par contusion
feuilles, des écorces, sont-elles dures, peu friables, incapables de se ramollir, de s’agglomérer par l’effet de la chaleur que développe une pression considérable ; on les frappe fortement et à coups redoublés, enayantsoin chaque foisde faire tomberle pilon perpendiculairement, là où ses surfaces et celles du mortier offrant à leur accolement une plus grande étendue, exercent leur action sur une masse plus considérable, et de temps à autre , par un mouvement de progression circulaire imprimé au pilon, de détacher les matières qui se seraient attachées aux parois du mortier, afin de prévenir la formation d 'une couche, dont l’élasticité gênerait singulièrement la pulvérisation.
Les matières sont-elles friables, comme le sulfure d’antimoine. Pulvérisation ou susceptibles d’être ramollies par la chaleur, comme les ré-par sines, les gommes-résines, les baumes ; on promènera circulairement le pilon autour du mortier, de manière à les comprimer entre les parois internes de celui-ci et les parois externes du pilon, légèrement et lentement.
Dans tous les cas , il ne faudra placer dans le mortier qu’une petite quantité de matière, afin de ne pas amortir le choc ou Je frottement du pilon, car la matière est nécessairement plus facile à pulvériser, quand elle est placée sous forme de couche sans épaisseur, entre les parois du pilon et celles du mortier, que quand la couche épaisse qu’elle produit, constitue en quelque sorte une couche moyenne, que les couches supérieures et inférieures, plus ou moins élastiques, défendent de Faction du pilon.
Que si l’on opère sur des matières dont les émanations, ou Des précautions
plutôt la poussière portée dans l’air par le mouvement même du àdPminuerPiaUr
pilon, offriraient des dangers pour l’opérateur, tels sont : traire aux éma-
nations délé-
tères.
Les sels de mercure ,
— de cuivre,
— de plomb ,
La scille ,
Les racines de jalap ,
— d’asarum ,
— d’ipécacuanha
La racine de bétoine, L’écorce de garou , La fleur d’arnica ,
La coloquinte , L’euphorbe ,
La scammonée ,
Les cantharides,
Tom.I.
82 5e ET 6e LEÇONS.
On recouvre le mortier , d’un sac en peau de forme conique et percé à ses deux extrémités, que l’on fixe au moyen de courroies, d’une part, à la partie moyenne du pilon dont la partie supérieure le traverse, d’autre part, au mortier que sa base vient embrasser, et par surcroît de précaution, on se couvre la bouche et le nez d’un linge que l’on a fortement tordu après l’avoir plongé dans l’eau.
Le linge, tout en laissant tamiser l’air nécessaire à la respiration, retient les particules solides, que l’enveloppe aurait laissé échapper; celle-ci, outre qu’elle préserve du contact des particules délétères, diminue la perte que produirait l’entraînement la poudre.
D’après M. Henri, en opérant dans un mortier découvert, le déchet aurait été de :
pour 100 de sel ammoniac , 6,5
— de crème de tartre , 7,3
de scammonée , 8
— de rhubarbe , 12,5
— de quinquina, 13
de cannelle ou de gomme adragante ,
pour 100 de gomme arabique ,
— de cantharides ,
— de jalap ,
— de scille ,
— d’ipécacuanha.
Mais on sent qu’il doit varier pour une même substance, suivant une foule de circonstances, parmi lesquelles la ténuité plus ou moins grande du produit, la forme du mortier, le mode de pulvérisation, etc., sont surtout à considérer.
De la pulvérisa lion avec ou sans résidu.
Si les matières sur lesquelles on opère sont formées de particules homogènes, ou ce qui revient au même, de particules hétérogènes qui toutes doivent faire partie de la poudre, ou, ce qui revient encore au même, de parties hétérogènes à peu près également aptes à se diviser, d’où l’impossibilité de séparer les uns des autres à certaines époques de l’opération , leurs différents produits ; la pulvérisation devra se faire sans résidu. C’est le cas le plus ordinaire.
