MECANISME DE L'ACCOUCHEMENT DANS LES PRÉSENTATIONS DU SOMMET
Position occipito-cotyloîdienne gauche = O. C. G.
Au début du travail, le dos de l'enfant est tourné obliquement en avant et à gauche et le rachis est plus ou moins infléchi, de sorte que le pelvis se trouve en haut et à droite. La tête correspond généralement au détroit supérieur, en état de demi-flexion, de manière que son diamètre occipito-frontal se trouve dans l'oblique gauche du bassin , et le bi-pariétal à peu près dans l'oblique droit; en même temps elle est un peu inclinée , sur sa bosse pariétale droite , qui est en avant et au niveau du détroit, tandis que la gauche est encore un peu au-dessus.
ac, et de la résistance du plan pp' ; c'est elle qui doit surmonter les obstacles que la tête du fœtus peut encore rencontrer en avant. C'est elle seule qu'il faut dès lors considérer pour comprendre et expliquer le dégagement de la tête, ou de toute autre partie du foetus, arrivée au fond de l'excavation pelvienne.
MÉCANISME : POSITION O. G. G
Disons d'abord les différents moiive^nents que la tête va exécuter. Nous dirons ensuite leurs causes , leurs avantages et leurs anomalies.
I. MOUVEMENTS. 1° La tête se fléchit complètement et substitue ainsi son diamètre sous-occipito bregmatique à loccipitofrontal : i^'" temps : flexion, ou amoindi-issement , de la partie qui se présente,
2° Elle descend ainsi fléchie et dans sa position diagonale Jusqu'à la partie inférieure du trou ovalaire : 2^ temps ou i^r moiivemejît de descente.
30 L'occiput glisse de dehors en dedans , derrière la branche ischio-pubienne , pour gagner l'arcade pubienne : 3^ temps ou mouvement de }~otation intérieure.
40 En même temps la tête se redresse, puisque les deux bosses pariétales qui se trouvaient, au début, sur des plans différents , viennent se placer dans le diamètre bis-ischiatique , c'est-à-dire , sur une même ligne horizontale : 4^ temps ou redressement de la tête.
5° Après avoir exécuté son mouvement de rotation , la tête descend sur le périnée qu'elle déprime et convertit en une sorte de gouttière : complément du mouvement de descente.
6° La tête chemine alors en avant; mais bientôt la partie supérieure du cou étant arrêtée par le bas de la symphyse pubienne , le dégagement ne peut s'opérer que par un mouvement de rotation autour de la nuque : 5^ temps ou extension de la tête.
7° Lorsque le crâne est libre , on voit l'occiput se dévier un peu à gauche; puis, si la douleur se soutient, ou bien à la douleur suivante, il se porte vers la cuisse gauche : 6^ temps, rotation extérieure ou restitution.
8° Les épaules qui se trouvaient dans le diamètre oblique droit du détroit supérieur, descendent en suivant le mouvement de rotation que la tête exécute dans le bassin, de sorte qu'au moment où l'occiput est à l'arcade pubienne, le dos est ramené presque directement en avant : i^e rotation des épaules.
Mais arrivées près du détroit inférieur, l'épaule droite pivote vers l'arcade des pubis , et la gauche vers la concavité du sacrum : 2« rotation des épaules.
Le thorax chemine alors en avant; mais le bras droit étant arrêté par les pubis, l'épaule gauche peut seule se mouvoir.
MÉCANISME : POSITION O. C. G
Elle parcourt la gouttière du périnée pour venir se dégager la première, ou en même temps que l'épaule droite. Le reste du tronc parcourt aisément la filière du bassin en s'infléchissant sur son plan latéral droit pour s'adapter à la courbe du canal.
Tels sont les différents mouvements que la tête et le tronc du fœtus exécutent dans l'accouchement en première position du sommet.
