‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 56 sur 228 · DU PROTOCBLORURK DE MERCURE · texte numérisé non relu

DU PROTOCBLORURK DE MERCURE

toutes les prescriptions énumérées en traitant de la sublimation, notamment en vous assurant de temps à autre que le col du matras ne s’obstrue pas, en recouvrant son ouverture d’un petit pot ou d’une fiole renversée, pour assurer la condensation des vapeurs, en découvrant ou recouvrant de sable chaud sa paroi supérieure, afin de la refroidir ou de l’échauffer, suivant que la condensation des vapeurs se fera plus ou moinsbien; en dernier lieu, donnez un coup de feu capable de rendre compacte la matière sublimée. Quand l’opération est terminée, on laisse refroidir, on brise le matras et l’on détache le produit.

Le bichlorure cède au mercure la moitié du chlore qu’il renferme, et de celte double transformation, résulte du protochîorure de mercure. Celui-ci se sublime sous forme de pains convexes en dessus, concaves en dessous, parce qu’ils se sont moulés sur les parois supérieures du matras 5 d'une texture compacte dans les portions adhérentes au verre et garnis en dessous de cristaux prismatiques, suspendus ainsi que le sont les stalactites, dans certaines cavernes. Ces pains sont presque toujours salis par du mercure métallique que son éclat, sa forme globulaire , sa teinte grise, font aisément reconnaître, et par du bichlorure de mercure. La grande volatilité de celui-ci le fait en partie échapper à la décomposition , et dès lors une quantité proportionnelle de mercure se trouve privée du chlore qui le devait convertir en chlorure ; ou plutôt une portion du protochlorure est décomposée en bichlorure et en mercure , sous l’influence de la chaleur, que nous savons tendre à donner naissance à ces produits nouveaux, alors que de la décomposition de matières volatiles, peuvent résulter des matières plus volatiles encore.

En prévalant, cette dernière opinion a fait abandonner l’usage dans lequel on était autrefois, de pulvériser les pains de protochlorure, d’en mélanger toutes les parties, et de procéder aune nouvelle sublimation.

Quelle qu’en soit l’origine , la présence incontestable du bichlorure oblige à laver le produit.

On le broie donc dans un mortier en gaïae; on le passe au tamis de soie 5 on le porphyrise avec quelque peu d’eau ; on dé-

39e LEÇON.

laie dans une grande quantité d’eau distillée bouillante la pâte qui en résulte ; on laisse déposer ; on décante ; on continue les lavages, tant que les liqueurs précipitent en jaune par la potasse, en blanc par l’ammoniaque ; on recueille sur un filtre ou sur une toile à tissu serré le protochlorure • on l’y laisse égoutter ; on le sèche à l’étuve, et, s’il en est besoin, on le repasse au tamis.

Ainsi broyé avec de l’eau, le protochlorure est bianc, tandis que broyé à sec il offre une légère teinte verdâtre. M. Guibourt attribue cette différence à la présence d’une petite quantité d’eau ; cependant elle ne disparaît pas, quand la matière est complètement desséchée.

H en n stand et Planche avaient donné un autre procédé ; ils chauffaient dans un raatras à sublimation, un mélange intime de sel marin décrépité et de sulfate de bioxyde de mercure, dans lequel ils avaient commencé par éteindre autant de mercure qu’il en contenait déjà.

Il se produisait du sulfate de soude fixe, et du protochlorure de mercure volatil; la quantité de chlore abandonnée par le sodium étant capable de, transformer tout le mercure en protochlorure, et d’un autre côté, la quantité d’oxygène abandonné par le bioxyde , pouvant transformer le sodium en protoxyde; l’acide sulfurique se transportait de l’un à l’autre.

En effet ,

HgO,S03 + Hg + Na, Ch2 = NaO,S03 + 2(Hg,Ch)

Sulfate de Mercure. Chlorure Sulfate de soude Protochlorure bioxyde de de sodium. anhydre. de mercure,

mercure.

L’emploi d’un mélange de sulfate de bioxyde et de mercure dans des proportions telles, que tout le métal pût s’y trouver à l’état de protoxyde, en admettant que celui ajouté s’emparât de la moitié de l’oxygène du bioxyde, avait pour objet de rendre inutile la préparation du sulfate de protoxyde qu’il est difficile d’obtenir.

Ce procédé, avantageux en cela, qu’il économise la préparation du bichlorure de mercure ; désavantageux en cela, que

BU PROTOCHLORURE DE MERCURE. j 73

l’extinction complète du mercure, cependant indispensable au succès de l'opération, se fait lentement, est rarement suivi.

