OPÉRATION DE PORRO
Appendice à ^histoire de ^opération Césarienne.
Opération de Porro,
L'amputation de la matrice cancéreuse, par le vagin ou par Tabdomen, est une opération à peu près condamnée. Velpeau en avait rassemblé 21 cas, dans lesquels toutes les opérées ont succombé plus ou moins tôt à l'opération ou à la récidive du cancer et Breslau (i), 19 dans lesquels il cite un succès remporté par Langenbeck et un autre par Récamier. Becquerel pense a qu'il n'entrera dans Tesprit d'aucun chirurgien de la pratiquer de nouveau. »
Alors même que l'utérus est renversé, l'amputation paraît trop dangereuse à Nonat « pour qu'on puisse même songer à la pratiquer » et M.arion Sims, — qu'on ne rangera pas parmi les chirurgiens timorés, — après avoir relaté une opération de ce genre, tentée cependant avec succès par Emmet et par lui, fait cette déclaration : « j'hésiterais longtemps avant de retrancher un second utérus en état d'inversion. »
Abandonnée dans l'inversion, et condamnée dans le cancer, l'amputation de la matrice paraît devoir être reprise dans d'autres circonstances, et — à en croire les enthousiasmes de la première heure — Jelle serait appelée à détrôner l'opération césarienne.
En 1876, dans le cours d'une opération césarienne qu'il pratiquait, le professeur Porro, de Pavie , se trouva aux prises avec une hémorrhagie incoercible qui l'obligea à enlever l'utérus. La femme guérit.
La conduite de Porro a été imitée par Spath, deiu fois, en 1877, par C. Braun et par Mliller en 1878 et, enfin, le 14 avril 1878, par M. Wasseige, de Liège, (2). Des six femmes ainsi opérées deux seulement succombèrent (obs. de Spath et de C. Braun). L'opération nouvelle s'annonce donc assez bien.
On divise la peau, on ouvre le péritoine et la matrice, on extrait l'enfant , absolument comme dans l'opération césarienne ; puis, avant de refermer le ventre, on attire l'utérus au dehors , on jette une chaîne d'écraseur sur l'organe, à peu près au niveau
(1) Breslau. De totius uteri extirpatione. Monachii i853. (3) De Topération césarienne suivie de lamputation utér(M>varique Bull, de lacad. royale de méd. de Belgique, t. XII, 3* série n^' 5, 1878.
AMPUTATION UTÉROOVARIQUE 689
de Torifice interne , on retranche les tissus situés au-dessous de de la ligature et Ton fixe le moignon utérin, comme le pédicule du kyste dans Tovariotomie , à l'angle inférieur de la plaie abdominale.
L'opération de Porro et l'opération césarienne présentent donc des dangers communs, mais la nouvelle a sur l'ancienne l'avantage précieux de supprimer deux grandes causes de mort : i» rhémorrhagie primitive, que l'étranglement de la matrice dans la ligature arrête sûrement ; 2° les périls naissant d'une vaste plaie utérine, qu'il est dangereux de fermer par des sutures, qu'il est peut-être plus dangereux encore de laisser ouverte , et qui , dans tous les cas, se trouve abandonnée dans le péritoine.
En théorie, si l'amputation de l'utérus ne se faisait pas sur une femme dans l'état puerpéral, nous ne verrions pas bien bien pourquoi elle présenterait des chances plus défavorables que l'extirpation d'un kyste ovarique sans adhérences. Le pédicule est bien un peu plus gros , dans un cas que dans l'autre , il est d'une autre nature, mais est-il moins disposé à 1^ cicatrisation ? C'est ce que l'expérience nous enseignera probablement bientôt.
L'amputation utéro-ovarique soulève bien quelques objections et Ton peut se demander si, dans le but de diminuer les mauvaises chances de l'opération césarienne et de faire échapper la femme aux dangers qu'entraîneraient pour elle les conceptions futures, il est permis de lui faire subir une véritable castration. — C'est à elle de trancher la question, mais il nous paraît bien évident qu'elle a le droit de sacrifier la partie au tout et de choisir l'opération qui compromet le moins son existence.
Nous donnerons ici quelques ligures d'ïasirumeots qui nous sont parvenues trop tard pour trouver leur place naturelle dans le cours de l'ouvrage.
Mannequin de M. Mathieu.
Cranioclaste de C. Braun, de Vienne.
Porte-chaJne de M. Mathieu.
