‹ Cours complet de pharmacieChapitre 38 sur 103 · DBS PROPRIETES DES HUILES ET DES GRAISSES · texte numérisé non relu

DBS PROPRIETES DES HUILES ET DES GRAISSES

C’est, surtout , à la transformation de l’oléine liquide en élaïdine solide au-dessous de-|~36°, qu’est due la consistance considérable, que présente cette même pommade comparativement à l’axonge.

Enfin, c’est à la continuation lente de la réaction, qu’est due l’augmentation croissante de la solidité de la pommade, à tel point qu’elle finit par devenir tout à fait sèche et cassante.

Contrairement, la destruction par l’air et par la lumière du principe colorant, amène avec le temps sa décoloration complète.

Pour préparer la pommade citrine : Action

1 , de l’azotate

11 une part, le Codex lait dissoudre à une très douce chaleur de mercure.

32 parties de mercure dans 42 parties d’acide azotique à 32°B. De la pommade

Delà, une dissolution très acide d’azotate, d’azotite de deutoxyde, et peut-être aussi de protoxyde de mercure ; retenant interposée une certaine quantité d’acide hypoazotique.

D’autre part, il fait liquéfier au bain-marie, dans un vase en porcelaine, 250 parties d’axonge mélangée d’autant d’huile d’olive exempte d’huile blanche.

Les choses ainsi disposées et le mélange des corps gras étant refroidi à — 50°, l’on y verse peu à peu la solution mercurielle; on agite avec une baguette eu verre de manière à produire un mélange aussi intime que possible; et quand il est en consistance de miel, on le coule dans des moules eu papier.

La composition de cette pommade, doit nécessairement offrir une grande analogie avec celle de la précédente; caries agents mis en présence sont les mêmes, sauf les sels mercuriels, lesquels isolés ou réunis n’exercent, d’après M. Félix Boudet, aucune réaction sur le corps gras : cependant il faut remarquer que l’existence des azotates et des azotites de mercure, bien que simplement interposés, de telle sorte qu’il suffirait de faire foudre le mélange au bain-marie, pour én déterminer l’entière séparation, apporte entre ces médicaments une très notable différence. Il faut ajouter que la pommade citrine contient des traces d’élaïdate de mercure. L’existeoce de ce sel, légèrement soluble dans l’éther, est curieuse, parce qu’elle permet d’expliquer, comment il se fait, que la pommade citrine traitée par

13e LEÇON.

l’éther, lui abandonne, ainsi que depuis longtemps l’avait observé M. Planche, un sel mercuriel, bien que les combinaisons mer curielles que forment la plupart des acides gras, soient complètement insolubles dans ce menstrue.

Quant au sous-azotate de mercure, auquel plusieurs pharmacologistes attribuent la teinte jaune du produit, son existence ne me semble guère compatible avec celle de l’acide azotique libre, qu’on s’accorde à reconnaître dans le médicament qui nous occupe, en sorte qu’à défaut d’expériences directes, il me semblerait plus rationnel d’admettre, que la couleur jaune de la pommade citrine, est due, comme celle de la pommade oxygénée, à la production d’une matière colorante.

Quoi qu’il en soit, sous l’influence de l’hydrogène et du carbone du corps gras, les azotates et azotites de bioxyde se trouvant peu à peu ramenés à l’état d’azotate et d’azotite de protoxyde, et plus tard, l’oxyde de mercure se trouvant complètement réduit, de jaune qu’elle était d’abord, la pommade citrine devient à peu près incolore, et en dernier résultat d’un noir gris.

Les huiles volatiles qu’on triture avec elle, produisent instantanément le même effet.

Dans l’intention de prévenir cette réaction, ou plutôt de la retarder, on a proposé d’augmenter la proportion d’acide employé à la dissolution du mercure. Resterait à savoir, s’il ne vaut pas mieux laisser le médicament changer de couleur, qu’y introduire une plus forte portion d’acide azotique.

DE LA SAPONIFICATION.

XIVe LEÇON*

SUITE DE LA PRÉCÉDENTE

De la Saponification , de T extraction des huiles fixes et des graisses.

