DES EAUX MINÉRALES MEDICINALES NATURELLES
on considère l’extrême variété de composition des terrains qu’elles traversent, l’étendue de leur pouvoir dissolvant, qu’augmente la pression qu’elles supportentau sein de la terre, la température élevée qu’elles y rencontrent, et que parfois elles conservent assez, pour qu’on les distingue en eaux chaudes ou thermales (de èiffjios chaud), et en eaux froides. Les premières, ayant une température supérieure, les autres, une température égale à celle de l’atmosphère.
Les matières étrangères précitées ne se rencontrent toutefois pas toutes, dans une même eau minérale, il en est même qui s’excluent. Tel est l’oxygène, par rapport à l’acide suîfhydriquc et aux sulfures ; le carbonate de soude, par rapport aux chlorures de calcium et de magnésium, aux sulfates de chaux et de magnésie ; d’un autre côté, tandis que le chlorure de sodium, le sulfate de soude, existent pour ainsi dire dans toutes, les bromures n’ont encore été signalés que dans les eaux de Bourbonneles-Bains et de Balaruc; tandis que les sources de Sedlitz, de Seidschutz, fournissent des eaux assez chargées de sulfate de magnésie, les sources de la Lorraine et de la Franche-Comté, des eaux assez chargées de sulfate de soude, pour que l’on en puisse extraire ces sulfates par l’évaporation : c’est à peine si les eaux les plus riches en sulfure de sodium en renferment .
On les divise en acidulés,
— — sulfureuses,
Les lres ont pour principe essentiel, l’acide carbonique libre,
Les 2es — — l’acide sulfhydrique libre ou combiné ,
Les 3e® — — le fer à l’état de seh
Dans le quatrième groupe, sont confondues toutes celles qui ne sont ni acidulés, ni sulfureuses, ni ferrugineuses.
Très souvent toutefois, leur composition en quelque sorte intermédiaire, permet de les placer dans des classes différentes, suivant que l’on considère tel ou tel de leurs composants, plutôt que tel ou tel autre. Ainsi l’eau de Vichy est mise par les uns, au nombre des eaux gazeuses, par les autres, au nombre des eaux ferrugineuses, attendu qu’elle contient à la fois de l’acide carbonique libre et du fer 5 de leur côté, la plupart des eaux salinesoffrent des indicesdc la présence : celles-ci du fer, celles-là
ferrugineuses, et salines;
Leur
classification.
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de l’acide sulfhydriquc, celles-là encore de l'acide carbonique libre, ce qui pourrait faire rattacher certaines, aux eaux ferrugineuses, sulfureuses ou acidulés*
Indiquons sommairement l’origine, les caractères, la composition des eaux acidulés, sulfureuses, ferrugineuses et salines $ les procédés à l’aide desquels le pharmacien pourrait déterminer la proportion :
De l’acide carbonique dans les premières ,
— sulfhydrique — secondes,
Du fer — troisièmes ;
Dans les dernières, la somme des matières fixes, la nature et la proportion des principes les plus abondants ou les plus importants, sous le point de vue thérapeutique.
Mes ÊHaiMæ aeiiitties.
Leur origine. M. Berzélius pense qu’elles proviennent de montagnes à volcans éteints. Ce que l’on ne saurait contester, c’est qu’elles abondent en Auvergne.
On cite, parmi les plus connues :
L’eau thermale de Vichy (Allier). L’eau thermale de Saint- Alban (Loiret).
— de Bourbon- l’Archambault, id. L’eau froide de Contrexeville (Vosges).
— du Mont-d’Or (Puy-de-Dôme). — de Pougues (Nièvre).
— de Saint-Nectaire , id. — de Seltz (duché de Nassau).
— de Balaruc (Hérault).
Leurs Elles offrent une saveur aigrelette, à laquelle peut succéder caiacteres. une saveur urineuse, qu’explique parfaitement l’existence du
carbonate de soude ; rougissent plus ou moins fortement la tein- turc de tournesol ; précipitent en blanc beau de chaux qu’on leur ajoute en assez grande quantité pour que le précipité formé ne puisse se redissoudre à la faveur de l’acide carbonique non saturé; laissent dégager à la température de l’ébullition, du gaz acide carbonique. Ce dégagement de gaz a parfois lieu à la température ordinaire, et le passage de ses bulles au travers du liquide lui communique un aspect nébuleux. Quand un pareil phénomène a lieu d’une manière marquée, on dit que l’eau est mousseuse ou plutôt gazeuse.
composition. Outre l’acide carbonique libre, dont la proportion est du reste.
