LE PLUS FRÉQUEMMENT PRATIQUÉES EN PHARMACIE
L’extraction, ta préparation, la disposition^ l’essai et la conservation des médicaments 3 exigent l’emploi de procédés tellement variables, qu’on ne les peut étudier d’une manière satisfaisante qu'en passant en revue les très nombreux corps qu’ils servent à extraire , à préparer, à disposer, à essayer, à conserver. Mais comme en définitive, quelque dissemblables qu’ils soient, cesprocédés se composent d’un assez petit nombre d’opérations analogues, et parfois meme identiques, se succédant dans un ordre différent, il est du moins possible de faire connaître le but, la marche et le résultat, des opérations le pins fréquemment pratiquées dans nos laboratoires. Ces leçons et quelques-unes décollés qui les suivront , seront consacrées à leur étude.
Il y sera successivement traité :
1° de la Division.
Nous comprendrons sous cette désignation: la pulvérisation, laquelle n’est, à vrai dire, que la division poussée très loin $
La section , ainsi nommée du verbe latin secare , couper, inciser, parce qu’elle s’exécute à l’aide decouteaux, deciseaux et autres instruments tranchants ;
La ration , du verbe latin rodere , ratisser, parce qu’elle s’exécute à l’aide de râpes, de limes ;
L’épistation, des mots grecs q-ts;€&> , je foule dessus, parce qu’on l’exécute au moyen de mortiers et de pilons.
Voire les manipulations complémentaires, appelées porphyrisation , cribration , tamisation , dans lesquelles les poudres sont portées sur le porphyre, afin d’en augmenter la ténuité, ou passées au travers de cribles et de tamis, afin de séparer leurs particules les plus ténues, de celles qui le sont moins,
5 ET 6e LEÇONS.
2° de la pulpation, 7° de la torréfaction,
3°' de la solution , 8° de la calcination et dePincinération,
4° de la dépuration , 9° de la vaporisation,
5° de l’expression , 10° de l’évaporation,
6° de la liquéfaction et de la fusion, 11° de la distillation et de la sublimation.
DE LA DIVISION'
et comme appendice , de la préparation des poudres simples.
Les matières médicamenteuses solides sont assez rarement employées entières ^ plus souvent on les divise, ou pour les rendre plus faciles à administrer, plus actives même, ou pour les mélanger plus intimement les unes avec les autres, dissoudre plus aisément, à l’aide de véhicules appropriés, les principes soluhlcs qu’elles renferment , extraire plus complètement, au moyeu de la pression, les sucs qui les imprègnent, etc., etc.
Four peu que l’on réfléchisse à leurs propriétés physiques essentiellement différentes, au degré si variable de dureté, d’élasticité, de malléabilité qu’elles présentent, aux réactions que certaines d’entre elles sont susceptibles d’exercer sur un grand nomlire de corps, 011 voit que les mêmes moyens ne sauraient être applicables à la division de toutes.
Aussi les procédés qui la doivent produire sont-ils très nombreux .
Nous parlerons d’abord de ceux, qui, ne nécessitant l’emploi d’aucun instrument tranchant ou contondant, peuvent être con sidérés comme chimiques, par rapport aux autres, que l’oo peut à leur tour considérer comme mécaniques.
Dchim^ueedseS ün procédé de division, très rarement employé, aujourd’hui (le division. ,|Ue pon a cessé de faire entrer les pierres siliceuses dans la thé-
des piei-res'siU- ri;i,lue> i;i confection d’hyacinthe, etc., etc., est celui qui consistinction.31' eX‘ tait a chauffer au rouge le quartz hyacinthe et ses analogues, puis à répéter un certain nombre de fois ces opérations.
Par l’effet de la chaleur, les molécules de la masse siliceuse s’écartaient les unes des autres, sans toutefois sortir de leur sphère d’attraction, et quand clics se trouvaient au contact de l’eau, les molécules extérieures recouvrant leur force première d’attraction, plus complètement que ne le faisaient les molécules centrales , il en résultait que la somme des forces qui tendaient au
DE EA DIVISION
rapprochement des molécules moyennes et des molécules extérieures, se trouvant plus forte que la somme des forces qui tendaientà rapprocher ces memes molécules moyennes et les molécules centrales, amenait la disgrégation de la masse.
