d’antimoine, calcinés avec de la potasse caustique et quelque peu de charbon en poudre, destiné à produire la réduction de l’oxyde auquel donne naissance l’échange qui se fait encore entre l’oxygène de la potasse et le soufre du sulfure métallique; laissent au fond du creuset un culot de fer, d’étain ou d’antimoine, que recouvrent des scories de sulfure de potassium. Ceux à base de mercure se comportent avec la chaleur de la même manière, seulement la volatilité du métal obligerait d’opérer dans un appareil distillatoire si l’on tenait à le recueillir, et l’addition du charbon deviendrait inutile, parce que les oxydes de mercure sont réductibles par la chaleur seule.

La présence du sulfure de potassium dans le creuset ou dans les liqueurs, indiquerait donc que l’on a eu affaire à un sulfure, et, d’un autre côté, les caractères que nous avons précédemment assignés au fer, à l’étain, à l’antimoine, au mercure et à leurs oxydes, permettraient de déterminer la nature de la hase, en soumettant à l’action des réactifs : le culot métallique, produit de la première opération, le précipité d’oxyde, produit de la seconde.

Mes GSuMfuÈ'es fie potassium.

Suivant M. Berzéîius, il existerait au moins 5 sulfures de potassium, contenant, pour la même quantité de métal, des quantités de soufre qui seraient entre elles comme les nombres 1,2, 3 , 4 et 5.

Î)U POLYSULFURE OE POTASSIUM.

Un protosuîfore correspondant au protoxyde K, S

K, S2 K?Ss K, S* K, S5

— bisulfure ,

— bisulfure correspondant au peroxyde,

— <|iiadrisulfure ,

— quinlisulfure,

Ces sulfures se distinguent les uns des autres par la faculté qu’ils possèdent , étant dissous dans l’eau, de dégager par l’additiondes acides, du gaz sulfhydrique sansdépôt de soufre, quand on agit sur le protosulfure ; du gaz sulfhydrique qu’accompagne un dépôt de soufre double, triple ou quadruple, en quantité de celui qui fait partie de l’acide sulfhydrique mis à nu, quand on agit sur les autres , autrement dit sur les polysulfures.

C’est que le protosulfure trouve dans l’eau, dont l’oxygène oxyde son métal, assez d’hydrogène pour convertir tout son soufre en acide sulfhydrique , tandis qu’il n’en est pas de même des sulfures plus sulfurés.

Aucun d’eux ne s’emploie en médecine à l’état de pureté ; mais le trisulfure fait partie du sulfure de potasse ou foie de soufre, et le quinlisulfure du foie de soufre saturé.

Mu PoM'tfswMfwve $Me €?oiMeæ*

(Sulfure de potasse, foie de soufre, sulfure de potassium sulfaté.)

Le sulfure de potasse est solide , jaune rougeâtre , d’une sa- Ses propriété*, veur prononcée d’œuf pourri, sans odeur quand l’humidité n’intervient pas; d’une saveur hépatique quand elle intervient en même temps que l’acide carbonique de l’air , parce qu’aîors celui-ci déplace une portion de l’acide sulfhydrique produit aux dépens de l’eau j d’une texture compacte, légèrement déliquescent, soluble dans l’eau et dans l’alcool. Ses dissolutions sont colorées en jaune rougeâtre, tandis que celles du protosulfure sont incolores.

Lorsqu’on le destine à l’usage externe, on le prépare en fai- Sa préparation, saut fondre dans une marmite en fonte, fermée d’un couvercle,

1 partie de soufre et 2 parties de belle potasse perlasse; agitant, vers la fin donnant un coup de feu capable de faire éprouver à la matière une fusion tranquille , et coulant à la surface dnue plaque en tôle légèrement huilée.

Ton. il.

Sa

composition»

130 38e LEÇON.

Ainsi préparé, il doit à la présence d’une petite quantité de

sulfure de fer , d’être légèrement coloré en vert

Pour l’usage interne, le Codex recommande de mélanger très exactement :

2 parties de soufre sublimé et lavé ,

4 — de carbonate de potasse pur et sec;

De les introduire dans un matras en verre à fond plat, qu’ils doivent remplir aux 2/3 au plus, de placer le n atras sur un bain de sable, et de chauffer graduellement, jusqu’à ce que le mélange soit en fusion complète et tranquille.

A cette époque, on arrête le feu, on couvre le matras, et lorsque la matière s’est solidifiée et refroidie , on brise le vase pour la détacher.

Dans cette opération, l’acide carbonique du carbonate alcalin est éliminé, d’où la boursouflure qui oblige à ne pas remplir entièrementlematras; et tandisqu’une portion de l’oxyde ramené à l’état métallique, produit du trisulfure de potassium, l’autre se combine avec l’acide sulfurique, auquel a donné naissance le report sur du soufre de l’oxygène abandonné par le métal. En définitive, on obtient pour produit, du trisulfure de potassium et du sulfate neutre de protoxyde de potassium.

L’équation,

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