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DES PRÉPARATIONS A BASE D’OPIUM

Dans cet électuaire, il serait possible que le sel ammoniac et

les quinates de quinine et de cinchonine fussent mutellement décomposés.

XXXIe LEÇON.

préparation# galénique# à ba#e ïr’opium.

On rencontre dans le commerce trois sortes d’opium :

L’opium de Smyrne ou de Syrie, l’opium d’Egypte ou d’Alexandrie, l’opium de Constantinople ou de Turquie.

Elles paraissent renfermer toutes :

Le méconate acide de morphine , L’acide brun ,

— - — codéine, La matière résineuse acide ,

Le sulfate de morphine et sans doute — grasse —

aussi de codéine , La gomme .

La narcotine, Le caoutchouc,

La méconine , La bassorine ,

La narcéine , Les sulfates de potasse et de chaux ,

La paramorphine ou thébaine, Le principe vireux volatil,

La pseudomorphine, Le ligneux;

que les recherches des chimistes, et plus spécialement celles de

MM. Scrtuerner, Seguin, Derosne, Robiquet, Pelletier, Couer-

be, Dublanc, y ont fait découvrir; mais elles les renferment

en proportions très variables.

La morphine existe en plus grande proportion, dans l’opium de Smyrne, que dans les deux autres. 500 gr. en ont fourni à M. Guibourt : l’opium de Smyrne, 29 gr.; l’opium d’Egypte, 21gr,10; l’opium de Constantinople, 15gr,05.

La pseudomorphine n’a été trouvée en quantité notable, que dans certains opium de provenances assez mal connues.

L’acide mcconique , très abondant dans l’opium de Constantinople, fait place à l’acide sulfurique dans celui de Smyrne, ainsi déjà, que nous avons eu l’occasion de le dire, page 11.

11 résulte de là, que le pharmacien ne saurait substituer, dans les préparations opiacées, une sorte d’opium à un autre. Le Codex de 1837, me semble avoir constamment entendu prescrire

Ô06 30e LEÇON.

l’opium de Smyrne, quoique partout, il se soit contenté de prescrire l’opium choisi, sans désignation plus précise. (Voir pages

294, 295, 346 de ce Codex.)

C’est principalement à la morphine ou plutôt à ses sels, que sont dus les effets physiologiques de cette substance, bien que la codéine, la narcotine, la méconine, la narcéine, la pseudomorphine et la paramorphine, par elles-mêmes capables d’exercer sur l’économie animale des actions variables, les modifient à n’en pas douter^ et ne permettent point, par exemple, à la morphine de représenter fidèlement l’opium.

Parmi ces principes actifs, un seul, le principe vireux, est susceptible d’être entraîné par les vapeurs alcooliques et aqueuses.

Les méconates et sulfates de morphine et de codéine, la narcéine, sont très solubles dans l’eau chaude et froide; la narcotine ne s’y dissout sensiblement qu’à chaud, les autres y sont à peu près insolubles.

Les méconates et sulfates de morphine et de codéine, la narcotine, la méconine, la narcéine, la paramorphine, le principe vireux, sont solubles dans l’alcool, et généralement d’autant plus que l’alcool est plus concentré, plus chaud; la pseudomorphine y est insoluble.

La narcotine, la méconine, la paramorphine, le principe vireux , sont solubles et les autres insolubles dans l’éther.

Ceux de ces mêmes principes, que l’alcool et l’eau dissolvent, se dissoudront aussi, à n’en guère douter, dans le vin et dans la bière; il en sera de même de ceux que l’eau seule dissout; mais, quant à ceux que l’alcool seul peut dissoudre, sans doute que le vin et la bière, trop faiblement alcooliques, ne pourront en opérer la dissolution, si la présence des acides libres du vin, ne peut favoriser leur solution. En effet , toutes ces matières, surtout la narcotine, possèdent de la tendance à jouer le rôle de base. Le même motif porte à penser qu’elles pourront, pour la plupart, se dissoudre dans le vinaigre.