Au contraire, si les matières mises en expérience, sont formées de parties hétérogènes se divisant très inégalement, et les unes beaucoup plus riches en principes actifs que les autres, la pulvérisation devra se faire avec résidu.
DE LA PULVERISATION.
En rejetant le premier produit, s’il est inférieur aux autres; c’est le cas de la gomme adragante, dont la première poudre est presque toujours colorée ;
En rejetant le second produit, s’il le cède en qualités aux précédents; c’est le cas de grand nombre d’écorces, de feuilles, de sommités fleuries, de racines fibreuses dont les derniers produits sont presque exclusivement composés de débris de fibre végétale, et surtout celui de la racine d’ipécacuanha, dont le meditullium ligneux est bien moins friable, que ne l’est l’enveloppe riche en principes actifs.
Le tableau suivant fera connaître le modus faciendij, qu’il convient d’appliquer à l’obtention des poudres simples dont il est parlé dans le Codex.
On pulvérise sans opération préalable, sans intermédiaire et sans résidu :
L’azotate de potasse,
L’acétate de plomb,
Le bicarbonate de soude ,
Le tartrate de potasse neutre ,
L’acétate de cuivre neutre , L’alun ,
La chaux,
Le charbon ,
Le bitartratede potasse,
La litharge,
Le peroxyde de manganèse , Le sulfate de fer,
— de potasse,
— de zinc,
Dont la pulvérisation se fait d’ailleurs au moyen de mortiers en marbre et de pilons en bois.
Dont la pulvérisation s’effectue au moyen de mortiers et de pilons en bronze.
Le suroxalate de potasse , L’acide tartrique,
— citrique,
La crème de tartre soluble , L’émétique,
Le mercure doux,
Le sublimé corrosif.
Dont la pulvérisation a lieu au moyen de mortiers et de pilons en porcelaine ou en verre.
La racine :
d’ache ,
d’acorus,
d’aunée,
d’aristoloche longue , — ronde , d’arum , de bardane , de bryone, de columbo , de curcuma, d’ellébore blanc, de gentiane , de gingembre,
de galanga, d’iris , de jalap , de patience, de pivoine, de pyrèthre, de rhubarbe, de tormenlille , de zédoaire, de ratanhia , de salsepareille ?
de sassafras ,
Et en général les racines succulentes et charnue s à l’état frais, compactes et peu fibreuses , après dessiccation,
5e ET 6e LEÇONS.
Lascille,
Les feuilles de Sabine ,
— de dictame de Crète
de thé ,
*— d’uvaursi,
Les pétales de violettes, Les stigmates de safran,
Les fleurs de camomille,
— d’arnica ,
— de semen contra.
Le bois de gaiac,
— d’aloès ,
— de santal rouge ,
— — citrin ,
— de quassia amara ;
Et en général les fleurs isolées;
L'ammi ,
La cévadille ,
La graine de lin,
Le seigle ergoté , L’agaric , L’opium ,
L’aloës ,
La moutarde noire et blanche ,
Le lichen d’Islande,
La plupart des semences d’ombell itères;
Le cachou ,
Le suc de réglisse ,
Le kino ;
La colophane ,
Le benjoin ,
Le baume de tolu ,
La gomme ammoniaque, Lassa fœtida ,
Le galbananum ,
Les cloportes ,
Les cochenilles ,
La résine gaïac,
— de jalap ,
— mastic ,
— sang dragon,
L’opopanax, 1 Et autres gommes- L’oliban, ' f résines;
Le kermès animal.
Et
autres
résines;
On pulvérise après opération préalable^ sans intermédiaire et sans résidu : (Voir, pag. 74, l’indication de ces opérations.)