II. CAUSES. l) DU MOUVEMENT DE TRANSLATION. 1° Ce mouvement s'opère d'abord d'après la direction de Taxe utérin. Pourquoi ? — Nous l'avons dit déjà, parce que cette direction est celle de la force motrice et que les parois du bassin sont, dans leur partie supérieure, à peu près parallèles entre elles et parallèles à l'axe utérin, de sorte qu'elles empêchent toute déviation du mobile,
2° Le mouvement de translation se fait ensuite en avant. Pourquoi ? — Parce que la tête, après avoir traversé en ligne droite la partie droite du canal, rencontre sa paroi postéroinférieure et se trouve dès lors soumise à deux forces : à l'impulsion utérine et à la résistance de la paroi postéro-inférieure du bassin. Or, si l'on cherche la résultante de ces deux forces, on trouve qu'elle est dirigée en avant. (Voir FIG. 44, p. 273). Le déplacement doit donc se faire, et se fait, en avant.
2) DES MOUVEMENTS DE ROTATION. 1° Flexion de la tête ou rotatio7i sur un diamètre transverse. Le mouvement peut s'expliquer de deux manières :
On peut dire que l'effort vertical se transmet plus vite par le rachis du fœtus que par toute autre partie, et qu'aboutissant ainsi au trou occipital, il agit plus sur l'occiput que sur
le front, (voir FIG. 48) ce dernier étant plus éloigné du point d'application de la force. Mais, la force passât-elle à égale distance de l'occiput et du front, on comprend encore la possibilité du mouvement de flexion. En effet, (FIG. 47) les parois du col de la matrice et celles du bassin opposent au front et à la face d'une part, — à l'occiput d'autre part, des résistances horizontales, et si ces résistances contraires s'exercent à des niveaux différents, si elles ne sont pas directement opposées, elles auront pour effet la flexion du crâne.
MÉCANISME : POSITION O. G. G
Les deux causes concourent à produire le mouvement de nutation du fœtus. L'achèvement de la flexion s'opère souvent lorsque le col est à peu près comple'tement dilaté et déjà franchi par l'occiput : la re'sistance du pourtour du col n'agit plus alors que sur le front ou la face et complète ou maintient la flexion.
2» Redressement du crâne, ou rotation sur un diamètre longitudinal. La bosse pariétale située en arrière et en haut, a beaucoup plus d'espace à parcourir que l'antérieure ; aussi chemine-t-elle plus rapidement. Pourquoi 1 — Parce que, arrivée vers le fond du bassin, la tête se ramène en avant; or, si elle se ramène en avant de la direction de la force, sa moitié postérieure doit, par ce seul fait, recevoir une plus forte part de l'impulsion et l'antérieure, au contraire, une part d'autant moindre.
3° Mouvement spiral, mouvement de pivot, mouvement de rotation sur un diamètre vertical.
L'occiput roule vers l'arcade pubienne et le front vers le coccyx. Pourquoi ? — Parce que l'occiput rencontre plus de résistance en dehors qu'en dedans où se trouvent le vide de l'arcade pubienne et la partie médiane, la plus dépressible, du périnée; parce que, de son côté, le front rencontre plus de résistance en dehors qu'en dedans, où se trouvent la concavité du sacrum et le coccyx mobile. Or, si des résistances contraires s'exercent de dehors en dedans à la fois sur l'occiput et sur le iront, et si elles ne sont pas directement opposées (voir FIG. 48), elles doivent imprimer à la tête le mouvement de rotation indiquée.
p, p' — perpendiculaires aux tangentes, se décomposent en a et a' qui se neutralisent (contraires et directement opposées) et en // et h' (contraires mais non directement opposées) qui poussent le grand axe du mobile dans le grand axe de l'excavation.
MÉCANISME : POSITION O. C. G
4" Mouvement d'extension de la tête, ou seconde rotation sur un diamètre transversal.
