I. QUANT A LA FORCE
i" soient (FIG. 196 C.) r, la tête d'un foetus arrêtée par un obstacle; ^. un levier de 1" genre; a son point d'appui pris sous Ici pubis, et ff, la force mise en jeu pour vaincre la rétisiance.
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L effet produit par la force sera d'autant plus considérable que le bras de levier af sera plus long : il sera doublé, triplé, décuplé, &, si ce bras est 2 fois, 3 fois, 10 fois plus long que celui de la résistance, ar. Avec un levier suffisamment long et un point d'appui convenable Archimède voulait soulever le monde. Admettons que la lame de l'instrument pénètre dans le bassin à une profondeur de 8 centimètres; une longueur de 24 centimètres restera à l'extérieur. Or c'est sur ce bras de levier , trois fois plus long que celui de la résistance, que s'applique la force — donc la force est triplée. Il est à remarquer en outre, que dans le cas qui nous occupe, le point d'appui, ou la symphyse pubienne, a à supporter toute la charge des deux bras du levier, c'est-à-dire, une compression égale à la puissance et à la résistance réunies.
2® L'inconvénient de cette pression énorme est complètement évité si on veut se servir de l'instrument comme d'un levier interpuissant. Pour ce faire (FIG. 196 D.) on fixe le manche du levier d'une main, en m, tandis que de l'autre main on tire sur la lame saisie près des pubis — ou bien, pour agir plus énergiquement, on appuie l'extrémité du manche sur une épaule et des deux mains on tire sur la lame.
L'avantage dans ce procédé reste à la résistance et pour la vaincre il faut que la force déployée en p lui soit supérieure. Mais si l'opérateur doit se livrer à une dépense d'énergie musculaire plus considérable, par contre, les parties molles qui revêtent les os pubiens n'ont aucune meurtrissure à redouter puisquelles n'ont aucun effort à supporter.
30 Entre ces deux manières d'agir il s'en présente une troisième, intermédiaire, ne présentant ni tous les avantages ni tous les inconvénients des deux autres. Ainsi l'on peut tirer (FIG. 196 E.) sur le levier en p, dans la direction ps, et en même temps en m, dans la direction mp, et alors, suivant que la force mv est supérieure ou inférieure à la force ^5, Faction se rapproche davantage de celle du levier de i^r genre ou de celle du levier interpuissant.
C'est cette méthode mixte qu'Herbiniaux avait adoptée dès 1782 (1). Il passait un lacs dans une fenêtre, située à la nais-
(*) Traité sur divers accouchements laborieux et sur les pol3rpes de la matrice, etc. par M. G. Herbiniaux, Chirurgien Accoucheur et Lithotomiste, à Bruxelles 1782, Tome I.
sance de !a courbure de la lame, et tirait dessus, en arriére ei ea bas, tandis qu'il relevait le manche par de petites saccades. Mais , au Heu d'exercer ces saccades , qu'on peut ne pas aimer, si l'on se bornait à maintenir le manche pendant qu'on tire sur le lacs, on exécuterait . dans certaines positions de la tétc, la manoeuvre la plus correcte que l'on puisse imaginer. Voyez la fijîurc ci-dessus (FIG, 197.) : la traction sollicite la \àc it ilccrirc une rotation autour de la tempe serrée contre l'angle Hucro-vcrtiîbral. Or, pendant ce mouvement de pivot, la longue li^nc du crdne. qui va de la tempe à la bosse pariétale opposée. kIimmo du diamètre sacro-pubien vers des espaces de plus en plus
DU LEVEER FLAMAND
larges, de sp en sp\ sp", pour être remplacée par un diamètre st, le bî-temporal, beaucoup plus court (i).
4° La légère courbure que présente le levier, permet encore de l'utiliser , à la manière d'un crochet , pour attirer en avant ou en bas, la partie du crâne accrochée ; les deux mains, appliquées en m et m' (FIG. 196 F.), agissant à la fois et dans la même direction.
II. QUANT A LA DIRECTION : la direction que l'on peut imprimer à la tête fœtale varie selon Vinclinaison de l'instrument par rapport au pubis — et selon son point d'application sur le crâne,
|0 La lame étant introduite parallèlement aux pubis, si l'on attire le manche vers soi on fait s'écarter le mors en sens inverse, c'est-à-dire qu'on refouie la tête directement en arrière. Si l'on I continue à relever le manche, l'in- I strument se trouvera bientôt, par rapport aux pubis, dans une po- I sition oblique, ou agissant obli- I quement en arrière et en bas — et I enfin, dans une position perpendi- I culaire ou agissant directement en 1 bas. La figure 198 montre la direction de l'action du levier par I rapport à la direction de l'axe du I détroit supérieur.
2" On peut, suivant le point I où on la frappe, imprimer à une" I bille de billard tous les mouvements de progression ou de rotation voulus : de même avec le I levier peut-on, en variant le point d'application, faire varier les effets. Nous ne pouvons pas entrer dans les détails de toutes les combinaisons possibles, nous dirons seulement, en général , que pour abaisser le crâne , en lui conservant sa position ou ses rapports avec le bassin , il faut que !e mors soit introduit assez profondément pour dépasser la grande circonférence de la tête et qu'il s'applique sur le pôle opposé à celui qui se trouve regarder en bas. Veut-on imprimer des mou-
(1) Nous devons faire observer que la position figurée par He !st pae la position ordindire.
4o6 DIFFICULTÉS PROVENANT DU CORPS A EXPULSER
vements de rotation en même temps que d'abaissement ? il faut se rappeler que c'est sur l'extrémité du diamètre crânien sur laquelle il est appliqué que le levier agit avec le plus d'énergie, soit pour l'attirer en avant s'il la dépasse suffisamment en arriére ; soit pour la refouler en arrière s'il ne la dépasse point ; soit enfin pour l'abaisser simplement s'il ne fait que la dominer.
Parallèle entre le levier et le forceps.
Le levier, avons-nous dit, est devenu le rival du forceps : mettons les deux instruments en parallèle, non pas pour trouver dans cette comparaison les motifs d'une préférence exclusive, mais pour montrer clairement le tort de ceux qui se privent systématiquement de l'un d'eux.