La limaille de fer , La La racine d’angélique ,
— d’arnica ,
— d’asarum ,
— d’asclœpias,
— de contra-yerva,
racine d'ellébore noir,
— de serpentaire de
Virginie ,
— de valériane ,
— de fougère mâle,
Et généralement les racines menues , peu ligneuses, et réunies en faisceaux ;
Le salep , L’écorce de casearille ,
Les écorces de quinquina gris , — d’angusture vraie ,
— — rouge , — — fausse ;
— — jaune avec
épiderme,
Les cardamomes mincir, Major et moyen, Les capsules de pavots
L’amome en grappes,
Les pétales de roses de Provins d’œillets rouges ,
Les fruits de coloquinte ,
La mousse de Corse ,
La gomme arabique ,
Les cantharides.
Le castoreum ,
Le musc ,
L’anis vert, et Le fenouil.
Les cubèbes ,
Les poivres noir, blanc et long ;
Le corail rouge ,
Les pierres d’écrevisses ,
Les os de sèche ,
La corne de cerf calcinée.
On pulvérise sans opération préalable, sans intermédiaire, mais avec résidu :
La racine d’ipécacuanha ,
( On arrête l’opération lorsqu’elle est aux 3/4 ter- 1 minée } et l’on rejette le médilullium ligneux;
J>E LA PULVÉRISATION
L’écorce de garou , L’écorce de saule ,
— d'orme, — de sureau,
— desimarouba,
\ Généralement toutes les écor- / çes fibreuses ; on rejette le t dernier produit sous forme ) de duvet volumineux;
Les feuilles :
de digitale , de belladone
de jusquiame , d’oranger ,
d’aconit , de séné ,
Les sommités fleuries ,
[ Et plus généralement tou- \ tes les feuilles;
) On arrête l’opération aux j 3/4 et l’on rejette le f dernier produit essenl tiellement fibreux;
Comme pour les feuilles, on rejette le dernier quart.
On pulvérise après opération préalable , sans intermédiaire et avec résidu :
La racine de réglisse ,
— de guimauve ,
— d’arrête-bœuf,
— de pareirabrava , Et autres racines fibreuses;
On rejette le résidu aussitôt que devenu essentiellement fibreux , il cesse d’être sapide ou mucilagineux;
La gomme adragante,
f On rejette le 1er produit d’ordinaire \ moins blanc que les suivants.
De Quelque manière que l’on ait opéré, comme il est impos- De remploi de
la. ii i tamis des cri"
sible d’amener à la fois, la totalité de la masse au même état de nies, etc division, comme de plus, la présence des parties réduites en poudre ralentirait la division de celles restées en masses, il est nécessaire , pour accélérer l’opération , de séparer de temps à autre les parties pulvérulentes, de celles qui ne le sont pas. De là, l’emploi des tamis, et celui des cribles que l’on peut en quelque sorte considérer comme des tamis à tissus extrêmement lâches.
Les tamis sont des boîtes à trois compartiments; le premier, fermé par une peau, fait fonction de couvercle et s’appelle de ce nom; le troisième, également fermé par une peau, mais beaucoup plus profond que le précédent, sert de réservoir à la poudre qui a tamisé et s’appelle tambour; l’intermédiaire, qui s’engage à recouvrement entre les deux autres, et que garnit un tissu plus ou moins lâche, plus ou moins serré, en crin, en soie, en fil, en fer, en laiton, s’appelle plus spécialement du nom de tamis. C’est lui qui reçoit les matières au sortir du mortier, et qui les départage en une portion ténue, qui traverse les mailles du tissu, tombe dans le tambour, et en une portion grossière, qui reste à sa surface, et s’il en est besoin, est plus tard reportée dans le mortier.
5e ET 6e LEÇONS.
En remplaçant les tamis ordinaires par des tamis à plusieurs compartiments intermédiaires, et garnissant chaque compartiment d’un tissu de plus en plus fin, à partir de celui placé immédiatement après le couvercle, on pourrait, par une seule opération, obtenir des poudres à des degrés variables de ténuité, la poudre la plus ténue se trouvant dans le tambour, et la plus grossière dans le compartiment qui suit le couvercle.