Quant aux huiles, la narcotine et le principe vireux paraissent seuls devoir s’y dissoudre.

On pourrait donc faire servir l’opium à la préparation d’un très grand nombre de médicaments, puisqu’il peut céder à l’ai-

DES PRÉPARATIONS d’oPIÜM. 507

cool et à Peau, par distillation ^ son principe vireux; à Peau, à Palcool , à l’éther, au vin , à la bière , au vinaigre, aux huiles , fixes et volatiles, aux graisses, par solution , toutou partie de de ses principes actifs ; par suite, entrer dans la composition des extraits, des sirops, des mellites, des gelées, des pâtes, des saccharures, des tablettes , en même temps qu’en nature il ferait partie des espèces, des poudres composées, des cataplasmes, des pilules, des électuaires , etc., etc.

Aussi, les pharmacopées sont-elles surchargées de formules, dans lesquelles figure Popium, ou quelqu’un de ses dérivés.

Mais nous ne traiterons ici que de celles de ses préparations qui peuvent offrir un véritable intérêt, soit en raison de leur emploi fréquent , soit en raison des considérations qui s’y rattachent, à savoir :

De la poudre , De la teinture acétique ,

De l’eau distillée, Du vinaigre,

De la teinture alcoolique, Des extraits,

Du vin composé ou laudanum liquide Du sirop ,

de Sydenham, — suceiné ou sirop de karabé.

Du vin par fermentation ou laudanum de Rousseau ,

Coupez Popium par tranches , faites sécher à Péluvc , pulvérisez sans résidu, et passez au tamis de soie.

L’eau distillée d’opium, que le Codex ne mentionne pas, sans doute, parce que ses auteurs ont partagé Popinion des médecins qui lui refusent toute espèce de propriétés , se prépare, d’après MM. Henry et Guibourt : en distillant six parties d’eau, sur une partie d’opium coupé par morceaux, après 48 heures de macération, et recueillant une partie de produit.

Elle est d’une odeur vireuse prononcée.

Extrait d’opium, une partie , alcool à 56° cent. 12 parties; faites dissoudre, au moyen d’une macération suffisamment prolongée, filtrez.

Cette teinture renferme les mêmes principes que l’extrait, car celui-ci est soluble sans résidu sensible, dans l’alcool à 56° cent. 13 parties de teinture d’opium correspondent à une partie d’extrait, et, très approximativement, à 2 parties d’opium brut.

Le Codex prépare le laudanum liquide de Sydenham , ou vin

Poudre

d’opium.

Eau distillée d’opium.

Teinture

d’extrait

d’opium.

DU vin ou lau** daman

liquide d’opium composé , en faisant macérer dans un matras, pendant

de Sydenham. . e •

15 jours :

Opium en morceaux. . . 64 parties. Girofles concassés 4 parties.

Safran incisé 32 — Yin de Malaga 500 —

Cannelle concassée. ... 4 —

Passant avec expression et filtrant. 0gr,918de ce vin représentent 0gr,054 d’extrait gommeux d’opium, et 0gr,108 d’opium brut.

Quelques praticiens, parmi lesquels MM. Henry et Guibourt, ont proposé de n’ajouter l’opium qu’en dernier lieu , après que le vin se serait chargé des principes solubles du safran, de la cannelle et des girofles , afin de rendre plus complet l’épuisement de ces substances. Ces derniers, dans l’intention aussi de ne pas laisser dans le résidu, dont l'état, en quelque sorte pâteux, ne permet pas d’expulser entièrement le liquide, une notable portion de vin saturé de principes médicamenteux, voudraient en outre, qu’on versât sur le marc 90 parties de vin de Malaga, qu’on exprimât de nouveau , et qu’on réunît les liqueurs.

