‹ Cours d'accouchements professé à l'Université catholique de Louvain (volume 2)Chapitre 91 sur 113 · PO O · texte numérisé non relu

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D'une manière générale, nous croyons qu'il faut toujours rassurer la femme sur les deux premiers points, en ajoutant que, quant au troisième, il dépendra de la fréquence et de la force des douleurs.

Mais pour les parents et pour lui-même, le praticien doit chercher à résoudre ces questions d'une manière plus précise et plus vraie.

Le problème est très-complexe : car il comprend une toule de conditions qui peuvent se combiner d'une infinité de manières. Cependant, en analysant bien les trois éléments principaux dont il se compose, on arrive promptement à une solution, sinon mfaillible, au moins très-probable.

1. Puissance, a) Les douleurs sont-elles franches, fréquentes, longues, énergiques, bien dirigées ? Ont-elles produit beaucoup d'effet en peu de temps?

b) Le sujet se trouve-t-il dans des conditions physiques et morales qui promettent à la matrice un auxiliaire puissant de la part de la presse abdominale?

2. Résistance, a) Le bassin est-il bien conformé? C'est là encore une question qu'on s'est presque toujours posée avant l'accouchement et, qu'en cas de doute, on a cherché à résoudre.

b) Le canal musculo-membraneux est-il bien préparé?

La réponse se trouve dans les renseignements fournis par le doigt relativement au périnée, au vagin, et surtout relativement au col de la matrice et au segment inférieur de l'utérus.

L'existence de la poche favorisera la dilatation de ces parties et, d'après le degré de dilatation obtenu depuis le début du travail, c'est-à-dire, en un temps connu, on préjugera, avec assez de probabilité quel sera le temps encore nécessaire pour que cette dilatation devienne complète. Dans l'appréciation des résistances, on tiendra le plus grand compte du fait de la primiparité ou de la multiparité et , dans ce dernier cas , de la marche des accouchements antérieurs.

3. Corps à expulser. La présentation est-elle naturelle et tout à fait régulière? La position est-elle favorable, antérieure ou postérieure? La région qui se présente est-elle volumineuse ou non? Est-elle encore élevée ou est-elle bien engagée? A quel degré l'est-elle?

Ce sont là autant de questions que l'on se pose et qu'avec un peu d'habitude, on résout généralement pendant les premières recherches. Est-il nécessaire d'ajouter que plus les conditions

relatives à la puissance, à la résistance et au mobile sont favorables, plus on a de chances de voir Taccouchement se terminer facilement, vite et heureusement ; et que le pronostic demandera, au contraire, d'autant plus de réserve, que les bonnes conditions faisant défaut seront plus nombreuses et plus essentielles ?

D'une autre part, on ne doit pas perdre de vue que la marche du travail, actuellement très-bonne, change quelquefois d'une façon inopinée, soit que les douleurs viennent à se ralentir ou à s'affaiblir, soit que tel ou tel mouvement de la tête ne s'exécute pas, ou s'opère anormalement.

Sans inspirer de fausses ou d'inutiles alarmes, surtout à la patiente, il est donc toujours prudent de s'en tenir à des promesses plus ou moins vagues et conditionnelles.

Le pronostic est d'autant plus difficile que le travail est moins avancé, d'abord parce qu'il y a plus de place pour l'imprévu, ensuite parce qu'on n'a pas les résultats obtenus pour établir les probabilités quant à ceux qui restent à réaliser.

Il est imposible d'entrer dans les mille détails que la pratique peut offrir ; mais habituez-vous de bonne heure à l'analyse que nous vous avons conseillée plus haut :

10 Appréciez bien la nature des douleurs j leur durée, leur fréquence, leur régularité, les efifets qu'elles produisent en un temps donné.

2° Tenez compte de la conformation du bassin, des résistances que peuvent opposer le périnée, le vagin et sprtout le col de la matrice.

3° Considérez le mode de présentation et la position de l'enfant, l'absence ou l'existence de complications, l'état général et le moral du sujet.

Combinez ces éléments entre eux ; donnez à chacun d'eux son importance relative et vous parviendrez assez promptement et assez sûrement à la solution du problème posé.

Ajoutons d'ailleurs que les gens raisonnables ne demandent pas l'impossible et que si la femme doit toujours être rassurée, on peut, on doit même, dire aux parents toute la vérité sur la mattche et la terminaison probable de l'accouchement. Si vous avez des doutes, exprimez-les et motivez-les. N'aggravez pas la situation mais aussi ne compromettez pas votre responsabilité, par des promesses qui peuvent être déçues.

11 arrive à tout le monde de se tromper. Si vous avez commis quelque erreur; si l'accouchement marche plus vite et

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