Quant à celui du Codex, M. Guibourt a démontré qu’il fournirait un mélange de bi et de protochlorure, attendu qu’en faisant chauffer, 'même pendant peu de temps, 500 p. de mercure avec 600p. d’acide sulfurique à 66°, évaporant à siccité et desséchant; pour, plus tard, décomposer le sulfate résultant de cette première opération par le sel marin décrépité, l’on obtient une forte proportion de sulfate de bioxyde, dont la décomposition ultérieure par le chlorure de sodium produit inévitablement du bichlorure.

Introduisez dans un mat ras 1000 p. de mercure, 1500 p. d’acide azotique; laissez la réaction se produire, la dissolution s’opérer, sans faire intervenir la chaleur, et abandonnez la liqueur à elle-même pendant Vi à 48 heures. Au bout de ce temps, vous trouverez au fond du matras, des cristaux d’azotate de protoxyde de mercure ; l’élévation de température résultant de la réaction, n’ayant pu se maintenir, en aura déterminé la précipitation; au contraire, la liqueur retiendra de î’azotaie de protoxyde mélangé d’azotate de bioxyde : il serait facile de le prouver, en précipitant à l’état de protochlorure, au moyen du sel marin, tout le mercure protoxydé, à Pexclusion de celui bioxydé que retiendrait la liqueur, à l’étal de bichlorure. Yous décanterez le liquide que vous mettrez à part; vous ferez égoutter les cristaux dans un entonnoir, vous les broierez dans un mortier en porcelaine ou en verre, avec une petite quantité d’eau distillée chaude aiguisée d’acide azotique pur, destiné à prévenir la formation de l’azotate basique insoluble, et continuerez ces traitements de manière à produire une solution complète.

Les liqueurs seront réunies dans un vase à précipité, peu large et profond , puis additionnées d’acide chlorhydrique étendu, tant qu’elles se troubleront.

Le protoxyde de mercure échangera son oxygène contre l’hydrogène de Pacide chlorhydrique, et de là, de l’eau; le métal absorbera une quantité correspondante de chlore, et delà, du protochlorure; Pacide azotique sera mis en liberté.

L’équation suivante rend visibles les évolutions des atomes.

Procédé à la vapeur.

174 39e LEÇON.

Hg20,Az2G5 + 2(Ch,H) = 2(Hg,Ch) + H20 + Az205

Azotate de protoxyde Acide Protochlorure Eau. Acide

de mercure. chlorhydrique. de mercure. azotique.

Le protochîorure se dépose sous forme de poudre blanche qu’on lave par décantation, d’abord à beau froide, ensuite à l’eau bouillante, tant qu’elle la rend acide au papier, que bon jette sur un filtre et que bon sèche à bétuve.

ïl importe que la dissolution des cristaux se fasse dans de beau très faiblement acidulée, et que l’acide employé à la précipitation soit étendu ; autrement, les acides azotique et chlorhydrique se décomposant mutuellement, donneraient lieu à du chlore, par suite, à du bichlorure, en pure perte pour le produit. (Robiquet, Guibourt.) A défaut d’acide chlorydrique, on pourrait employer une dissolution de sel marin, mais alors, on risquerait davantage d’obtenir un mélange de protochlorure et de sous-azotate de mercure, à moins que bon n’acidulât plus fortement beau de dissolution des cristaux d’azotate, ou que bon n’ajoutât quelque peu d’acide azotique à la solution de chlorure alcalin. (Mialhe.)

Dans ce cas, au lieu de contenir de bacide azotique libre, les eaux de lavage contiendraient de l’azotate de soude, et il cesserait de se produire de beau. Le chlorure de sodium et le protoxyde de mercure échangeraient mutuellement leur chlore et leur oxygène.

Le protochlorure par précipitation jouit d’une remarquable activité que bon ne peut attribuer qu’à son extrême division, et qui ne saurait permettre de le substituer à celui obtenu par sublimation, quelque bien porphyrisé que celui-ci ait été ultérieurement. Il est plus blanc que lui, plus ténu, et cependant, sous ce double rapport, le cède au protochlorure à la vapeur. En outre, il se tasse, s’agglomère à la manière des poudres obtenues par précipitation, et n’offre aucune particule cristalline et brillante, contrairement à ce qui a lieu avec le mercure doux à la vapeur.

Le protochlorure à la vapeur, n’est point préparé par un procédé particulier, en ce sens, que les matières premières seraient

Page 1