Des phénomènes toul différents de ceux précédemment étu- pela diés et beaucoup mieux connus dans leurs résultats, se manifes-Sap°niflCati°n tent, lorsque les huiles ou les graisses sont traitées par la soude caustique ou par la litharge.

Lorsque, par l’intermédiaire de l’eau, on fait réagir sur l’huile d’olive, sur l’huile d’amande douce, sur l’axonge ou sur leurs analogues, par conséquent sur les matières formées d’oléine, de margarine et quelques-unes en plus de stéarine, de la soude caustique ou du protoxyde de plomb - en d’autres termes, lorsqu’on les place sous l’influence de corps basiques, susceptibles, par leur tendance à s’unir aux acides, d’en solliciter puissamment la formation aux dépens des substance organiques, que l’on met en contact avec elles, la presque totalité de leur oxygène, de leur hydrogène et de leur carbone (93 pour 0/0 environ), se combine dans un ordre différent de celui dans lequel il existait primitivement, et donne naissance :

Pour l’oléine, à de l’acide oléique ;

— la margarine, ... — — margarique ;

— la stéarine, .... — — stéarique.

Le reste des^ éléments de chacun de ces principes neutres, ceux qui n’ont pu faire partie des acides gras, s’unit aux éléments d’une portion de l’eau, ou peut-être à l’eau en nature, pour produire le corps particulier, que les anciens chimistes appelaient principe doux des huiles, que M. Chevreul a plus tard nommé glycérine.

Les acides gras formés se combinent immédiatement avec la soude etLoxyde de plomb 5 et de là de véritables sels, vulgairementappelés savons. La glycérine, incapable de contracter union

214* 14e LEÇON.

avec ces bases, reste libre, et dissoute dans l’eau, au sein de laquelle s’est opérée la saponification.

Telle est du moins l’une des théories de l’opération.

Mais si l’on considère :

Que l’oléine , la margarine et la stéarine produisent les acides qui leur correspondent, toutes les fois, pour ainsi dire, qu’on trouble d’une manière quelconque l’ordre d’arrangement de leurs éléments, notamment quand l’air, la chaleur, les alcalis, interviennent;

Que ces mêmes principes, traités par l’acide sulfurique concentré, se départagent, de même qu’au contrat des alcalis, en leurs acides correspondants et en glycérine (Frémy);

Que la glycérine, telle qu’on l’obtient dans l’acte de la saponification , c’est-à-dire hydratée, forme avec l’acide sulfurique une combinaison cristallisable et parfaitement définie, dans laquelle elle existe privée d’eau, de même que les hydrates d’oxydes perdent celle qu’ils contiennent, dans les mêmes conditions ; et joue si bien, par rapporté l’acide, le rôle de base, que les propriétés de celui-ci se trouvent complètement masquées (Pe louze) ;

Que l’analyse de la stéarine admise par MM. Thénard et Dumas, celles de la glycérine et de l’acide stéarique données par M. Chevreul, conduisent à considérer la stéarine comme une combinaison de glycérine et d’acide stéarique tous deux anhydres ;

Stéarine. Acide stéarique anhydre. Glycérine anhydre.

Que si l’on préfère les nouvelles analyses de la glycérine par M. Pelouze, de la stéarine par le même chimiste et par M. Liébig, on peut voir dans la stéarine une combinaison analogue à la précédente, un bistéarate de glycérine bihydraté ;

£292H286 017 = 2(C140H134 O5) C12Ht405 -f 2 H2 0

Stéarine.

Acide stéarique anhydre. Glycérine anhydre. Eau.

Qu’en faisant chauffer de la stéarine avec une quantité de base, seulement capable de saturer la moitié de l’acide qu’elle serait

DE LA SAPONIFICATION»

susceptible die fournir, on produit du stéarate sans mettre à nu de la glycérine (Pelouze);

Qu’à leur tour , la margarine et l’oléine pourraient à n’en guère douter, être représentées dans leur composition , ou par du margarate, ou par de l’oléate de glycérine anhydres, ou par du bimargarate, ou par du bioléate de glycérine bihydratés, quoique l’extrême difficulté qu’on éprouve à obtenir ces deux principes dans un état absolu de pureté, n’aient point encore permis d’établir nettement ces résultats.

