‹ Cours complet de pharmacieChapitre 54 sur 103 · DE LA DISTILLATION DO BOIS DE CERF · texte numérisé non relu

DE LA DISTILLATION DO BOIS DE CERF

cons semblables, l'esprit de succin, le sel volatil de succin, susceptibles aussi de se colorer.

De la distillation du bois de cerf.

Des phénomènes analogues à ceux qu’on observe dans la distillation du succin, en ce sens du moins qu’on produit encore une matière concrète, un liquide aqueux, un liquide huileux empyreumatique, tous trois employés en pharmacie sous les noms de sel volatil, d’esprit et d’huile,, se manifestent dans la distillation de la corne, ou, pour mieux dire, du bois de cerf.

Celte production animale, que sa composition chimique distinguerait seule des véritables cornes, puisque celles-ci ne sont guère que du mucus concret, et imprégné d’huile, est formée, à l’imitation des os, de beaucoup de phosphate et de carbonate de chaux, que cimente une matière animale, susceptible de se convertir en gélatine, sous l'influence prolongée de l’eau bouillante, de quelque peu de matière grasse, de phosphate, de carbonate de magnésie, de soufre, celui-ci dans un état de combinaison inconnu ; de traces de silice, d’alumine, d’oxydes de fer et de manganèse, de fluorure de calcium.

Sa distillation, qui nécessite l’intervention d’une température élevée, se fait non plus comme celle du succin dans une cornue en verre, mais dans une cornue en grès ïutée.

On l’introduit râpée, ou seulement divisée par tronçons, dans la cornue qu’on en remplit presque entièrement, attendu qu’on n’a pas de tuméfaction à craindre ; on place la cornue dans un fourneau à réverbère; on adapte l’allonge, le ballon à long col, le tube recourbé, dont l’extrémité se rend sous le foyer d’un fourneau plein de charbon en ignition ; on chauffe, d’abord avec une grande modération, afin de vaporiser la petite quantité d'eau que la matière première renfermait, et que l’on rejette ; bientôt plus fortement, et de manière à porter la cornue au rouge, en même temps que l’on entretient le ballon à la plus basse température possible; l’on continue de chauffer jusqu’à ce qu’il ne distille plus rien.

Les éléments de la matière animale et ceux de la matière grasse, réagissent les uns sur les autres, ainsi que le font, dans

18* JiKÇON .

les mêmes conditions, ceux de toutes les matières organiques fixes, et tendent à former des gaz et des produits volatils, solides ou liquides. Les éléments de la matière animale tendent notamment à former :

Du gaz oxyde de carbone, Du gaz hydrogène carboné,

— acide carbonique, — azote.

qui se dégagent, entraînant des matières d’une excessive fétidité, et que l’on brûle ■

de l’eau, de l’acétate d’ammoniaque,

du carbonate d’ammoniaque, de çyanhydrate id.,

et des matières empyreumatiques, les unes solides, les autres liquides, qui viennent se rassembler dans le ballon, à l’exception toutefois de la majeure partie du carbonate d’ammoniaque, qui se condense de préférence dans l’allonge, et des derniers produits empyreumatiques, trop consistants pour couler jusque dans le récipient.

Le phosphate de chaux indécomposable par la chaleur, le carbonate de chaux, qu’une température très élevée peut seule décomposer, les oxydes de fer, et de manganèse, la silice, l’alumine, le carbone que l’hydrogène et l’oxygène de la matière animale laissent en excès, constituent le résidu.

Ce résidu, que les particules de carbone interposées colorent en noir, présentent tout à fait la forme des fragments de bois de cerf mis en expérience, parce que les matières qui le composent sont infusibles.

Les produits gazeux de l’opération sont perdus, le résidu peut être calciné au contact de l’air, afin d’en brûler le carbone, mais en évitant de le chauffer assez fortement, pour que la combinaison de la silice avec une portion de l’élément calcaire, détermine à sa surface un commencement de vitrification, qui lui ferait perdre une partie de sa porosité, de laquelle dépendent ses propriétés absorbante. Après cette calcination, onle désigne, en pharmacie, sous le nom de corne de cerf calcinée à blanc.

Le carbonate d’ammoniaque concret., ie produit liquide

Page 1