HÉMIPLÉGIE FACIALE
puisqu'il n'existait aucune espèce d'accident : trois j'omis plus tard la guérîson était complète. Dans un autre, les parents nous disaient : les choses restent toujours au même point ; depuis plus d'un mois nous n'avons rien gagné et cela nous inquiète beaucoup. Nous leur citâmes le fait précédent, et quelques jours plus tard, la mère, assistant à la toilette de son enfant, fut agréablement surprise de voir que la tumeur sanguine avait complètement disparu, ne laissant qu'une légère protubérance à sa place.
Nous croyons donc qu'il ne faut nullement se presser de recourir au séton, proposé par Paletta et Moscati, ni à l'incision conseillée par beaucoup d'autres (i), ni même à l'appli. cation d'une couche mince de potasse caustique, comme le faisait Gœlis, dans le but de déterminer une irritation superficielle et une suppuration légère. Aussi longtemps qu'il n'existe pas d'accidents, et le plus souvent il n'en survient pas, on doit se borner aux applications résolutives. Des compresses imbibées d'eau-de-vie nous ont suffi dans tous les cas que nous avons observés et nous croyons que souvent on pourrait même se dispenser d'y recourir.
Si une incision devenait nécessaire et si, le foyer étant vidé, le sang continuait à couler, il faudrait, dit-on, chercher les vaisseaux et les lier ou les tordre ; mais des boulettes de charpie imbibées de perchlorure de fer ou de liqueur de Pagliari et une légère compression, à laquelle la région se prête si bien, suffiraient sans doute pour arrêter la perte.
Dans les cas ordinaires, quelques brins de charpie dans la la plaie, un plumasseau, une compresse maintenue par une bande ou par un serre-tête, constituent tout le pansement. La guérison est complète en 8, i5 ou 20 jours au plus.
Hémiplégie faciale.
L'application du forceps donne parfois lieu à la paralysie de la septième paire des nerfs crâniens.
Cet accident, longtemps attribué à la compression du cerveau, a été rattaché pour la première fois à sa véritable cause par P. Dubois. L'hémiplégie a pour résultat de rompre l'équifibre
(1) Le Professeur Stoltz a pour pratique habituelle d'inciser la tumeur et il ma affirmé n'avoir Jamais eu d'accident à déplorer. Cela prouve au moins que l'opération est bénigne.
4y2 NOUVEAU-NÉ SOUFFRANT, PARALYSÉ
qui existe naturellement entre les deux moitiés de la face. Aussi longtemps que l'enfant est paisible, on n'observe presque rien d'anormal, mais s'il vient à crier, la bouche se dévie fortement du côté sain , la narine du même côté se dilate plus que l'autre et, ce qui rend la grimace encore plus singulière, c'est que l'œil correspondant à la paralysie reste ouvert, pendant que l'autre se ferme comme chez tout enfant qui crie : il pleure d'un œil et rit de l'autre. Ces phénomènes s'expliquent aisément : 1° La bouche est entraînée du côté des muscles sains, parce que ceux-ci n'ont plus d'antagonisme dans leurs homologues paralysés.
20 L'œil du côté malade reste ouvert, parce que le rameau orbitaire qui devrait fermer les paupières est paralysé.
Avec le calme^ reparaît l'expression habituelle et la symétrie du visage.
La succion est difficile, mais encore possible dans la grande majorité des cas. Nous avons observé un cas de paralysie après un accouchement spontané, à travers un bassin de 7 centimètres.
Dans tous les faits cités par Landouzy, et dans tous ceux qu'il nous a été donné d'observer, la guérison a été spontanée. Elle survient souvent au bout de 2 ou 3 jours ; quelquefois cependant elle tarde davantage et demande 3 à 6 semaines au maximum. On peut donc s'abstenir de toute médication et se borner à rassurer la famille.
Paralysie incomplète d'un bras.
Lorsqu'une épaule a été fortement comprimée contre le bassin, ou lorsqu'on a dû porter les doigts dans l'aisselle et tirer dessus avec énergie pour extraire le tronc, il arrive parfois que l'enfant naît avec un membre frappé d'une paralysie comparable à l'hémiplégie faciale, du moins au point de vue de son étiologie et de son pronostic.
D'après ce que nous avons vu, cette paralysie est plus lente à se dissiper que celle de la septième paire. Chez un enfant pour lequel nous avons été appelé à Anvers, elle persistait et s'accompagnait de l'atrophie du membre quand une autre maladie amena la mort au lo^ mois : on avait essayé vainement les frictions stimulantes, les rubéfiants, les vésicants et la pommade à la strychnine.