L'occiput arrivé sous l'arcade pubienne s'y engage et se relève bientôt vers le pénil, pendant que le front parcourt le pe'rine'e en décrivant une longue courbe. Pourquoi '! — Parce que, comme nous l'avons dit en parlant du mouvement de translation, la tête arrivée au fond du bassin, obéit à une résultante de forces qui est dirigée en avant. (Voir FIG. 44). Elle doit donc se porter en
avant. Mais bientôt la nuque et la racine du cou sont arrêtées par la partie postéro-inférieure des pubis, tandis que la voûte du crâne et le front, ne rencojîtrajît pas les mêmes résistances, parcourent tout le périnée, en décrivant une courbe autour de la nuque devenue fixe ou à peu prés fixe. Nous représentons , FIG. 49, par les flèches a et b, les résistances ou les forces , qui , en dernière analyse, obligent Ik tête à se défléchir ou à s'étendre.
5° Mouvement de restitution des ancie7ts, mouvement de rotation extérieure de Gerdy, seconde rotation sur un diamètre vertical.
Lorsque la tête est entièrement dégagée, l'occiput se reporte à gauche et le front en sens opposé. Ce mouvement comporte habituellement deux temps : un premier, peu marqué, dû à la détorsion du cou et un second, plus considérable, provenant de ce que le thorax, en traversant le détroit inférieur, subit un mouvement de rotation qui est suivi par le crâne. Mais, pourquoi le thorax lui-même subit-il un mouvement de rotation ? Parce que les épaules sont situées un peu obliquement et que l'antérieure rencontre plus de résistance en dehors qu'en dedans où se trouve l'arcade pubienne; parce que la postérieure rencontre aussi plus de résistance en dehors qu'en dedans où se trouvent la concavité du sacrum et le coccyx mobile. Or, ces résistances, s'exerçant en sens contraire sans être directement opposées , doivent imprimer
MÉCANISME : POSITION O. C. G
à la poitrine un mouvement de pivot, lequel est suivi par la tête devenue libre.
6° Le tronc parcourt ensuite la filière du bassin en s'infle'chissant en avant et en s'adaptant ainsi à la courbe du canal dans lequel il est engagé. Pourquoi? — Parce que, arrivée sur le périnée, l'extrémité inférieure de la tige rachidienne rencontre en arrière des résistances qui la dévient ou la repoussent en avant; tandis que son extrémité supérieure, encore embrassée par la matrice, continue à être poussée d'après l'axe utérin, c'est-à-dire, en bas et en arrière. Comme la bosse pariétale postérieure, l'épaule postérieure chemine plus vite que l'antérieure, d'abord parce qu'elle est mieux située dans la direction de la force, et ensuite parce qu'elle éprouve moins d'obstacles à obéir à l'impulsion.
III. AVANTAGES. Les différents mouvements que le fœtus subit ont pour résultat de le mettre dans les rapports les plus favorables avec le canal qu'il parcourt : l'olive d'Hippocrate, sous la pression, se met dans l'axe du goulot du flacon.
Ainsi : i° Au détroit supérieur
Avant la flexion, la tête présente aux deux diamètres obliques du bassin, (de 12 centimètres) : son occipito-frontal de 1 1 centimètres et le bi-pariétal de 9.
Après la flexion, elle présente aux mêmes diamètres obliques : son diamètre sous-occipito-bregmatique de 91/2 centimètres, puis le cervico-frontal de 10, et le bi-pariétal, de 9. plus petits diamètres du crâne
La flexion amène donc les dans les plus favorables du détroit.
2° Dans l'excavation : la tête fléchie restant en position diagonale, ses plus petits diamètres conservent leurs rapports favorables avec les obliques du canal qui sont de 12 centimètres comme au détroit supérieur.
3° Au détroit inféi'ieur :
Avant la rotation intérieure, la tête présentait ses dia-
mètres sous-occipito-bregmatique et bi-pariétal aux diamètres obliques, les plus courts du détroit inférieur parce qu'ils sont les moins extensibles.