La manière de faire mouvoir le tamis, n’est pas d’ailleurs, tant s’en faut, sans influence sur la beauté, sur la qualité même du produit. Ainsi, le produit de la pulvérisation de la racine de réglisse, étant formé de particules actives, compactes, plus ou moins sphériques, et de particules fibreuses, inertes, sous forme de filaments, imprime-t-on au tamis un simple mouvement de rotation dans la direction horizontale ? chaque particule sphérique venant successivement se placer sur les vides formés par l’entrecroisement des fils du tissu, traverse le tamis pour peu que sa ténuité le permette , tandis que la particule fibreuse trop longue, ne le peut traverser. Lui imprime-t-on un mouvement irrégulier qui , dans certains moments, permette aux fibres de prendre une position verticale? ces fibres pourront s’engager entre les mailles du tissu, le traverser, et la poudre au lieu de ne renfermer que des particules sphériques à peu près de meme volume, de même nature, renfermera des particules filiformes dénaturé toute différente. D’un autre côté, un choc violent permettrait de traverser le tissu à des particules trop grossières pour le traverser si le choc n’avait pas eu lieu.
En le nettoyant chaque fois, au moyen d’une brosse, un même tamis peut servir à passer des poudres différentes ; mais quand celles-ci sont dangereuses, ou susceptibles de communiquer aux paroisdutamis et au tissu, de l’odeur ou de la couleur, il faut le consacrer exclusivement à l’une d’elles.
La totalité de la matière mise en expérience, étant réduite en poudre d’une ténuité convenable, il ne reste pour compléter l’opération, qu’à réunir les produits, qu'à les mélanger très exactement, soit en les triturant dans un mortier, soit en les retournant en tous sens sur des feuilles de papier à l’aide de cartes, qu’à passer le mélange au travers d’un tamis à tissu plus lâche
DE LA PULVÉRISATION
De la dilution.
que celui primitivement employé, qu’à l’exposer pendant quelques heures à l’étuve, qu’à l’enfermer dans des flacons en verre, eux-mêmes parfaitement secs, et susceptibles d’être hermétiquement bouchés, finalement qu’à placer les flacons qui renferment la poudre, dans des magasins secs.
La précaution recommandée par quelques praticiens, de ne préparer à l’avance que la plus petite quantité possible de poudre, celle aussi d’entourer le flacon d’un papier noir, ou d’une boîte en fer-blanc, mérite d’être prise en sérieuse considération, alors surtout, que semblables aux poudres de seigle ergoté et de digitale, elles sont très altérables.
Lorsque les matières analogues à la terre sigillée, au bol d’Arménie, à la craie, etc., peuvent sans inconvénient aucun, être mises en contact avec l’eau 5 dans le but de les obtenir en particules plus ténues; après qu’on les a réduites en poudre, on les délaie dans l’eau, on laisse déposer pendant un temps suffisant, pour que leurs molécules les plus grossières se soient seules déposées, on décante le liquide encore chargé des molécules plus fines restées en suspension, on laisse de nouveau déposer, de nouveau l’on décante, après qu’un second départ s’est effectué, de telle sorte, qu’en définitive, on départage la masse pulvérulente en une série de produits formés de particules d’autant plus ténues, qu’elles ont mis plus de temps à se précipiter, et qu’on dessèche après coup.
Cette opération a reçu le nom de dilution du verbe latin diluer e , qui signifie délayer.
D’un autre côté, afin de faciliter la dessiccation des poudres Des poudres troobtenues par la voie humide, il arrive qu’on en forme des masses coniques, que la faible adhérence de leurs particules, permet au besoin de ramener à l’état de poudre par la plus légère pression.
L’opération consiste à introduire dans un entonnoir de fer-blanc A, dont la douille traverse une petite planchette portant un rebord B, une pâte de consistance molle, faite avec la poudre et de l’eau, puis à frapper contre une table la courbure de la planchette. Chaque secousse imprimée à l’entonnoir en détache une
chisquées
88 5e ET 6° LEÇONS.
petite masse pâteuse, laquelle est reçue à la surface d’une feuille de papier non collé, à côté de celles qui l’ont précédée, s’y dessèche et constitue une sorte de trochisque.