C’est à ce mode de division, que l’on ne saurait évidemment appliquer aux corps altérables par la chaleur, ou bons conducteurs du calorique, que les anciens pharmacologistes avaient donné le nom de procédé par extinction, en raison du rapport existant, entre le refroidissemèntinstantané des pierres siliceuses rouges de feu, et l’extinction ordinaire des corps enflammés.
Le zinc, l’étain et quelques autres métaux, lorsqu’on ne tient du z?nc8de 1 épas à les obtenir en particules extrêmement ténues, car alors il phor? pa? gra faudrait employer d’autres modes de division indiqués plus loin, nulat‘on. sont divisés, en les faisant fondre et les versant dans des vases remplis d’eau, avec le soin de se mettre à l’abri de la projection decelîe-ci, au moment oùle contact dumétal en fusion produit instantanément une grande quantité devapeur, de verser le métal goutte à goutte et non pas au filet, de luifairc traverser une couche d’eau assez épaisse pour produire le refroidissement complet du métal; autrement, il n’y aurait pas de solution de continuité, et les particules divisées s’accolant, reproduiraient une masse.
Le procédé que l’on suit dans les fabriques de plomb de chasse, en versant le plomb fondu allié à quelque peu d’arsenic, destiné à lui communiquer de la dureté, sur des plaques en fonte percées de trous, qu’il traverse avant de tomber d’une grande hauteur dans l’eau, en produit la granulation.
Le phosphore se divise également au moyen d’une opération qui fournit une matière granulée; maisson inflammabilité oblige à le tenir constamment à b abri de l’air.
On l’introduit dans un flacon aux deux tiers rempli d’eau à 50 degrés environ; quand il est en fusion complète, on imprime au flacon, que l’on a fermé très hermétiquement, un mouvement rapide et saccadé, qui, interposant entre les molécules de phos- ' phore des molécules d’eau, les isole, et l’on continue jusqu’à refroidissement complet.
Suivant M. Casaseca, en remplaçant l’eau par l’alcool, on obtiendrait une division plus parfaite.
70 5e ET 6e LEÇONS.
Division Lu fabrique, la division du soufre se fait par distillation ^ eu protoïhiofure1 conduisant l’opération de telle sorte, que les vapeurs passent dfsuiîaüon ^ar îromôdiatemeni de l’état gazeux à l’état solide. Le produit est vulgairement connu sous le nom de fleurs de soufre.
Bans une vaste chaudière en fonte, surmontée d’un massif en maçonnerie, qui la fait communiquer avec un récipient construit également en maçonnerie, on introduit du soufre brut au moyen d’une ouverture latérale, que ferme hermétiquement une plaque en fonte, puis l’on chauffe.
Si la quantité de soufre que l’on vaporise, est calculée de manière à ce que les parois du récipient, auquel les vapeurs transmettent le calorique latent qui les constituait à l’état gazeux, ne puissent s’échauffer sensiblement, ces vapeurs se condensent sous forme de poudre excessivement ténue, qui vient, partie s’attacher sur les parois du récipient, partie tomber sur le sol, et qu’on enlève au moyen de balais.
Le procédé de Josias Jeveî, ingénieusement modifié par M. Ossian Henry, et tel qu’on le pratique pour obtenir du protochlorure de mercure, dans le plus grand état possible de division, consiste dans une véritable distillation; seulement, les vapeurs de chlorure, au lieu de se rendre seules dans le récipient, s’y rendent en même temps que de la vapeur d’eau.
L’appareil se compose :
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1° D’un ballon à trois tubulures, dont deux latérales reçoivent les cols de deux cornues, l’une en verre, contenant de l’eau, l’autre en grès, 'contenant le protochlorure ou le mélange propre à
le produire.
2° D’un flacon à deux tubulures, dont l’une reçoit un tube destiné à livrer passage à Pair de l’appareil, et l’autre, la tubulure inférieure du ballon.