Je ne pense pas qu’on puisse approuver de pareilles modifia cations. Elles pourraient prévenir certaines réactions de la part des matières simultanément mises en macération ; elles changeraient inévitablement les proportions relatives du dissolvant et des principes dissous.

Abstraction faite de toute autre considération, la méthode de déplacement serait rendue impraticable, par l’extrême difficulté que le vin éprouverait à traverser le magma que forme la masse opiacée imprégnée de liquide.

Dans cette préparation, l’existence des acides libres du vin, peut faciliter la dissolution de la narcotine, de la méconine, de la narcéine, delà para eide la pseudomorphine, peut-être même modifier les propriétés physiologiques de la première de ces substances, que MM . Orfila et M agendie ont vu posséder des propriétés stimulantes, dissoute dans l’acide acétique; des propriétés narcotiques, dissoute dans les huiles fixes, et les perdre presque toutes, dissoute dans l’acide sulfurique.

Le tannin tend à précipiter la codéine, la morphine et la narcotine. L’alcool, favorise la solution de la narcotine, de la méconine, de la pseudo et delà paramorphine, du principe vireux, celle des huiles volatiles du safran, de la cannelle et du girofle.

DES PREPARATIONS D’OPIUM.

Le sucre et l’alcool contribuent à rendre le médicament peu altérable. On ne saurait donc substituer au vin de Malaga, prescrit par Sydenham, quelque autre vin plus chargé d’acides libres, ou de tannin, moins chargé d’alcool, et privé de sucre.

Le laudanum de Rousseau, qu’il faut bien se garder de confondre avec le précédent, s’obtient en faisant réagir dans des conditions que nous allons préciser :

125 grammes d’opium choisi, 1875 grammes d’eau chaude,

375 — de miel blanc, 8 — de levure de bière fraîche;

On délaie dans la totalité de l’eau chaude, le miel, la levure, l’opium coupé par tranches ;

On abandonne le mélange à lui-même, dans un lieu dont la température se puisse maintenir voisine de 30°; pendant un mois au moins, ou plutôt jusqu’à ce que la fermentation qui s’en empare , et que le contact du miel et de la levure développe soit terminée. A cette époque, le dégagement de gaz carbonique aura cessé, l’odeur aigrelette aura disparu, pour faire place à une odeur vireuse, l’écume sera tombée.

On passe avec expression, on filtre au papier, on distille à la chaleur du bain-marie, de manière à recueillir 512 gr. de liqueur alcoolique, dans laquelle se trouve le principe vireux de l’opium (cette espèce d’alcoolat constituait les gouttes blanches de 1 abbé Rousseau); puis, d’une part , on rcdistiîle cette même liqueur alcoolique, pour cette fois, n’en recueillir que 386 gr., qu’une troisième distillation réduit encore à 144 gr., résumant la totalité de l’alcool produit, et marquant à l’aréomètre centésimal de 64 à 67 degrés; d’autre part, on concentre au bainmarie le résidu liquide de la première distillation, dans lequel sont restés dissous les principes fixes de l’opium , jusqu’à ce qu'il ne pèse plus que 320 gr.; enfin, on mélange très exactement les 144 gr. de liqueur alcoolique, les 320 gr. de liqueur aqueuse refroidie, et s’il en est besoin , on filtre au papier. Le produit doit marquer 15<> à l’aréomètre de Baume , à poids égal, il contient un peu plus de deux fois autant d’opium qu’en contient le laudanum de Sydenham. 0gr,9t8 représentent 0gr,135 d’extrait, sa densité serait plus considérable, si, comme cela arrive quelquefois , auquel cas, presque toujours ?

Du laudanum de Rousseau .

une portion de matière sucrée se dépose, la fermentation n’avait pas été complète,

Nous pensons avec M. Guibourt, que l’usage de prescrire ce médicament et ses analogues par gouttes , devrait être abandonné, attendu que ia grosseur, et partant, le poids des gouttes peut varier avec plusieurs circonstances, telles que la température, l’étendue des surfaces sur lesquelles glisse le liquide.

