‹ Cours complet de pharmacieChapitre 89 sur 103 · DES PATES · texte numérisé non relu

DES PATES

dissoudre dans l’eau bouillante le sucre, la grenetine, laisser refroidir en partie; ajouter au mélange, avant qu’il se prenne en gelée, le liquide alcoolique qui devrait en faire partie, et que sa volatilité, sa nature même, n’auraient pas permis d’employer autrement.

M. Beral, afin d’obvier à l’inconvénient, que présente la lenteur avec laquelle la gélatine animale sèche se dissout dans l’eau, a proposé de conserver dans les officines, en quelque sorte à l’état de magma, une certaine quantité de gélatine, précipitée au moyen de l’alcool, de sa dissolution aqueuse.

îl prend un poids connu de cette gélatine, dont l’alcool a prévenu l’altération putride, l’ajoute à un poids également connu d’eau, et fait bouillir de manière à volatiliser tout bal col.

Les gelées constituent des médicaments, en général très alté- Des altérations ° . , des gelees.

râbles. Au bout de peu de jours, surtout en été, celles de lichen,

de mousse de Corse, ont perdu leur consistance et parfois se sont complètement liquéfiées. Les gelées dont la gélatine animale fait partie, se conservent mieux, mais s’aigrissent cependant assez vite. De plus, elles peuvent éprouver un commencement de décomposition putride, que la présence de l’alcool ne prévient pas toujours. La gelée de groseille, et ses analogues avec l’acide pectique, se conservent au contraire fort longtemps.

Il faut donc, en général, ne les point préparer à l’avance et les placer dans des lieux secs et frais.

.D@s Pâtes.

Par comparaison avec la pâte des boulangers, on donne, en pharmacie, le nom de pâtes à des médicaments solides, de consistance molle, et cependant assez ferme pour qu’ils n’adhèrent pas aux doigts; que l’on obtient au moyen de la gomme, du sucre et de l’eau, ou bien encore, de la gomme, du sucre et d’infusés ou de décoctés médicamenteux.

Leurs procédés de préparation sont très simples, mais assez différents les uns des autres, pour qu’il soit nécessaire de les étudier en particulier. ^ ^

On prépare la pâle de guimauve, en dissolvant à la chaleur de guimauve, du bain-marie, dans 250 gr. d’eau commune, 500 gr. de gomme

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arabique mondée, pilée et passée au tamis de crin 5 puis, 500 gr. de sucre; évaporant à une douce chaleur, jusqu’en consistance de miel épais; ajoutant peu à peu 6 blancs d’œufs, à l’avancé délayés et battus avec un balai, dans 64 gr. d’eau de fleurs d’oranger ; puis, quand la pâte que l’on n’a pas on seul instant cessé de battre violemment, tant pour l’empêcher d’adhérer à la bassine, que pour y incorporer la mousse albumineuse et l’air qui doivent, en s’y interposant, la rendre moins compacte et plus blanche, est suffisamment cuite; auquel cas elle n’adhère plus, bien que chaude, au dos de la main qui la frappe ; 011 la coule sur une table recouverte de poudre d’amidon.

On a depuis quelques années , remplacé par de l’eau le macéré de guimauve ; il offrait l’inconvénient d’altérer la blancheur du produit, et de lui communiquer une saveur peu agréable.

de ncheifet de préparera la pâte de lichen, en faisant dissoudre dans un réglisse, décocté de lichen, privé de principe amer parmi séjour dé quelques instants dans l’eau à -{- 90°, des quantités déterminées de sucre et de gomme arabique, évaporant sur un feu doux, en consistance de miel, avec la précaution d’agiter sans discontinuer, et coulant sur un marbre légèrement huilé.

Quand la pâte, que l’interposition de l’air rend opaque et blanche, est refroidie, on l’essuie avec un linge, afin d’enlever la portion d’huile qui lui pourrait, plus tard, communiquer une saveur rance.

On prépare par des procédés tout â fait semblables, la pâte de réglisse dite blanche, avec l’infusé de racine de réglisse, et la pâte de réglisse dite brune, avec les solutés de suc de réglisse et d’extrait d’opium.

Des pâtes Pour les pâtes de jujubes et de dattes, dont les décoctés méde^da«es.eUe dicamenteux ne se clarifient pas par simple ébullition, et que d’ailleurs, on est dans l’usage d’obtenir transparentes, on opère autrement.

D’une part, on dissout à froid, dans l’eau commune, la gomme arabique préalablement mondée et lavée à deux reprises à l’eau froide, et l’on passe sans expression au travers d’un Manchet. D’autre part, on fait bouillir pendant 1/2 heure dans l’eau, les

DES SACCHA&ÜRES.

jujubes ou les dattes privées de leurs noyaux • l’on passe le décodé avec expression, on laisse déposer, on décante, on fait fondre le sucre et Ton clarifie au blanc d’œuf.