DES EAUX ACIDULES. 283
extrêmement variable dans les eaux acidulés de localités différentes 5 de telle sorte que M. Berthier l’évalue :
À 1 litre 149 par litre d’eau de Yichy,
— 0^ — 372 — de Saint-Nectaire ,
— Oj — 133 — du Mont-d’Or (Source de la Madeleine).
L’on y rencontre : de l’oxygène, de l’azote, du chlorure de sodium, du sulfate de soude, des carbonates de chaux et de magnésie, de la silice, des matières organiques et fréquemment du, carbonate de soude.
Les eaux de Yichy, du Mont-d’Or, de Seltz, en contiennent $ les eaux de Gontrexe ville et de Balaruc en sont privées.
Sa présence en proportion assez notable pour leur communiquer une saveur alcaline prononcée, les constitue eaux alcalines gazeuses.
Le procédé à l’aide duquel on peut déterminer la proportion du gaz carbonique varie, suivant que l’eau sur laquelle on opère conserve son gaz sous la pression de l’atmosphère, ou le perd en partie.
Le conserve-t-elle?
Dans une cornue tubuîée d’environ lm-,3 de capacité, l’on introduit 20 à 25 gr. de mercure et 1 litre d’eau minérale, l’on adapte à sa tubulure un tube droit plongeant au fond du mercure, et destiné à prévenir dans le vase distillatoire, la rentrée du liquide des flacons qui le suivent, au moment où tout le gaz carbonique étant abandonné par Peau, la pression y devient moindre qu’elle ne l’est dans ceux-ci.
L’on adapte également à son col, un tube recourbé pénétrant dans un flacon à trois tubulures, d’un demi-litre environ, en partie rempli d’une solution de chlorure de barium additionnée d’ammoniaque caustique , l’on fait suivre le premier flacon d’un second contenant une solution semblable à celle du premier, et l’on termine l’appareil par un tube à double branche, se rendant sous une cloche pleine de mercure.
Les jointures étant lutées, l’on porte à l’ébullition Peau de la cornue.
Leur analysé
Analyse d’une eau non gazeuse
L’acide carbonique se dégage, est forcé de traverser le liquide des flacons, y trouve de l’ammoniaque qui l’absorbe; le carbonate d’ammoniaque formé, réagit sur le chlorure de barium, et de leur mutuelle décomposition, résulte du chlorhydrate d’ammoniaque et du carbonate de baryte. Aucune bulle de gaz carbonique ne doit arriver jusque sous la cloche; cependant il est bon, à la fln de l’expérience, de s’assurer que celle-ci n’en contient pas. Le gaz qui s’y est rassemblé, mélange d’azote et d’oxygène, ne doit pas diminuer de volume, en l’agitant avec une solution d’alcali caustique.
Quand tout l’acide carbonique est dégagé, quand, partant, le dépôt cesse d’augmenter dans les flacons, on laisse tomber le feu, ou si l’on préfère, on enlève le tube placé entre la cornue et le premier flacon, on filtre les liqueurs troubles au travers d’un filtre pesé d’avance, après dessiccation complète, en évitant de perdre une portion du précipité; on lave celui-ci à l’eau distillée, tant que celle qui le traverse, conserve la faculté de précipiter l’azotate d’argent, on sèche à l’étuve sans détacher du filtre, et l’on pèse. En retranchant du poids du filtre et du précipité, le poids du filtre seul, l’on a pour différence le poids du précipité, c’est-à-dire celui du carbonate de baryte, par suite, le poids de l’acide carbonique abandonné par l’eau; en effet, l’on sait que iOO parties de carbonate de baryte contiennent 77p,58 de base et 22p,42 d’acide. L’on a même le volume de cet acide carbonique, car un litre d’acide carbonique, sous la pression de 0m,76 et à la température de 0° pèse, lg,9741, ce qui conduirait à dire, que 100 gr. de carbonate de baryte représentent llm,35 d’acide carbonique, sous la pression età la température susindiquées.
