II. POUR LA FEMME
La mortalité des femmes en couches varie sans doute selon les complications si diverses du travail, selon les conditions physiques et morales où se trouvent les parturiantes et les soins hygiéniques dont elles sont entourées etc., mais la grande cause de mort est l'hospice de maternité.
Déjà en i832 (dictionnaire de médecine en 3o volumes) P. Dubois comparait les rares accidents de la pratique privée aux désastres des hôpitaux et en i855 il déclarait à l'académie, qu'une femme courait moins de dangers à accoucher dans la rue, sans secours, qu'à la maternité ou à la clinique.
La différence des résultats à l'hôpital et en ville, beaucoup plus considérable pour les accouchements que pour la médecine et la chirurgie, est énorme et aujourd'hui incontestablement établie (r).
(i) Bar nés — Dublin Quarterly Journa. of méd. sciences i858 t. XXVIII p, 101. Hugenberger. Bericht ans dcm Hebammen institute. S^ Pctersbourg i863 Spath. Statistische Rûckblickc auf die vorkomen des Wiener Gebarhauses 18G4 Crédé. Bericht ûber die Vorgânge in der Entbindungs — Schule. Leipzig
M. Le fort, dans son remarquable travail sur les maternités (i:, a réuni les statistiques importantes de toutes les grandes villes de TEuropc et obtenu les chiffres suivants :
Total des accouche'es :
1'» dans les maternités : 888,3 12; mortes 30,594=1 morte sur 29 2" à domicile : 934,781; n 4,405=1 n 212
A la maternité de Paris, de 1802 à 1864, la moyenne de la mortalité est de 1 décès sur i7,-85 accouchements (2), mais certaines années elle s'élève de façon à faire regretter que le pétrole de la commune ait respecté les murs d'un établissement néfaste où en i8()3 il mourait une femme sur 7,30 et en 1864 une sur 4,9 5 !
La cause de la mortalité qui décime les maternités n'est pas la détresse physique ou morale des malheureuses qui y sont reçues (3^ ni le nombre plus considérable des opérations (4), la
(1) ICtudc sur les maicrnitcs cl les institutions charitables d'accouchement à domicile dans les principaux états de l'Europe — par le D*" Léon Le fort. Paris iS< ')(').
(2) Statistique des Maternités de Paris (L. Le for t.) j
accoucher morts: proport" p. 00:
De 1S07 à i8()4 l'hôpital S' Louis cfuripte : i()o?S 7S0 4 =1 mort sur 23
» iSii à iS()4 » S' Antoine » ^204 340 6.07=1 » » 16.4;
» i'S"33 à 1864 » de la Clinique » 242()5 1143 4,07=:! » » 24.37
» iS()2 à iS(')4 » la Maternité » 11)0704 8124 5,Gû=i » » i7.'^3
» 1.S02 à iS(')4 » rilôtel-Dieu >> 233i4 83i 3,02=1 » » ?3.i4
Total 232353 11227 4,3()=i mort sur 22.7'i
\'Sj Kn iSôi et 18» "12, il y eut à Paris (Husson) :
accouchements : décès :
Oans les hôpitaux 14, «07 1169 = ' décès sur 12.
Dans les bureaux de bienfaisance 12,634 71 := i » » 177.
En ville ihors des bureaux de bientaisancc) 87,277 488 =1 » » 17^-
Donc : entre pauvres et riches, accouchées en ville, la mortalité est la même = • 177 ^ 11 7S. Lntre les pauvres accouchées à domicile et accouchées dans les Jiûpitjiix, la ditVérence est énorme : d'un côté i''i77, de l'antre i/i--
14) La maternité lie Paris, dit M. Lefort, est celle où les opérations ont été les plus rares (i sur 3^;; elle est cepentlant la plus meurtrière (1 niorte sur 14 accouchées;; tandis que la maternité de Munich, où les opérations ont été relativement plus nombreuses (1 sur 121. a une mortalité beaucoup moins élevée 11 morte sur 73 accouchées). i\'oir le tableau de la page suivante).
cause principale, pour ne pas dire unique, est la fièvre puerpérale. Dans les hospices où le fléau ne pénètre pas, les résultats
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