DES EAUX. MINÉRALES NATURELLES
XLIVe LEÇON.
Béa (Eau* mïnhak# naturelle#.
Soit que, retenue à la surface du globe dans des bassins plus ou moins étendus, elle y forme des mers, des lacs, des étangs, des marais j ou qu’épanchée sur des plans inclinés, elle produise des fleuves, des rivières, des torrents, des ruisseaux; soit encore que, s’échappant des profondeurs de la terre, elleconstitue des sources, des fontaines; l’eau, telle que la nature nous la présente, n’est jamais pure. Aussi, lorsque nous avons voulu l’obtenir exempte de matières étrangères, nous a-t-il fallu recourir à la distillation, même la pratiquer dans des conditions déterminées.
Nous avons dit alors, et nous répétons, qu’elle contient toujours des gaz, des matières inorganiques, et presque toujours aussi des matières organiques. Lorsque la nature, la proportion de ces corps étrangers, sont telles, que l’eau qui les renferme, puisse servir aux usages domestiques, on dit qu’elle est potable. Elle l’est, toutes les fois, que limpide, sans odeur, sans saveur désagréable, ou du moins susceptible d’acquérir cet ensemble de qualités par simple filtration, elle peut en outre, et dissoudre le savon et cuire les haricots sans les durcir. Les eaux chargées de sels calcaires précipitent en effet les dissolutions de savon, en produisant de l’oiéate et du margarate de chaux insolubles, et déterminent entre cette même chaux et la matière azotée des enveloppes des haricots, la formation d’un composé coriace, qui défend du contact de l’ean, les parties centrales de ces semences.
Lorsqu’au contraire les matières étrangères les rendent impropres aux usages domestiques, les eaux constituent : ou des eaux simplement minérales, ou des eaux minérales médicinales,
si l’on peut les employer comme médicaments. L’eau dans laquelle MM. Henry et Poumarède ont rencontré une proportion
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considérable de sulfate de manganèse, les eaux qui se chargent de cuivre ou de zinc en traversant les mines de ces métaux , celles infiniment plus communes que saturent du sulfate ou du carbonate de chaux, sont dans le premier cas; les eaux de Vichy, de Baréges , dans le second. Nous n’avons à nous occuper , ni des eaux potables, ni des eaux purement minérales; mais il convient que nous entrions dans quelques détails relatifs aux eaux médicinales.
nés ÆJauæ ntinéraies médicinales naturelles.
L’analyse a constaté dans les eaux minérales médicinales naturelles, la présence d’un grand nombre de corps étrangers, parmi lesquels on doit citer :
L’oxygène,
L’azote ,
L’acide carbonique ,
— sulfhydrique,
— silicique,
Les sulfures Les chlorures Les iodures ' Les bromures
| de sodium ,
/ — calcium ,
\ — magnésium,
Les carbonates
Les sulfates
(de soude , de chaux , de magnésie , de fer , f de soude,
\ de chaux, j de magnésie , [ de fer,
et diverses matières organiques plus ou moins imparfaitement connues.
Le pharmacien peut au contraire ne pas tenir compte :
Du fluate de chaux, du carbonate de strontiane, du phosphate d’alumine et de quelques autres sels, que des recherches d’une extrême délicatesse permettent seules d’y découvrir; ils y sont en trop minimes proportions, pour pouvoir influencer les propriétés thérapeutiques du liquide.
L’ébullition qui les dégage, fournit le moyen d’isoler les gaz; l’addition des réactifs trahit la présence des sulfures, des chlorures, des iodures, des bromures, des carbonates, des sulfates; celle aussi de la magnésie, de la chaux, du fer; la calcination dans un tube disposé de manière à pouvoir recueillir les gaz, du résidu de leur évaporation, préalablement mélangé de bioxyde de cuivre, signale celle des matières organiques.
On conçoit la possibilité de l’existence des matières si différentes que les eaux minérales renferment en dissolution, quand