A près la rotation , la tête présente ces mêmes diamètres au coccy-pubien et au bis-ischiatique qui s'allongent davantage, puisque le premier peut aller à i3 centimètres, par la rétrocession du coccyx, — et le second à 12 1/2 centimètres, par l'écartement des ischions.
MÉCANISME : POSITION O. I. D. P
Le premier mouvement de rotation des épaules a pour effet de les reporter vers le diamètre bis-iliaque, le plus long de la partie supérieure du bassin.
Le second mouvement de rotation les reporte vers le diamètre coccy-pubien , le plus long du détroit inférieur.
IV. ANOMALIES. 1° Il arrive quelques fois que la flexion ne se complète pas : Pourquoi ? Parce que cela n'est pas nécessaire, parce que le diamètre oblique gauche du bassin et le segment inférieur de l'utérus n'opposent pas à l'occiput et au front des résistances suffisamment énergiques pour opérer la flexion.
2° La tête se dégage parfois du détroit inférieur et de la vulve, dans la position diagonale qu'elle affectait primitivement. Pourquoi 1 Parce que le diamètre oblique est alors assez long, et les parties molles assez lâches, pour permettre au diamètre sous-occipito-bregmatique de conserver sa direction diagonale. Les résistances , causes de la rotation , ont fait défaut.
3° Le mouvement de rotation extérieure manque quelquefois, Pourquoi ? Parce que les épaules ne subissent pas leur second mouvement de pivot. Aussi les voit-on alors se dégager transversalement.
4° Le mouvement de rotation extérieure se fait quelquefois à droite , quoiqu'on l'attendît à gauche. Pourquoi ? Parce que les épaules, ayant complètement suivi la rotation intérieure du crâne, sont arrivées près du détroit inférieur en position franchement transversale, et que dès lors il n'y avait pas de raison pour que l'une se ramenât en avant plutôt que l'autre. Dans l'anomalie dont il s'agit, c'est l'épaule gauche qui a glissé vers l'arcade pubienne, ce qui a dirigé le dos, et par conséquent aussi l'occiput, à droite.
Comme l'exception confirme la règle les anomalies confirment les principes que mon père a posés : les résistances (ou les causes des rotations) faisant défaut, leur effet (ou là rotation) ne peut pas se produire et ne se produit pas : ablatd causa , tollitur effectus.
• Position occipito-iliaque droite postérieure = 0. I. D. P.
L'occiput et le dos sont dirigés en arrière et à droite ; la tête, médiocrement fléchie, et un peu inclinée sur son pariétal gauche, présente son diamètre occipito-frontal à l'oblique gauche du détroit supérieur — et le bi-pariétal, à l'oblique droit.
MÉCANISME : POSITION O. I. D. P
Pour arriver à l'extérieur, le fœtus, soumis aux mêmes influences mécaniques que dans la position O. C. G., subit aussi les mêmes mouvements.
I. MOUVEMENTS : 1° La tête se fléchit complètement • amoindrissement pai- flexion.
2° Elle plonge dans l'excavation : i^r temps de descente.
3° L'occiput se ramène en avant, vers l'extrémité du diamètre transverse d'abord, puis vers, le trou ovalaire droit, et finalement arrive sous l'arcade pubienne : rotation intérieure.
4° La tête descend sur le périnée et le déprime : 2^ temps de descente.
5° La tête toute entière se ramène en avant pour se dégager du détroit inférieur et de la vulve en se renversant sur la nuque : extension .
6° Lorsqu'elle est libre, l'occiput se dirige à droite : rotation extérieure ou restitution.
7° Le thorax, suivant le mouvement de descente et la rotation de la tête, le dos se dirige à droite, puis obliquement en avant et presque directement en avant : preinière rotation des épaules.
