‹ Cours d'accouchements professé à l'Université catholique de Louvain (volume 2)Chapitre 54 sur 113 · DIVISION DE L'ŒUF · texte numérisé non relu

DIVISION DE L'ŒUF

il fronce la partie supérieure de la poche et lui donne la forme d'une tumeur à pédicule plissé , ou d'un de ces sacs , autrefois à la mode, qu'on appelait réticules et, par corruption, ridicules.

Les circonstances qui favorisent l'allongement de la poche sont :

1" L'extensibilité des membranes, qui varie d'un sujet à l'autre ;

2" La réplétion moindre de l'œuf; car il est évident qu'une même vessie s'allonge plus aisément lorsqu'elle n'est remplie qu'aux deux tiers, que lorsqu'elle est exactement pleine ;

3'^ La persistance d'une communication entre le liquide de la poche et celui qui se trouve plus haut : il est clair , en effet, que dans ce cas toutes les eaux de l'œuf tendent à affluer dans la poche et à l'allonger à chaque douleur.

Sous ce dernier rapport , la poche en boyau mérite toujours de fixer l'attention du praticien , Ccir la persistance de communication, dont nous venons de parler, s'observe spécialement : i^ dans les présentations du tronc , 2^» du pelvis , 3^ de hi face et 4« du sommet , lorsqu'un vice du bassin s'oppose à l'engagement régulier de la tête. Nous l'avons vue aussi se produire dans un accouchement ou un fa^tus anencéphale bouchait incomplètement l'entrée du bassin.

Il s'ensuit que si l'existence de la poche en boyau est compatible avec un accouchement tout-à-fait normal, et elle Test en effet , elle doit cependant taire naître le soupçon qu'il se passe quelque chose d'irrégulier, et elle exige que l'homme de l'art s'assure avec soin de ce qui existe.

D'autres fois, au contraire, la poche des eaux est plate, c'est-à-dire, que la couche de liquide qu'elle contient est trèsmince. On pourrait facilement croire dans ce cas que les membranes sont rompues. Pour éviter l'erreur, il faut toucher au début d'une douleur. Un peu de liquide s'interposant alors tend les enveloppes de l'ijcuf, les isole du crâne et rend leur intégrité évidente.

Cette disposition ne s'observe guère que dans les présentations du sommet et elle indique que la tète est volumineuse , mais elle indique en même temps qu'elle s'engage bien , sans difliculté. et que, partant , elle n'est pas disproportionnée à la capacité du bassin. M™^ Lâcha pelle a donc pu dire avec raison qu'elle ne redoutait pas les poches plates en accouchements.

RUPTURE DES MEMBRANES 25g

2) RUPTURE DES MEMBRANES. Lorsque la poche des eaux est bien formée, elle constitue un segment de sphère, large de plusieurs centimètres, dont lare se tend de plus en plus et finit par se rompre sous la pression que la tête de Tenfant, agissant comme piston, exerce sur le liquide et, médiatement. sur la poche elle-même.

Cette rupture s'opère généralement quand la dilatation du col est à peu près complète et sous TefFort d'une contraction énergique. Elle s'accompagne souvent alors d'un craquement qui peut effrayer la femme, si elle est primipare et si on n'a pas eu la précaution de la prévenir. Elle est immédiatement suivie de l'issue de tout le liquide contenu dans la poche.

Mais parfois la poche ne s'est ouverte que par une éraillure latérale plus ou moins élevée, et Ton comprend qu'alors elle ne se vide pas tout d'un coup, mais seulement peu à peu et à mesure que de nouvelles douleurs étendent la crevasse ou forcent le liquide à refluer vers elle. C'est ainsi que chaque nouvelle contraction peut déterminer, pendant quelque temps encore, l'écoulement d'un peu de liquide. Mais ce phénomène peut se produire, et même être beaucoup plus marqué, quoique la rupture des membranes soit centrale et complète. C'est que la région du fœtus qui se présente bouche imparfaitement le canal et que chaque contraction utérine peut ainsi pousser vers l'extérieur, une partie des eaux qui restait dans la cavité de l'organe. Ce phénomène indique donc généralement que le crâne n'est pas franchement engagé ou que la partie qui se présente n'est pas régulière.

(( En supposant un orifice utérin qui mesure 56 millimètres, dit Matthews Duncan, Poppel trouve que la résistance moyenne de l'amnios est de 8712 grammes; dans mes expériences la moyenne a été de 7587 grammes. »

On dit que la rupture est prématurée, quand elle a lieu avant que la dilatation du col soit complète ou à peu près complète. Elle est une cause de retard dans l'accouchement, surtout chez les primipares.

La rupture peut même s'opérer avant que le travail soit déclaré. Elle a alors pour cause prédisposante la fragilité des enveloppes de l'œuf, et pour cause occasionnelle une de ces contractions indolores qui précèdent l'accouchement et qui peuvent se manifester bien longtemps avant le terme. Nous avons observé que la rupture des membranes avant le travail survenait

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surtout dans les prcscntatious rcxtrcmité pelvienne et chez les pluripares où roriticc utJrin est dcjà entr'ouvert. Dans ces conditions, le pied de Tenfant, appuyant sur le dJfaut de Touverture, déchire les enveloppes de Ta-uf, comme le pied maladroit posé à côté de la gîte, passe à travers le plafond.

Dans ces cas de rupture prématurée des membranes , le liquide amniotique s'écoule ordinairement en totalité, mais plus ou moins vite selon que la partie du fœtus qui se présente bouche plus ou moins exactement l'entonnoir formé par le segment inférieur de l'utérus. On conseille généralement de tenir alors la femme couchée , pour conserver dans la matrice le plus de liquide possible et prévenir ainsi \ accouchement à sec, toujours plus pénible pour la mère et surtout, plus dangereux pour Tenfant. Ce moyen doit être empfoyé quoiqu'il natteigne qu'imparfaitement le but tant à cau^e de la situation déclive du col que de la diflicultô qu'il y a d'empêcher, au moins de temps à autre, la femme de se redresser.

Bien que des eaux se soient positivement écoulées, on peut encore rencontrer plus tard une poche bien formée. Souvent les premières eaux ne sont que de fausses eaux, c'est-à-dire, des urines ou un liquide qui s'est accumulé entre l'œuf et Tutérus (hydrorrhée). Mais parfois il y a réellement deux poches qui se forment successivement et qui coiuiennent, l'une et l'autre, un l'quide propre à l'œ^jf. Ce fait, dit Cazeaux, est inexplicable dans l'état actuel de \\ science. Il nous semble cependant qu'on peut le comprendre :

r' Quand il y a du liquide interposé entre le chorion et l'amnios, ce qui a lieu à une époque peu avancée de la grossesse et persiste quelquefois jusqu'à terme. Dans le courant de i856, M. Mattei a présenté à l'Académie un travail dans lequel il cherche à démontrer qu'il existe, plus souvent qu'on ne le croit, du liquide entre le chorion et l'amnios ;

2» quand la poche s'éraille vers la circonférence et que la tète de l'enfant, en s'abaissant, vient boucher la crevasse. C'est là un fait que mon père a pu un jour constater directement.

On est quelquefois obligé de rompre les membranes, soit prématurément, soit lorsque la dilatation du col est complète. Les mdications de cette rupture artihcielle sont très-variées, comme nous le verrons plus tard. Elle a pour but, tantôt de retarder, tantôt d'accélérer l'accouchement, tantôt d'amener un certain retrait de la matrice.

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