‹ Cours d'accouchements professé à l'Université catholique de LouvainChapitre 9 sur 165 · EXCITANTS DES FORCES UTÉRINES · texte numérisé non relu

EXCITANTS DES FORCES UTÉRINES

d'autres sont généraux : le vin, les alcooliques; — d autres sont locaux : réiectricité, les frictions de Tutérus ou du col, la rupture des membranes ; — d'autres, enfin, sont spéciaux : exemples, Tergot de seigle, le borax, etc. Avant de se décider à employer un de ces moyens, le praticien doit toujours se demander si c'est bien la force expultrice qui se trouve en de'faut et s'il n'y a aucun danger , soit pour la mère soit pour l'enfant , à exciter cette puissance.

EXCITANTS DIVERS. Des excitants de toute espèce, les teintures , les extraits alcooliques , le vin chaud , les purgatifs , les vomitifs, les sternutatoires, etc.... ont été employés pour renforcer ou rappeler les douleurs affaiblies ou suspendues de l'accouchement. Ces moyens tantôt n'atteignent pas le but, tantôt le dépassent et causent des accidents.

SÉNÉ. Velpeau pense que les *demi-lavements de séné, déjà employés par Mauriceau, peuvent être utiles contre l'inertie. M or eau les a essayés et y avait complètement renoncé : on y revient aujourd'hui. Les graines du bursa pastoris, déjà recommandées par Mesnard, sont-elles plus efficaces?

BORAX. Sal uterinum. Les anciens attribuaient au borax des propriétés oxytociques et quelques praticiens allemands lui accordent encore une certaine confiance.

UVA-URSI Raisin d'ours. On a conseillé (Ga^, méd, de Paris i858, p, 514) les feuilles d'uva-ursi à la dose d'un gramme, d'heure en heure, dans une tasse d'eau bouillante édulcorée. Elles donnent un thé agréable (i).

On peut aussi faire infuser 16 grammes de ces feuilles dans un litre d'eau, pendant une heure, et donner l'infusion par demitasses toutes les demi-heures.

D'après ceux qui le préconisent, ce médicament aurait les avantages de l'ergot de seigle sans en offrir les inconvénients. Nous l'avons essayé deux fois sans aucun résultat.

FOIE D'ANGUILLE. Van Helmont a conseillé : « jecur , simul cum felle, anguillae, siccatum, pulverisatumque in vino epotum, ad magnitudinem avellanae. » Il affirme que, dans les ac-

{\) On doit s'assurer si les feuilles d'uva-ursi ne sont pas mélangées avec des feuilles du Vaccinium vitis idea et du buis*

couchements difficiles et durant depuis quelques jours déjà, il a vu plus de 200 fois ce remède agir et délivrer promptement les femmes en une demi-heure au plus ! Il s' est cru obligé en conscience, de faire connaître au monde ce moyen si précieux , vrai présent du ciel, « donum Dei (i). »

La fameuse poudre des capucins, pulvis capucinorum ad partum, employée au siècle dernier en Allemagne, se composait d'une partie de borax sur deux parties de foie d'anguille.

TARTRE STIBÏÉ. Astruc recommande déjà Témétique dans l'inertie utérine : « la sage-femme, écrit-il, pourra, quand elle le jugera à propos, fortifier les effors de la matrice et de l'enfant, en faisant éiernuer ou vomir la femme en travail par des sternutatoires ou des émétiques, ou en lui donnant de fortes épreintes par des lavements irritants (2). » C'est l'effet mécanique, ou la secousse produite par Féternuement et le vomissement, qu'il semble rechercher. Mais l'émétique jouirait d'autres propriétés : d'après MM. Gentillon et Bourdon, il excite la contraction des fibres transversales et longitudinales de l'utérus et favorise ainsi l'ouverture du col. Les contractions déterminées par l'émétique sont semblables aux contractions physiologiques, et intermittentes comme elles. Le tartre renforce les douleurs, mais sans les rendre excessives; « il relâche, dit Parker, les muscles, tant volontaires qu'involontaires, qui offrent de la résistance aux douleurs, c'est-à-dire qu'il détruit la rigidité du col et du périnée; il excite la sécrétion vaginale et ramollit le vagin et le col ; il dispose donc tout pour que l'accouchement soit prompt et facile : stimulation de l'utérus, douleurs alternantes régulières, absence de spasmes, relâchement, assouplissement, lubréfaction du col , du vagin et du périnée. Il semble pourvoir à tout sans violence ni brusquerie aussi, comme le fait remarquer Young, on peut l'employer sans crainte dès le début du travail, parce que, s'il en précipite les phases, il en maintient l'ordre de succession naturel : il ne compromet ni la femme ni l'entant et ne produirait ni vomissement ni hyposthénisation. Il jouirait donc d'une supériorité incontestable sur l'ergot de seigle qui ne supplée, comme nous le verrons plus loin , à l'action normale de l'utérus , qu'en déterminant une contraction permanente, tétanique et violente, bien

(1) Réga. de sympathia.

(a) Astruc. L'art d'accoucher réduit à ses principes. Paris 1768, pp. 139, i55.

DE L'ERGOT DE SEIGLE l5

différente du jeu alternatif de la contractilité normale; qui ne dilate point le col et qui n'assouplit pas les parties molles. »

Nous avons vu maintes fois la dilatation du col se faire tout-à-coup, à la suite d'un vomissement spontané et, chez une dame traitée de pneumonie par le tartre stibié, nous avons été frappé de la flaccidité du col et du segment inférieur de la matrice. D'autre part le D^ Chapman, rien qu'en dilatant le col, a fait cesser, dans certains cas, les vomissements incoercibles de la grossesse. Il paraît donc exister entre le vomissement et l'état du col, des rapports qui n'ont pas encore été suffisamment étudiés.

D'après M. Gentillon, le tartre pourrait aussi lutter d'efficacité avec l'ergot , dans le traitement de l'hémorrhagie après Taccouchement : lo centigrammes dans 120 grammes d'eau, donnés par cuillerées à café de 10 en 10 minutes , provoqueraient des nausées, amèneraient aussitôt la contraction utérine et mettraient fin à la perte de sang.

L'émétique se donne de préférence en lavement, à la dose de 5 à i5 centigrammes dans 180 à 200 grammes d'eau. A fortes doses (80 centigrammes dans 25o grammes d'eau) Hureau se croit fondé « à regarder l'action de l'émétique comme beaucoup « plus certaine et plus puissante que celle du seigle ergoté : les « contractions qu'il détermine sont si énergiques, si violentes, qu'il « semble que les efforts d'expulsion vont tout rompre. » Mais qui peut se croire autorisé à provoquer des contraaions à tout rompre ?

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