8° Descendues vers le détroit inférieur, les épaules se trouvent à l'étroit dans leur position presque transversale et elles pivotent, la gauche en avant, la droite en arrière, pour se mettre à peu près dans le diamètre coccy-pubien : 2^ rotation des épaules.
9° Tout le thorax est alors ramené en avant, mais les pubis opposant plus de résistance que le périnée, l'épaule située en arrière, la droite, chemine plus vite que l'autre et vient se dégager en même temps qu'elle et le plus souvent même, avant elle.
iqo Le reste du tronc, infléchi sur son plan latéral gauche, parcourt ensuite aisément toute la filière du bassin.
II. CAUSES. Les résistances du bassin ne varient pas a^■ec les positions du fœtus et les mouvements sont toujours régis par les mêmes lois de mécanique.
Il en est un pourtant sur lequel nous devons revenir un instant : c'est la rotation intérieure. Dans le cas qui nous occupe ce mouvement, très-étendu, est de 3/8 de cercle, tandis qu'il ne va guère au-delà de 1/8 dans la première position du sommet. Il paraît d'abord étrange que le diamètre occipito-frontal ou l'occipito-bregmatique ne prenne pas le chemin le plus court pour
MÉCANISME : POSITION O. I. D. P
se mettre dans le coccy-pubien, c'est-à-dire, que l'occiput ne se porte pas vers le coccyx, comme le fait le front dans la position occipito-cotyloïdienne gauche.
On peut dire a priori que si les résultats ne sont pas les mêmes, c'est que les conditions sont diffe'rentes : elles le sont en effet. Dans la position antérieure, le cou subit les inflexions nécessaires pour s'adapter à la courbe du bassin pendant tout le travail,, et la tête ne subissant son mouvement de pivot qu'au détroit inférieur, le front se loge dans l'échancrure sciatique d'abord, puis dans la concavité du sacrum, de sorte qu'il n'y a pas d'espace perdu dans le canal pelvien ; d'une autre part, l'occiput en s'engageant bientôt dans l'arcade pubienne, amoindrit d'autant le volume du mobile.
Dans la position postérieure, en supposant qu'elle reste telle, l'incurvation du cou est bientôt arrêtée par l'application du menton contre le sternum, de sorte qu'on a une tige presque droite, raide, inflexible, engagée dans un canal courbe : la région postérieure du cou ainsi étendue ne s'adapte bien ni à l'échancrure sciatique, ni à la concavité du sacrum, et il y a de l'espace perdu. De son côté, le front est encore trop élevé pour pouvoir s'engager sous l'arcade des pubis, de sorte que la tête reste toute entière dans le bassin aussi longtemps que l'occiput n'a pas parcouru la longue gouttière du périnée. Les conditions mécaniques ne sont donc pas identiques dans les deux cas. Mais ce n'est pas tout :
Dans la position antérieure , le thorax roule au-dessus de la branche horizontale du pubis , pendant que la tête descend et pivote pour gagner l'arcade pubienne. Il ne s'engage franchement dans le bassin que quand déjà le crâne fianchit le détroit inférieur et la vulve. Tête et poitrine parcourent donc successivement le canal, obéissant respectivement aux résistances qu'elles rencontrent et que nous avons signalées. — Dans la position postérieure, le cou de l'enfant étant beaucoup plus court que la paroi postéro-latérale du bassin à laquelle il correspond, l'occiput ne peut gagner le périnée et surtout la vulve, sans que la poitrine s'engage dans le canal encore occupé par la tête. Crâne et thorax font donc un seul tout, poussé dans un canal trop étroit pour le recevoir sans lui opposer de vives résistances.