Les véritables trochisques, qu’il ne faut pas confondre avec les poudres trochisquées, et dont le nom dérive du mot grec rpoXo?, roue, parce qu’ils offraient en général une forme arrondie, se préparaient en formant en houles, plus rarement en cônes, des mélanges en consistance de pâte ferme, de poudres et de mucilages, ou de toutes autres matières capables de les agglomérer, telles que les sirops. Les trochisques escarotiques, destinés à maintenir béantes certaines plaies, et composés de minium, de deutochlorure de mercure , de mie de pain et d’eau distillée , dont le mélange pâteux reçoit la forme de grain d’avoine en le roulant par petites portions dans le creux de la main gauche , avec le doigt médius de la main droite, sont à peu près les seules médicaments de ce genre, que l’on continue de préparer en pharmacie.
Des résultats de Quel que soit le degré de ténuité des particules, la pulvérisa-
la pulvérisation. ^on ne fa^ éprouver aux solides d’autres changements que ceux
qui résultent de la séparation de leurs molécules intégrantes. Chaque particule du corps divisé peut être considérée comme un diminutif de la masse entière , comme sa fidèle représentation sous un plus petit volume.
Elle n’a point en réalité d’autre résultat, quand on opère sur des corps simples ou sur des corps composés de particules homogènes ; ainsi, chaque parcelle de poudre d’antimoine représente une petite masse d’antimoine, chaque parcelle de deutochlorure de mercure, contient du mercure et du chlore, dans les mêmes proportions relatives, que le pain de deutochlorure dont elle provient.
Les résultats ne sont pas identiquement les mêmes, quand on agit sur des plantes formées de particules hétérogènes très diversement friables. L’analyse démontrerait entre les particules des poudres fournies par elles, des différences sensibles de composition; mais, dans ce cas encore, lorsque l’on a pris le soin précédemment recommandé, de mélanger parfaitement les produits obtenus aux époques diverses de l’opération, une portion
DE LA PULVÉRISATION. 89
notable de poudre représente à peu près exactement un poids égal de la masse première.
^ 5f ' |Çfc <
Des moyens de pulv érisati©® employés en grand.
Après avoir décrit avec les détails qu’ils comportent, les procédés de division pratiqués dans les officines, il ne sera pas hors de propos de dire quelques mots, de ceux plus ou moins analogues, qu’on emploie dans certains grands établissements, tels que la Pharmacie centrale des hôpitaux civils de Paris et l’usine modèle fondée à Noisielles près Paris, par M. Meniers.
Dans ces établissements, les appareils de pulvérisation sont mis en mouvement ou par un manège, ou par un cours d’eau, ou par une machine à vapeur. Ils y sont disposés de telle sorte, qu’en éloignant du moteur principal les roues d’engrenage, qui communiquent à chacun d’eux le mouvement qui lui est propre , on peut, au besoin, mettre l’un au repos, sans arrêter la marche des autres.
Les matières qui se pulvérisent mieux au mortier que de toute autre manière, ou qui ne se pulvérisent qu’en petites quantités, y sont broyées dans des mortiers généralement semblables à ceux des pharmaciens, mais par des pilons de formes variables que fait marcher un appareil particulier.
m ,f* f% Ces pilons du poids de 15 à 18 kilog., s et portant sur leur tiges un renflement, sont terminés inférieurement :
Les uns en boule, à la manière des lances de jouteurs, ainsi fait-on pour la cannelle, la rhubarbe (fig. 2);
Les autres, en poire, ainsi fait-on pour i la gentiane (fig. 3)$
Ceux-ci par un cylindre de petit diamètre et légèrement convexe à sa base, ainsi fait-on pour les cubèbes, les semences émulsives 1);
Ceux-là par des lames tranchantes, ainsi fait-on pour les racines fibreuses de réglisse, de guimauve, etc. (fig. 4).
Pulvérisation au mortier.
5e ET 6e LEÇONS.