Quand les jointures sont parfaitement lutées, on porte Peau à l’ébullition , et aussitôt que sa vapeur remplit le balîou, un y
DE LA DIVISION
fait arriver de l’autre côté la vapeur mercurielle, de telle sorte que les deux vapeurs, apres s’ètre mêlées, se condensent et retombent sous forme de pluie, ou plutôt de neige, au fond du flacon. On laisse déposer, on décante le liquide surnageant, on lave à plusieurs reprises le dépôt, afin d’entraîner la petite quantité de deutochîorare qu’il contient, on remet le protochlorure en suspension dans l’eau, on jette le tout sur un filtre, si besoin en est, on broie le protochlorure humide sur un porphyre, on le fait rapidement sécher au bain-marie dans un vase en porcelaine, et finalement on le conserve à l’abri de la lumière. Nous aurons occasion de revenir sur cette opération en traitant du protochlorure de mercure à la vapeur.
Un autre procédé de division, principalement applicable aux Division sels renfermant une grande proportion d’eau de cristallisation Soade '^par la (sulfate, phosphate, carbonate de soude), est celui-ci : on place le ^ S eva sel dans une bassine, on l’y fait fondre dans son eau de cristallisation, puis ou le maintient sur le feu sans cesser de l’agiter, jusqu’à ce que toute l’eau se soit dissipée.
On pourrait, jusqu’à un certain point, considérer comme des moyens chimiques de division les opérations suivantes et leurs analogues, qui fournissent dans un grand état de division , certaines matières médicamenteuses.
Far le mélange de. deux dissolutions aqueuses , l’une de sel marin, l’autre de protoazotate de mercure, on produit du protochlorure de mercure pulvérulent.
Par l’addition, à un volume considérable d’eau, d’une solution à peu près neutre de chlorure d’antimoine ou d’azotate de bismuth, on détermine la précipitation à l’état de poudre, d’un sous-chlorure ou d’un oxychlorure d’antimoine, d’un sousazotate de bismuth.
Par l’addition à une solution de chlorure d’or, du protosulfate de fer ou du protoazotate de mercure, on précipite en particules singulièrement ténues, de l’or métallique.
En maintenant plongée dans une dissolution d’argent, une lame de cuivre, dans une dissolution de cuivre, une lame de fer, on en précipite tout l’argent, tout le cuivre, sous forme d’éponges composées d’une multitude de petites lamelles.
5e ET 6e LEÇONS.
Des procédés mécaniques de
division cables aux matières minérales, à la division desquelles nous venons de voir qu’on les fait servir, sont rarement employés, comparativement à ceux qui nous restent à décrire : la cause en est, que ceux-ci peuvent produire tout aussi bien la division des matières organiques, que celles des matières inorganiques, fis consistent dans l’emploi convenablement dirigé, suivant l’état physique, les propriétés chimiques des matières premières, et aussi le résultat qu’on se propose d’obtenir, d’instruments plus ou moins propres à rompre la cohésion des solides. Ces instruments, les plus usités en pharmacie, sont :
Des instruments Les râpes :
de division em- 1
ptoyésenphar- Les hmes ;
Les ciseaux; (au besoin on recouvre de peau leurs anneaux, afin qu’une pression prolongée ne puisse blesser les doigts de l’opérateur.)
Les couteaux ; il en existe de plusieurs sortes, mais l’un des plus commodes, est celui imaginé par MM. Arnheiter et Petit, mécaniciens à Paris $ il se compose essentiellement d’un tranchant circulaire À , qui s’abaisse à frottement sur l’arête d’un plan d’acier échancré circuîairement en BB, et le dépasse ; de sorte que les matières que l’on pousse au delà de ce plan, sont tranchées très nettement, par l’abaissement du levier qu’une bande en fer C empêche de dévier de sa direction , et maintient pour ainsi dire accolé au plan.
Les pilons et les mortiers. Ceux-ci en fonte, en marbre , en verre, en porcelaine, ceux-là en agate, en bois.
Les molettes et \e$ porphyres. Le porphyre se compose d’un fragment de roche porphyrique A parfaitement plane, parfaitement poli sur l’une de ses faces $ la molette B, d’une masse également porphyrique, de grosseur telle, qu’elle puisse être facilement embrassée entre les mains, déformé conique, parfaitement polie à sa base, légèrement convexe toutefois, afin de prévenir
Les procédés ci-dessus décrits, presque exclusivement appli-
DE LA DIVISION
l’adhérence, que tendent à contracter deux surfaces planes qu’on fait glisser l’une sur l’autre, et surtout de permettre à la matière pulvérulente de s’engager entre elles. A défaut de roche porpbyrique, on pourrait employer le marbre, le verre ou le grès, mais avec moins d’avantage, en raison de ce qu’lisse laissent plus facilement entamer par les matières dures, et ne sont pas tous susceptibles d’un très beau poli.