Il est possible d’admettre : que les acides oléique, margarique et stéarique préexistent tout formés dans l’oléine, la margarine et la stéarine ; qu’il en est de même de la glycérine; que chacun des composés, qui résultent de ce nouveau mode de groupement des éléments, constitue une sorte d’éther analogue à l’éther chlorhydrique (chlorhydrate de bicarbure d’hydrogène) ^ au cas où l’on admettrait les analyses qui font considérer la stéarine comme du stéarate de glycérine anhydre; analogue au contraire à l’éther acétique (acétate de bicarbure d’hydrogène monohydraté) , au cas où l’on préférerait la représenter par du bistéarate de glycérine bihydraté.

D’après cette nouvelle manière d’envisager les faits, la saponification se réduirait à l’élimination pure et simple de la glycérine,, par une base plus énergique, de même que l’ammoniaque, les oxydes de cuivre, de fer, etc., sont déplacés par la potasse ou par la soude, de leurs combinaisons avec les acides.

Dans l’une et dans l’autre hypothèse, on conçoit, que la saponification ne puisse avoir lieu que par l’intermédiaire de l’eau, attendu que la glycérine libre n’existe qu’à l’état d’hydrate, de même que l’acide azotique. Dès lors, en effet , soit que cette glycérine se produise aux dépens d’une partie des éléments des principes gras, soit qu’elle ne fasse que se séparer de 1 acide qui l’y saturait, il lui faut trouver l’eau nécessaire à son existence. "r ■'frri ,>r'

Quoi qu’il en soit, la saponification ne 1 oléine, de la marga

rine et de la stéarine par la soude, produira de l’oléate, du margarate, du stéarate de soude et de la glycérine;

saponification par la même base, de la butyrine, de la

caprine, de la caproïne, de l’hircine, etc; produira du butyrate, ou du caprate, ou du caproate, ou de l’hircate de soude et de la glycérine.

Chacun de ces principes neutres, fournissant un acide qui lui est propre, et qui d’ordinaire ressemble autant à ses analogues, que se ressemblaient primitivement les principes neutres dont il provient.

Substitue- t-on à la soude, la potasse, la baryte, la chaux, la plupart des oxydes métalliques, notamment le protoxyde de plomb ; les réactions sont les mêmes, seulement les savons formés peuvent présenter des propriétés différentes.

Avec la potasse comme avec la soude, ils sont incolores, solubles dans l’eau, l’alcool, l’éther ; avec les autres bases, ils sont insolubles dans l’eau, l’alcool, l’éther, et presque toujours diversement colorés.

Voilà pourquoi l’eau de savon trouble les eaux chargées de sulfate et de carbonate de chaux, dont les sels calcaires se trouvent former, par double décomposition, un savon à base de chaux. Elle cesse de les troubler, alors qu’on en a précipité, au moyen de l’ébullition, tout le carbonate de chaux ; au moyen d’un carbonate alcalin soluble, tout le sulfate de chaux.

La magnésie, au contraire, ne peut produire la saponification ; aussi, s’en sert-on avec succès pour séparer les graisses acidifiées de celles qui ne le sont pas. On triture l’oxyde avec la matière graisseuse en fusion ; puis l’on traite le tout par l’éther, qui dissout la matière grasse non saponifiée, et laisse pour résidu le sel magnésique.

L’ammoniaque liquide, quelque concentrée qu’elle soit, même le gaz ammoniac, ne produisent guère mieux la saponification. Ce qui nous fait voir dès à présent, que les liniments et les pommades préparés avec des huiles ou des graisses, et de l’ammoniaque liquide, constituent de simples mélanges.

Ces notions préliminaires acquises, rien de plus facile que de se rendre compte de ce qui se passe dans la préparation du savon amygdalin, du savon animal et de l’emplâtre simple.

Préparation Le savon médicinal ou amygdalin se prépare:

dn sa\onamyg- . ii'j •/• » , •

daiin; sa com- D’une part, avec la lessive des savonniers (voir sa préparation position.

DU SAVON AMYGDALIN.

