‹ Cours d'accouchements professé à l'Université catholique de LouvainChapitre 85 sur 165 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

composent de deux branches symétriques qui doivent trouver à se placer très-exactement en face Tune de l'autre. D'autres difficultés viennent de Tinclinaison exagérée du détroit supérieur qui empêche les cuillers detre ramenées assez en avant; de Télévation de la tête qui ne s'engage pas ; de sa déviation ; de sa mobilité ; de la fréquence des contractions utérines ; de la présence du tronc dans le bassin. En outre si la tête ne pèse pas ou appuie mal sur le col, la dilatation de cet organe tarde ou reste insuffisante et les difficultés de l'opération s'en trouvent accrues, parce que cette tête élevée, mobile ou déviée, c'est à travers un col peu dilaté qu'il la faut aller saisir. Et encore la faut-il saisir convenablement, vers son axe et de manière que les cuillers dépassent sa base, sinon section et broiement restent insuffisants.

Les difficultés spéciales au céphalotribe viennent de sa forme. Car si ces cuillers sont plus étroites que celles du forceps-scie, par contre, elles sont plus épaisses et leur face interne est moins plane. Leur courbure céphalique étant nulle, elles reçoivent le crâne dans un angle aigu et s'adaptent mal à sa convexité ; outre cela, leur étroitesse les expose à abandonner la tête ou à n*en plus saisir qu'un segment insuffisant, soit au moment où on les articule, soit lorsqu'on serre la vis de pression.

Parmi les causes qui peuvent se joindre à l'étroitesse du bassin et à la forme du céphalotribe pour rendre son application difficile, M. Lauth signale encore le décollement du cuir chevelu et la saillie des os au pourtour de la perforation faite à la voûte du crâne.

Les complications peuvent se présenter isolément et une à une, mais elles peuvent aussi se réunir en grand nombre à la fois et il faut lire les observations des cas laborieux, rapportées par MM. Lauth et Guéniot et empruntées à des hommes tels que Crédé, Stoltz , Dubois, Klein, Pajot, etc., pour se faire une idée des difficultés que le céphalotribe peut rencontrer même dans des bassins peu viciés et lorsqu'il est tenu par les mains les plus habiles (i). En présence de ces faits nous ne comprenons pas l'enthousiasme des praticiens français et allemands pour le céphalotribe et leur indifférence ou leur dédain pour le forceps-scie.

On n'a pas le droit, dit Joulin, de se montrer indifférent pour une opération qui sacrifie moins de malades que celle

(1) Lobt. 167 de M. Lauth est surtout instructive : après 6 tentatives ilu cc^phiilotripnic, Pajot est forcé d'en venir à la version — et le bassin moiuro au moins 8a millimètres 1

EL

DE LA TRANSFORATION

qu on a Fhabitude de pratiquer : la routine en pareil cas devient de rinhumanité.

Sans nous laisser entraîner par lenthousiasme de M. La do s, qui acclame le forceps-scie comme le meilleur des embryotomes passés, présents et même futurs, nous croyons être en droit d'affirmer que, pour qui veut peser sans parti pris les faits relatés par MM. Van Huevel, Simon, Marinus, Hyernaux d'une part, et MM. Lauth et Guéniot d'autre part, le choix entre les deux instruments ne saurait être un instant douteux. S'il est permis de classer les méthodes d'après les résultats pratiques qu'elles fournissent, la supériorité du sciage sur le broiement du crâne est bien évidente et dans les vices extrêmes du bassin, c'est-à-dire dans les cas les plus difficiles, la comparaison des résultats devient écrasante pour le céphalotribe : dans les bassins de 65 millimètres au plus, le céphalotribe compte 54 morts pour cent — le forceps-scie 18 — et le transforateur 1 1 seulement.

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