Les tamis . Ceux qu’on destine à cet usage, doivent être à compartiment simple, et d’un tissu assez résistant pour que l’on puisse exercer à leur surface une certaine pression.
Les moulins , plus ou moins semblables à ceux qui , dans les ménages, servent à moudre le café, le poivre; comme eux, ils portent une noix cannelée qui déchire ou brise les matières contre les parois de l’espèce d’entonnoir, dans la douille duquel un axe central la fait tourner sur elle-même.
L action de ces instruments de division s’exerce sur les ma- Des opérations . , „ , que l’on fait
tieres médicamenteuses, tantôt telles qu’on les récolte ou subir à certai-
qu’on les achète dans le commerce, tantôt après qu’on leur a avant de les dilait subir certaines operations, destinées a les priver des parties qUement. susceptibles, soit d’altérer la beauté du produit, soit de modifier défavorablement ses propriétés thérapeutiques, etc., etc.
Nous verrons en parlant de l’extraction des sucs, ou de la préparation des bouillons, que Ton prive :
Les coings, du duvet qui les recouvre, en les frottant dans un linge rude;
Les carottes, les betteraves, les racines de raifort, de leurs collets, de leurs radicules, de leurs parties entamées ou meurtries ;
Les limons, les citrons, les oranges, de leurs enveloppes extérieures jaunes chargées d’huile volatile, de la partie blanche sous-jacente exclusivement mucilagineuse;
Les plantes herbacées, des feuilles mortes;
Les groseilles, de leurs rafles ;
Les cerises et les merises, de leurs queues ;
Les grenouilles, des parties antérieures, afin de ne conserver que les cuisses;
5e ET 6e LEÇONS.
Les colimaçons, de la partie postérieure noirâtre dans laquelle sont renfermés lés intestins;
Les poumons de veau, au moyen de lavages à l’eau tiède, du sang et des mucosités.
Quand on les veut réduire en poudre.
Le salep doit être mis à tremper pendant douze heures dans Peau froide, afm de pouvoir, en le frottant dans un linge rude, détacher sa*pellicule presque toujours salie par de la terre.
Les racines de réglisse, de guimauve, d’arrête-bœuf, de pareirahrava et autres, essentiellement fibreuses, sont mondées de leur épiderme en les ratissant légèrement avec un couteau.
Les racines d’angélique, de valériane, d’asarum et autres plus ou moins menues, plus ou moins réunies en faisceaux, que la terre salit presque toujours, sont frappées légèrement dans un mortier avec un pilon en bois*, puis frottées sur un crible.
La racine de fougère mâle, après avoir été coupée transversalement en tranches minces, est séparée en la vannant, de ses écailles foliacées.
Les écorces d’angusture, de cascariile, de quinquina, sont grattées avec un couteau, afin d’enlever les cryptogames qui les recouvrent, parfois même leur épiderme.
Les feuilles, en général, sont mondées de leurs pétioles très riches en fibres, très pauvres en principes actifs ;
Certaines fleurs, et notamment les roses de Provins et les œillets rouges, de leurs onglets incolores;
Toutes les semences recouvertes d’une enveloppe ligneuse, comme les amandes, les pignons d’Inde, le croton tiglium , en sont privées. Quelquefois aussi on enlève leur pellicule plus centrale, en les immergeant pendant quelques instants dans l’eau bouillante, destinée, en ramollissant le mucus qui lui faisait contracter de l’adhérence avec la semence proprement dite, à permettre à cette pellicule épispermique de se détacher, alors que l’on fait glisser, entre le ponce et l’index, la semence sur laquelle on exerce en même temps une légère pression ; la semence, privée d’épisperme, est d’ailleurs ensuite projetée dans l’eau froide afin qu’elle s’y raffermisse.
t Les semences d’auis verts, de fenouil, les poivres noir et
DE LA DIVISION
blanc. Ses cubèbes, sont vannés pour enlever la poussière, les pédoncules brisés, les grains rongés par les insectes, et séparés ensuite à la main, des débris de pierre qu’on y rencontre près» que toujours.
