‹ Cours d'accouchements professé à l'Université catholique de LouvainChapitre 45 sur 165 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

i; Ion le

le cire

t la mesure ainsi obtenue, pour connaître la longueur illinictres d'après Velpcau ; M'« Boiviu et Capuron ; L?, d'après la plupart des les évaluations approximatives et lii^ncs n'a rien de (ixe : selon la longueur et la direction de la svmphysc; — selon i|uc les pubis sont plus ou moins èleves par rapport au piomuuioire — et. dans tous les cas, la dillerence csl d'autaiu plus considérable iiue le réirèeissemeiit est plus prononce, lû.nons nos assortions d'une démonstration fîrapliii.|ue,

La figure So représente 5 bassins et montre les variations de rapport entre la ligne sa cro- sou s- p u bi en n e et un diamètre sacro-pubien toujours supposé de I r centimètres, selon l'inclinaison . la longueur et la bailleur de la symphyse pubienne.

La tigurc 81 démontre que, la longueur et la direction de la symphyse pubienne restant les mêmes, l'écart entre le diamètre sacroyiil'icii et la ligne sijcro - sons -pubiencissement du bassin ilUmètres à plus de

vs.,u<-lHil\ lIc n7milUm,

DE LA PELVIMÉTRIE io3

C'est sans doute pour ne pas avoir tenu compte de toutes ces circonstances qui font varier le rapport entre les deux lignes, et s*étre fiés à des moyennes trompeuses, que beaucoup d auteurs ont été amenés à accorder à des machines, la confiance qu'ils retiraient au doigt. — Mais avec le doigt, dit-on, on n'arrive qu'à des à peu près ! Soit, mais cet à peu près, quand le doigt est exercé, suffit à tous les besoins de la pratique et, avec plus de prétentions à la précision, les instruments les plus perfecfectionnés n'arrivent pas plus près de l'exactitude.

Nous reviendrons, plus loin, sur la pelvimétrie digitale.

m® CLASSE. Pelvimètres mixtes.

i«r ORDRE. Le D*" Amand à modifié le compas de Baudelocque. Il commence par mesurer le bassin extérieurement — puis, introduisant la branche v dans le vagin, il prend d'abord l'épaisseur du sacrum, puis celle des pubis. Soustrayez les deux derniers chiffres obtenus du premier — et vous aurez les dimensions exactes du diamètre sacro-pubien. (Voir FIG. 82 p. 104).

N'était la difficulté de bien placer les branches sur le promontoire et l'apophyse épineuse du sacrum , le procédé de M. Amand serait parfait.

2« ORDRE. M«« Boivin mesurait la ligne sacro-prépubienne dont elle défalquait i3 à i5 millimètres. La branche interne de son instrument suivait la voie rectale pour atteindre le promontoire. Or, par le recrum, il est à peu près impossible de bien fixer la tige sur l'angle sacro-vertébral et, par conséquent, d'obtenir des renseignements qui méritent confiance.

3« ORDRE, Coutouly avait reconnu les inconvénients de son intro-pelvimètre, aussi le modifia-t-il en ne portant plus qu'une branche dans le vagin, contre le promontoire, tandis qu'il appliquait l'autre à l'extérieur contre les pubis. Il mesurait ainsi la ligne sacro-prépubienne dont il défalquait 14 millimètres. S'il avait pris ensuite directement l'épaisseur de la symphyse pubienne, au lieu de la supposer toujours la même, sa méthode aurait valu à peu près celles qui nous restent à examiner.

Fig. 82.

Fig. 83

Fig. 84.

Fig. 85.

DE LA PELVIMÈTRIE Io5

Les pelvimètres de Wellenberg (FIG. 83), de Van Huevel (FIG. 84), de Rizzoli, de Wasseige (FIG. 85) (i) et le nôtre mesurent i° la ligne sacro-prépubienne et 2^. Tépaisseur de la symphyse des pubis, qu'on déduit de la première dimension obtenue. Pour se servir de Imstrument de Van Huevel :

10 On couche la femme en travers d'un lit ;

29 On rend les deux branches du pelvimètre mobiles ;

3^ On introduit deux ou trois doigts de la main gauche qui vont à la recherche du promontoire ;

40 Sous ces doigts, on fait pénétrer la branche vaginale jusque contre l'angle sacro-vertébral, où elle doit être maintenue par les doigts, en même temps que le pouce gauche, engagé dans le crochet, lui donne plus de fixité.

5<> La main droite applique alors la branche externe, mollement, sur le point du pénil préalablement marqué à l'encre et correspondant au haut de la symphyse pubienne.

11 ne reste qu'à fixer les deux branches ensemble au moyen du petit levier qui se trouve sur l'externe.

