DEUX PREMIERS MOIS
a) Phénomènes subjectifs.
Suppression, ou tout au moins diminution, des règles. — Picotements, tension des mamelles. — Troubles sympathiques divers. — Quelquefois urines fréquentes et constipation.
a) Ut supra. — La suppression des règles est plus constante.
b) Phénomènes objectifs.
Ventre plat. — Utérus un peu abaissé , un peu plus gros , un peu plus pesant. — Muqueuse du museau de tanche boursoufflée. — A partir du second mois jusqu'au neuvième , kyestéïne dans les urines et coloration bleuâtre du vagin.
3e ET 4e MOIS.
b) Hypogastre saillant. — Fond de l'utérus de 3 à 7 cent, au-dessus des pubis. — Son col remonte et s'assouplit un peu de bas en haut. — Les seins se développent et leur aréole se fonce et s'élargit.
a) Suppression des règles. — Diminution des phénomènes sympathiques. — Mouvements vermiculaires d'abord , puis petits chocs.
5e ET 6e MOIS.
b) Tumeur hypogastrique , mate , dépressible, sourdement fluctuante, dont le fond s'élève progressivement de 8 cent, au-dessous, jusqu'au niveau de l'ombilic. Dans cette tumeur on reconnaît de petites parties dures , très-mobiles sous la main et souvent très-mobiles par elles-mêmes. — Chocs perceptibles à la main ou à l'oreille. — Bruit de souffle, bruits du cœur. — Col ramolli dans son tiers inférieur , entr'ouvert , admettant le bout du doigt chez les pluripares. — Pouls vaginal. — Fœtus léger sur le doigt, ballottant trés-aisément. — Aréole du mamelon plus large, plus foncée; papilles plus développées.
— Apparition d'une seconde aréole.
DE LA GROSSESSE
7^ ET 8e MOIS.
a) Mouvements plus forts. — Soulèvements partiels , borne's à quelques points des parois utérines.
b) Ombilic saillant ; vergetures du ventre ; fond de l'utérus plus ou moins élevé au-dessus du nombril. — Parties accessibles du fœtus plus larges , plus fixes, moins éloignées des parois utérines ou les touchant dans une plus grande étendue. Les saillies anguleuses des membres restent cependant toujours assez mobiles. — Col ramolli dans ses deux tiers inférieurs, et, partant, perméable au doigt chez les pluripares. — Partie accessible du fœtus plus large , plus pesante et moins mobile sous l'impulsion du doigt.
81/2 ET 9e MOIS.
a) Epigastre plus libre. — Urines plus fréquentes. — Contractions indolores plus évidentes.
b) Fond de l'utérus un peu abaissé et plus porté en avant. — Les mouvements consistent plutôt en soulèvements qu'en chocs. — Les parois utérines ont perdu leur dépressibilité à peu près partout , sauf dans les points qui correspondent au creux abdominal du fœtus.
— Col à peu près complètement ramolli et , chez les multipares , complètement perméable. — Fœtus engagé dans le détroit supérieur, — encore susceptible de soulèvement, mais non de ballottement.
Diagnostic de la Grossesse gémellaire.
L'utérus qui renferme deux enfants est plus large et plus développé que celui qui n'en contient qu'un seul et il est parfois bilobé. Les distensions et les compressions qui résultent du développement de ce fruit à deux loges, seront donc plus marquées
DE LA GROSSESSE
que dans la grossesse simple et les troubles digestifs et circulatoires tels que vomissements, œdème, varices, etc., plus prononcés.
Les mouvements actifs sont plus nombreux et se font sentir en plusieurs endroits à la fois ; mais vers la fin de la gestation ils deviennent plus obscurs , les fœtus se gênant mutuellement.
Le ballottement est moins constant et plus obscur : moins constant parce que les jumeaux peuvent s'empêcher réciproquement de correspondre à l'entrée du bassin ; plus obscur , parce que la présence de l'un s'oppose plus ou moins aux mouvements que l'on veut imprimer à l'autre. Lorsque , au contraire , le volume de l'utérus dépend de Thydramnios , le ballottement est très-sensible , très-manifeste (Beaudelocque).
En palpant l'utérus avec soin, on reconnait en deux points, deux tumeurs volumineuses qui font l'effet de têtes , de pelvis , ou d'une tête et d'un pelvis. Cela peut se rencontrer aussi dans le cas de présentation transversale d'un fœtus unique, mais alors le toucher constate que le détroit supérieur est vide, tandis que, dans la grossesse gémellaire, il est souvent occupé par une troisième tumeur , céphalique ou pelvienne.
Enfin , si l'auscultation fait découvrir deux summums d'intensité de bruits cardiaques, non isochrones , il n'y a plus de place pour le doute.
Ce qui induit souvent en erreur , c'est l'excès de volume, apparent ou réel, du ventre. Or, voici les principales circonstances qui peuvent donner lieu à cet excès de volume :
1° Uhjydramnios. L'utérus est gros, globuleux, tendu et le siège d'une fluctuation évidente. Habituellement la femme est chétive , affaiblie. Le fœtus est très-mobile sous la main , tant au palper qu'au toucher.
2° La présentatio7i vicieuse du fœtus. L'utérus est large et déformé. On sent, vers l'une des fosses iliaques et vers le flanc opposé, deux tumeurs , tandis que le fond de la matrice est déprimé ; le détroit supérieur est vide ; le fœtus est inaccessible par le toucher et le ballottement impossible.
3° Un vice du bassin peut forcer l'utérus à se développer tout entier dans l'abdomen ; mais alors tout l'organe est plus élevé , le col est très-haut , difficile à atteindre , et le ventre n'est pas plus large, ni réellement plus gros, que de coutume.
4° L'excès d'obliquité antéy-ieure. Dans ce cas le ventre est en besace , le viscère ne présente aucun excès de largeur et son fond est plus bas, plus en avant que d'ordinaire. Couchez la femme et redressez l'utérus pour faire disparaître la cause de l'erreur.