Ces résistances siègent beaucoup plus au détroit abdominal qu'au détroit inférieur et elles s'excercent moins sur le diamètre occipito-frontal que sur le dorso-frontal. C'est donc là surtout qu'il faut se demander comment elles sont dirigées et comment elles
MÉCANISME : POSITION O. I. D. P
doivent agir. Or, il est évident que le dos rencontre moins de résistances du côté de la fosse iliaque droite que du côté du promontoire — et que le front en rencontre également moins vers l'extrémité gauche du diamètre transverse que vers le pubis. Le dos et le front sont donc sollicités en sens contraire et, pourvu que les forces, ou les résistances, qui les sollicitent ainsi, ne soient pas directement opposées , elles doivent imprimer au thorax et à la tête un mouvement de rotation qui reporte le diamètre dorso-frontal vers le bis-iliaque.
Le dos et le front se trouvant dès lors en rapport avec le diamètre transverse, le plus large de la partie supérieure du canal , pourront s'y engager plus ou moins , mais comme ce diamètre transverse se rétrécit de haut en bas , ils s'y trouveront bientôt encore à l'étroit et le plus long diamètre du fœtus sera sollicité vers le plus long du détroit inférieur , le coccy-pubien. Le dos se reportera-t-il alors en arrière et le front se ramènerat-il en avant? mais ils ne le pourraient sans rencontrer les résistances que nous venons de signaler et qui leur ont fait subir un mouvement en sens inverse. Suppose-t-on , au contraire , que le dos et l'occiput continuent à pivoter en avant, le front va se loger sans peine dans l'échancrure sciatique gauche. Or, admettre que les difficultés augmenteraient si le dos pivotait en arrière et le front en avant, tandis qu'elles diminuent par le mouvement inverse, n'est-ce pas reconnaître en même temps que les résistances sont disposées de manière à imprimer la rotation favorable, c'est-à-dire à ramener le dos et l'occiput vers la paroi antérolatérale droite et à reporter le front dans l'échancrure sciatique gauche ? Pour peu que la tête se défléchisse alors , elle cesse de faire corps avec le thorax; elle parcourt isolément la portion inférieure du canal, obéissant aux résistances qui ramènent l'occiput sous l'arcade pubienne et qui portent le front dans l'excavation du sacrum comme dans la première position du sommet, avec cette seule différence, que la résistance opposée à l'occiput, étant ici située à droite, le dévie à gauche et vice-versa pour le front.
En résumé, la tête éprouve moins de difficultés à se ramener en avant qu'elle n'en rencontrerait pour exécuter le mouvement en sens opposé — et, ayant le choix entre une voie facile et une voie difficile, elle prend la première et ghsse des passages reserrés, qui la repoussent, vers les passages les plus larges qui peuvent la recevoir.
MPXANISME : POSITION O. I. D. P.
III. AVANTAGES. Tous ces mouvements ont pour résultat de placer constamment la tête et le tronc dans les rapports les plus favorables avec le canal à parcourir.
1° Par sa flexion la tête présente ses petits diamètres, le sous-occipito-bregmatique (9 1/2 centimètres), puis le cervico-frontal (10 centimètres), et le bi-pariétal (9 centimètres), aux deux obliques du détroit supérieur (12 centimètres).
2° Pa7- sa rotation, la tête porte ces mêmes petits diamètres a) vers Fantéro-postérieur et le transverse de l'excavation ;
b) puis vers les obliques de l'excavation (12 centimètres);
c) finalement vers le coccy-pubien (i3 centimètres) et le bis-ischiatique (12 1/2 centimètres d'après Laborie).
3° Par '■sa rotation, le thorax roule sur la marge du bassin pendant que la tête descend et pivote avec lui ; il ne s'engage franchement dans le canal qu'après que la tête l'a franchi et les difficultés qui résulteraient d'un engagement simultané sont ainsi éludées.
On comprendra mieux encore les avantages de ce mécanisme, si on veut le comparer à celui qu'on observe quand l'occiput reste en arrière.