En faisant ensuite basculer le tout, de manière que la branche interne abandonne le promontoire, on retire Tinstrument et on mesure l'écartement de ses deux extrémités , qui représente la ligne sacro-prépubienne. Voilà le premier temps.

Pour le second : 1° on rend de nouveau les branches mobiles ;

2^ On introduit l'indicateur et le médius gauches derrière les pubis et, au-devant d'eux, la branche vaginale dans l'anneau de laquelle le petit doigt est engagé.

3<> L'extrémité de la branche interne étant contre la partie supérieure de la symphyse, l'externe s'applique sur le point noir du pénil ; puis elle est fixée sur l'autre, ut suprà.

40 Mais pour retirer l'instrument, il faut dévisser la partie supérieure de la branche externe, que l'on revisse lorsque la branche interne est ramenée au-dehors. La distance qui sépare les deux bouts du pelvimètre donne l'épaisseur de la symphyse pubienne, à déduire de la première dimension obtenue.

Le pelvimètre de Van Huevel passe, à bon droit, pour le modèle du genre et sa supériorité l'a fait adopter par la majorité des praticiens. Est-il parfait? Nos lectures et nos études pratiques nous empêchent d'être de cet avis. En effet, il est impossible de lire un grand nombre de relations d'opérations obstétricales

(i) Bulletin de l'acad. royale de méd. de Belgique, 1877.

io6 DIFFICULTKS PROVENANT DU CANAL A PARCOURIR

sans le surprendre ça et là en flagrant délit de fausse mesure. Sans doute, on peut se servir maladroitement d'un outil excellent et toute mensuration mal faite ne prouve pas nécessairement que l'instrument employé ne fût mauvais, mais lorsqu'un pelvimètre fournit des indications peu précises ou gravement erronnées, alors même qu'il est tenu par les mains les plus habiles et les plus expérimentées, il n'y a plus qu'à condamner l'instrument et à en chercher un autre sur lequel on puisse plus sûrement compter. Nous ne pouvons pas rapporter ici tous les exemples d'erreur que nous connaissons ; nous nous bornerons à en citer deux auxquels l'autorité et l'habileté des opérateurs donnent une signification plus considérable.

Pajot (i) mesure à ditférentcs reprises le bassin d'une femme contrefaite et trouve, à chaque mensuration, 65 millimètres pour le diamètre sacro-pubien : l'autopsie, quelques jours plus tard, démontre que ce diamètre n'a, en réalité, que 5 centimètres ; erreur d'appréciation : i i 2 centimètres.

Dans une observation de Stoltz (2), le diamètre sacro-pubien, mesuré extérieurement, est évalué de 81 à 94 millimètres; mesuré intérieurement, avec le pelvimètre de Van Huevel, il est estimé de 74 millimètres. Deux jours plus tard une nouvelle mensuration donne 81 millimètres. Enrin, à l'autopsie on trouve que le diamètre sacro-pubien est de 5 centimètres. Malgré tous les soins, voici donc le premier praticien de France qui se trompe une fois de 2 et l'autre fois de 3 centimètres!

Ces erreurs, dont les exemples pullulent, ont leur enseignement et ne peuvent s'expliquer que par les imperfections de l'instrument. Sa lame vaginale longue, étroite, lisse et arrondie, est par sa forme même très-exposée à glisser , et elle glisse au moindre ertbrt, au-dessus, au-dessous ou à coté de l'angle saillant du sacrum : le pouce engagé dans le crochet dont elle est munie ne suffit pas à assurer le rapport hxe, indispensable, entre les deux surfaces, convexes et glissantes, du promontoire et de l'instrument. En outre , tandis qu'une main s'efforce de maintenir la branche introduite, l'autre est obligée de tâtonner , d'abord pour amener la branche extérieure en contact avec la marque faite aux pubis, ensuite pour lixer au moyen d'un levier les deux branches ensemble. Or, les mouvements imprimés à la branche extérieure se communiquent nécessairement à l'autre et viennent

(11 De la ccp/ialotrifsic rcpctcc, p. 4?, ï'aris iSG3.

(2) Lai'th. De iembryothlasie. Strasbourg iSr)j. p. 184.

DE LA PELVIMETRIE

augmenter encore les chances d'un déplacement déjà difficile à éviter (i).

Ces inconvénients se retrouvent au second temps de Fopération comme au premier, et tous les praticiens les auront observés comme nous.

^'S- ^* Le pelvimétre que nous avons fait con-

struire (2), présente sur celui de Van Huevel des avantages importants qu'on nous permettra de faire ressortir. Il est moins compliqué et par conséquent moins malaisé à manier et moins sujet à se détraquer. Il est aussi moins coûteux, mais ce qui fait son principal mérite c'est qu'il peut être maintenu en place sans effort et sans difficulté, et que n'étant pas exposé à glisser, il ne peut pas donner de fausses me- ^^ sures.