Dans ce dernier cas, les mortiers sont nécessairement en bois et à fond plat M. On maintient les pilons dans une position verticale par des traverses en bois BB' GG' , entre lesquelles ils glissent à frottement.
Quand l’axe horizontal DD' animé d’un mouvement de rotation sur lui-même, vient engager sous le renflement de la tige du pilon la naissance du segment de cercle E qu’il supporte, ce segment soulève le pilon, jusqu’à ce que celui-ci parvenu à son extrémité , retombe, pour être de nouveau soulevé, quand l’axe recommence sa révolution.
Plus la rotation de l’axe est rapide, plus les pilons battent de coups dans un temps donné, plus la portion d’arc décrite par le segment de cercle est grande, plus ils retombent de haut. D’ordinaire, ils battent de 35 à 70 coups par minute et retombent d’une hauteur de 45 à 60 centimètres. Gomme, d’ailleurs, la peau dont on garnit les mortiers, dans le but de prévenir la déperdition d’une partie de la poudre, fixée qu’elle serait au pilon par sa partie supérieure si l’on agissait suivant les errements des laboratoires, se trouvant soulevée, puis abaissée avec lui, ferait en quelque sorte fonction de soufflet , et par suite ne fonctionnerait pas dans les meilleures conditions possibles, au lieu de l’attacher au pilon, on l’attache aux traverses entre lesquelles celui-ci glisse.
pulvérisation Les matières dont on pulvérise des masses considérables intutertdeiï sont divisées :
minons. n i i i • ? i 1 i*
boit au moyen de meules disposées comme dans les moulins à moudre le blé, c’est-à-dire horizontalement et de manière à ce que l’on puisse les éloigner ou les rapprocher à volonté ;
Soit au moyen de meules verticales BB, qu’un axe horizontal AA', fait circuler à la surface d’un bassin G, en même temps qu’elles décrivent autour de lui, un mouvement de ro-
DS LÀ PULVÉRISATION
tatioo sur elles-mêmes -, derrière clia ; cune d’elles se trouve uoc espèce de râteau B, destiné à reporter sur la place que doit occuper la meule qui le suit, la matière que la pression de la meule qui le précède a rejetée sur les bords;
Soit au moyen de laminoirs essentiellement composés de deux cylindres en fonte parfaitement polis A Aq qu’une manivelle G , au moyen de roues d’engrenage BBr , fait marcher en sens inverse , l’un de gauche à droite , l’autre de droite à gauche, de telle sorte que les matières placées dans l’espèce de sillon que forment les surfaces supérieures en regard, sont obligées de s’engager entre elles, et s’y trouvent d’autant plus fortement comprimées, que des vis de pression ont davantage rapproché les cylindres.
Les matières à broyer sont placées dans une trémie ayant la forme d’une pyramide quadrangulaire renversée E, présentant à sa base une ouverture qu’une planchette mobile F peut fermer en totalité ou en partie. Elles tombent entières sur les cylindres, puis broyées dans une boite G disposée en dessous,
. Bans ces mêmes établissements, les cri b1 es À de formes variables, ai longés comme dans la fig. 3, arrondis comme dans la fig. 4, repo-
sent sur des châssis en boisBB', et Delacribralion.
is1 &
sont fixés par des tiges rigides C à des axes coudés D, lesquels se meuvent, les uns horizontalement, comme dans la fig. 3 , les autres verticalement, comme dans la fig. 4.
5e ET 6* LEÇONS.
L’axe est-il horizontal ; communiquant le mouvement à la tige rigide et par suite au crible ; il rapproche celui-ci du point central hypothétique, quand sa courbure le tire vers la gauche, l’en éloigne au contraire, quand cette même courbure le rejette vers la droite; et de là cribration, pourvu qu’à la fin de sa course, ce crible frappant un point résistant E E (fig. 3), éprouve un choc; car, autrement, son mouvement régulier pourrait laisser les particules pulvérulentes dans leurs positions premières par rapport les unes aux autres, par rapport aussi aux mailles du tissu. Dès lors, ne venant pas se placer audessus des ouvertures formées par l’entrecroisement des fibres de ce tissu, elles ne le traverseraient pas.