Cela fait, les solutions sont mélangées et portées sur le feu • on les agite jusqu’à ce que l’ébullition s’y soit nettement déterminée, mais en cessant d’agiter, l’ébullition une fois commencée, attendu que l’agitation introduirait dans les liquides, que l’évaporation rend de plus en plus visqueux, des bulles d’air qui empêcheraient les pâtes d’être transparentes, et que d’ailleurs, le mouvement déterminé par l’ébullition même, suffit alors à prévenir toute adhérence avec la bassine. On rapproche en consistance d’extrait mou, on aromatise avec l’eau de fleur d’oranger ; on retire la bassine de dessus le feu, on la plonge dans un vase de plus grand diamètre contenant de l’eau chaude, destinée à maintenir plus longtemps fluide le liquide qu’elle contient, au bout de 12 heures de repos complet, on enlève l’écume qui s’est formée à la surface sous forme de membrane, et l’on coule dans des moules, à l’avance légèrement frottés d’huile, ou mieux encore, suivant ieconseil de M. Chauffard, de mercure; de cette manière, on n’a pas à craindre, que l’huile en rancissant, communique à la pâte une saveur désagréable.

Les moules sont placés dans une étuve chauffée à 40°, en leur assurant une position parfaitement horizontale, et la pâte que l’on a soin de retourner de temps en temps, achève d’y acquérir la consistance voulue.

Les pâtes se conservent longtemps dans des lieux qui ne peuvent, ni les humecter, et par suite, les disposer à fermenter; ni les dessécher, et par suite, faire perdre la transparence à celles d’entres elles qui sont transparentes. D’ordinaire, on les enferme à l’état de plaques dans des boîtes en fer-blanc ; la pâte de guimauve au milieu de la poudre d’amidon ; les autres seules.

Des Saeehar lires.

Les saccharures, dont l’usage ne s’est introduit en médecine que depuis un assez petit nombre d’années, sont des médicaments pulvérulents, résultant de l’union du sucre avec des

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principes médicamenteux, qui, d’abord dissous dans Un véhicule approprié, en ont plus tard été privés au moyen de l’évaporation.

Elles représentent, en quelque sorte, des extraits secs en poudre, entre les particules desquels se trouveraient très également réparties des particules de sucre.

On les prépare par l’un des procédés suivants :

La dissolution médicamenteuse, semblable aux teintures alcooliques et éthérées, est-elle incapable d’opérer la dissolution du sucre; on la verse sur des fragments de sucre, de manière à les en imprégner le plus également possible, on abandonne le mélange à l’air libre, pendant 21 à 36 heures, ou plutôt, jusqu’à ce que la majeure partie de l’alcool ou de l’éther se soit vaporisée; on pulvérise, et pour compléter la dessiccation, on porte la poudre à l’étuve. Ainsi prépare-t-on les saccharures

De belladone, De quinquina,

— eastoreum — caïnça,

— ciguë, — ratanhia,

— digitale, — rhubarbe.

d’ipécacuanha ,

Au contraire, la dissolution médicamenteuse, semblable à toutes les dissolutions aqueuses, peut-elle dissoudre le sucre; on y fait dissoudre celui-ci, on évapore dans une bassine à large surface, en ayant le soin d’agiter continuellement, quand la liqueur est en consistance de miel épais, on l’étend sur des assiettes, Ton achève l’évaporation à l’étuve, et finalement on pulvérise.

On prépare par cette dernière méthode, les saccharures de lichen et de mousse de Corse.

Les saccharures avec les teintures, permettent d’administrer les principes actifs de ces teintures, daus un très grand état de division, et sans le véhicule qui pourrait en contrarier les effets. Celles avec des solutés aqueux, sont employées avec succès pour obtenir extemporanément des gelées : on en dissout une quantité déterminée dans l’eau bouillante, on ajoute de la colle de poisson ou de la gélatine; s’il en est besoin, on passe au travers d’une étamine ou d’un linge, on laisse refroidir.

Quelles qu’elles soient , les saccharures sont peu altérables.

DES OLÉOSACCHAKUKES.

Elles se conservent presque indéfiniment dans des flacons hermétiquement fermés, placées dans des magasins secs et frais.

Des Oléesacchsriares.

Si, au lieu d’imprégner le sucre de teintures alcooliques ou éthérées, de solutions aqueuses, dont l’évaporation peut ultérieurement dissiper le dissolvant, on F imprègne d’huile volatile; on produit les médicaments que l’on désigne sous le nom d’oléo ou d’éléosaccharures : ces médicaments ont surtout pour objet, de rendre les huiles volatiles miscibles à l’eau, ou de faciliter leur interposition dans les mélanges pulvérulents ou pâteux.

On prend le sucre en morceaux, on verse dessus l’huile volatile, dans la proportion ordinaire d’une goutte par gros de sucre, et l’on pulvérise.

Pourles obtenir d’odeurs plus suaves, on prépare quelquefois les oléosaccharures de citrons, d’oranges et de cédrats, etc., en frottant avec du sucre dur, la partie jaune superficielle ou zeste de ces fruits, et pulvérisant; alors le mélange renferme, outre le sucre et l’huile volatile dont-il s’est imprégné, des débris du parenchyme. Aussi, ces oléosaccharures, traitées par l’eau, laissent-elles un dépôt qui n’est autre que le parenchyme très divisé.

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