On sépare les semences contenues dans les capsules de pavots, celles engagées dans la pulpe des coloquintes, les noyaux osseux des myrobolans.
On rejette le péricarpe scaricux de i’amomc en grappe et du cardamome.
Le riz est lavé à l’éau froide., jusqu’à ce que celle-ci sorte limpide, jeté sur une toile, et de temps à autre arrosé avec de l’eau, jusqu’à ce qu’il soit devenu opaque et friable.
La mousse de Corse, toujours mélangée de graviers et de coquillages, en est séparée à la main après qu’on l’a battue sur une table avec des baguettes en bois.
La gomme arabique et la gomme adragante, sont mondées avec un canif, des débris ligneux et autres corps étrangers adhérents à leur surface.
Les cantharides sont criblées, pour en séparer la poussière et les mites.
Les poches de castoreum et de muse sont déchirées, et l’on en rejette les enveloppes, ainsi que les membranes Intérieures.
Le corail, les pierres d’écrevisses, les coquilles d’œufs, les écailles d’huîtres, sont concassés et débarrassés par des lavages, à l’eau froide d’abord, à l’eau bouillante ensuite, des matières animales qui les imprègnent et qui plus tard faciliteraient leur altération.
La corne de cerf calcinée est grattée avec un couteau, et séparée de toutes les parties vitrifiées à la surface, incomplètement calcinées, ou noircies par la présence du charbon.
Les os de sèche sont nettoyés avec mi couteau, de tous les corps qui salissent leur surface, l’on rejette en outre les parties dures ou la couche supérieure.
La limaille de fer est triturée avec la main, à la surface d’un tamis à tissu en fil de fer très serré, afin d’en détacher les parties oxydées.
Si, par suite de leur exposition à l’air, ou des lavages qu’on
5e ET 6e LEÇONS.
leur aurait fait subir, les matières organiques sèches avaient perdu leur rigidité, et repris uoc élasticité essentiellement défavorable à la division, avant d’y procéder, on commencerait par compléter leur dessiccation.
Nous supposerons qu’il s’agit d’abord , de la division des matières organiques fraîches , ensuite de la division des matières minérales et de celle des matières organiques sèches.
Dans ce dernier cas, en outre, qu’il faut, ou seulement les léduire en particules grossières, ou les amener à l’état de ténuité, qui constitue les poudres.
De la division )Ni nharmacic la division des matières organiques i raidies.,
Ions et de mortiers, parfois même au moyen des mains seulement.
On râpe les coings, les carottes, les betteraves.
On incise avec des ciseaux les colimaçons, les grenouilles et les poumons de veau.
On incise avec des couteaux, la racine de raifort.
On pile les plantes herbacées dans des mortiers en marbre, si elles ne sont pas chargées de sels acides comme l’est l’oseille 5 en bois, dans le cas contraire.
On déchire avec les mains les limons, les citrons, les oranges, afin de ne pas entamer leurs semences chargées de principe amer.
On écrase entre les mains, les groseilles, les cerises et les merises, afin d’éviter de briser les semences des groseilles chargées de mucilage, celles des cerises et des merises, plus tard capables de communiquer aux sucs, une saveur d'huile volatile d’amandes amères.
On ne saurait songer à pulvériser les matières de ce groupe.
De la division La division tant des matières inorganiques que des matières matières inor organiques sèches qu’on ne veut que réduire en particules gros-
De pilons et de mortiers De moulins.
De ciseaux , De couteaux ,
Opère-t-on sur des feuilles, des fleurs, des sommités fleuries, des écorces ou des racines minces flexibles et peu résistantes, telles que les écorces d’orme pyramidal et de sureau, les racines
DE LA DIVISION
de chiendent et d’aristoloche serpentaire; on se sert de ciseaux.
Opère-t-on sur des liges de douce-amère, sur des racines de squine, de guimauve, ou sur toute autre substance organique trop dure ou trop volumineuse pour qu’on la puisse diviser avec des ciseaux, trop peu cassante pour que le pilon la brise aisément, on se sert de couteaux à racines.