IV. ANOMALIES. i° Avant Naegelé on enseignait que dans les positions occipito-postérieures, l'occiput se reporte toujours vers le coccyx et se dégage en arrière. On admet aujourd'hui que ce que l'on croyait être la règle, est l'exception ; exception assez fréquente cependant pour mériter une attention spéciale. Voici les phénomènes qui se produisent alors : la tête fléchie plonge dans l'excavation pelvienne, où parfois elle se défléchit un peu, pour se fléchir de nouveau complètement quand elle atteint le périnée. Arrivé sur cette cloison, l'occiput glisse sur elle d'arrière en avant, en conservant sa direction oblique postérieure, ou même en se déviant un peu en arrière, pendant que la bosse frontale gauche se porte, de la partie supérieure du trou ovalaiit gauche, derrière la symphyse pubienne ou s'engage, exceptionnellement toutefois, dans le sommet de l'arcade pubienne.
L'occiput, après avoir parcouru toute la gouttière du périnée, gagne le premier la vulve et s'en dégage. La nuque prend alors un point d'appui sur le bord antérieur du périnée et y reste à peu près fixe, pendant que les différents points du bregma, du front et de la face apparaissent successivement sous la symphyse des pubis.
MÉCANISME : POSITION O. I. D. P
Le mouvement de rotation intérieure de la tête ayant e'té nul, ou à peu près, la première rotation du thorax manque également et les épaules traversent le détroit supérieur et l'excavation, dans leur situation diagonale primitive ; mais arrivées au détroit inférieur, elles pivotent, la gauche vers l'arcade pubienne, la droite vers le coccyx, de sorte que l'occiput se dirige, comme le dos, à droite.
L'accouchement est lent et laborieux, parce que le sommet du thorax s'engage nécessairement dans le bassin en même temps que la région faciale de la tête (i). Or, l'occiput ne pouvant arriver au dehors sans que la poitrine s'engage dans le bassin et fasse corps avec la tête , il se présente dans le bassin une ligne dorso-frontale très-étendue qui ne descend qu'en surmontant de vives résistances et sous l'action de contractions utérines fort énergiques.
Cette anomalie s'observe surtout (Capuron disait seulement) quand le bassin est très-large ou le fœtus très-petit, parce qu'alors les résistances ne sont pas suffisantes pour déterminer le mouvement de rotation de la tête et du tronc (2), mais elle peut aussi dépendre de ce que les résistances ne sont pas
(1) D'après Mesnard {Guide des Accoucheurs, Paris, lySB), laccouchement ne serait plus laborieux dans les positions où l'occiput est en aiTière, que parce qu'on ne nage pas aussi facilement sur le dos que sur le ventre !
(2) P. Dubois a fait des expériences sur le cadavre d'où il a conclu que les plans inclinés du bassin étaient sans influence sur la rotation intérieure. Toute son école, y compris Mannoury et Salmon {Manuel de l'art des Accouch., S'' édition, 1874, p. 232), admet cette conclusion. Or les expériences instituées par Dubois ne prouvent pas précisément ce qu'il veut leur faire prouver : elles ne démontrent rigoureusement qu'un fait, l'influence des résistances des parties molles.
Une tête est placée en position occipito-postérieure droite, puis poussée dans la direction de l'axe utérin : 3 fois de suite l'occiput se ramène en avant ; la 4^ fois il reste en arrière. On prend une tête plus grosse et l'occiput pivote de nouveau en avant; puis reste en arrière. Voilà les faits : nous les tenons pour bien observés mais mal interprétés. Les têtes ont été ramenées en. avant aussi longtemps que les résistances opposées en arrière étaient assez puissantes pour appuyer le front contre la paroi antéro-latérale gauche. C'est la résistance de cette paroi, contraire mais non directement opposée à celle de la paroi postérieure, qui a déterminé le mouvement de pivot. Le passage répété des têtes a ensuite élargi le canal par le refoulement des parties molles situées en arrière : dès lors le front n'a plus été pressé contre la paroi antérieure, ou ne l'a pas été avec assez de force pour faire naître une résistance ou une réaction suffisante, et la cause du mouvement manquant, l'effet a manqué.