COMPRESSION ABDOMINALE
COMPRESSION ABDOMINALE. Comme nous le verrons plus loin, lorsque le ventre est en besace, on peut, entre autres moyens, employer un bandage de corps, agissant de bas en haut, pour redresser Tutérus.
MM. Allen, Wallen et Rognetta conseillent aussi l'application d'un bandage de ventre, mais d'une autre façon et dans un autre but : dans le but de suppléer à l'insuffisance des efforts naturels, lorsqu'ils sont faibles et languissants.
A cet effet, on prend une grande serviette, ou une nappe, pliée en cravatte d'une largeur de i 1/2 pied. On l'applique par son milieu, sur la partie supérieure du ballon abdominal; on en croise les chefs derrière le dos et on les confie à deux aides vigoureux, chargés de tirer dessus à chaque douleur. Cet effort, intermittent comme les douleurs , doit être exercé de haut en bas, d'après la direction de l'axe du détroit supérieur.
Ce moyen ne peut convenir que dans les accouchements lents et naturels. Il exige que le col soit déjà franchi ou tout au moins complètement dilaté. Ses indications sont celles du seigle ergoté qu'on peut administrer en même temps.
En 1861, Crédé mit en vogue sa méthode de délivrance par expression utérine; en 1866, après l'issue du tronc, Martin proposa la compression manuelle pour amener la tête au dehors. En 1867, Kristeller conseilla d'employer la compression utérine pour obtenir le fœtus entier (i).
« Il fait coucher la femme sur le dos, il délimite l'utérus, risole des anses intestinales et le redresse au besoin ; puis il saisit son fond des deux mains, les pouces restant appliqués sur sa face antérieure. Il presse alors légèrement d'abord, puis avec un peu plus d'énergie, pendant un certain temps.
Les pressions sur le fond de l'utérus doivent être dirigées de haut en bas, celles sur les parois latérales convergeront vers Taxe de l'organe. »
n La durée de ces compressions variera de 5 à 8 minutes; elles seront répétées 10, 20, 40 fois, et séparées l'une de l'autre par des pauses d'une à trois minutes, selon les circonstances. Dans cette succession de pressions intermittentes, il faut opérer tantôt sur le fond, tantôt sur une portion supérieure et latérale
(1) De l'expression utérine appliquée au fœtus. Thèse de A. F, Suchard, Paris 1872.
de Tutérus ; en n'oubliant pas que, lorsque son orifice est encore peu ouvert, peu dilatable et que son diamètre ne dépasse pas 5 centimètres, il faut moins agir sur le fond et préférer les compressions latérales. »
« On est tout étonné parfois de voir se terminer par un très-petit nombre de compressions, un accouchement lent, qu avait présenté plusieurs heures de répit, ou un travail très-laborieux à progrès presque nuls. »
« L'expression est un utile adjuvant du forceps : elle ajoute aux tractions son effort, et elle stimule et renforce les contractions utérines. »
(c L'expression agît comme la nature : elle pousse le fœtus dans la même direction que Tutérus lui-même ; elle peut s'employer beaucoup plus tôt que le forceps ; elle n'exige pas comme lui la rupture de la poche des eaux ; elle n'expose pas à défléchir le fœtus mal à propos; elle le laisse libre d'obéir aux résistances qu'il rencontre et de subir ses rotations naturelles. Enfin elle expose moins que le forceps à Thémorrhagie puisqu'elle oblige l'utérus à revenir sur lui-même. »
Les femmes, en général, supportent impatiemment ces manipulations : elles attribuent à la pression des mains la douleur causée par la contraction elle-même et rendent l'accoucheur responsable de leurs souffrances.
ÉLECTRICITÉ. D'après certains auteurs l'électricité, comme l'ergot de seigle , n'exciterait pas les contractions d'une matrice au repos, mais leur donnerait plus de force et de fréquence, lorsqu'elles se sont manifestées déjà. Les réophores s'appliquent sur les côtés de l'organe ou, l'un à la région lombaire, l'autre à l'hypogastre.
L'électricité aurait sur l'ergot l'avantage de ne pas déterminer un resserrement tétanique presque continu. Elle s'appliqua à laccouchement et aussi à la délivrance. Bar nés s'en montre partisan enthousiaste.