Opère-t-on sur des écorces de quinquina, de cannelle, ou sur toute autre substance trop dure ou trop volumineuse pour que des ciseaux, trop cassante pour que des couteaux, puissent la diviser; on se sert de mortiers ordinairement en fonte ou en bronze.
Opère-t-on sur les semences coriaces de la noix vomique et de la fève Saint-Ignace, sur les amandes, sur les semences de ricin, de croton tiglium ou d’épurge, qui ne doivent pas être réduites en poudre quand on veut en extraire l’huile, sur les semences de lin, de moutarde noire, qu’on veut amener à l’état de farine ; on se sert de moulins.
Enfin, opère-t-on sur des matières minérales ; on se sert de pilons et de mortiers, de nature telle, qu’ils ne puissent donner lieu à des réactions; en verre ou en porcelaine pour le deutochlorure de mercure ; en cuivre pour le sulfate de cui vre, etc., etc.
Quel que soit l’instrument employé, on s’attache à produire des fragments aussi réguliers que possible , tout à la fois , afin de donner une idée meilleure des soins apportés par l’opérateur, et de faire qu’à volumes égaux, des portions différentes de matière divisée, en renferment des poids à peu près égaux aussi.
Pour concourir à ce but, on passe à deux fois au tamis ou au crible, l’un à tissu très serré ou à trous de petits diamètres, l’autre à tissu très lâche ou à trous de grands diamètres, les matières préalablement divisées, afin de séparer les particules trop ténues des particules trop grossières, dont la division, au mortier surtout, ne permet pas d’éviter le mélange.
Par exception, les bois néphrétiques de gaïac et d’aîoès, la racine de sassafras, sont réduits en petites bûchettes, en poudre grossière, ou rubanés, au moyen de planes, détours, de rabots.
78 5e ET 6 LEÇONS.
DtiondesmaUè" La pulvérisation, c’est-à-dire la réduction en particules téres inorgam- nues, des matières solides, s’opère au moyen
quesetdesma- 7 .
tières organi- De limes, De pilons et de mortiers ,
ques sèches. ®e tamis, De molettes et de porphyres.
Après, bien entendu, que celles de ces matières qui présentaient un volume considérable, ont préalablement été grossièrement divisées.
La lime ne sert pour ainsi dire qu’à diviser le fer;
Le tamis qu’à pulvériser les carbonates de magnésie et de
plomb qui se tassent sous le pilon.
Les mortiers servent à pulvériser toutes les autres, et les porphyres à compléter la pulvérisation de certaines, de celles surtout qui sont friables.
Le mieux est de pousser la pulvérisation jusqu’à ses dernières limites; cependant on doit parfois éviter de la pousser trop
loin.
En poudres trop tenues, les cantharides pourraient déterminer l’inflammation des membranes sur lesquelles on les appliquerait, la racine d’asarum et des autres slernutatoires, de véritables céphalites.
De remploi des Le plus ordinairement, l’action des instruments de pulvérisa-
intermédiaires 1 .
tion s exerce directement sur les matières médicamenteuses; quelquefois cependant elle ne s’exerce que par l’intermédiaire de certains corps destinés à la rendre plus facile et plus complète, en annihilant celles des propriétés de ces matières qui gêneraient l’opération, et spécialement leur élasticité et leur malléabilité.
Les semences de noix vomiques, de fève Saint-Ignace, le riz, le camphre, repoussent le pilon ; on remédie à cet inconvénient, en exposant les semences à Faction de la vapeur d’eau, en humectant légèrement le riz avec de l’eau, le camphre avec de l’alcool; ce dernier liquide, dissolvant çà et là une partie du camphre, le convertit en une masse spongieuse, que la plus légère pression divise.
La vanille, le macis, les semences émulsives se tassent sous le pilon : en les triturant avec du sucre, les particules de sucre s’interposent entre leurs propres particules et les empêchent de se réunir.
DE LA PULVERISATION.
L’or, l’argent s’étendent sous le pilon ou sous la molette . cet effet n’a plus lieu quand on triture avec du sulfate , du bitartrate de potasse, ou toute autre substance dure, les feuilles de ces métaux préparées par les batteurs d’or.
