‹ Cours complet de pharmacieChapitre 102 sur 103 · SULFATE · texte numérisé non relu

SULFATE

de

cinchonine.

beaucoup moins que de sulfate de quinine, de 6 a 8 gr.

6 gr.

4 gr.

4 gr.

Par conséquent, dans le quinquina jaune, la quinine est plus abondante que la cinchonine $ le contraire a lieu dans le quin-

quina gris: dans le quinquina rouge, les deux alcaloïdes se balancent, quoique la quinine s’y trouve en proportion légèrement plus forte; mais, en dernier résultat, la proportion de quinine, à plus forte raison la somme des alcaloïdes, est plus forte dans le jaune que dans les deux autres.

Cepouvaitêtreuupuissantmotifde le leurprèférer; cependant, les auteurs du dernier Codex, à l’exemple de leurs devanciers, ont continué de considérer le quinquina gris comme le véritable quinquina officinal. Le pharmacien, dans toutes les préparations qui comportent l’écorce de quinquina, ne lui devra donc substituer le jaune ou le rouge, que sur prescription spéciale.

L’état physique de ces écorces, leur composition chimique, les propriétés de leurs principes immédiats font voir, tout d’abord, qu’elles ne sauraient fournir :

Un suc aqueux ,

— huileux fixe,

Un suc huileux volatil;

qu’elles ne peuvent davantage servir à préparer :

Des pulpes ,

— eaux distillées ,

— alcoolats,

Des teintures élhérées,

I graisses , } médicamenteuses.

Puisque l’on ne peut, même par une ébullition prolongée, leur communiquer la mollesse indispensable à la préparation des pulpes, puisque leurs principes actifs sont incapables de distiller avec l’eau, l’alcool, et ne paraissent pas devoir se dissoudre dans î’éther, les huiles fixes et volatiles, les graisses.

D’un autre côté, on ne les fait pas servir à la préparation :

Des pommades ,

— onguents ,

— emplâtres, — ■ bouillons, I

— vinaigres , (

médicinaux,

Des mollîtes,

— grains,

— espèces,

quoiqu’on le pût faire, témoin ce qui a lieu pour un grand nombre de matières analogues.

Nous n’aurons donc à nous occuper que des préparations dont la désignation suit :

Poudre ,

Cérat au quinquina.

Teinture,

Bière , |au quinquina, Solutés aqueux , Extraits aqueux,

Extrait hydroalcoolique , Sirop a beau ,

— au vin ,

Tablettes,

Saccharure ,

Cataplasme antiseptique , Electuaire de quinquina.

On prépare la poudre de quinquina par contusion sans ré- Delà poudre .. j 1 1 . r i de quinquina,

siclu, dans un mortier en route ou en bronze; après avoir râpé

avec un couteau, la surface des écorces que recouvrent du tissu cellulaire et des lichens foliacés ou crustacés, Fon passe au tamis, et Fon mélange très intimement les divers produits de e l’opération.

Au lieu de monder les écorces, les anciens formulaires prescrivaient de rejeter la première poudre, comme étant essentiellement formée de débris de lichen ; mais la méthode de MM. Gui» bourt et Henry , qu’adoptent les auteurs du Codex, est préférable, en ce qu’elle remplit parfaitement le but, sans exposer à faire perdre line portion notable de matière active, que son état résinoïde rend à peu près aussi friable que les lichens.

Quant au rejet, également conseillé par la plupart des pharmacologistes anciens, des derniers produits de la pulvérisation des écorces de quinquina jaune et rouge, plus ligneux, plus fibreux que le gris, quelque avantageux qu’il pût être, si l’on pouvait toujours arrêter l’opération au même point, le Codex ne le prescrit pas.

La cause en est, que l’impossibilité d’arrêter l’opération à un moment précis, amènerait, ou la perte d’une notable portion de matière active, si on l’arrêtait trop tôt; ou l’introduction dans le produit, d’une proportion trop considérable de fibres inertes, si on l’arrêtait trop tard.

En définitive donc, la pulvérisation des écorces de quinquina gris, jaune et rouge, s’effectuera après grattage pour le premier, sans grattage pour les seconds, et pour tous, sans résidu.