Si tout l’acide du carbonate de baryte obtenu, provenait de Facide carbonique préexistant à l’état de liberté, dans l’eau mise en expérience, l’on aurait toutes les données nécessaires à la solution du problème; mais comme il provient en partie, de ce que les bicarbonates de soude et de magnésie dont nous avons eu l’occasion de constater l’existence, sont décomposés par l’eau bouillante : le premier en sesquicarbonale, le second en carbonate basique, et aussi, de ce que, dans les mêmes conditions, le
DES EAUX ACIDULES.
bicarbonate de chaux dont il est tout à fait rationnel de supposer l’existence, au sein d’un liquide chargé d’acide carbonique, se trouve à son tour converti en carbonate neutre ;
Pour connaître exactement, soit en poids, soit en volume, la proportion du gaz carbonique, il faut retrancher du poids ou du volume trouvé, le poids ou le volume de l’acide carbonique nécessaire à la transformation en bicarbonate :
Du sesquicarbonate de soude ,
Du carbonate basique de magnésie ,
— neutre de chaux ,
préexistants dans l’eau.
En attendant que nous ayons appris à déterminer la proportion de ces carbonates, disons que, pour convertir en bicarbonate ,
100 gr. de sesquicarbonate de soude , il lui faudrait ajouter 17,15 ] . ,
100 gr. carbonate neutre de chaux, — 43,70 > ü,aci.
100 gr. — basique de magnésie, — - 74,20; carDomctue*
L’eau ne pourrait-elle, sans laisser dégager une partie de son gaz, être versée dans une cornue? on débouche le flacon qui la renferme dans un vase en partie rempli d’une solution de chlorure de barium , mélangée d’ammoniaque liquide, bien entendu, en prenant les précautions les plus capables de prévenir l in tervention de l’acide carbonique de l’air, et d’assurer l’absorption de celui de l’eau ; comme dans l’expérience précédente, l’acide carbonique libre que celle-ci contenait, est converti en carbonate de baryte, après avoir transitoirement formé du carbonate d’ammoniaque; et, déplus, l’acide combiné se porte également sur la baryte, et parce que la décomposition du carbonate de soude et du chlorure de barium solubles, donne naissance à un carbonate insoluble, et parce que la mutuelle décomposition du chlorure de barium et des carbonates de chaux et de magnésie, peut produire un carbonate plus insoluble que ne l’était chacun de ceux-ci :
Toujours est-il, en définitive, que tout l’acide carbonique existant dans l’eau, se trouve former du carbonate de baryte.
Un semblable échange de bases et d’acide a lieu entre le sulfate de soude, le chlorure de barium; et le sulfate de baryte se précipite, en même temps que le carbonate.
Analyse eau gazeuse,
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Le précipité complexe est lavé, séché, pesé, traité par Peau aiguisée d’acide chlorhydrique, et de nouveau lavé, séché, pesé; la différence entre le premier poids et le second, fait connaître le poids du carbonate, car Pacide a dissous celui-ci sans attaquer le sulfate.
S’il était nécessaire, l’addition à la solution acide d’un léger excès de carbonate de soude pur, reproduirait le carbonate de baryte, que l’on pourrait recueillir.
Du poids du carbonate de baryte, l’on conclura le poids et le volume de Pacide carbonique; mais, non plus seulement comme tout à l’heure, en retranchant du poids ou du volume de Pacide correspondant à celui du carbonate de bary te, le poids ou le volume de Pacide carbonique abandonné par le sesquicarbonate de soude, ou par les carbonates de chaux et de magnésie. Il en faudra retrancher le poids ou le volume de tout Pacide primitivement combiné, en partant de cette autre donnée, savoir :
Que 100 parties de protoxyde de sodium, demandent 141p,35j
— 100 — — de calcium, — 155p,30>
— 100 — de magnésie, — 2l4p,00)
d’acide
carbonique.
pour se constituer à l’état de bicarbonates.
Les expériences suivantes feraient connaître la proportion de la soude, de la chaux, de la magnésie.
On évapore à siccité 4 à 5 litres d’eau , on traite à deux ou trois reprises le produit de l’évaporation par une petite quantité d’eau froide, afin de le bien épuiser; le carbonate et le sulfate de soude sont dissous, les carbonates de chaux et de magnésie ne le sont pas. L’on verse dans la liqueur un très léger excès de chlorure de barium, ou d’azotate de baryte, l’on recueille le précipité formé de carbonate et de sulfate de baryte, on le lave, on le sèche, on le pèse, on le fait digérer dans l’eau aiguisée d’acide chlorhydrique ou azotique purs, et l’on conclut la proportion de carbonate, de la perte de poids qu’il éprouve ; ainsi, au reste, qu’il a été dit précédemment :
100 gr. de cabonate de baryte repré- 51 gr. 10 de carbonate, \ ^
sentent : 65 gr. 30 de sesquicarbonate, [ d
31 gr. 83 de protoxyde de sodium, 71 gr. 42 de bicarbonate, ) Ul ue‘