‹ Cours d'accouchements professé à l'Université catholique de LouvainChapitre 34 sur 165 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

Si, par une des causes organiques que nous avons passées en revue, rachitisme ou ostéomalacie, les os pelviens n'ont pu acquérir, ou s'ils ont perdu, leur solidité naturelle, ils ne résisteront pas à rinfluence déformante des puissances mécaniques (i).

Ainsi, si Ton suppose le ramollissement uniforme et extrême, comme il Test parfois dans l'ostéomalacie, il arrivera que dans la station verticale, le promontoire se portera en avant et en bas, sous le poids du tronc, et les deux cavités cotyloïdes en arrière et en dedans, sous la résistance des fémurs. Ces déplacements seront suivis par les portions osseuses du voisinage et toute la partie supérieure du bassin se trouvera déformée.

L'individu est-il forcé, par le mal ou par sa profession, a se tenir habituellement assis, comme les fileuses des Flandres, Fangle sacro-vertébral tendra encore à se déplacer, le coccj'x et le sommet du sacrum se ramèneront en avant, et les ischions se rapprocheront sous la pression des fesses, ou sous le poids du tronc supporté alternativement par ces deux saillies ; le détroit inférieur se trouvera rétréci dans tous les sens. La femme dans ces conditions écrase, déforme et chiffonne son bassin en s'asseyant dessus.

Quand le ramollissement est plus prononcé d'un côté ou quand , par une cause quelconque , l'une des moitiés du bassin éprouve une pression plus forte que l'autre, on comprend que la déformation cessera d'être symétrique et qu'elle sera plus prononcée du côté qui a le plus souffert (pelvis obliqué compressa).

L*individu malade reste-t-il habituellement couché sur le dos, la saillie du promontoire et la courbure du sacrum tendent à s'effacer. Le décubitus est-il latéral, la tendance à la déformation du bassin est beaucoup moindre : elle est presque nulle.

La position horizontale est évidemment la plus favorable, puisqu'elle est la seule dans laquelle le bassin n'a à supporter que son propre poids. Lorsqu'une petite fille est atteinte de rachitisme, on ne doit donc ni la tenir debout, ni la laisser aiftise, ni la faire marcher avec des lisières, dans un chariot ou dans une cage en osier, comme on en a encore l'habitude dans certaines localités. Il importe cependant que l'enfant respire le bon air ; on la promènera donc à peu prés couchée en voiture.

hj Kclircr, pour (Studicr expérimentalement la production des différentes lUUttiu.tUtitt* (lu hnHHin sous Tinfiucnce des causes mécaniques, a débarassé t\t% i'fH«in« normaux, de leurs sels calcaires, en les traitant par Tacide chicrliy<lri<|U(f.

OU on la portera presque horizontalement, à l'anglaise ou dans une DidoHère,

Si la condition des parents ne leur permet pas ces soins délicats, on leur conseillera au moins de ne pas toujours porter leur enfant sur le même bras ; sans cette précaution, Tun des membres devient facilement cagneux, ce qui produit dans la suite une claudication dont l'influence est d'autant plus regrettable qu'elle s'exerce sur des os qui n'ont pas encore repris toute leur solidité.

On a dit que les brayers et les corsets pouvaient rétrécir le bassin par leur pression sur les hanches ou sur les muscles qui s'attachent à la crête iliaque (De Fremery, Hulshoff); mais cet effet ne porte que sur le grand bassin et il n'est jamais assez prononcé pour nuire aux fonctions puerpérales.

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