Tube lar)-ngien du D^ Ribemont.
Ciseaux perce-crâne de Smellie.
Forceps démontant de M. Mathieu.
Fis- 23>.
FIG. 22 1 et ;
Notre livre est avant tout dédié aux jeunes gens chrétiens qui viennent faire à F Université catholique leur éducation médicale. Nous croyons leur être utile en leur rappelant sommairement renseignement de TÉglise sur un sacrement dont ils peuvent être appelés souvent à devenir les ministres, et c*est ce qui nous décide à terminer ce cours d'accouchements par un chapitre spécial consacré au baptême,
Lorsqull n'existe pas de danger de mort, c'est à Téglise et par un prêtre que Tenfant doit être baptisé. Mais y a-t-il péril de mort (periculum mortis)? le baptême peut être conféré partout et par toute personne (ecclésiastique ou la'ic, homme ou femme, fidèle ou infidèle), et il est valide, pourvu qu'il soit conféré avec Vintention et la matière requise et dans la forme voulue.
Qui, en cas de péril, doit administrer le baptême ? Si l'enfant est né et qu'un prêtre soit présent, cest à lui de le baptiser. Le père et la mère ne peuvent ondoyer leur enfant qu'à défaut de toute autre personne capable. L'enfant étant né, s'il y a parmi les assistants un homme capable de baptiser, il doit le faire plutôt qu'une femme et même qu'une sage-femme. L'enfant n'étant pas né, c'est à un homme de l'art ou, en son absence, à une sage-femme,* d'administrer le baptême m utero.
ISintention générale de faire ce que l'Église fait est suffisante.
La matière consiste dans de l'eau naturelle : eau de source, de pluie ou de rivière, bénite ou non bénite.
La forme est : je te baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit.
Cette formule doit être clairement articulée et à voix assez haute pour que celui qui baptise s'entende lui-même.
Elle est absolue ou conditionnelle suivant les circonstances, comme nous allons le dire.
La manière de baptiser varie selon que l'enfant est né ou non.
A. Supposons que F enfant soit né; celui qui baptise doit, en même temps qu'il prononce la formule, verser lui-même l'eau
DU BAPTÊME SgS
sur la tête, à trois reprises différentes et de manière que chaque ablution corresponde à chacun des trois noms de la Sainte Trinité.
S'il y a doute sur la persistance de la vie , il modifie la formule comme suit : si tu es vivant, je te baptise, &.
S'il y avait doute sur la nature humaine de Têtre à baptiser (monstre informe , embryon rudimentaire) , on ajouterait : si tu es une créature raisonnable, je te baptise, &.
Les avortons doivent être baptisés comme les enfants à terme, absolument ou conditionnellement, selon les circonstances.
Il se peut que Tœuf soit expulsé en bloc : on se hâtera de débarrasser le fœtus de ses membranes pour Tondoyer.
Quand on baptise sous une condition : si tu est vivant, si tu n*est pas baptisé &, il est nécessaire d'articuler la condition, comme nous lavons marqué ; il ne suffit donc pas de la penser et de la vouloir intérieurement. Telle est la loi canonique.
B. Supposons que l'enfant soit encore renfermé en partie ou en totalité dans la matrice ; il faut lui donner le baptême in utero. Voici le mode de procéder suivant les différentes hypothèses possibles :
a) Si la tête est dégagée ou visible, il faut donner le baptême absolument ou conditionnellement, selon les cas, comme si Tenfant était né. Si Fenfant naît ensuite il ne faut pas renouve* 1er le baptême.
b) Si Fenfant , au lieu de la tête, produit au dehors un pied ou un bras , on doit le baptiser de la même manière sur cette partie. Après cela, si le tronc vient à se dégager lentement et que le danger persiste, il faut renouveler le baptême d'abord sur la poitrine, puis sur la tête, dès qu'on le peut, en ayant soin d'ajouter chaque fois la condition : si tu n'es pas baptisé, je te baptise,.. &.
c) Enfin si Fenfant est tout entier enfermé dans la matrice, on porte sur la partie accessible Fonde baptismale au moyen de la main , d'un morceau de linge , d'une éponge , d'un syphon , d'une seringue seule, ou d'une seringue et d'une sonde, et l'on baptise en même temps en disant : si tu es apte à recevoir le baptême, je te.., &. Si Fenfant vient ensuite à naître, il faut le rebaptiser sous condition : si tu n'es pas baptisé, je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.