Le laudanum de Rousseau semble devoir constituer une dissolution des principes de l’opium, solubles dans l’alcool faible, les uns par eux-mêmes, les autres à la faveur de ceux qui les accompagnent. Cependant, ses propriétés physiologiques spéciales indiquent, à n’en pas douter, que durant l’acte de la fermentation, des réactions encore inconnues ont eu lieu.

Les pharmacologistes ne prescrivent pas tous les proportions d’opium, de miel et d’eau, adoptées par le Codex de 1837 $ en outre, ils ne se conforment pas tous à son modus faciendi .

Les uns, avec M. Béral, augmentent d’un quinzième la proportion d’eau, retirent, par une seule distillation, 250 gr. de liqueur alcoolique , évaporent le résidu jusqu’à réduction à 250 gr., et mélangent les deux liquides.

Les autres, avecBaumé, avec les auteurs du Codex de 1818, et M. Guibourt, concentrent le produit de la fermentation sans distiller, et remplacent par de l’alcool la liqueur spiritueuse chargée des principes vireux de l’opium.

Ces variantes, qu’aucune considération véritablement importante ne justifie, qui ne peuvent que changer davantage encore, la composition d’un médicament énergique , que l’incertitude des réactions produites durant la fermentation, ne tend déjà que trop à faire varier, ne sauraient être adoptées. Il est même à regretter que Baume et M. Guibourt aient prêté à l’une d’elles l’autorité de leurs noms.

Du vinaigre Le vinaigre d’opium du Codex, qui contient les principes solud opium. jjies (|u j je qe S0Ü poi^g Lt’0pium brut, et semble avoir été imaginé, dans l’intention de rappeler les liquides opiacés décompositions du reste, si variables et même si peu connues , qu’emploient les Anglais sous les noms

DES PREPARATIONS d’ôPIÜM. 511

De Blacks droops , De gouttes de Lancastre,

De gouttes noii es, des quakers;

Se prépare de la manière suivante :

On délaie 32 p. d’opium choisi, dans 192 p. de vinaigre très fort; on ajoute 125 p. d’alcool à 80 cent., on laisse macérer 8 à 10 jours, on passe avec expression, et l’on filtre.

On peut partager en 4 groupes les extraits d opium, suivant qu’ils sont obtenus au moyen de l’eau, du vin, du vinaigre, ou d’un suc acide.

Cornet , Josse , Baume , Lémery et Quincy ^ la Pharmacopée hatave , Dey eux } Limouzin-Lamothe Robiquet, Zwelfer ont pro» posé de préparer l’extrait aqueux d’opium, par des méthodes plus ou moins différentes.

Cornet, plaçait dans un vase de l’opium divisé par morceaux, versait dessus 6 fois son poids d’eau froide, laissait macérer pendant 48 heures, en agitant de temps à autre, passait avec expression, traitait à deux fois le marc par de nouvelles quantités d’eau froide, réunissait les liqueurs, les filtrait, les évaporait au bain-marie, en consistance d’extrait, reprenait le produit de leur évaporation par 8 fois son poids d’eau froide, filtrait, évaporait de nouveau; et de nouveau encore traitait l’extrait par 8 parties d’eau, pour en définitive concentrer après filtration.

Josse, malaxait sous un filet d’eau, à peu près comme on le fait avec la pâte de froment dont on veut séparer le gluten, un morceau d’opium, jusqu’à ce qu’il ne restât plus dans la main qu’une masse glutineuse élastique, filtrait la liqueur, évaporait.

Baumé faisait bouillir 1 kil. d’opium, dans 0 litres d’eau, passait, répétait 1 à 2 fois la même opération, réduisait à 1500 grammes le décodé, le plaçait dans une cucurbite en étain, l’y maintenait en ébullition pendant 6 mois, avec le soin de remplacer l’eau qui s’évaporait; au bout de ce temps, laissait refroidir, passait au travers d’un blanchet, finalement évaporait en consistance d’extrait.