1 HB II a la forme d'un V largement ouvert,

I hH (FIG. 86). Sa branche externe, longue de 12

/ l wB centimètres , se compose d'une forte pince à

/ ^ ^g coulant montée, sur une lame d'acier, et s'arti-

culant, sous un angle de 45°, avec la branche vaginale.

Celle-ci est longue de 20 centimètres. A quelques centimètres de l'angle qu'elle forme sur la branche externe, elle se tord sur son axe, se place de champ et se dépolit pour offrir une prise solide à Tindex et au médius entre lesquels elle doit être saisie. Elle se termine par une spatule dépolie, longue de 41/2 centimètres large de 3 et légèrement concave, sur la face qui correspond à Tos.

Pour compléter l'instrument, on prend une demi-feuille de papier à lettre, on la replie sept ou huit fois sur elle-même dans le sens de sa longueur, et de deux coups de ciseaux on la taille en pointe. Une lame de carton, de plomb ou de baleine rendrait les mêmes services.

L'îattnuneiit est repriwaté, r^lié poux £tre mis en pocoe, i/a denr natarella.

gran-

(1) Voir note page 108.

(2) Nouveau pelvimétre du D' Eug. Hubert. (Voir Bulletin de Tacad. roycle de méd. de Belgique 1871, t. IV 3* série n® 10) — et note sur la pelvimétrie (Bulletin de Vaccad. 3« série, t. XI, n® 9.)

MODE D'EMPLOI, i" Mensuration de la ligne sacro-pubienne. Avant d'entreprendre la pelvimétrie, je marque d'une tache noire le point qui correspond à la partie la plus élevée de la face antérieure des pubis. Cela fait, je saisis la partie de champ de la lame vaginale entre l'index et le médius droits de façon à abriter la spalule sous leur face

Fig. 86.

ilmaire. Ces doigts vont alors à la recherche du promontoire et, dès qu'ils l'ont atteint, de la main gauche je pousse l'instrument plus avant jusqu'à ce que la spatule se trouve sous l'extrémité de ces doigts et solidement fixée entre eux et l'os (FIG. 86). A ce moment un aide pose la pointe de la lame de papier sur la tache faite au pénil et engage son autre extrémité entre les mors de la pince que je tiens de la main gauche et que Ije referme aussitôt.

Cl) «Quand bien même.

dit M. Hyernauï (Discussion sur la pclvimftric. acad.

de méd.) la lame du pclvimètre de Van Huevcl.

que le poini

I d'où I

rien le résultai, n Nous croyons, au contraire, que pour

qui sépare deux points , la

Eremicre condition est de ien appliquer l'outil de mesurage. ou les pointes du compas, sur les deux points en question. Les fipircs (ftj et 88) montrent les erreurs que l'on

centimètres au-dessus ou audessous du promontoire, dans un bassin régulier et dans un bassin rachitique, tiré de lAllas de M. Pinard. Nous pourrions montrer qu'à plisser D co'ri' de l'angle vertébral, aussi bien qua glisser au-iirs-

rerail fort mal.

DE LA PELVIMÈTRIE

Pour retirer l'instrument, je le lais basculer en avant, en l'attirant doucement vers moi, et l'espace qui sépare la pointe du papier du sommet de la spatule me donne la mesure exacte de la ligne sacro-prépubienne. Pour connaître le diamètre sacropubien, j'ai à défalquer de la ligne obtenue, l'épaisseur de la paroi antérieure du bassin que je vais rechercher dans le second temps de l'opération.

f 'g- 89. 20 Mensuration de l'épaisseur

de la paroi antérieure du bassin, DeUK doigts guident la spatule dans le vagin et vont maintenir son sommet contre la panie supérieure des os pubiens ; l'aide remet le papier en contact avec le point noir des pubis .et la pince fixe, comme tantôt, le rapport obtenu {FIG. 89). Pour retirer l'instrument, je fais un pli au papier que je redresse ensuite pour mesurer entre la spatule et la pointe l'espace qui correspond exactement à l'épaisseur des parties molles et osseuses. Les parties molles qui revêtent les pubis n'ayant pas été plus comprimées dans le deuxième temps que dans le premier, il n'y a pas — quoiqu'en ait dit le rapport de M. Pigeolet, — de cause d'erreur possible.

Je pourrais démontrer (i) que grâce à sa simplicité, à la facilité de son maniement et, surtout, à sa fixité, mon pelvimètre est le meilleur des pelvimètres et je le ferais — si je n'avais pas la conviction que pour acquérir une idée exacte et complète d'un bassin donné, rien ne surpasse l'exploration par le doigt.

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