DOUCHES VAGINALES
Lorsque le col de la matrice est encore accessible, et qu'il est nécessaire de rendre les contractions utérines plus fréquentes ou plus énergiques, les douches de 3o à 40 degrés centigrades dirigées sur le col, sont souvent de la plus grande utilité. On les pratique à l'aide de divers appareils, mais l'irrigateur ordinaire
d'Eguisier, et même la grosse seringue des vétérinaires suffisent généralement.
L'instrument le plus simple est un tube en caoutchouc, transformé en pompe aspirante et foulante par une poche élastique que la main comprime et relâche alternativement.
Ou augmente, au besoin, lactivité des douches, soit en les rendant plus chaudes ou plus abondantes, soit en les répétant, soit en les poussant avec plus de force.
Elles sont plus efficaces quand elles pénètrent dans le col même, mais elles sont aussi alors plus dangereuses, car on a observé des cas d'accidents qui ne s'expliquent guère que par la pénétration du liquide dans Tutérus.
Elles n'excitent pas seulement les contractions de la matrice, parfois aussi elles produisent une détente de son col, très-favorable à la dilatation. En tout cas, réduites à de simples injections, elles entretiennent la souplesse des parties et constituent une ressource précieuse et trop souvent négligée dans les accouchements lents, dans le tedious labour des Anglais. Nous y avons très-fréquemment recours et nous recommandons leur emploi.
OPIUM. — M. Levacher affirme qu'à l'exemple des Anglais, il a souvent employé le laudanum à la dose de loo, i3o, 200 gouttes, dans les cas d'inertie et d'épuisement de l'utérus, et que toujours il a réussi d'une manière tellement évidente et précise qu'il pouvait assurer le succès d'avance. 11 le préfère à l'ergot de seigle. Son action se concentre, dit-il, sur la matrice seule et ne se porte pas sur le cerveau. Il excite les douleurs ; rien de plus. Après la délivrance, on n'observe aucun phénomène qui puisse donner à penser que l'accouchement n'a pas été déterminé naturellement (V. Encycl, t. XIX). Quoique nous connaissions la tolérance remarquable des femmes enceintes (i) pour les opiacés, nous n'avons jamais eu la hardiesse de M. Levacher, et nous ne croyons pas que sa conduite ait été imitée sur le continent.
Nous employons souvent l'opium, et largement, mais dans d'autres conditions : nous ne l'opposerions à l'inertie que si elle était la conséquence d'une dépression nerveuse grave ou d'une forte hémorrhagie.
(1) M. Hycrnaux trouve dans la tolérance pour lopium un signe de grossesse.