Lémery et Quincy, épuisaient l’opium, d’abord au moyen de l’alcool, ensuite au moyen de l’eau, et réunissaient les produits de ce double traitement.

Des extraits d’opium.

Des extraits aqueux.

Procédé de Cornet.

Procédé de Josse.

Procédé de Baumé.

Procédé de Lémery et de Quincy.

Procédé deT:la pharmacopée batave.

Procédé de Deyeiix.

Procédé de Limouzin- Lamothe.

Procédé de Robiquet.

Procédé de Zwelfer.

512 30e LEÇON,

Les auteurs de la Pharmacopée batave, enlevaient successivement à l’opium, au moyen de l’alcool et de l’eau employés isolément, les principes qu’il leur pouvait céder, mais ils rejetaient le soluté alcoolique, pour ne faire servir à la préparation de l’extrait aqueux, que le résidu de cette première opération, après l’avoir desséché puis traité par l’eau.

D’après Deyeux, on aurait délayé dans un soluté aqueux et non filtré d’opium brut, une certaine quantité de levure de bière, le mélange aurait été abondonné à lui-même, dans une étuve chauffée à -f- 250°, au bout de 7 à' 8 jours, ou plutôt, quand le mouvement de fermentation qui s’y serait développé, se serait arrêté, on aurait filtré, et finalement évaporé.

Suivant le procédé qu’a décrit dans sa thèse, comme le lui ayant vu exécuter, son neveu, M. Ed, Limouzin de Verdun, Limouzin-Lamothe dissolvait dans une suffisante quantité d’eau de pluie, pour obtenir une soluté de consistance sirupeuse, l’extrait d’opium du Codex, ajoutait une quantité de poix résine, égale au 1/4 de l’extrait ; portait à l’ébullition, l’entretenait environ 10 minutes en agitant en tous sens, au moyen d’une spatule, afin de bien empâter le liquide ; laissait refroidir ; séparait la résine, que le refroidissement avait figée ; filtrait le liquide et l’évaporait.

Robiquet a proposé de prendre l’extrait d’opium fait à froid et seulement évaporé en consistance de sirop épais, de l’introduire dans un flacon s de verser dessus 8 à 9 fois son poids d’éther sulfurique parfaitement rectifié, de fermer le flacon, d’agiter violemment et longtemps, de laisser déposer, de décanter, de renouveler les affusions d’éther jusqu’à ce qu’il ne laissât plus de résidu, et d’évaporer le sirop en consistance pilulaire.

Zwelfer enfin a décrit, sous le nom d’extrait d’opium torréfié, un extrait qui semble se rapprocher beaucoup de celui dont les Chinois font un si déplorable abus. On l’obtient en traitant par l’eau, l’opium auquel on a fait subir une torréfaction, qui lui fait perdre un cinquième environ de son poids : à cet effet, l’opium, coupé par lames minces, est placé sur une plaque en fer légèrement chauffée par des charbons ardents, et on l’y laisse jusqu’à ce qu’il n’exhale plus de fumée.

Ces divers procédés avaient pour objet :

Les uns, d’éliminer les principes huileux et résineux, au moyen de l’eau employée dans des proportions et dans des conditions convenables. Tels ceux de Cornet et de Josse; ou de les enlever au moyen d’un liquide essentiellement propre à leur dissolution, avant de traiter l’opium par l’eau destinée à la production ultérieure de l’extrait. Tel celui de la Pharmacopée batave.

Les autres, d’empâter ces memes principes, à la faveur de la résine, pour du tout former une masse sur laquelle l’eau est sans action. Tel celui de Limouzin-Lamothe. Les autres encore, de détruire par une ébullition prolongée, par la fermentation, ou par la torréfaction, le principe vireux et sans doute aussi de modifier favorablement quelqu’autre principe. Tels ceux de Baumé, de Reyeux, de Zweîfer.