L’axe est-il vertical; sa courbure fait alternativement marcher le crible d’avant en arrière, d’arrière en avant, de droite à gauche, de gauche à droite, il lui imprime un mouvement de rotation, d’où résulte encore la cribration.
De la prépara* La préparation eu grand des farines de lin et de moutarde,
tion en grand 1 1 5 . 9
des farines de se fait notamment à l’aide de plusieurs des appareils ci-dessus
lin et de mou- . . L 1 1 o
tarde. décrits. A la Pharmacie centrale, les semences de lin sont broyées au moyen du laminoir représenté fig , 2, puis repassées sous les meules verticales représentées fig . 1, afin d’y compléter la division des enveloppes lamellaires que les cylindres n’ont guère fait que laminer , tandis qu’ils ont réduit en farine les parties parenchymateuses d’une texture toute différente.
Ailleurs , ces semences sont broyées au moyen de meules horizontales, criblées et versées telles quelles dans le commerce. Ailleurs encore, elles sont broyées ainsi qu’il vient d’être dit, puis criblées; mais on sépare le premier produit essentiellement formé des débris du parenchyme, pour en composer une première sorte de farine, du second, essentiellement formé des débris d’enveloppes, pour en composer une deuxième sorte.
Enfin, les fraudeurs ajoutent au produit de leur division, des tourteaux provenant de l’extraction de l’huile de lin, du son, de la sciure de bois, des farines avariées d’orge, de maïs, etc v
DE LA PULVÉRISATION
et passent le tout sous les meules verticales , afin que les matières additionnelles s’imprègnent d’huile, et que le mélange en devienne plus intime, plus homogène. Les différences que présentent les farines de lin du commerce, proviennent précisément, de ce qu’elles ont été obtenues dans ces conditions différentes.
Les unes s’agglomèrent par la pression de la main, tachent à la manière des corps gras, les sacs qui les enveloppent, cèdent à l’éther par lixiviation une forte proportion d’huile fixe (de 32 à 36 pour 100), forment émulsion lorsqu’on les délaie dans 8 à 1 0 fois leur poids d’eau, produisent par leur cuisson avec 4 parties d’eau, un cataplasme blanchâtre de bonne consistance, laissent apercevoir à l’œil nu des particules distinctes, celles-ci lamellaires et de couleur grisâtre, celles-là non lamellaires et de couleur jaunâtre ; elles sont formées de la totalité des produits de la division des semences, renferment, et les débris de l’épisperme dans lequel abondent les principes muqueux essentiellement capables de rendre les cataplasmes épais et liants, et les débris de l’amande dans laquelle abonde au contraire l’huile fixe, à son tour capable de les rendre adoucissants, d’en retarder le refroidissement.
Ce sont les meilleures.
Les autres, presque dépourvues de particules lamellaires, ou contrairement en renfermant une trop forte proportion, suivant qu’elles sont, de préférence, composées des produits de la division de l’épisperme ou des produits de la division des amandes, bien que n’étant pas fraudées, sont inférieures en qualité aux précédentes, parce qu’elles ne jouissent pas de toutes les propriétés que l’on y doit rencontrer.
Les dernières enfin, de couleurs et d’aspect singulièrement variables, parfois blanchâtres et tout à fait sèches, d’autres fois grises et tout aussi grasses que les farines de bonne qualité, ce qui arrive notamment quand elles ont été additionnées de sciure de bois, que les épureurs d’huile à brûler avaient fait servir à la filtration de leurs produits, doivent être rejetées. Ces dernières, chargées d’huile étrangère plus ou moins rance, produiraient la rubéfaction des parties sur lesquelles les cataplasmes seraient
De l’examen des farines de lin.
94 5e ET 6e LEÇONS.
appliqués, ainsi du reste que le pourraient faire les farines de lin très anciennes.