D’après le Codex de 1818, le cérat au quinquina se prépare- Du cérat rail en triturant ensemble 16gr de cérat simple et 2gr d’extrait °u qu,nquma* hydroalcoolique de quinquina à l’avance délayé dans une très petite quantité d’alcool faible, afin que son interposition fût à la fois plus facile et plus complète.

Relativement à la teinture , nous avons vu que si la théorie De la teinture

i, , . , f de quinquina,

conduit à traiter Fécorce de quinquina par 1 alcool concentre, en

raison de ce que les qulnates de quinine et de cinchonine sont

très sensiblement aussi solubles dans l’alcool concentré que dans

l’alcool faible, tandis que la combinaison alcaloïdique du rouge

30e LEÇON.

einchonique, oc peut guère être dissoute que par l’alcool concentré , eu raison aussi de ce que celui-ci est plus favorable que l’alcool faible, à l’élimination des matières gommeuses, amylacées et autres j elle conduit, par contre, à lui préférer l’alcool faible, quand on considère que l’alcool Concentré concrète l’amidon, la gomme et ses analogues à la surface des particules actives^ et par suite défend celles-ci de l’action dissolvante du véhicule.

Le Codex, en faisant usage d’alcool à 21° Cartier (56° centésimaux), a décidé la question en faveur de l’alcool faible.

Il prescrit de faire macérer 4 parties d’alcool sur une partie d’écorce de quinquina concassé, pendant 12 à 15 jours, en agitant de temps à autre j de passer avec expression, de filtrer, et d’enfermer la teinture dans un flacon bien bouché que l’on en remplit le plus complètement possible.

Des vins Danslevinde Bordeaux et dans ses analogues, les vins deCahors de quinquina. , -au ,

et du Languedoc, compares au vin de Bourgogne, la presence d’une plus torte proportion d’alcool, rapprochée de la solubilité dans l’alcool et de l’insolubilité dans l’eau, de la combinaison alcaline du rouge cinchonique, les fait préférer par des pharmacologistes pour la préparation du vin de quinquina.

Dans ces mêmes vins, encore comparés au vin de Bourgogne, la présence d’une plus forte proportion de tannin, que l’on sait posséder la propriété de précipiter la quinine et la cinchouine, à l’état de tannales plus ou moins insolubles dans l’alcool faible, a fait au contraire penser à d’autres, que ce dernier vin convenait mieux.

Enfin, il en est qui, tenant compte, par-dessus tout, de la propriété précipitante commune au tannin et aux principes colorants des vins rouges, voudraient exclure ces vins de la préparation qui nous occupe, pour les y remplacer par des vins blancs, au risque, dès lors, d’y remplacer aussi un véhicule plus ou moins tonique, par un autre plus ou moins diurétique, et de contrarier ainsi les effets physiologiques que le quinquina a mission de produire.

La méthode qu’adopte le Codex met à l’abri des inconvénients que pourrait entraîner la forte proportion de tannin des

vins rouges du Midi, les propriétés diurétiques des vins blancs, et la faible proportion d’alcool du vin de Bourgogne.

il prend 64 p. de quinquina concassé, 125 p. d’alcool à 56°centésimaux, 1000 p. devin de Bourgogne généreux; laisse l’alcool macérer sur le quinquina pendant 24 heures, ajoute le vin, prolonge la macération 8 jours, en agitant de temps à autre, et de plus tenant le flacon fermé, en raison de la tendance qu’ont les vins à s’aigrir au contact de l’air ; passe avec expression, et filtre au papier.

On retrancherait l’alcool additionnel, s’il était prescrit de faire usage de vins de Madère ou de Malaga.

Le vin amer scillitique, ou vin diurétique amer de la Charité, avec écorces de quinquina gris, de winter, de citrons, de chaque 64 p.; racines d’asclépias et d’angélique, squammes de DScü{uiqïe.f scillc, de chaque 16p.; feuilles d’absinthe, de mélisse, de chaque 32 p.; baies de genièvre, macis, de chaque 16 p.; vin blauc 4000 p. j

Se préparera, par la macération prolongé pendant 4 jours, du vin sur les matières premières divisées, sauf les baies de genièvre qu’il faudra laisser entières; l’on exprimera et l’on filtrera.

La présence du vin blanc concourt ici à l’action du médicament.

C’est également par macération , que se prépare la bière de d^,]fnbi^a quinquina, au mojcn de 32 gr. de quinquina concassé et de 500 gr. de bière de bonne qualité, ou pour mieux dire, provenant de la fermentation alcoolique du décodé d’orge germé.

