‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 72 sur 228 · DU CARBONATE NEUTRE DE SOUDE · texte numérisé non relu

DU CARBONATE NEUTRE DE SOUDE

rhomboïdaux ou en octaèdres à sommets tronqués , retenant les mis et les autres, 62 sur 100 d’eau de cristallisation (10 atomes), et très efflorcscents.

Son efflorescence comparée à la déliquescence du carbonate de potasse, la faculté qu’il possède de fournir avec l'acide acétique, un acétate facilement cristallisable et de plus insoluble dans l’alcool, tandis que l’acétate de potasse est à peu près incristallisable et très soluble dans l’alcool, ne permettent pas de confondre ces deux sels.

On le prépare en grand, pour les besoins des arts, par deux Sa préparation, procédés fort différents.

L’un, fort anciennement connu, consiste dans la calcination et l’incinération de certaines plantes marines, la lixiviation au moyen de l’eau, du produit de l’incinération, et finalement la concentration et la cristallisation des liqueurs.

On se procure de cette manière :

Les soudes d'Alicante , de Carthagène, de Malaga ,

Le salicor , ou soude de Narbonne,

La blanquette, — d1 Aigues-Mortes ,

Le varech, — de Normandie;

dans lesquels existent , outre une proportion de carbonate de soude que l’on peut évaluer à 40 pour 0/0 au plus , des sulfates de soude et de potasse , des chlorures et des sulfures de potassium et de sodium, des traces de carbonate de chaux, de silice, d’oxyde de fer, et parfois d’iodure de potassium.

(Soudes de varech.)

Les sulfures proviennent de la décomposition des sulfates par les éléments combustibles des plantes.

Le second procédé, pour la première fois pratiqué à Saint- Denis prés Paris, vers 1793, par MM. Leblanc et Dizé, consiste dans la calcination, à une haute température, d’un mélange de sulfate de soude sec, de craie et de charbon.

L’on obtient une masse noire, de saveur à la fois alcaline et hépatique , contenant de 30 à 32 pour 0/0 de carbonate de soude, qu’accompagnent l’excès de charbon, un peu de soude et de chaux caustiques , du sulfure de calcium , et souvent du sulfate de soude et du carbonate de chaux indécomposés.

Toiw. Il, 15

226 41e lkcon.

Par la calcination du carbonate de chaux et du sulfate de soude, sans additio ride charbon, ouobtiendrait égalementdu carbonate de soude ; mais comme le sulfate de chaux formé, reproduirait, en réagissant sur îe carbonate de soude, du sulfate de soude et du carbonate de chaux, au moment du contact de beau; l’intervention du charbon est nécessaire, pour faire secondairement passer le sulfate de chaux à l’état de sulfure de calcium.

On traite la masse divisée par l’eau froide, incapable d’attaquer le sulfure calcique, ainsi que îe ferait Peau bouillante ; on filtre, on évapore à siccité en agitant continuellement, on expose à Pair le résidu, afin que la portion de soude caustique qu’il contient se convertisse en carbonate; au bout de 15 à 20 jours on lessive de nouveau, et cette fois on fait cristalliser.

Ce carbonate de soude porte habituellement le nom de soude artificielle, par opposition avec celui qui n’est que îe produit de la destruction ignée des plantes, et souvent aussi le nom de sel de soude, quand il est anhydre ; de cristaux de soude, quand il est cristallisé.

Le pharmacien ne pratique aucune de ces opérations , il se contente de purifier par voie de cristallisation , le carbonate de soude que le commerce lui fournit en abondance.

. A cet effet, après l’avoir réduit en poudre, il le traite par 5 à 6 fois son poids d’eau bouillante dans une bassine en fonte, rapproche à 30° B.; filtre dans des terrines en grès, laisse refroidir lentement , sépare par décantation les eaux mères des cristaux formés, et, d’une part, fait égoutter ceux-ci et les enferme dans des flacons aussitôt qu’ils sont sensiblement secs, sans attendre qu’une trop longue exposition à l’air ait amené un commencement d’efflorescence ; d’autre part, rapproche celles-là jusqu’à pellicule.

Les dissolutions et les cristallisations devront être répétées , tant que les cristaux dissous dans l’eau indiqueront la présence des sulfates et des chlorures, par l’azotate de baryte et l’azotate d’argent.

Il semblerait que des vases en fonte dussent colorer îe produit; l’expérience prouve qu’il n’en est rien. La fonte même se conserve tellement intacte , sous l’influence de la liqueur alca-

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