Celui de Robiquet n’en isolait guère que la narcotine, et celui de Lémery, réunissait dans le produit, l’ensemble des principes que l’opium peut céder à l’alcool et à l’eau.

Le Codex n’a conservé que deux de ces procédés. Celui de Robiquet tel que nous venons de le décrire, et celui de Cornet, qu’il a très légèrement modifié.

Nous avons décrit celui-ci, en traitant d’une manière générale de la préparation des extraits (page 387), et nous avons en même temps fait connaître la composition de son produit.

Toutes les fois qu’une prescription médicale, indiquera l’extrait aqueux d’opium, même l’extrait d’opium, sans autre désignation, le pharmacien devra délivrer l’extrait aqueux, préparé suivant la méthode renouvelée de Cornet.

ïl représente, à très peu près, deux fois son poids d’opium brut.

Opium choisi, 500 gr. ; vio blanc, 2000 gr.; coupez l’opium par tranches; faites macérer pendant 24 heures, en agitant fréquemment; passez avec expression, divisez le marc dans autant de vin que vous en aviez employé d’abord; soumettez de nouveau à la presse, apres quelques heures de contact; réunissez les solutions; passez à la chausse; évaporez au bain-marie.

Faites macérer 32 gr. d’opium dans 1 kil.de vinaigre distillé; filtrez; évaporez en consistance d’extrait.

-Tom, I.

De l’extrait d’opium par le viu

De l’extrait 'opium par le vinaigre.

31e LEÇON .

De l'extrait «l'opium avecle site de coing fermenté.

Du sirop d’extrait d’opium, et du sirop

üe Karabé.^

Le produit constituera l’extrait par le vinaigre, aussi nommé extrait d’opium de Lalouette.

Il est facile de pressentir, que ces deux derniers extraits seront modifiés dans leur composition, et par suite, dans leurs propriétés, par la présence des matières fixes des véhicules, par celle aussi des acides que renferment ceux-ci.

L’extrait de Lancelot se préparait, en délayant 250 gr. d’opium dans 6 litres de suc de coing, abandonnant le mélange à la fermentation, dans un lieu chaud, pendant un mois 5 filtrant, évaporant; il retenait une notable portion de matières étrangères introduites par le suc, si bien, que 500 gr. d’opium, que nous savons ne fournir, au moyen de l’eau, que 250 gr. d’extrait, en fourniraient, par cette méthode, de 430 à 440 gr.

En outre, l’acide libre du suc devait faire éprouver aux principes de l’opium une modification analogue à celle que produit le vinaigre et la fermentation, une autre rappelant celle qu’ils éprouvent dans le laudanum de Rousseau.

Le sirop d’extrait d’opium, qu’il faut ne confondre, ni avec le sirop de pavot blanc, aussi nommé sirop diacode, lequel contient au lieu d’extrait aqueux d’opium, de l’extrait alcoolique de pavot, ni avec le sirop de Karabé, lequel est du sirop d’extrait d’opium additionné de 0gr,l d’esprit volatil de succin, par chaque 32 gr., se prépare de la manière suivante :

On dissout 0gr,9 d’extrait d’opium dans 16 gr. d’eau pure; l’on filtre; l’on ajoute la dissolution filtrée à 500 gr. de sirop de sucre bouillant et l’on chasse par l’ébullition l’eau additionnelle, qui, décuisant le sirop, le disposerait à fermenter.

Le nom de sirop de Karabé vient de ce que le succin porte aussi le nom de Karabé.

Ce que nous venons de faire pour le quinquina, pour l’opium, nous le pourrions évidemment faire pour leurs analogues. Mais cette revue de tous les médicaments que chaque plante, chaque partie, chaque produit de plante est susceptible de fournir, sans que d’ordinaire l’on ait à signaler entre les procédés applicables à la préparation de ceux qui se correspondent, des différences véritablement dignes d’intérêt ; cette reproduction

DES PRÉPARATIONS d’oPIUM. 51 5

de faits de même ordre, quoique sans connexion, se reproduisant sous une môme forme, et presque dans les mêmes termes, offrirait dans un cours de graves inconvénients.