On prend d’ailleurs toutes les précautions capables de prévenir l’altération du liquide, celles notamment de fermer hermétiquement le vase dans lequel s’opère la macération, et de le maintenir à une basse température.

Répéterons-nous ici ,

Que la teinture, les vins de quinquina simples et composés, la bière de quinquina, semblent devoir contenir ceux des principes de l’écorce mise au contact de l’alcool à 56°, du vin de Bourgogne additionné d’alcool, de la bière; que ces liquides sont susceptibles de dissoudre à la température ordinaire, spécialement, les quinates de quinine et de cinchonine, la combinaison de ces alcaloïdes avec le rouge ciuchonique?

Tom. I.

m S 30e LEÇON.

Que les prévisions de la théorie ont été pleinement justifiées par l’expérience, en ce qui concerne la teinture, puisque MM. Pelletier et Caventou, dans l’espèce de teinture qu’ils ont produite, en traitant à chaud par l’alcool l’écorce de quinquina gris qu’ils analysaient, ont précisément retrouvé les principes quil était rationnel d’y supposer ?

Que les principes du vin et de la bière, autres que Palcool et que l’eau, et aussi ceux des écorces, des racines et des feuilles employées concurremment avec le quinquina, à la préparation du vin diurétique amer, peuvent modifier les résultats que l’on obtiendrait en ne faisant usage que d’alcool hydraté et de quinquina?

Ces considérations ont été longuement développées en traitant d’une manière générale des teintures, des vins, et des bières.

Là encore, nous axons dit, que l’emploi de la méthode de déplacement proposée par MM. Boullay, adoptée par MM. Henry etGuibourt, nous paraissait avoir été justement proscrites par les auteurs du Codex, et, parce qu’il n’est pas certain que les véhicules qui traversent couche par couche , la masse pulvérulente, la dépouillant de ses principes solubles dans l’ordre même de leur solubilité, les plus solubles d’abord, les moins solubles plus tard , permettent ensuite à ceux-ci de se reconstituer, au sein du liquide, dans leur état primitif, que ne détruit pas au contraire la macération.

Et, parce que le résidu de la lixiviation retient une proportion de teinture bien plus considérable, que ne le fait celui de la macération après qu’on l’a fortement exprimé, à moins que l’on ne déplace les dernières portions qui rimprègnent, au moyen d’une quantité additionnelle d’alcool ou d’eau, auquel cas le mélange, à peu près inévitable des liquides superposés, vient changer les conditions de l’expérience.

Des solution^ Lorsque l’on examine comparativement les produits du traitedeaqquinquina. ment du quinquina par l’eau froide , par l’eau bouillante employée en infusion, par l’eau bouillante employée en décoction, voici ce que l’on observe:

L’eau froide, restée transparente, mais devenue de saveur amère, de couleur rougeâtre, légèrement acide au papier de

tournesol , s’est chargée de quittâtes de quinine, de cinchonine et de chaux, dégommé, de rouge ci nchonique soluble , de matière colorante jaune ;

Toutefois, ïa majeure partie de ces matières est demeurée dans le résidu avec le ligneux, l’amidon, la matière grasse et le rouge cinchonique insoluble •

L’eau employée en infusion , examinée encore chaude, est plus amère, plus colorée, plus acide que ne l’était l’eau froide, elle a perdu sa transparence;

Le refroidissement en sépare, sous forme de flocons rougeâtres, d’aspect résinoïde, une petite quantité de rouge cinchonique en combinaison avec de la quinine, de la cinchonine. La liqueur refroidie, retient des quinates de quinine, de cinchonine et de chaux, delà matière colorante jaune, du rouge cinchonique soluble, et quelque peu de la combinaison alcaline du rouge cinchonique, dans un tel état de division, qu’elle s’y maintient en suspension, d’où l’opacité du liquide.

Comme avec l’eau froide, le résidu a retenu la majeure partie des principes solubles.

L’eau bouillante, par un contact prolongé, enlève au quinquina les matières qu’elle lui enlève par un contact momentané, mais en bien plus grande proportion, sans que jamais cependant, et quelque multipliées que soient les décoctions, on parvienne à épuiser Técorce de tous ses principes solubles.