Les résines, les gommes-résines, les baumes adhèrent aux parois des mortiers et des pilons : l’adhérence ne se produit plus en enduisant les parois de ces instruments d’une légère couche d’huile. Celte addition , sans inconvénient quand on opère sur de la résine d’euphorbe, exclusivement employée à l’extérieur, ne saurait toutefois se faire quand on opère sur des résines destinées à l’usage interne, attendu que l’huile, en rancissant, altérerait les poudres; aussi vaut-il mieux, pour la rendre inutile, faire choix des résines, des gommes-résines, des baumes eu larmes, et les pulvériser par des temps secs et froids.
La coloquinte, l’agaric blanc se pulvérisent très aisément, lorsqu’au lieu de les contuser seuls dans un mortier en fonte, on commence par les y battre avec un mucilage de gomme adragante, de manière à former une pâte que l’on dessèche à l’étuve et que l’on pulvérise; ou bien encore, suivant la judicieuse observation de M. Boullay, alors que pour éviter d’introduire dans le produit les parties fibreuses, on n’opère, comme il vient d’être dit, que sur la pâte formée avec les parties parenchymateuses préalablement séparées des parties fibreuses, en frottant la coloquinte ou l’agaric à la surface d’un tamis. Le Codex cependant , prescrivant de pulvériser ces mêmes substances sans intermédiaire , il faut se conformer à son indication.
Les matières que l’on porpbyrise fuient plus sous la molette à l’état sec que lorsqu’on les humecte.
Il y aura donc avantage à les humecter, et parfois à les convertir en une sorte de pâte, toutes les fois que, semblables
Au sulfure de mercure , Aux os de sèche ,
Au protochlorure de mercure , Aux coraux ,
À la corne de cerf calcinée , A la pierre ponce,
Aux pierres d’écrevisses ,
elles ne seront ni solubles dans l’eau, comme le deutochlorure de mercure, ni décornposahles par elle, comme l’azotate de bismuth, ni altérables par l’air humide, comme la limaille de fer.
80 5e ET 6e LEÇONS.
C’est encore une sorte de pulvérisation par intermédiaire, que celle du phosphore au moyen de l’eau.
Toutes les fois qu’il est possible de le faire, le mieux est d’opérer la pulvérisation directement, mais quand il est indispensable d’avoir recours à un intermédiaire, outre qu’il faut rejeter tous ceux qui pourraient réagir sur la matière première, ou modifier ses propriétés thérapeutiques, il faut, s’il est possible, faire choix d’une substance capable d’être ultérieurement enlevée, ce qui a lieu pour le sulfate et le bitartrate de potasse par rapport à l’or et à l’argent, parce que alors le produit n’est pas mélangé d’une matière secondaire, au détriment de l’efficacité du médicament.
De la manière Quant à la manière d’employer les instruments de pulvérisaploideflnstrStion, évidemment on ne peut agir que par frottement, alors dation? IHllve" qu’on fait usage de limes, de tamis ou de porphyres.
Pulvérisation On fait glisser à la surface du tamis à tissu de crin le carbopar frottement. na{e magnésie ou le carbonate de plomb, que l’on a saisi de
la main droite et sur lequel on exerce une légère pression; le carbonate divisé traverse le tissu, et vient tomber en dessous dans une boîte ou sur une feuille de papier disposée pour le recevoir.
On place à la surface du porphyre la matière, soit sèche, soit humide; puis, embrassant entre les deux mains la molette, on lui imprime un mouvement circulaire du centre vers la circonférence , et de la circonférence vers le centre , en même temps que, de temps à autre, on l’incline tant soit peu de gauche à droite et de droite à gauche , afin de permettre l’introduction de la poudre entre les deux surfaces en rapport, de temps à autre, aussi, à l’aide d’un couteau à lame flexible, ou d’une feuille en corne», on ramène vers le centre du porphyre la poudre que la marche de la molette tend sans cesse à repousser vers les bords.
L’on continue jusqu’à ce que la poudre frottéeentre lesongles, ne laisse apercevoir aucun indice de rugosité.
Lorsqu’au lieu de se servir de limes, de tamis et de porphyres, on se sert de mortiers, on peut agir, ou par contusion, ou par trituration.
DE LA PULVERISATION.
Les matières semblables à la plupart des racines, des bois, des Pulvérisation