à l’article soude caustique), dans laquelle ou a commencé par constater l’absence de l’acide carbonique, qu’aurait pu y laisser une décomposition incomplète du carbonate de soude, y introduire le contact de l’air, en versant dans la liqueur étendue d’eau, une certaine quantité d’eau de chaux. Elle ne se trouble que lorsque la présence de l’acide carbonique permet à du carbonate de chaux de se former.

D’autre part, avec de l’huile d’amande douce récente, afin qu’elle n’ait aucune odeur, aucune saveur rance, et parfaitement débarrassée de toute matière muqueuse; afin que de son altération par l’alcali ne puisse résulter aucune coloration pour le savon .

100 parties de lessive sont ajoutées peu à peu à 210 parties d’huile; on triture dans un mortier en porcelaine ou en faïence jusqu’à ce que l’empâtement soit parfait, jusqu’à ce que l’on n’aperçoive aucune strie aqueuse dans la masse , on verse dans des moules en porcelaine dont les bords renversés permettent plus tard de retirer aisément le produit; on porte dans une étuve chauffée à 20° environ, pour que la réaction y soit favorisée, et par l’état demi-liquide qu’y conserve longtemps le mélange, et par l’élévation de température.

Au bout de huit à dix jours, pendant lesquels on a de temps en temps remué la masse avec une spatule en verre, au moins le l81' et le 2e jour, afin de prévenir le départ de la liqueur aqueuse, et par là de maintenir l’empâtement, on retire de l’étuve, puis des moules, et finalement on abandonne le savon au contact de l’air, en ayant soin de le retourner en tous sens, jusqu’à ce que toute la soude caustique qui s’y trouve interposée, ayant été complètement convertie en carbonate, il ait perdu fa causticité qui ne permettait pas de le faire immédiatement servir aux usages de la médecine. D’ordinaire, cette opération dure de six semaines à deux mois.

On juge que toute la soude est carbonatée, lorsque le savon cesse de colorer le protochlorure de mercure qu’il colorait d’abord en noir, par le report du chlore sur le sodium et de l’oxygène de la soude sur le mercure, d’où résultait du protoxyde de mercure. (Planche.)

218 14*® LIîCON.

Cet essai est infiniment préférable à celui qui consistait dans la dégustation ; car, outre qu’il est fort difficile de constater de cette manière le passage complet de l’alcali caustique à l’état de carbonate, on sent qu’il devient tout à fait sans valeur, quand, ce qui arrive souvent, la salive est très acide.

Les anciens formulaires, pour la même quantité de lessive, n’employaient que 200 parties d’huile au lieu de 210; mais alors le grand excès d’alcali exposait le savon à se recouvrir d’une efflorescence blanche, de carbonate de soude, et nécessitait une très longue exposition à l’air.

Le savon amygdalin offre la même composition que le savon blanc du commerce, à la préparation duquel on fait servir, au lieu d’huile d’amande douce, l’huile d’olive, sauf cette très légère différence, qu’il retient interposée la glycérine, que le savon du commerce ne contient pas, parce que son procédé de fabrication, plus ou moins analogue à celui que nous décrirons en parlant du savon animal, en amène la séparation. C’est très probablement à l’interposition de la glycérine et peut-être aussi à ce que, à la température ordinaire, l’alcali réagit moins profondément sur les matières grasses, qu’il ne le fait à la température de l’ébullition, qu’il faut attribuer la tendance à jaunir, à devenir rance, que le savon amygdalin présente d’une manière prononcée.

Si l’on voulait constater qu’il est formé d’oléate, de margarate de soude et de glycérine, on s’y prendrait ainsi qu’il va être dit.

On le dissoudrait dans l’eau chaude, on verserait dans la solution un excès d’acide sulfurique faible; on laisserait reposer afin de donner aux acides oléique et margarique mis en liberté, le temps de venir se rassembler à la surface du liquide; puis, séparant le liquide aqueux des acides gras qui le surnagent, on le neutraliserait au moyen du carbonate de soude; on l’évaporerait à siccité, et l’on reprendrait la masse saline par l’alcool concentré, destiné à dissoudre la glycérine à l’exclusion du sulfate formé, et de l’excès de carbonate alcalin ajouté. D’un autre côté, on comprimerait le mélange d’acide gras, entre des feuilles de papier non collé, après l’avoir préalablement congelé ;

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