D’après M. Soubeiran, trois décoctions n’ont pu enlever à du quinquina jaune, que les 2/3 de la quinine qu’il contenait. Il est en outre à remarquer, que l’eau bouillante, employée en décoction, se charge d’une notable quantité d’amidon.

Laisse-t-on refroidir; le soluté très sensiblement transparent jusque-là, se trouble abondamment, laisse former deux dépôts distincts : l’un, composé d’amidon et de rouge cinchonique, ne se manifeste guère qu’au-dessous de 49°, tandis que l’autre, formé de rouge cinchonique et d’alcaloïdes en combinaison très intime, se dépose dès que la liqueur cesse d’être à -|- 100°.

Un de ces dépôts complexes cédait à l’alcool 86 p. de rouge cinchonique uni à des alcaloïdes, et laissait insolubles 60 p. de rouge cinchonique uni à del’amidon,plus des traces de quinine,

30e LIiÇON.

Après son entier refroidissement, le décodé reste chargé d’une proportion de principes solubles, beaucoup plus considérable que les macérés ou les infusés correspondants, et de rouge cinchonique en suspension.

Il résulte de ce qui précède, que les solutés aqueux préparés avec le quinquina, seront d’autant plus actifs, qu’ils auront été préparés à une plus haute température, que le contact du véhicule aura été plus longtemps prolongé ; mais les solutés par décoction, auront un inconvénient, que n’auront pas les solutés par macération, que n’auront qu’à un moindre degré les solutés par infusion; celui d’être louches, même après avoir été filtrés au papier.

Nonobstant cet inconvénient, pour se conformer aux prescriptions du Codex, on préparera par décoction les solutés de quinquina destinés à servir de tisanne, à faire partie des lotions, des fomentations, des gargarismes, du sirop à l’eau.

Si, comme Pont prescrit quelques pharmacologistes , l’on ajoutait un acide à Peau destinée au traitement de l’écorce, le macéré, l’infusé ou le décocté en acquerrait une efficacité prononcée, qu’explique la propriété que possèdent presque tous les acides, d’enlever la quinine et la cinchonine à la combinaison alcaline du rouge cinchonique, même st l’acide quinique pour former avec elles des sels dont l’excès d’acide favorise la solution.

Contrairement, en remplaçant les acides par la potasse ou par la soude, suivant d’autres indications, l’on n’obtiendrait, même par décoction, que des solutés peu actifs. Iis présenteraient bien une parfaite transparence, une coloration très intense, mais ce double résultat ne proviendrait que de la solubilité du rouge cinchonique dans les liqueurs alcalines; la quinine et la cinchonine seraient précipitées :

oes extraits Le Codex décrit trois sortes d’extrait de quinquina.

de quinquina . L’extrait sec, aussi nommé sel essentiel de Lagaraye ; l’extrait aqueux ou mou, et l’extrait hydroalcoolique.

Extrait sec. Le premier est le produit de l’évaporation, d’abord au bainmarie, en consistance de miel épais, puis à l’étuve, jusqu’à dessiccation complète, d’un soluté aqueux obtenu en traitant par l’eau distillée à ~\~ 20» de température, et dans l’appareil à dé-

placement, Fécorce de quinquina gris en poudre demi-fine.

La poudre est humectée avec la moitié de son poids d’eau froide, îe mélange est abandonné à îui-méme 12 à 15 heures, à la température de l’atmosphère, afin que la poudre ait le temps de se gonfler, et c’est alors seulement, qu’on l’introduit dans le cylindre, qu’on l’y tasse assez fortement entre les deux diaphragmes, et qu’on l’y lessive jusqu’à ce que les liqueurs cessent de se colorer sensiblement.

On remarque, que le gris est, de tous les quinquinas, celui qui fournit le plus bel extrait sec: sans doute, parce qu’il contient plus de matière gommeuse.

Le second est le produit de l’évaporation au bain-marie, en Extrait mou. consistance d’extrait, d’une solution également aqueuse, mais obtenue en faisant bouillir à !2 reprises, pendant 1/4 d’heure chaque fois, 1 partie de quinquina concassé, dans 6 parties d’eau ; passant les liqueurs bouillantes, et procédant à leur concentration, sans tenir compte des dépôts qu’y pourrait déterminer le refroidissement.

