HYDROMÈTRE , HYDROMÉTRIE , HYDROPISIE DE LA
MATRICE. Nature, L'hydropisie de la matrice est extrêmement rare, si rare qu'on n'est pas encore complètement d'accord sur sa nature. D'après les uns, elle pourrait s'observer, indépendamment de la conception, à la suite d'une hypersécrétion utérine; d'après d'autres (Stoltz, Naegelé), elle supposerait toujours un commencement de grossesse : l'embryon, succombant de bonne heure, »e dissoudrait dans le liquide amniotique qui continuerait à se produire en plus ou moins grande quantité, et il s'agirait plutôt d'hydramnios, sans fœtus, que d'hydrométrie.
Marche , symptômes. Quoi qu'il en soit , les phénomènes hont généralement ceux d'un début de grossesse : suppression de» règles, phénomènes sympathiques, etc.; puis l'utérus se développe, mais irrégulièrement, tantôt plus vite, tantôt plus lentement que dans la bonne gestation. Il forme une tumeur régulière, nettement circonscrite au palper et à la percussion. Sa résistance cbt partout uniforme, mais variable selon le degré de la distension. La Huctuation devient bientôt manifeste dans toute l'étendue de Ja tumeur.
Au toucher, on reconnaît le développement, la régularité du ti;f<njent inférieur de la matrice, l'assoupUssement et l'amaincisse-
i; Voir pour plus de détails le Mémoire sur la môle hydatiquc. ou. j u» loin, le traitement de Tavortement.
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ment de ses parois, un certain ramollissement et quelquefois le raccourcissement du col. Le doigt, enfoncé dans le cul-de-sac antérieur pendant qu'on percute légèrement le fond de la matrice, perçoit la fluctuation. Quoi qu'on fasse du reste, soit par Thypogastre, soit par le vagin, aucune dureté, aucune saillie mobile, aucun signe de la présence d'un fœtus, ne peut être constaté. Lorsque, d'après les phénomènes observés, on se croit autorisé à pratiquer un cathétérisme utérin, la sonde amène l'évacuation du liquide, ou bien elle est arrêtée par un obstacle. On ne doit pas se presser de recourir à ce moyen parce qu'il n'est pas sans danger, en cas d'erreur de diagnostic, et, parce que, en général, la matrice finit par expulser elle-même son contenu. La tumeur s'affaisse alors momentanément ou définitivement, selon que la cause du mal persiste ou non.
Dans tous les cas où une tumeur hypogastrique contient du liquide, il est toujours prudent d'introduire une sonde dans la vessie : bien des tumeurs se sont ainsi écoulées !
Traitement : favoriser ou provoquer l'issue du liquide et combattre la cause de sa production par des moyens généraux et locaux.
5. PHYSOMÉTRIE, TYMPANITE UTÉRINE. Les auteurs ne sont pas plus d'accord sur la physométrie que sur l'hydrométrie. D'après les uns, des gaz pourraient, chez les femmes hystériques ou affaiblies par des causes diverses, se développer dans l'utérus. Il existe positivement des femmes qui laissent échapper, de temps en temps et sans pouvoir les retenir, des vents qui ne viennent pas de l'intestin. Martial a fait, sur l'une d'elles un vers infect : « offendor cunni garrulitate tui » Nous avons rencontré quelques cas de ce genre, mais l'état de la matrice et les circonstances dans lesquelles le phénomène se produisait, nous font penser que, sauf dans un cas, le gaz, peut-être de l'air, provenait seulement de la partie supérieure du vagin. Après l'exploration du vagin par la méthode de Marion Sims, l'air se précipite au dehors avec tant de fracas au moment où la femme se relève que, pour lui épargner la gêne causée par cette pétarade Sims laisse dans le vagin une sonde, qui fait l'effet de sourdine et permet à l'air de s'échapper sans bruit.
D'après Stoltz et Naegelé, la véritable physométrie suppose toujours dans la matrice un produit de conception altéré , en voie de décomposition. Il y a eu commencement de grossesse ;
mort et fonte ou putréfaction de l'embryon ; rupture des mem-