I. AU POINT DE VUE DE L'APPLICATION
Les difficultés de l'application peuvent se rattacher : à Tinstrument lui-même ; — à la situation de la tête de l'enfant ; — à l'état des parties molles de la mère ; — à la conformation du bassin.
. A) Difficultés venant de Vinstrument,
I® Les cuillers du forceps-scie ont 5o millimètres de largeur (0; la branche protectrice du transforateur n'en a que 32 : —
(0 Cette largeur ne peut être diminuée sans inconvénients : une dimi- "Wion notable, comme celle proposée par M. Didot, expose rinstrument : ' a mal embrasser la tête et à glisser, 2® à entamer l'angle sacro-vertébral quand il est saiUant.
Entre les cuillers du forceps-scie on mesure 7 5 millimètres ; Tare du transforateur en présente 72.
2° Les deux branches du forceps-scie doivent toujours être placées très-exactement en regard Tune de l'autre pour pouvoir être articulées et permettre à la scie un jeu régulier. La branche protectrice du transforateur peut être introduite et laissée dans un point quelconque du bassin, car le térébellum, une fois dans le crâne, y jouit d'une mobilité telle que Tarticulation n'offre jamais la moindre difficulté.
B) Difficultés venant de la situation de la tête.
1° Elévation et mobilité. Lorsque le forceps-scie est indiqué , la tête est souvent retenue fort haut par le vice du bassin et elle est très-mobile. On a donc à surmonter toutes les difficultés d'une application de forceps au-dessus du détroit supérieur ; or , même dans un bassin normal , cette opération est assez hasardeuse pour que P. Dubois et Chailly lui préfèrent la version avec ses dangers. La perforation simple n'exige pas autant de dextérité et la perforation de la voûte faite, la mobilité de la tête, loin de gêner, facilite le placement de la branche protectrice. Si l'espace manquait on écarterait même la tête momentanément car, embrochée comme elle est, elle ne peut plus échapper à l'instrument qui d'ailleurs la ramènerait au centre du bassin si elle n'y revenait pas spontanément.
Ainsi donc : ni la manche du perforateur qu'on reporte où \on veut, ni la tête de l'enfant qu'on écarte autant que ïon veut, ne peuvent faire obstacle au passage d'une cuiller étroite qu'on insinue et qu'on laisse où l'on veut.
2*^ Déviation de la tête. Dans les vices considérables du bassin, la saillie du promontoire et du rachis repoussent souvent la tête fort en avant, au<lessus des pubis, ou de côté, vers une fosse iliaque. Dans les deux cas cette déviation rend l'application d'un forceps quelconque toujours difficile et souvent impossible. De plus, la tête irrégulièrement saisie échappe facilement à l'instrument. La difficulté résultant de la déviation est moins sérieuse pour le transforateur, car si le térébellum atteint le crâne, la branche protectrice se placera d'autant plus facilement que la déviation laisse plus d'espace vide au détroit supérieur. La tête diminuée de volume par l'évacuation du cerveau et par
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les perforations se ramènera ensuile peu à peu vers le centre du bassin et s'y engagera (FIG. i3o et i3i). Fig. i3o.
Les branches du forceps-scie doivent être portées très-haut « fortement ramenées en avant pour dépasser la base du crâne, *t un membre ou le tronc peuvent gêner ou empêcher leur tension ou leur transport vers le point voulu du bassin.
La branche protectrice du transfora te ur n'ayant point de f'^Kt'préfixe, on peut lui faire éviter ou contourner les obstacles.
Elle pourrait à la rigueur être laissée sur un membre que le térébellum traverserait aussi facilement que la tête et sans plus de danger pour la mère.
C) Difficultés venant des parties molles.
Un spasme de l'utérus ou de son segment inférieur peut être porté assez loin pour gêner, ou même pour empêcher tout à fait, l'application du forceps-scie. Cet état tétanique réclame toujours les mêmes soins, quelque soit le procédé d'embryotomie mis en usage , mais il est évident qu'une seule lame, étroite comme celle du transforateur, s'introduira toujours plus aisément que les deux branches d'un instrument symétrique comme le forceps-scie. En fait, le transforateur a été placé dans des cols qui ne présentaient pas plus de 5 centimètres de diamètre (obs. 37).
D) Difficultés venant de la conformation du bassin.
lo Un bassin symétrique (pelvis compressa, bassin en huit de chiffre) qui permet l'application régulière des deux branches du forceps-scie permettra à plus forte raison l'application d'une seule branche d'un instrument plus étroit.
2^ Dans des bassins asymétriques^ tels que le bassin de
Naegelé, certains bassins rachitiques et ostéomalaciques, et d'autres
bassins encore rendus irréguliers par des tumeurs osseuses, si la
première branche du forceps-scie s'introduit parfois aisément, il
\|1 ne faut pas toujours que le vice soit porté très-loin pour que
î 11 l'introduction de la seconde soit impossible. Qu'on nous permette
une comparaison : le forceps-scie est une excellente clef, mais 5'^ elle ne va que sur certaines serrures — tandis que le transfo-
']|i ratcur est un passe-partout. En réalité nous ne connaissons
pas de bassin où sa branche protectrice ne puisse pas pénétrer
t| de quelque côté. Il se peut qu'il faille la porter d'abord du
îi«l c()Xé le plus large, mais s'il faut la ramener ensuite du côté
"i rétréci, la mutation sera facile parce que la cuiller ne doit pas
«voir une direction rigoureusement déterminée ; parce qu'elle écarte iui besoin la tête et enfin parce qu'elle est mince et étroite. Mon pcrc l'a introduite sans difficulté dans un espace sacro-cotyloidien ilc 35 cl dans un autre de 25 millimètres seulement (V. obs. 7,1 5). Dans les bassins en cœur de carte à jouer, pour peu que II! forceps glisse en arrière, et c'est vers là qu'il se porte natu-
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rellement, Tangle sacro-vertébral, fortement proéminent, peut se trouver compris dans le champ de la scie.
EN RÉSUMÉ : pour Vapplication du transforateur toute la difficulté se réduit à faire une perforation simple, — tandis que, pour le forceps-scie : la largeur des cuillers ; la nécessité absolue de les placer très-exactement dans un diamètre donné ; Télévation, la mobilité ou la déviation de la tête ; le resserrement spasmodique de Tutérus ; le degré d'angustie et surtout certaines formes du bassin peuvent constituer, isolément ou concurremment, des obstacles difficiles ou impossibles à surmonter, même pour les praticiens les plus experts.