Le troisième, enfin, est obtenu en traitant le quinquina en Extrait hydro^

7 ^ * alcoolique.

poudre 1/2 fine, par 3 fois et 1/2 son poids d’alcool à 21° Cartier (56° cent.), dans l’appareil à déplacement.

On humecte la poudre avec la 1/2 de son poids d’alcool, on l’introduit dans îe cylindre, en F y tassant assez fortement, etl’y maintenant tassée au moyen du diaphragme supérieur; puis, après 12 heures de contact, on procède à la lixiviation avec le reste de l’alcool. Quand la dernière portion de celui-ci a pénétré la masse, on lui fait succéder de Feau, destinée à la déplacer à son tour, sans qu’ici le déplacement par l’eau offre l’inconvénient signalé en traitant de la teinture, du vin, ou de la bière, puisqu’en définitive, Feau, aussi bien que l’alcool, doit être chassée par l’évaporation. D’ailleurs, on arrête la chute du liquide, aussitôt que le trouble produit dans la solution alcoolique indique îe passage du liquide aqueux, moins bon dissolvant que ne l’était l’alcool, des matières résinoides.

Ce que nous avons dit tout à 1 heure, de Sa constitution des solutés aqueux de quinquina, obtenus dans des conditions differentes de température; ce que nous savons de la solubilité dans

30e LEÇON.

l’alcool, de l’insolubilité dans l’eau, de certains principes de cette écorce, prouve que les trois extraits de quinquina ne sauraient être identiques.

L’extrait sec doit contenir infiniment moins de quinine et de cinchonine que l’extrait mou, être privé de rouge cinchonique en combinaison avec les alcaloïdes, de rouge cinchonique insoluble, et aussi d’amidon que ce dernier contient en quantité d’autant plus sensible, qu’il n’est pas prescrit de séparer le dépôt, dont le refroidissement détermine la formation. Aussi, MM. Pelletier et Caventou , qui ont analysé cet extrait sec, y ont-ils trouvé une très faible proportion de quinate à bases organiques; mais, en revanche, une si forte proportion de quinate de chaux, qu’on aurait pu dire qu’il en était exclusivement formé.

Ces différences de composition expliquent l’action thérapeutique peu prononcée de l’extrait sec, sa saveur peu amère, sa complète solubilité dans l’eau froide, sa tendance tellement prononcée à s’emparer de l’humidité de l’air, que M. Soubeiran, à tort ce me semble, puisque le Codex n’en parle pas, juge convenable, pour le rendre plus maniable, d’y introduire — de gomme.

Contrairement, l’action thérapeutique plus prononcée de l’extrait mou, sa plus grande amertume, son incomplète solubilité dans l’eau froide, son peu d’altérabilité à l’air humide. Resterait à savoir avec M. Guibourt, s’il n’eût pas été à désirer, que les auteurs du Codex, abandonnant la macération pour l’extrait sec, la décoction pour l’extrait mou, 'eussent eu recours exclusivement à l’infusion; afin, en définitive, de ne prescrire sous les noms d’extrait sec et d’extrait mou, que des préparations ne différant l’une de l’autre que par la présence, dans la dernière, d’une certaine quantité d’eau. Ce qui aurait pu militer en faveur de l’infusion, c’est, d’une part, que le comte de Lagaraye, qui le premier mit eu usage l’extrait auquel il a donné son nom, après avoir d’abord prescrit d’employer la macération, adopta plus tard l’infusion, sur les observations qui lui furent faites par Geoffroy de l’académie des sciences; c’est, d’autre part, que la décoction introduit dans le produit une proportion de matière résinoïde insoluble et presque inerte, capable de compenser largement la plus forte proportion d’alcaloïde qu’elle enlève à l’écorce.

Quant à l’extrait hydroalcoolique, presque inaltérable par l’air humide, en partie seulement soluble dans Peau , il semble devoir se rapprocher beaucoup plus de l’extrait par décoction, que de l’extrait par macération, et devoir être plus riche qu’aucun autre, en rouge cinchoniquc insoluble, en combinaison alcaloïdique de rouge cinchoniquc, et ne renfermer que peu ou point de gomme, d’amidon, de quinate de chaux.

Le Codex de 1818 préparait le sirop de quinquina à l’eau, en faisant bouillir, 1 2 heure. 1 25 gr. de quinquina gris concassé, dans 1250 gr. d’eau commune, passant, réduisant h s liqueurs de moitié, passant de nouveau, ajoutant 500 gr. de sucre blanc, et faisant cuire à 31° bouillant.