Pour constater la fraude, on devra tenter les essais suivants : Examiner la farine à la loupe ; la texture éminemment fibreuse de la sciure de bois en pourra trahir la présence 3 En traiter 50 grammes par 200 grammes d’éther, dans un appareil à déplacement, et voir s’ils fournissent de 16 à 18 grammes d’huile fixe;
En délayer 15 grammes dans 60 grammes d’eau froide, verser sur le tout 10 grammes de teinture alcoolique, contenant ~ d’iode et bien mélanger (Âuzou).
La farine de lin pure, exempte qu’elle est d’amidon, prend au contact de l’iode une teinte jaunâtre, celle qui renferme une proportion considérable de matières amylacées, devient bleue, et celle qui n’en renferme que peu , verdâtre , par le mélange du jaune et du bleu.
Quant à la farine de moutarde noire ou grise , provenant du sinapis nigra et à celle de moutarde jaune ou blanche, provenant du sinapis alba ; eu grand, elles sont l’une et l’autre obtenues au moyen du laminoir représenté/?#. 2, page 91, seulement, tandis que la première est versée dans le commerce après avoir été simplement criblée, la seconde est ultérieurement pilée et passée au tamis. On ne les y fraude pas moins que la farine de lin : la noire, avec la moutardelle ou semence du sinapis arvensis , les tourteaux provenant de l’extraction des huiles de colza et de navette ; la jaune, avec l’ocre jaune, et le curcuma destiné à la rendre d’une plus belle couleur.
Ces dernières fraudes seraient faciles à constater, car l’ocre restemoutarde. rail pour résidu apres i incinération du produit de la calcination de la farine qui en contiendrait ; car le curcuma communiquerait au mélange son odeur caractéristique, et surtout la propriété d’acquérir une coloration rougeâtre au contact des alcalis caustiques; mais il n'en est plus de même des autres, elles ne peuvent guère être reconnues que par des personnes exercées, en tenant compte de l’odeur, de la saveur que les farines développent au contact de l’eau. Les différences d’aspect que présentent les produits de la division des moutardes d’Alsace^
De l’examen
DE LA PütPATlON. 95
(le Picardie et de Flandre, par elles-mêmes très diversement colorées, enveloppées de couches épispermiques plus ou moins épaisses; l’impossibilité absolue dans laquelle on est de déterminer la proportion des principes actifs qui les font employer en médecine, contribuent à rendre fort difficile la solution du problème. Il importe d’autant plus que le pharmacien prépare lui-même ses farines de moutarde, que de leur bonne qualité peut dépendre la vie des individus, alors notamment qu elles doivent servir à empêcher le sang* d’affluer vers le cerveau, en l’appelant, par la rubéfaction que produisent les sinapismes, vers les extrémités inférieures.
DE LA PULPATION Et des Pulpes.
La pulpation, est aux matières médicamenteuses organiques» composées d'un tissu lâche, peu résistant et gorgé d’eau de végétation , telles que les feuilles, les racines charnues, les fruits charnus; ou susceptibles d’être ramollies par le contact d’un liquide ou de la vapeur d’eau, telles que les dattes, la racine de guimauve; ce que la pulvérisation avec résidu, esta la racine d ipéeacuanha , à 1 écorce de garou, etc. Elle a pour résultat, de séparer plus ou moins complètement les parties parenchymateuses des parties fibreuses ou membraneuses.
r~ - — j Elle s’opère en comprimant à la surface
d’un tamis de crin, à l’aide d’un instrument particulier appelé pulpoir, les matières mises en expérience, et recevant en dessous, dans des assiettes disposées à cet effet, la pulpe qui traverse le tissu. S’il est nécessaire, on la repasse au travers d’un tamis plus serré, et par conséquent capable de retenir des particules, que le premier aurait laissé passer.
Il faut que les substances mises en expérience, soient préalablement divisées, et parfois même ramollies;
Les feuilles de grande ciguë, de cochléaria, de cresson, d’avance mondées des parties altérées ;
Les pétales de roses rouges en boutons, et plus générale-