Aussi, après avoir étudié de ce point de vue, les deux séries de préparations médicamenteuses, les plus nombreuses, et à tous égards, les plus intéressantes, me contenterai-je de tirer de tout ce que nous avons dit jusqu’ici, les conséquences que je crois les plus propres à guider dans cette voie d’investigation que M. Soubeiran a parcourue avec tant de succès.

Je résumerai ces conséquences dans les propositions suivantes :

Parmi les plantes et leurs parties, celles-là seules qui contiennent une forte proportion d’eau de végétation, peuvent fournir des sucs aqueux.

Celles aussi qui renferment une notable quantité d’huile fixe, une notable quantité d’huile volatile, peuvent seules fournir des huiles fixes ou des huiles volatiles 5 à moins qu'à l’exemple des amandes amères, ou de la moutarde noire, elles ne puissent donner naissance à ces dernières, dans des conditions qui se trouveraient réunies pendant l’opération.

Celles que le pharmacien ne connaît qu’à l’état sec, sans exception aucune, peuvent être pulvérisées, et sauf quelques rares exceptions, il en est de même de celles qu’il récolte, ou qu’il se procure à l’état frais, après qu’elles ont été desséchées.

Conséquemment , toutes ces matières peuvent en nature , faire partie des médicaments aptes à recevoir des poudres, ou comme parties essentielles, ou comme parties accessoires. (Cérats, pommades, onguents, emplâtres, tablettes, grains, poudres composées, cataplasmes, sinapismes, pilules, électuaires, confections, opiats.)

Au contraire, elles ne sauraient servir à la préparation : Des pulpes, qu’autant qu’elles offriraient une mollesse convenable, ou seraient susceptibles de 1 acquérir au contact de 1 eau bouillante ou de sa vapeur ;

Des eaux distillées et des alcoolats, qu’autant qu’elles seraient susceptibles de laisser passer à la distillation soit avec l’eau, soit avec l’alcool, des principes médicamenteux.

516 31e LEÇON.

Toutes cèdent à quelqu’un des véhicules employés en pharmacie leurs principes actifs, et souvent plusieurs do ces véhicules, les leurs peuvent enlever.

De là cette autre conséquence, qu’elles peuvent servir à la préparation des gelées, des pâtes, des pastilles, des grains, si tant est qu’elles produisent des solutés aqueux.

Des sirops, des mellites, si leurs solutés sont de ceux que l’on peut ultérieurement convertir en sirops, en mellites.

Des extraits, des saccharures, si le dissolvant est volatil.

Une matière organique quelconque ôtant donnée, rien donc qu’en tenant compte de son état physique, l’on pourrait tout d’abord déterminer quelles seraient celles des préparations que son état physique intéresse seul , qu’elle serait susceptible de fournir.

L’examen des résultats des analyses que l’on en aurait faites, la connaissance des propriétés inhérentes à ses principes actifs, autant que possible, l’appréciation des influences que peut exercer la présence des principes inertes, permettraient ensuite de pressentir, si l’on doit en extraire tel ou tel produit, si l’on peut en préparer une eau distillée, un alcoolat, un soluté aqueux, une teinture, un vin , un vinaigre médicamenteux, une bière, une huile médicamenteuse, une gelée, une pâte, un sirop, un mellite, un extrait, une saccharure. Si, de plus, il convient de lui faire subir tel ou tel traitement plutôt que tel ou tel autre.

Dans tous les cas, il ne faudra jamais perdre de vue, que les déductions tirées de considérations purement chimiques, ne doivent être considérées que comme des indications plus ou moins utiles, sur la valeur desquelles l’expérience thérapeutique a mission de prononcer en dernier ressort.

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