Le Codex de 1837, pour la même quantité de sucre, n’emploie - que 96 gr. de quinquina, le fait bouillir pendant le même temps, dans 1 kil. d’eau, passe, évapore la liqueur trouble pour la réduire à la moitié de son volume, ajoute le sucre (sans passer), fait cuire, concentre, laisse refroidir, et filtre au papier.

MM. Guihourt et Henry, outre qu’ils remplacent le quinquina gris par le jaune, le traitent par infusion, filtrent l’infusé au papier, lui ajoutent du sirop de sucre au lieu de sucre en pain, et rapprochent h 30° bouillant. Ainsi préparé, le sirop de quinquina est plus transparent qu’il ne l’est préparé par la méthode du Codex, bien que dans celui-ci la présence du sucre favorise, -d’une manière marquée, la solution du rouge cinchonique insoluble, qui troublait la transparence du décocté; mais il ne saurait lui être substitué, en raison de ce que l’emploi du quin quina jaune, de l’infusion, etc., doit changer sensiblement sa constitution.

L’on ne saurait songer à faire disparaître l’aspect opalin de ce sirop, en le clarifiant au blanc d’œuf, puisque le rouge cinchonique en se combinant avec l’albumine, à la manière du tannin, ne manquerait pas d’entraîner la portion d’alcaloïde, avec laquelle il forme un composé particulier, que l’on a l’intention de retenir dans le médicament.

La préparation du sirop de quinquina au vin, par la solution à vase clos et à une très douce chaleur, de 750 gr. de sucre blanc, dans 500 gr. de yin de Luoel, à l’avance chargé par so-

Des sirops de quinquina*

Sirop à l’eau.

Du sirop de quinquina au vin.

504 30e LEÇON.

lution aussi, de 28 gr. d’extrait, est trop simple pour que nous nous y arrêtions, nous devons seulement faire remarquer combien cette formule du nouveau Codex diffère de celle du Codex de 1818, lequel employait : écorce de quinquina gris, 64 gr.; extrait de quinquina, 24gr.; vindeLunel, 500gr,; alcool, 32gr.; sucre, 768 gr.

Des tablettes Pour les tablettes de quinquina, on mélange très intimement : de quinquina j’ahord , 8gr. de cannelle et 64 gr. de quinquina, ensuite 430 gr.

de sucre blanc, le tout en poudre.

On incorpore dans la poudre composée, une suffisante quantité de mucilage préparé avec la gomme adragante entière et l’eau ; on bat le tout, Fou étend la pâte d’une homogénéité parfaite à la surface d’une tablette en bois, recouverte d’une légère couche d’amidon , on la divise au moyen d’un emportepièce, et l’on fait sécher à l’étuve, après quelques heures d’exposition à l’air.

Chacune de ces tablettes doit peser 0§r,964 et contenir 0gr,054 de poudre de quinquina.

De la saccharin e Pour la saccharure, on verse une partie de teinture de quin-

de quinquina. . . . ., ,

quina, sur 8 parties de sucre grossièrement concasse, de maniéré à l’y répartir le plus exactement possible; on triture, on mélange tous les produits, l’on sèche à l’étuve , et finalement on procède à une pulvérisation parfaite. (Soubeiran.)

Je préférerais l’infusé à la teinture, par la raison qu’il fournirait une saccharure plus complètement soluble dans l’eau.

Du cataplasme Pour le cataplasme antiseptique du Codex de 1818, 192 gr.

antiseptique . 1 1 \ , °

du Codex, de larme d’orge, 32 gr. de quinquina en poudre, et 500 gr.

d’eau commune, sont chauffés ensemble, et quand la masse bien empâtée, bien homogène, est en partie refroidie, on ajoute 4 gr. de camphre en poudre.

De réiectuaire Enfin, pour Pélectuaire de quinquina, avec 64 gr. de quin-

de quinquina. . a j • i „ , .

quina gris, 8 gr. de sel ammoniac. 8 gr. de miel, 8 gr. de sirop d’absinthe.

Les poudres sont mélangées très intimement; puis, l’on ajoute peu à peu, et sans cesser de triturer, les matières molles ou liquides, destinées à leur communiquer la consistance d’électuaire,

d’abord le miel, ensuite le sirop,

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