ArjHère-douleiirs
On donne le nom à^an'ière-doulews , d'an-ière-înatix , de trajichées ou de coliques utérines, aux contractions intermittentes qui ont lieu pendant les 24 à 48 premières heures, et quelquefois encore dans le courant du troisième jour.
Ces contractions, caractérisées par le resserrement et la dureté du globe utérin, sont plus ou moins longues, plus ou moins intenses, plus ou moins rapprochées. Elles durent de quelques secondes à une ou deux minutes au plus, et sont suivies d'un léger écoulement de sang, quelquefois de l'issue d'un caillot. Elles peuvent être d'abord rapprochées, revenir de quart-d'heure en quart-d'heure ; mais bientôt leur intensité, comme leur fréquence, décroît graduellement, de sorte qu'en général elles se réduisent à peu de chose au bout de 24 heures. Elles sont de la même nature que celles de l'accouchement : comme elles aussi, elles sont accompagnées d'une souffrance qui siège parfois au bas-ventre, mais plus souvent à la région sacrée ou vers l'anus.
La douleur varie beaucoup selon les sujets et selon les circonstances. A peine accusée chez les primipares, elle est d'autant plus vive, que la femme a eu plus d'enfants, que ses couches ont été plus rapprochées et que le travail a été plus
(1) D'après les recherches de Heclcer (annalen der charité zu BerHn, V, 2, 1854) 1° la température normale du corps(4-. Sy» o c). s'élève immédiatement après laccouchement à 370,3 et à 39°, o c. Le thermomètre paraît monter d'autant plus haut que les douleurs ont été plus intenses et plus rapprochées — 2° il se produit ensuite souvent un abaissement qui atteint son maximum 24 heures après, la délivrance — 3° lëlévatioh de la température atteint souvent 3 1/2 degrés — 4° en général, elle coïncide avec une accélération du pouls — 5° la température maximum est suivie dune défervescence analogue à celle qui s'observe dans les maladies qui se jugent par lysis. (Voir aussi les recherches de Winckel. Grûnewald, SchrOder et Wolf).
PHÉNOMÈNES FONCTIONNELS DES COUCHES
prompt : ce qu'on n'a pas avant, on doit l'avoir après l'accouchement, dit le proverbe. Cette règle souffre pourtant de fréquentes exceptions. Les arrière-contractions sont parfois douloureuses après un premier enfant et, si quelques pluripares s'en plaignent presque autant que de celles de l'accouchement, il en est d'autres qui en font à peine mention.
La succion des mamelles réveille très-souvent les contractions de la matrice et la douleur qui les accompagne.
Peut-on prévenir ces coliques utérines ? Si, comme on le croit assez généralement, elles sont déterminées soit par le sang qui s'amasse, liquide ou coagulé, dans la cavité de la matrice, soit par celui qui continue à affluer en trop grande quantité dans ses vaisseaux, on comprend que l'ergot de seigle, administré immédiatement après la délivrance et continué ensuite à faible dose (25 à 3o céntigrammes d'heure en heure, puis de 2 en 2 heures), puisse avoir pour effet d'empêcher leur manifestation ou tout au moins de les modérer.
M. An si aux, de Liège, se loue du moyen suivant : l'enfant né, il frictionne aussitôt l'utérus, doucement, mais sans interruption, pendant une demi-heure, montre en main. La femme perd plus de sang au moment même, mais elle en perd moins par la suite et elle n'éprouve, paraît-il, que peu ou point d'arrièredouleurs.
Nous avons vu deux dames allemandes, mères de nombreux enfants, employer, et nous avons quelquefois recommandé nousmême, avec succès, le moyen suivant : dès que l'enfant est né, l'accouchée prend deux cuillerées d'huile d'amandes douces dans une tasse de bouillon , dose qu'elle répète ensuite 2 fois à 1/4 d'heure d'intervalle. Nous n'avons pas remarqué que ces six cuillerées d'huile d'amandes douces fussent suivies de selles.
On a aussi conseillé, pour combattre les arrière-douleurs, le bouillon de perdreaux : mais tout le monde ne peut pas se payer des perdreaux et personne n'en a en toute saison.
Lorsque les arrière-douleurs sont trop vives, on les combat par les opiacés. Nous prescrivons ordinairement :
Pr. : eau de tilleul 120 grammes,
laudanum de Sydenham. 2 »
sirop de fleurs d'oranger 3o »
à prendre : d'abord deux cuillérées, puis une de demi-heure en demi-heure, en éloignant toutefois les doses à mesure que les douleurs s'apaisent. Lorsque ce moyen ne suffit pas, nous y
PHÉNOMÈNES FONCTIONNELS DES COUCHES SyS
Joignons les cataplasmes simples ou laiidanisées et, au besoin, 2 ou 3 petits lavements contenant i5 gouttes de teinture opiacée.
Dewees se loue du camphre en poudre administré dans du sirop, à la dose de 5o centigrammes toutes les deux heures ou toutes les heures.
L'exagération des arrière-douleurs est parfois due à la rétention d'un caillot plus ou moins volumineux. L'écoulement est, ou a été, plutôt séreux que sanguin, la matrice est plus grosse ; mais elle n'est pas très-ferme sous la main et elle est indolente dans l'intervalle de ses contractions. Au lieu de chercher à suspendre celles-ci, il faut au contraire leur donner l'énergie nécessaire pour produire l'expulsion du caillot, et le seigle ergoté remplit très-bien cette indication.
Une femme, récemment accouchée, se plaint de vives douleurs dans le ventre ; s'agit-il d'arrière-maux ou de douleurs inflammatoires ? Il importe de ne pas confondre un état physiologique avec un état morbide qui réclame un traitement actif et immédiat. Heureusement le diagnostic différentiel n'est pas bien difficile :